Mundélé

Par Carine Geerts

Titre : Mundélé

Auteur : Carine Geerts
Rubrique : Littérature
Style : Roman


Format : 11x17cm (Poche)
Impression : Noir & Blanc
Pages : 156
N° ISBN : 978-2-917745-01-4

Mundélé - Carine Geerts - Les Editions Brumerge

Carine Geerts nous a écrit :

«Mundélé» a été écrit pour plusieurs raisons :

D'une part, pour faire comprendre que le racisme à rebrousse-poil à l'égard du "méchant blanc" est dû uniquement par des jugements de valeurs émit par des personnes qui ne savent pas de quoi elles parlent.
D'autre part, les mensonges haineux à l'égard des congolais sont de la bêtise manifeste car pendant toute la période où j'ai habité au Congo/Zaïre, j'ai vécu au milieu d'eux. Je les apprécie pour leurs qualités de coeur, leur générosité, leur patience et leur subtilité d'esprit mais surtout pour leur joie de vivre.

De plus, l'écriture de «Mundélé» m'a permis de raviver des souvenirs d'une terre de rêve où les facettes sont tellement multiples et passionnantes. Elle m'a permis aussi de découvrir tout un Univers de pensées et d'aspirations profondément humaines à travers l'art et les rituels tribaux

Cette histoire est une pure fiction.
Les protagonistes en sont entièrement imaginaires et n’ont aucune relation de près ou de loin avec des personnes existantes.
Pourtant, le Congo où ils évoluent est lui authentique.
Il a été travaillé de mémoire à partir de souvenirs d’une terre de rêves où les facettes sont tellement multiples et passionnantes.

La page de l'auteur : http://les-editions-brumerge.wifeo.com/carine-geerts.php

RESUME

Cet ouvrage est le récit d'un homme dont l'échelle des valeurs a été bouleversée au contact d'autres hommes et d'autres femmes, de qui tout le sépare: les origines comme les préoccupations. C'est l'histoire d'une quête, celle de Willy Thijs, qui décide brusquement de tout abandonner: argent, métier et prérogatives sociales... pour repartir à zéro et vivre auprès des Pygmées Babingas.
Il ne savait pas qu'il allait ressentir palpiter la Vie, grâce à une jeune Pygmée Aimée Bizi Bazouma et qu'elle allait lui faire connaître le Bonheur Véritable, empreint de Pureté et d'Harmonie.

Il ne savait pas qu'il allait devoir repartir en Belgique, dégoûté, meurtri et poursuivi par l'opprobre de la société bien pensante des Belges au Congo.

lire en extrait du livre :


Je sais que ce n'est pas facile à croire.
Moi-même j'y crois, bien sûr mais je ne peux dire grand-chose de plus. J'aurais aimé vivre dans une époque à miracles mais aujourd'hui tout le monde veut des preuves et ça, je ne peux pas en apporter beaucoup, à part un peu de poussières de latérites rouges du fond de mes poches, un vieux fétiche tout défait d'avoir voyagé, que j'aime caresser du bout des doigts et puis des souvenirs, énormément de souvenirs.
Ceux-ci sont envahissants, ça me poursuit, ça me réveille toutes les nuits et je reste les yeux ouverts, le coeur battant, à la poursuite des vieux rêves. Au début, c'est un peu flou et un peu fou.
Je me demande où je suis… et puis la magie opère ; les noms, les lieux, les sensations, les odeurs… tout devient certitude, tout devient ouverture et c'est tellement beau qu'il n'y en a jamais assez.
Le mieux, ce serait peut-être que je commence par le début ; c'est-à-dire la fin…
J'engloutis tout ce que je vois avec avidité. Le moindre détail est enregistré pour le garder longtemps en mémoire. La porte du grand hall vitré de l'aérogare est franchie ; l'air est chaud et les vêtements que j'ai enfilés pour l'arrivée en Belgique me collent à la peau, mon capitula1 me manque déjà.

