Réponse à la Dernière Heure.

© par Mr. P.V. de La Hulpe.

Cécile Djunga: "La Belgique doit assumer sa reponsabilité au Congo"

Réponse au rédacteur en chef de la Dernière Heure du 29-01-2019 sur un article de Cecile Djunga

Cécile Djunga .. Sa cible favorite : le roi Léopold II. " Il faut nourrir un devoir de mémoire." Après ce coup de projecteur médiatique, Cécile ne veut pas laisser le soufflé retomber. Elle veut lutter en faveur de la diversité, pour l’éducation mais elle tient aussi un discours plus revendicatif sur la reconnaissance des exactions belges au Congo. Un thème qui reste tabou et dont les sensibilités dans une partie de la population noir-jaune-rouge sont toujours à fleur de peau.

Cette réponse est destiné a l'article suivant de la dernière heure

Monsieur le Rédacteur en chef,

Revenant sur l’article en rubrique, je ne m’attarderai pas sur les commentaires que cette personne fait sur le racisme,
pour elle, les racistes sont sans doute les Blancs, les autres ne le sont forcément pas. Passons.
Ce que je ne peux en aucun cas accepter, c’est quand elle déclare que le Roi Léopold II est un génocidaire égal à Hitler
et qu’il est temps que la Belgique assume le génocide.
Elle prétend s’être documentée sur le Congo où elle reconnaît n’avoir jamais mis les pieds et avoir découvert des épisodes
hallucinants, dont le mythe des mains coupées bien évidemment.
Ces insultes gratuites, mensongères et humiliantes sont assénées sans aucune preuve. Se rend-elle compte que de pareilles
déclarations frôlent la calomnie et la diffamation ?
Je souhaite éclairer sa lanterne sur deux de ses propos : Génocide et mains coupées.

Génocide : Le Petit Larousse dit : “qu’il s’agit d’une destruction méthodique d’un groupe ethnique par l’extermination de ses individus”.

Comment en est-on arrivé là ?

Stanley en descendant le fleuve Congo en 1877 a fait des observations très partielles sur la densité des populations riveraines; on en a déduit abusivement et arbitrairement qu’il y avait 20 millions d’habitants au Congo en 1880.
Le journaliste anglais Ed. Morel, financé par les milieux portuaires de Liverpool qui perdaient une partie de leurs activités au profit du port d’Anvers et un des détracteurs les plus agressifs de notre future colonie, a cité un nombre de 7.248.000 habitants en 1912; (statistique fournie par l’Administration coloniale belge).

Le premier recensement de 1924 fait état de 10 millions d’individus.
Premier paradoxe : Nous sommes face à une population anémiée, confrontée à d’innombrables maladies endémiques telles la malaria et les dysenteries, auxquelles sont venues s’ajouter des épidémies dévastatrices comme la variole et la terrible maladie du sommeil et qui, malgré ces handicaps, croît de 7 à 10 millions en douze ans ???

Deuxième paradoxe : Qui a fait le recensement précis des Africains en 1880 ? Nul ne le sait. Il n’ y avait pas encore d’Etat et les agents de l’A.I.A. (Association Internationale Africaine) avaient d’autres soucis.
Le pamphlétaire Adam Hochschild a reconnu lui même que ces nombres étaient le fruit d’extrapolations effectuées à partir de quelques chiffres connus pour quelques villages en zone d’exploitation de caoutchouc et étendus à l’ensemble d’un pays grand comme 80 fois la Belgique avec d’immenses espaces inhabités. Les chiffres cités ne résistent donc pas à une analyse sérieuse. A titre de comparaison, la Rhodésie du Sud ou Zimbabwue aujourd’hui, comptait un demi-million d’habitants à cette époque pour un territoire valant un quart de celui du Congo, alors que l’Egypte, autre grand pays africain colonisé
par les Anglais depuis 1882, en comptait seulement 4 millions.

Un chose est sûre, une effroyable mortalité sévissait dans le pays et trouvait ses causes dans l’esclavage, les maladies, la famine et le cannibalisme.

En résumé, c’est Stanley qui répond le mieux à la question de savoir quel est le sentiment qui a fait naître les accusations subies par le Congo et le Roi Léopold II : “La jalousie ! Le Congo réussit mieux qu’aucun autre Etat africain. Ces histoires d’atrocité ne vont pas cesser. Elles persisteront avec le peu de fondement qu’elles avaient quand je me trouvais là. J’ai entendu alors raconter d’effrayants excès, ce n’était jamais que pure invention.
Le Roi des Belges y a mis fin à la traite arabe. Je ne crois pas qu’à ce point de vue, un seul souverain vivant ait fait autant de bien pour l’humanité”.

Henry Morton Stanley.

Hélas, Stanley avait raison, jamais les accusations ne cesseront

Mains coupées : Il faut savoir qu’il s’agit d’une tradition arabe (la Charia, Loi islamique) et africaine qui existait bien avant les colonisateurs et qui était régulièrement mise en œuvre par les chefs de villages africains pour punir les criminels. Il est également intéressant de remarquer que la photo des mains coupées est quasi toujours la même, qu’elle soit imprimée dans un journal ou dans un livre pour illustrer les calomnies des détracteurs de l’œuvre coloniale. Deux lecteurs d’un journal belge ont d’ailleurs confirmé en 2001 que ce cliché représentait deux enfants prénommés “Yoka et Mola” et que leurs amputations étaient accidentelles, l’une suite à la gangrène l’autre à un accident de chasse.

Parmi ces détracteurs, c’est encore une fois Morel, comme le dit feu le Professeur J. Stengers dans son livre “Mythes et Réalités” qui, “dans l’ardeur de sa lutte contre Léopold II”, a :mis l’accent sur le thème des mains coupées, thème qui provoque forcément et facilement l’émotion.

Morel et ses amis ont fait naître l’équivoque qui s’est finalement répandue et a duré jusqu’à nos jours : l’idée que Léopold II faisait couper des mains au Congo et qu’il s’agissait là d’une torture infligée à la population, et même de la torture la plus caractéristique du régime. op cité, page 143.

Il est avéré que cette photo fut prise devant un dispensaire par Madame Harris, épouse d’un pasteur protestant.
Il faut savoir cependant et toujours selon le Professeur Jean Stengers (op cité page 142), qu’il y a eu des mains coupés au Congo au temps de l’Etat Indépendant du Congo l’E.I.C., :”Des officiers de la Force Publique, pour empêcher le gaspillage des munitions auquel se laissaient volontiers aller leurs soldats, ont exigé que ceux-ci, leur apportent la preuve qu’ils avaient bien utilisé leurs cartouches. La preuve c’était les mains coupées à l’ennemi tué par coup de feu. (... ) Les mains coupées, en principe, devaient l’être sur un ennemi mort. Bien entendu, il arrivait qu’un soldat tranche la main à un blessé”.

Ces extraits sont tirés d’un livret “Léopold II : Un Roi injustement décrié” Editions à compte d’auteur 2004 et du livre : “Le Congo au temps des Belges” Editions Dynamédia 2015

Par avance, mille mercis.

© “PV La Hulpe”

On en parle :


SiteLock
share this - partager le site - deel dit document


About Us | Contact | Privacy | Copyright | Agenda

Ook op het internet gelden de auteursrechten. Werken die auteursrechtelijk beschermd zijn, zoals tekeningen, foto's, muziek, film en software, mag u niet verspreiden via het internet zonder de uitdrukkelijke toestemming van de auteur.