Les femmes européennes du Congo, avant 1908.

Toutes les femmes rejoignent des postes dans le Haut-Congo avant 1898

Les femmes européennes dans l’État Indépendant du Congo, avant 1908.

Auteur André Bernard Ergo (histCongo)

document AB Erggo - Les femmes européennes dans l'État Indépendant du Congo, avant 1908 photo : Mesdames Sarmento et Grenfell au Kasai

On ne se trompe pas beaucoup si on affirme que les premières femmes européennes au Congo furent des pasteurs féminins protestants et même les épouses des pasteurs protestants.

Des quatre premiers pasteurs Bentley, Crudgington, Comber et Grenfell, seul Comber était déjà marié depuis quelques mois et son épouse décéda très vite d’une méningite en 1879 à Ngombe. Le révérend Crudgington  qui s’était marié lors d’un congé en Europe, était revenu au Congo avec son épouse, mais celle-ci supportant mal le climat et souffrant de fortes fièvres, le couple fut transféré aux Indes à Dehli.

Au cours d’un congé également, le révérend Bentley épousa, en 1885, Mlle Kloekers et revint au Congo en famille en 1886 avec son épouse et un bébé. À Balolo, où il devait établir une mission, ils furent mal reçus par la population locale et le missionnaire eut la bonne idée de montrer à la population son bébé de 4 mois et son épouse. La population étonnée et intriguée qui n’avait jamais vu d’enfant blanc ni de femme blanche, les accueillit alors amicalement.

document AB Erggo - Les femmes européennes dans l'État Indépendant du Congo, avant 1908Photo a droite : Madame Harris, Balolo mission, Baringa Equateur

En  janvier 1887 eut officiellement  lieu, à Matadi, le premier mariage entre Européens, Mr. Darling et Miss Emma Seed. L’histoire nous apprend que c’est Léon Rom faisant office de commissaire de district ad intérim à l’époque qui procéda au mariage, dans cette fonction d’officier d’état civil.  .

On peut donc affirmer qu’il y avait quelques femmes blanches au Congo au commencement de l’État Indépendant du Congo, qu’elles étaient d’origine anglo-saxonne et qu’on les trouvait dans l’entourage des missions protestantes. Le nombre de ces femmes va s’accroître dans le temps (Mesdames Weeks, Forefeitt, Harris, Faris et bien d’autres dans tous les la plupart des postes missionnaires protestants)

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Photo , Les Sœurs trappistines à Bamania

Un autre groupe important de femmes venues au Congo un peu plus tard, est celui des religieuses catholiques, vivant en congrégation de quelques unités.

Les  dix premières, les Sœurs de la Charité de Gand, sont venues rn 1892 dans le cadre de la construction du Chemin de fer (1890-1898) elles seront localisées au Bas-Congo à Moanda où un hôpital a été construit pour les travailleurs du chemin de fer et où elles ouvriront également des écoles. Un autre groupe de six viendra plus tard pour rejoindre la mission de Luluabourg au Kasai. Deux sœurs mourront en 1893 au Bas Congo et une autre en 1896 à Luluabourg.

Il est bon de préciser ici que toutes les femmes rejoignant des postes dans le Haut-Congo avant 1898, utilisaient le chemin de fer jusqu’à la fin des travaux puis poursuivaient à pieds sur la route des caravanes jusqu’à Léopoldville, d’où elles pouvaient rejoindre leur destination  par bateau. Avec le développement des missions, d’autres congrégations religieuses sont venues au Congo, comme les sœurs blanches dans la région des grands lacs, les Sœurs de Notre Dame de Namur au Kwilu, les Sœurs franciscaines sur le fleuve, de Léopoldville à Stanleyville et Nouvelle-Anvers, les Sœurs trappistines dans les environs de l’Equateur et les Sœurs de Beerlaar aux environs de Bembo.

Au terme de l’État Indépendant du Congo en 1908, les religieuses catholiques (entre 100 et 120) seront réparties dans 20 établissements, soignant des malades, enseignant garçons et filles et parfois des femmes adultes.37 d’entre elles mourront au Congo durant cette période.