L'oiseau de métal, un Fokker F70 de la Sabena, étincelant, attend à quelques dizaines de mètres, un escalier mobile métallique sous la porte d'entrée.
Les passagers entrent à regret dans cet espace qui n'est déjà plus le Congo et sent la Belgique.
Les places occupées, les ceintures bouclées, laporte se ferme. Les moteurs toussent puis rugissent, l'avion avance, lourdement en cahotant vers l'extrémité du terrain. En bout de piste, retournement puis arrêt. Les moteurs se mettent à hurler, les hélices accélèrent.
L'avion roule, roule… il tarde, comme à regret, de se séparer du sol africain. La piste défile sous les ailes vibrantes puis soudainl'avion cesse de vibrer, il a quitté le sol.
Il n'y a plus de contact avec cette terre bénie. Par le hublot, la brousse ne représente plus qu'une mousse verte, découpée de minces sentiers de terre rouge. Ce sont les dernières visions que j'ai du Congo car elles sont brouillées de larmes qui coulent de mes yeux.
Je n'ai pas envie d'atterrir à Bruxelles.
L'avion a déjà tourné deux fois au-dessus de l'aéroport national de Zaventem et je rêve qu'en raison de l'encombrement des pistes, on repart pour le Congo me déposer près du village des Pygmées Babingas et que je me recueille sur la tombe d'Aimée Bizi Bazouma.
Aimée.
Depuis le décollage, je pense à elle, avec une intensité qui me fait mal. Rien qu'en fermant les yeux, je la vois avec le réalisme des mondes virtuels. Je n'ai qu'à tendre la main pour la toucher…

Mais laissez-moi vous raconter mon histoire… Je m'appelle Willy Thijs. J'ai 23 ans et je suis agent territorial pour le gouvernement belge au Congo…

Chapitre premier
L'air du large Il était arrivé seul à Matadi par le bateau « Alex Van Opstal » de la Compagnie Maritime Belge, qui faisait la liaison entre la Belgique et le Congo en seize jours.
Sa fiancée Maryse avait préféré rester en Belgique, refusant de le suivre au Congo. Elle avait été influencée par ses parents et amis, qui considéraient Willy comme une tête brûlée et un inconscient. Il fallait être fou pour risquer sa vie et celle de sa future femme dans les contrées sauvages congolaises, au milieu des bêtes féroces et dans les conditions de vie difficiles en brousse.
Willy croyait toujours pouvoir faire changer d'avis Maryse et la faire venir en Afrique. Il espérait qu'elle allait pouvoir s'accoutumer au climat et à l'ambiance particulière du Congo ; surtout qu'il y avait un an, la lecture de l'annonce de la « Revue Coloniale Belge » avait eu un certain impact sur elle.
Il est vrai que le texte était flatteur et prônait l'élitisme et l'effort récompensé pour les Belges qui choisissaient de s'expatrier :
« Le Congo représente un beau champ d'activité pour les jeunes Belges qui recherchent une meilleure rémunération de leurs capacités et qui aspirent à mener une vie plus large, plus active, plus indépendante que celle à laquelle ils sont accoutumés en Belgique. L'industrie et le commerce au Congo recherchent des hommes ayant la vocation coloniale et qui désirent élever le niveau matériel et moral des indigènes, leur apprendre un métier et les faire participer aux bienfaits de notre civilisation. »
C'était donc avec l'honnête conviction du devoir à accomplir, des sacrifices à endurer mais récompensés par un avenir prometteur, que Willy s'était inscrit au Ministère des Colonies et ensuite à l'Ecole Coloniale d'Anvers.
Maryse et sa famille étaient ravies, Willy allait être au Congo une personnalité beaucoup plus importante que lorsqu'il était qu'un banal civil en Belgique.
Après un enseignement de trois ans d'études de droit, d'économie, de comptabilité, de botanique et d'agronomie tropicale ainsi que des connaissances techniques poussées dans le domaine de la santé, Willy était sorti premier de sa session, lauréat avec grande distinction et félicitation du jury. Il était donc normal qu'il fût le premier agent territorial de son groupe à être envoyé vers la Colonie.
Maryse était fière de lui et avait accepté de l'épouser au Congo, lorsqu'il serait convenablement installé. Puis une campagne de dénigrement contre la Belgique et le roi Léopold II concernant l'esclavagisme et les mauvais traitements pratiqués à l'égard des travailleurs noirs eurent bon de sa détermination vacillante. Elle ne voulut plus le rejoindre au Congo. Willy essaya vainement d'apaiser l'entourage de sa fiancée mais devant l'incompréhension générale, il décida de se conforter lui-même dans son choix et à taire les sentiments de culpabilité à laisser derrière lui Maryse.
Le coeur déchiré, sa décision était prise…


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Delcol Martine