Au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

La politique belge d’aide au développement : un aperçu historique

Genèse de la coopération belge au développement (1959-1968)

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale en 1945, les pays fondateurs des Nations unies, dont la Belgique, prennent l’engagement de favoriser le progrès économique et social de tous les peuples. A cet effet, des organismes internationaux spécialisés sont créés, des fonds récoltés, les colonies sont en voie d’émancipation. En 1957, la Communauté économique européenne institue un Fonds européen de développement.

En 1960, à l’heure des indépendances africaines, l’espoir de réduire les disparités entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement est immense : les Nations unies déclarent les années 1960-1970 : la Décennie du développement.

En 2000, à Monterrey au Mexique, le constat de la communauté internationale est amer : sous-alimentation, regain des pandémies, analphabétisme, surendettement, mauvaise gouvernance sont le lot de millions d’individus dans de nombreux pays, surtout africains. Les nations se donnent alors des objectifs à atteindre en 2015, identiques pour la plupart à ceux que l’on s’était déjà donnés quarante ans plus tôt. La question se pose alors : l’aide au développement n’a-t-elle servi à rien ? Et qu’a-t-on fait de tous ces fonds et budgets destinés à éliminer la pauvreté, l’injustice et les inégalités dans le monde ? L’opinion publique en Belgique se pose également ces questions. Certes, les Belges ne sont avares ni de leurs efforts, ni de leurs deniers lorsqu’il s’agit de soutenir une organisation non gouvernementale ou de répondre à un appel d’urgence suite à un tsunami : l’objectif est concret et l’information compréhensible.

Mais qu’en est-il de l’aide publique au développement, celle qui provient du Trésor public et par conséquent de leur propre contribution ? Bien sûr, la population est généralement au courant par les journaux, la radio et la télévision des plus récents développements de la politique de coopération au développement : croissance du budget, remise de la dette, aide humanitaire, soutien au processus démocratique du Congo. Mais elle entend également des griefs proférés, à tort ou à raison, à l’égard de l’aide publique au développement : enveloppe budgétaire dérisoire, projets inutiles et dispendieux, subordination aux intérêts économiques belges. En définitive, qui et que faut-il croire ?

La Belgique est un contributeur de la première heure à l’aide internationale au développement. Pendant cette période d’une soixantaine d’années (19462008), quelle a été la base de sa politique et comment celle-ci a-t-elle évolué ? Quelles en ont été les réalisations ? Avec quels moyens et pour quels résultats ?

C’est à toutes ces questions que tente de répondre le présent ouvrage en dressant un bilan d’un demi-siècle de coopération au développement. Bilan qui se veut réaliste et impartial, évoquant les avancées conceptuelles, les méthodes et projets innovateurs, les réalisations positives et la préoccupation constante du bien-être des populations déshéritées ; mais également bilan sans complaisance qui n’occulte pas les atermoiements, les erreurs et les faiblesses d’une politique fluctuante.

Ce souci d’objectivité a conduit à insérer dans l’exposé un certain nombre de témoignages, de descriptions de projets et de précisions complémentaires qui concrétisent les multiples aspects de la coopération belge. Les auteurs de ces encarts proviennent de milieux divers. Il va sans dire que bien d’autres exemples de réalisations auraient pu servir d’illustration, mais la publication, destinée à un grand public, se devait de rester dans des limites raisonnables en termes de volume. Pour la même raison, il était impossible de donner un aperçu exhaustif de ce que fut et est encore l’aide belge au développement, œuvre complexe, multipolaire, impliquant une multiplicité d’acteurs et géographiquement dispersée. 

Tout en s’efforçant d’embrasser un maximum de thèmes et d’opérateurs, l’exposé se focalise principalement sur l’aide publique, c'est-à-dire la politique et l’action menées et financées par les gouvernements successifs, et plus précisément encore sur les programmes et réalisations négociés et décidés de commun accord entre les gouvernements belges et les gouvernements des pays en développement. D’autre part, l’aide à l’Afrique centrale (Congo/Zaïre, Rwanda et Burundi) occupe une place particulière pour la raison que la coopération belge y a été largement concentrée.

Trois parties de deux chapitres chacune se partagent la matière.

La première partie est un aperçu historique retraçant l’évolution de la politique, des idées et des modes de coopération de 1959 à nos jours : c’est le passage d’une assistance purement bilatérale à une coopération mondialisée pour un développement durable. Le chapitre premier s’attache à identifier les origines de la coopération belge et à apporter un éclairage argumenté sur une question encore controversée à l’heure actuelle en Belgique : expliciter les circonstances, responsabilités, motivations et modalités de la mise en place d’une coopération avec le Congo, le Rwanda et le Burundi pour les années 1960 à 1968. Cette dernière année marque la mise en place d’une politique affranchie des contingences et des séquelles d’une décolonisation malaisée. Le deuxième chapitre retrace l’évolution de cette politique dans ses orientations et ses modes d’action en rapport étroit avec les objectifs arrêtés par la communauté internationale, dont les expressions les plus récentes sont développées dans les « Objectifs du Millénaire » et les initiatives plus récentes adoptées par la communauté internationale depuis 2000.
La seconde partie est consacrée aux acteurs de la coopération belge. Les acteurs institutionnels, publics et privés, font l’objet du troisième chapitre : instances de décision et d’exécution que sont les ministres et secrétaires d’Etat, le Parlement fédéral et l’administration, et organismes publics et privés dont les activités de coopération sont largement subsidiées par le Trésor public comme les organisations non gouvernementales, les universités, les partenaires internationaux, les communes, le secteur privé. La coopération belge s’est caractérisée également par la présence sur le terrain d’un nombreux personnel, tout au moins pendant les premières décennies. Les coopérants techniques, tel est l’objet du quatrième chapitre. Après une évocation des différents statuts appliqués à ce personnel, le chapitre s’attache plus particulièrement au groupe des coopérants techniques relevant directement de l’administration, à leur répartition géographique et sectorielle. Le terme même de coopération implique une collaboration étroite de la part des acteurs locaux correspondants : cet élément essentiel d’une saine coopération n’est pas traitée en tant que telle mais abordée incidemment lorsqu’il est question des négociations de programmes ou de la gestion des projets.