Sœur de la charité de Gand, formation des femmes

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Sœurs franciscaines à Stanleyville

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Sœurs blanches  à Mpala

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Sœurs de la charité de Gand à Moanda

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Sœurs de la charité de Gand, enseignement

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Sœurs franciscaines à Léopoldville

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 Marie Cordi Épouse H. Vangoidsenhoven à Mompono

Un troisième groupe de femmes dont le nombre est beaucoup plus difficile à évaluer concerne les épouses des fonctionnaires de l’État et celles des agents de compagnies.

Elles arriveront encore plus tard, souvent après l’ouverture totale du chemin de fer et habitent généralement dans des postes importants ou dans des plantations bien établies.

Mais ce n’est pas toujours le cas : une jeune Tirlemontoise, Marie Cordi (20 ans),  habitera la station de Mompono, au bout de nulle part, sur la Maringa et elle y accouchera même d’un robuste bébé ; sa plus proche voisine se trouve à plus de 100 kilomètres dans la mission protestante de Baringa. Ces pionnières vont avoir une importante influence, elles vont recréer un foyer, former du personnel de maison et, par leur présence, obliger les hommes à avoir plus de tenue vestimentaire et sociale. En ayant des enfants, elles vont faire la démonstration qu’une vie de couple est possible, pour des expatriés, dans ces conditions rudes et difficiles.

 

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Photo a gauche et droite, Épouse de fonctionnaire, Bas Congo
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Intérieur de fonctionnaire, Boma

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Épouse d’agent de compagnie, Urselia
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Jeune couple avec Wangermée, Katanga

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Épouse de fonctionnaire à Eala

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Épouse de fonctionnaire en excursion à Matadi

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Madame Tondeur et son second bébé. Boma 1908

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Une Dame en brousse avec un faon
 
 
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Il existe également un quatrième groupe, peu important en nombre, mais essentiel pour les messages qu’il laissera, rentré en Europe ; les femmes itinérantes, exploratrices ou de passage, des femmes de caractère.

Une américaine d’abord, Madame May French Sheldon, qui après un long périple dans l’État Indépendant du Congo, infirmera certains propos tenus par les contempteurs de celui-ci (Doyle, Twain ou Morel) en ce qui concerne la gestion de l’État. Une Belge aussi, document AB Erggo - Les femmes européennes dans l'État Indépendant du Congo, avant 1908

Madame Berthe Gheude de Contreras épouse de Cabra, la première femme à avoir traversé l’Afrique de l’Est à l’Ouest et qui, rentrée en Belgique fera des conférences pour convaincre les épouses d’accompagner leurs maris en Afrique. Madame Syllie, d’autres encore judicieusement choisies par Thys à l’inauguration de la ligne de chemin de fer Matadi-Léopoldville, qui témoigneront de ce qu’elles ont pu voir.

Au terme de l’État Indépendant du Congo en 1908, il y avait 2943 expatriés présents dans ce pays et parmi ceux-ci probablement une population féminine de 200 à 220 membres soit environ 7%. Il faudra attendre la fin de la première guerre mondiale dans les années vingt, pour voir une augmentation significative du nombre des femmes européennes au Congo.

PHOTO à droite Madame May French Sheldon (1904) - à votre gauche Berthe Gheude de Contreras Epouse Cabra (1905)

Un document en Néerlandais sur les femmes d'Afrique : DocumentenDeVrouwInZwartAfrika-1948-1960.html

Un documents du ministère La femme au Congo avis de soin et hygiène Un vieux manuscrit qui me tombe entre les mains : Conseils pour la femme au Congo (P. Ryckmans, Gouverneur-émérite et A. Buisseret, Ministre des colonies) publié par "l' Union des femmes au Congo Belge et Rwanda-Urundi" sous la haute protection du ministère des Colonies.(Editeur L. Cuypers - Bruxelles ASBL 1956)

 

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