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Le Congo Belge entre 1940-1945

Par Jean Pierre Sonck ©

Operation dragon rouge

 

 

La déclaration de guerre

 

Emile JANSSENS prétexta du rétablissement de la Sûreté militaire en Belgique pour tenter de s’attribuer certaines missions dévolues à la Sûreté civile, mais le Gouverneur Général Pierre RYCKMANS lui opposa un refus formel, insistant sur la nécessité de disposer de deux organisations bien distinctes, l’une relevant du pouvoir civil et l’autre de l’Etat Major de la Force Publique. Lors de la déclaration de guerre du 10 mai 1940, le Gouverneur Général signa une ordonnance relative à la Sûreté de l’Etat et à la tranquillité publique afin de remédier à l’absence de législation en matière de sécurité.

Photo : le Gouverneur Général Pierre Ryckmans
 

Lors de la déclaration de guerre en septembre 1939, les autorités de la Colonie n’avaient aucune législation adaptée à la lutte contre la subversion ennemie. Un embryon de Sûreté avait été créé en 1932 au sein de l’administration coloniale de Léopoldville pour tenir informer le Gouverneur Général Pierre RYCKMANS de la situation dans le pays et il confia à son secrétaire particulier Jean BEAUDINET, ancien chef de division du service des secrétariats du gouvernement général, le soin de le développer. Il renforça les représentations provinciales du service de Sûreté qui bénéficiaient des renseignements récoltés par l’administration territoriale et il assura la protection des hautes personnalités en déplacement dans la Colonie. Aucun service militaire de renseignements digne de ce nom n’existait au sein de la Force Publique et le capitaine BEM Emile JANSSENS, envoyé de Belgique pour étudier la mise en défense de l’embouchure du Fleuve Congo, créa un 2 e Bureau au sein du Quartier Général de la Force Publique à Léopoldville. Cet officier breveté d’Etat Major établit les plans pour la mise en défense du Bas Fleuve et il prévoyait d’ériger des fortifications armées de canons capables de protéger les ports de Boma et de Matadi contre une attaque ennemie. Il prévoyait également l’achat d’avions bimoteurs de surveillance côtière, mais le budget annuel de la FP   n’autorisait pas de telles dépenses. Sous son impulsion, des indicateurs furent recrutés par le 2 e Bureau afin d’étendre un réseau d’informateurs sur toute la colonie. Certains informaient bénévolement ce service secret, d’autres étaient rémunérés sur les maigres fonds secrets mis à la disposition du capitaine BEM JANSSENS qui bénéficia également des renseignements récoltés par l’administration territoriale. Emile JANSSENS prétexta du rétablissement de la Sûreté militaire en Belgique pour tenter de s’attribuer certaines missions dévolues à la Sûreté civile, mais le Gouverneur Général Pierre RYCKMANS lui opposa un refus formel, insistant sur la nécessité de disposer de deux organisations bien distinctes, l’une relevant du pouvoir civil et l’autre de l’Etat Major de la Force Publique. Lors de la déclaration de guerre du 10 mai 1940, le Gouverneur Général signa une ordonnance relative à la Sûreté de l’Etat et à la tranquillité publique afin de remédier à l’absence de législation en matière de sécurité. Elle donnait le pouvoir aux fonctionnaires de la Sûreté civile d’agir en tant qu’officier de police judiciaire, sur réquisition du Gouverneur Général ou des gouverneurs de province, pour exécuter les devoirs concernant les personnes suspectes, leur mise sous surveillance, leur internement et le droit de les perquisitionner afin d’empêcher les actes de sabotage et d’espionnage. La Sûreté civile reçut dans ses attributions certaines tâches ingrates, mais importantes, telles la lecture de la presse, l’écoute des radio étrangères, la censure du courrier et des moyens de communications radio, l’analyse et l’exploitation des renseignements, y compris ceux fournis par les lettres anonymes ou les conversations de salon. Tous les sujets allemands en âge d’être militaire furent internés et une surveillance fut exercée sur les autres. Il leur fut interdit de circuler dans la Colonie sans un permis spécial. Cette mesure fut étendue aux sujets italiens dès le mois de décembre 1940 sur décision du gouvernement belge en exil à Londres. Le gouverneur général Pierre RYCKMANS avait accepté d’apporter son aide aux Alliés pour qu’ils gagnent la guerre et l’Union Minière du Haut Katanga, qui produisait du cuivre, du cobalt, du radium, de l’or et d’autres minerais stratégiques, s’engagea dès le 13 mai 1940 à fournir à la Grande Bretagne tout le cuivre dont ce pays avait besoin. Le Congo Belge devint une source importante d’approvisionnement pour les Alliés et en peu de temps, l’activité du port de Matadi connut une importante augmentation de trafic et une base d’hydravions anglais s’établit à l’embouchure du fleuve Congo pour traquer les sous-marins ennemis. La Police des mines, qui assurait la répression des fraudes de matières précieuses, fut englobée dans la Sûreté coloniale et cela assura à Jean BEAUDINET la collaboration des grandes sociétés minières. Outre la répression des fraudes, la Sûreté lutta contre la subversion du mieux qu’elle put malgré le manque de moyens et elle connut quelques succès dont l'arrestation d'un fonctionnaire colonial, partisan de l'ordre nouveau qui renseignait l'antenne de l'Abwehr à Loanda sur les faits et gestes des plus hautes autorités de la Colonie.

