Les enfants de la colonie.

Canvas Serie: six lettres ouvertes concernant les enfants de la colonie par l'auteur P. Van Bost.

Logo Congo-1960

Lettre ouverte à l'attention de l’émission «Kinderen van de Kolonië» de Canvas, de novembre 2018 à décembre 2018.

Voir la serie sur canvas elle est traduite en français pour vous par la vrt donc tout le monde a acces a cette serie à suivre le lien suivant: https://www.vrt.be/vrtnws/fr/dossiers/2018/11/les-enfants-de-la-colonisation
L'héritage des «Banoko»
 Un bilan de la colonisation 
Auteur Pierre Van Bost Pour ceux qui ne seraient pas au courant, sur Canvas il y a eu six émissions consacrées aux "Enfants de la 
colonie". [Kinderen van de kolonie]  https://www.canvas.be/kinderen-van-de-kolonie (nl).  Je m'étais proposé pour participer à l'émission, mais après une entrevue  de 2 h ils ont jugé que ma vision de la colonie ne cadrait pas avec leur émission.   
Pierre Van Bost est l'Auteur du livre: L'héritage des «Banoko».   J'ai vu le débat au sujet de cette émission dans le programme ; "De  zevende dag". A table il y avait deux activistes anticoloniaux Belges  d'origine congolaise, un journaliste néerlandais, super progressiste, et le pauvre Herman de Croo qui se retrouvait seul contre trois. Je n'en  dit pas plus, mais avant de regarder l'émission, attachez vos  ceintures et prenez un calmant. Quand en début d'année la VRT avait annoncé vouloir faire une série  d'émissions sur les « kinderen van de kolonisatie » [enfants de la colonisation] à l'instar du reportage qu'ils avaient fait sur les «  kinderen van de collaboratie » [enfants de la collaboration], émission  que j'avais trouvée intéressante et bien faite, je me suis proposé pour  participer à l'émission. L'idée était de faire voir dans quelles mesures  le choix fait par nos parents de partir en Afrique ont influencé nos vies. 

Commentaires à chaud sur l'émission de la VRT du mardi 27  novembre 2018
consacrée aux «Enfants de la colonie». 

Deuxième épisode voir la video : Patrons Blancs - Serviteurs Noirs (acces pour l'Europe)

Attention les vidéo on line ne serons plus diponible a partir du 31 janvier !

Le matraquage continue…, sans la moindre relativité, sans nuances, bien  sûr il ne fallait pas espérer autre chose. 
On assimile la vie à Léopoldville et au Haut-Katanga à l'ensemble du pays….  Les Blancs faisaient la fête pendant que les Noirs trimaient pour eux,  pour un salaire de misère qui ne leur permettait pas de se nourrir. 

Pour preuve une citation de Pierre Ryckmans extraite de la Conférence  qu'il prononça à Léopoldville le 5 juillet 1946. Il déclara entre autres  :
« Nos indigènes des villages n'ont pas de superflu : leur niveau de  vie est si bas qu'il doit être considéré non seulement comme  incompressible, mais comme inférieur au minimum vital. Les milieux  coutumiers de l'Afrique noire sont terriblement pauvres. L'ensemble de  leurs activités permet à peine aux habitants de subvenir à leurs besoins  les plus élémentaires. La masse est mal logée, mal vêtue, mal nourrie,  illettrée, vouée aux maladies et à la mort précoce ». 

Bien sûr ce texte est sorti de son contexte. Ils ont oublié de  mentionner l'alinéa suivant:
« L'économie villageoise d'Afrique ne  connait ni la roue, ni la citerne, ni la poulie, ni la brique, nie la scie, ni l'engrais : elle n'a ni bêtes de trait, ni bêtes de selle, ni  bêtes de somme. Chiffrez ce que coûtent en journée de travail la  fabrication d'une houe, de la façon et la mise au fleuve d'une pirogue,  les quelques dizaines de kilos de viande d'une chasse au filet, la  culture d'un hectare en forêt vierge, le portage d'une récolte de  coton…. Que reste-t-il, dans pareille économie, comme disponibilité de  productivité que l'on puisse affecter à la création de nouveau capital ? ». 

Pierre Ryckmans proposait en fait un programme de développement  :
«  Evidemment, Noirs et Chinois ne demanderaient pas mieux que de jouir des  biens de la civilisation s'ils avaient de quoi les payer. C'est leur  pauvreté qui les exclut de la vie économique. Ils sont pauvres parce  qu'ils produisent peu et mal. Ils produisent peu et mal parce qu'ils  manquent d'efficience, de capital et d'outillage. Qu'on leur donne donc  des crédits et une assistance technique : qu'on dresse pour eux un plan  quinquennal .  Notre premier devoir envers les indigènes est de les armer pour la vie ». [1] 

Evidemment, c'était là le point de vue d'un honteux paternaliste ! 

On ne donnait aux Congolais aucune responsabilité. C'est à voir de  quelles responsabilités on parle. Il y avait des machinistes, des  capitaines de bateaux, des chefs de centre extra-coutumiers congolais. 