La présentation de ce que fut la coopération belge au développement au cours des cinquante dernières années s’achève sur une conclusion qui, à elle seule, forme un chapitre à part entière. Davantage qu’une synthèse du contenu de l’ouvrage, elle tente de dresser un bilan qualitatif, une évaluation de cette aide et, au vu de ses réussites et de ses déficiences, exprime des perspectives d’avenir en relation avec les engagements de la communauté internationale.

La bibliographie sélective annexée aidera le lecteur intéressé à approfondir l’un ou l’autre thème abordé dans l’ouvrage.

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Table des matières

Table des matières ......................................................................................... 2 Introduction ..................................................................................................... 5 
Première partie. 
La politique belge d’aide au développement :
un aperçu historique .................................................................................... 9

Chapitre 1 : 

Genèse de la coopération belge au développement (1959-1968) ............. 9

 
Les premiers jalons de l’aide belge au développement ........................ 9 Une ébauche de politique d’aide au développement (1959) .............. 12
Un programme de coopération pour un Congo indépendant 
(1960-1961) ........................................................................................ 14 De l’administration coloniale à l’assistance technique ............. 15
De l’autonomie budgétaire coloniale à l’assistance 
financière ................................................................................. 19
Les bourses d’études et de stage pour la formation 
de cadres ................................................................................. 21
La lente organisation d’une coopération désarticulée 
(1961-1968) ........................................................................................ 21 
Chapitre 2 : 
La coopération belge au développement dans le sillage

de la coopération internationale (1968-2000) ........................................... 27

 
La communauté internationale face au sous-développement ............ 27
Le volontarisme des années septante ................................................ 29 De l’assistance technique aux projets ..................................... 29
L’aide devient coopération ....................................................... 34
La décennie désenchantée des années quatre-vingt : 
l’aide en recherche ............................................................................. 37
Vers les Objectifs du Millénaire pour le développement 
(1990-2000) ........................................................................................ 41
Les Objectifs du Millénaire en point de mire (2000-…)....................... 43 Deuxième partie.
Les acteurs de la coopération au développement ................................... 45

Chapitre 3 : 

Les acteurs institutionnels ......................................................................... 45

 
Les ministres et secrétaires d’Etat à la coopération au 
développement ................................................................................... 45
L’administration de la coopération ...................................................... 47 De l’OCD à l’AGCD ................................................................. 48 La réforme de l’AGCD ............................................................. 49
La DGCD et la CTB ................................................................. 51 Le Parlement fédéral .......................................................................... 54 Les organisations non gouvernementales .......................................... 57 Les universités ................................................................................... 61 Les institutions scientifiques ............................................................... 64 Les nouveaux partenaires pour la coopération belge ......................... 66 Le secteur privé et les entreprises ..................................................... 69
Les partenaires internationaux ........................................................... 71

Chapitre 4 : 

Les acteurs de terrain : les coopérants .................................................... 74

 
Des catégories de personnel différenciées ........................................ 74 Les effectifs du personnel de coopération .......................................... 76
Quelques traits particuliers ................................................................. 78
Dispersion géographique des coopérants techniques ............. 78 Répartition sectorielle des coopérants techniques .................. 79
Coût du personnel de coopération ........................................... 80
En guise de conclusion ...................................................................... 80 
Troisième partie. 
La coopération en actions et en chiffres .................................................. 98

Chapitre 5 : 

Politiques sectorielles et projets de coopération .................................... 83

 
Mécanismes décisionnels et mise en place des projets ..................... 83
Les secteurs de coopération et les politiques sectorielles .................. 87 De l’enseignement de substitution à la formation 
d’enseignants et de cadres ...................................................... 89
La recherche agronomique pour assurer la 
sécurité alimentaire ................................................................. 97 L’accessibilité aux soins de santé pour tous .......................... 104 Infrastructure de base : une grande variété de projets .......... 110 Droits de l’homme, prévention des conflits, 
démocratisation ..................................................................... 115
L’information et la sensibilisation de l’opinion publique ......... 117
En guise de conclusion .................................................................... 119

Chapitre 6 :  Géographie et financement de la coopération belge......... 124
Le choix des pays partenaires.................................................................. 124
Le budget ......................................................................................... 126  
Les dépenses (1960-2008)....................................................................... 127

 
Les catégories de dépenses et leur répartition ...................... 127 Les montants globaux et annuels .......................................... 130
La répartition géographique des dépenses 
de l’aide bilatérale .................................................................. 131

Conclusions .............................................................................................. 135 Bibliographie ............................................................................................. 142 Annexes ..................................................................................................... 146

 

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