Concerne Commémoration Mr Patrice Lumumba.

Lettre ouverte à Charles Michel - Didier Reynders, Mémoire du Congo et Colette Braeckman

foto la période Lumumba et les meurtrier a voir le témoignage de Gabriel Rahier

Concerne Commémoration Mr Patrice Lumumba.

Monsieur Charles  Michel
Premier Ministre,
16 rue de la Loi
1000 Bruxelles.

Le 8 juin 2018.

Concerne la décision d’ériger à Bruxelles une statue en l’honneur de  Patrice  Lumumba.

Monsieur le premier ministre,

Je me permets de vous écrire car je suis une ancienne coloniale ayant vécu au Congo de 1951 à 1961. J’ai été très proche de la population congolaise car nous avons beaucoup vécu en brousse, sous tente. Mon mari étudiait un tracé pour le chemin de fer qui en 1956 relia Kabalo à Kamina. Les petits copains de mes quatre  enfants nés entre temps étaient donc tous congolais. Nous vivions en harmonie, nous entre aidant mutuellement. (Pas de coups, pas d’insultes ni de mains coupées !)
J’ai donc connu la période coloniale, l’indépendance et la période troublée de l’après-dépendance.

Je suis horrifiée d’apprendre qu’une statue à l’effigie de monsieur Lumumba sera érigée fin juin, probablement pour des raisons purement électorales car je suppose que vous connaissez le parcours devenu criminel   de ce personnage à tout le moins très controversé,  dont les troupes ont massacré de très nombreux Congolais et des Européens.
Vous connaissez certainement aussi le discours inattendu, incendiaire et haineux dirigé contre le Roi et les Belges qu’il prononça lors des fêtes de l’indépendance. Discours appelant plus  à la révolte qu’orienté pacifiquement vers la mise en place d’un Congo libre qui bénéficiant  des infrastructures mises en place durant la colonisation  sur lesquelles d’ailleurs il a fait l’impasse totale, serait compétitif. (Enseignement, hôpitaux, soins de santé, constructions de routes, chemins de fer, voies fluviales, éradication de certaines maladies gestion des cultures etc.)
Patrice Lumumba sera très vite dépassé par les évènements révolutionnaires que son discours aura déclenchés.

Or voilà que pour un fallacieux concept de réconciliation entre deux communautés il est décidé de mettre Patrice Lumumba à l’honneur !

Pour la communauté congolaise ainsi manipulée on  écrit  ou on laisse écrire  une fausse page d’histoire.
- On laisse croire que Patrice Lumumba fut le père de l’indépendance. Or celle-ci fut  déjà revendiquée avant les années 1950 par Mr Kasavubu,  concept repris par le professeur Von Bilsen et  publié en 1956  dans la revue « conscience africaine. »
-On laisse croire, qu’il s’est battu jusqu’à la mort pour conduire son pays à l’indépendance alors qu’il menait une course personnelle effrénée pour le pouvoir annonçant déjà  en novembre 1959 à Stanleyville (Kisangani) que  « le gouvernement fantoche qui sera mis en place à l’indépendance sera renversé en quelques mois ! »
-Pour en faire un héros à révérer  on n’hésite pas à traficoter son discours inaugural en sortant de son contexte sa dernière phrase, « Ensemble mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte…sublime » phrase magnifique mais qui lorsque elle est replacée dans son contexte  est loin, très loin,  hélas d’être pacifique. (Lire le discours de Mme Mathilde El Bakri PTB.)

Pour les anciens coloniaux oubliés sinon méprisés, que sont devenues les promesses concernant leur protection personnelle et celle de leurs  biens  faites par  Mr Van Hemelrijck en avril 1959, de Mr Scheyven en avril 1960, et   celles nombreuses de Mr De Schryver. Beaucoup d’entre eux ont dû abandonner le fruit de leur travail  et ont du fuir sous les tirs des combattants de Mr Lumumba. (Ce fut mon cas lorsque mes enfants tout jeunes encore et moi couchés dans le fond d’une embarcation afin d’ éviter le tir des rebelles postés sur le pont de la Ruzizi bordant le lac Kivu  avons du fuir Bukavu vers le Ruanda ou nous attendait un avion qui, au moment de son envol serait également  la cible des tirs.)

Cependant avec le temps les mauvais souvenirs s’étaient estompés, faisant place pour ceux heureux et  une communication pacifique, agréable s’était installée entre Congolais et nous…..jusqu’à ce que nos politiciens par une  soif inextinguible de voix électorales  réveillent les mauvais souvenirs en nous mettant sous le nez chaque fois qu’il nous faudra passer par le square de la honte une statue exhibant un Patrice Lumumba qui tira sur nous et nos enfants.

Bien sur pas trop grave pensez-vous. Les anciens coloniaux connaissant cette époque car ils l’ont vécue sont vieux et disparaitront bientôt  se taisant alors définitivement et si cela ne va pas assez vite il y aura bien une frasque ou l’autre du Prince Laurent à divulguer pour distraire l’opinion publique de la controverse Lumumba.
C’est oublier les enfants nés au Congo, installés en Belgique et jusqu’à présent  sans problèmes avec la communauté noire pour  qui ce jour, vous mettez en place une polémique.

En Belgique, les dieux sont tombés sur la tête. Simultanément par intérêt personnel, pour une voix aux élections, pour un plat de lentilles… il est de bon ton de  pleurer des victimes abattues  par des terroristes  et d’honorer des assassins.

Si ce que vous cherchez est réellement la « réconciliation »pourquoi prendre position dans ce débat Lumumba dédaléen, pourquoi ne pas choisir d’œuvrer ensemble pour un objectif commun qui consisterait  par exemple à utiliser notre  argent  non pas pour payer une statue à Patrice  Lumumba et plus tard devoir verser à ce sujet des dommages et intérêts à la population congolaise mais pour aider l’action du  Dr mukwege qui aujourd’hui encore soigne des femmes congolaises quotidiennement suppliciées.
Hélas, projet certainement irréaliste car le supplice de ces femmes ne pouvant  pas être attribué au Roi Léopold II mort depuis plus de 100 ans ou aux coloniaux partis depuis près de 60 ans, nos politiciens n’auraient plus l’occasion d’invoquer la repentance au gout du jour, le « je vous ai compris »  adressé à la communauté congolaise,  expression  chère au général De Gaulle. Quant à ceux qui ont quitté leur pays après l’indépendance pour venir  se réfugier en Belgique, pays oppresseur, pays d’injustice et d’exploitation, dénoncé par un Patrice Lumumba  vénéré, comment comprendre ce choix ?

Je vous remercie de m’avoir lue. Je ne me fais aucune illusion quant à la suite donnée à ma lettre ni à aucune autre d’ailleurs car le but recherché des politiciens  n’est pas la « réconciliation » qui n’est qu’un  terme usurpé.

Je  me devais de réagir pour mes enfants dont le Congo est le pays natal, pour leurs petits compagnons de jeux disparus dans la tourmente, pour les Congolais que j’ai connus et pour tous ceux massacrés par les troupes de Patrice Lumumba. Qui ne dit mot consent et je ne consens pas à cette mascarade.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de ma respectueuse considération.

Christiane Blanjean

Copie à Monsieur Reynders vice Premier Ministre et
Ministre des affaires étrangères.
Copie à Madame Colette Braeckman  journaliste
Copie à Mémoires du Congo

A lire aussi les lettres ouverte de Christiane destiné au Bourgemestre di Rupo et celle envoyé au Bourgemestre Close de bruxelles

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