Très tôt, dès 1917, les Belges chargèrent des indigènes de la lourde responsabilité de conduire des trains, y compris des trains de  voyageurs. Ce fut le point de départ de la politique tendant à charger  les Noirs de travaux exécutés antérieurement par les Blancs.  Mr. Sengier, à l'époque directeur de l'U.M.H.K. de passage en Afrique du  Sud demanda au général Smuts, Président de l'Union Sud -Africaine ;  
« Si vous venez au Katanga, ne serez-vous pas choqué de voir un indigène piloter la locomotive de votre train ? ».
L'homme d'état lui répondit : 
« Non ! vous êtes, vous Belges, dans la bonne voie. Mais vous n'avez pas  à prendre en considération, comme moi, une population de plusieurs  millions d'Africains blancs ». [2] 

Les témoignages des Congolais de Belgique sont du plus haut ridicule.  Ainsi Bénédicte Mubalo Kalasa, née en 1955, déclare qu'elle n'avait  jamais vu de Blancs de son âge à l'époque. Comprendra qui pourra. Pierre  Dizzy Manjeku Lengo, né en 1946, prétend que les Noirs devaient se taire  lorsqu'ils passaient près d'une maison où le Blanc faisait sa sieste.  Tracy Bido, née en Belgique en 1990, insiste sur le fait qu'en 1960, il  n'y avait que seize, seize universitaires congolais. Elle ignore probablement qu'en 1960, il y avait au Congo deux universités avec des  centaines d'étudiants congolais dans le pipe-line. 

Pour annoncer l'épisode suivant, on a eu droit à faire connaissance avec  Juliana Lumumba qui déclare : « Les Belges n'ont pas seulement tué mon  père, mais ils ont tué le rêve des Congolais d'un avenir meilleur !».  Avec Lumumba, le Congo ne serait pas mieux loti aujourd'hui ! 

[1] Pierre Ryckmans « Etapes et Jalons » , Maison F. Larcier, Bruxelles 1946 
[2] Union Minière du Haut-Katanga 1906-1956, Edt. L. Cuypers, Bruxelles 

Pierre Van Bost 

Vers l'épisode trois et le commentaire de Pierre

Source VRT : Deuxième épisode : Patrons blancs, serviteurs noirs  
(vidéo on-line pour l'Europe)

Au fil de la série documentaire "Les enfants de la colonisation" de Canvas, une vingtaine de témoins en Belgique et en RDC évoquent le Congo à l’époque coloniale et la manière dont l’héritage colonial a influencé leur propre vie.

Après la Seconde Guerre mondiale, les conditions de vie du peuple congolais s’améliorèrent un peu dans la colonie belge. L’effort énorme que les Congolais avaient fourni pendant le conflit fut en quelque sorte compensé plus tard par le développement d’un modeste Etat-providence, qui offrait des soins de santé de base et un enseignement primaire gratuit à la plupart des Congolais.
Mais le prix qu’ils payent pour ces soins est élevé : la ségrégation, le racisme et la discrimination règnent dans les centres urbains. Les Congolais entrevoient à peine une possibilité d’amélioration de leur position sociale, ils subissent partout la discrimination et ne sont autorisés qu’à exercer des fonctions de serviteurs. L’autorité coloniale belge traite le peuple comme un enfant qui n’a jamais grandi. Les Congolais ne se voient confier aucune responsabilité.

Les conditions de vie améliorées vont cependant faire naître une classe moyenne congolaise qui formulera des exigences à l’attention du colonisateur belge en haussant toujours davantage le ton. Un mouvement d’indépendance verra lentement le jour.

Sur flandreinfo.be, les six épisodes vous sont proposés avec sous-titres en français.

Vous pouvez aussi découvrir la version en néerlandais sans sous-titrage en télévision sur Canvas (VRT), à 21h20 les mardis 20 et 27 novembre, 11, 18 et 25 décembre et 1er janvier 2019.


Tweede aflevering : Blanke Bazen - Zwarte Dienaars (video online europa)
beschikbaar tot 31 januari

Kinderen van de kolonie Een prille onafhankelijkheidsbeweging krijgt stilaan vorm

  • Dit programma kan je enkel in de EU bekijken

Na de Tweede Wereldoorlog verbeteren de leefomstandigheden van het Congolese volk enigszins. De enorme inspanning die de Congolezen hadden geleverd tijdens de oorlog, wordt daarna in zekere mate gecompenseerd door de uitbouw van een bescheiden verzorgingsstaat: basisgezondheidszorg en gratis lager onderwijs voor de meeste Congolezen.

Maar de prijs die ze betalen voor die zorg, is hoog: in de stedelijke centra is er segregatie, racisme en discriminatie. Congolezen hebben nauwelijks uitzicht op een verbetering van hun sociale positie, ze worden overal gediscrimineerd en mogen alleen dienende rollen vervullen.

De Belgische koloniale overheid behandelt het volk als een nooit opgroeiend kind. De Congolezen krijgen geen enkele verantwoordelijkheid toebedeeld. Toch zorgen de verbeterende leefomstandigheden ook voor een ontluikende Congolese middenklasse die alsmaar luider eisen formuleert aan het adres van de Belgische kolonisator. Een prille onafhankelijkheidsbeweging krijgt stilaan vorm.