La Sûreté civile reçut dans ses attributions certaines tâches ingrates, mais importantes, telles la lecture de la presse, l’écoute des radio étrangères, la censure du courrier et des moyens de communications radio, l’analyse et l’exploitation des renseignements, y compris ceux fournis par les lettres anonymes ou les conversations de salon. Tous les sujets allemands en âge d’être militaire furent internés et une surveillance fut exercée sur les autres. Il leur fut interdit de circuler dans la Colonie sans un permis spécial.

 

Photo : Les codes secrets de sûreté

La sécurité du port de Matadi

La base d'une bonne Sûreté étant la connaissance du milieu, Jean BEAUDINET confia à l'ancien commissaire de police Léon P. JACOBS le soin de découvrir d’éventuels espions nazis à Matadi. Ce port était relié à la capitale par un chemin de fer d’importance stratégique et il aurait suffi de saboter les infrastructures du port ou de couper le rail pour asphyxier la Colonie. Secondé par ses deux adjoints dont un certain ANCION, le représentant de la Sûreté à Matadi prit son rôle fort au sérieux et ne négligea aucune dénonciation anonyme, soupçonnant à tort certains Européens de sentiments germanophiles ou d’attitude défaitiste. Suite à sa paranoïa maladive, la population européenne se méfia de lui et le surnomma « Le Péril jaune », car il s’était acheté une splendide Studebaker neuve de couleur jaune canari qu’il conduisait imprudemment. Parfois, la suspicion du commissaire JACOBS résultait du simple fait que la personne dénoncée habitait près de l'embouchure du fleuve Congo, voie de pénétration éventuelle de corsaires allemands, ou qu'un planteur avait débroussé un coin de savane « qui pourrait éventuellement servir à un parachutage ». Les débuts de la Sûreté coloniale dans le Bas Congo ne furent guère glorieux. Sur une dénonciation anonyme accusant un vieux colon allemand de Moanda de communiquer par signaux lumineux avec les Uboot de la Kriegsmarine, le commissaire de la Sûreté se rendit sur place pour enquêter sous le couvert d'une « étude sur les pâturages du Mayumbe ». Il avait obtenu du Vice Gouverneur Général ERMENS un ordre de réquisition de la troupe et il se présenta discrètement au cantonnement du lt HENNIQUIAU dont la mission était de s'emparer de Pointe Noire avec sa compagnie cycliste en cas d'attaque alliée contre les forces vichystes du Congo Brazza.

En se donnant des airs mystérieux, JACOBS exhiba son ordre de mission et révéla à l’officier son véritable but : il avait besoin de quelques soldats congolais pour surveiller la maison d’un colon suspecté d’être un espion ennemi. Le lieutenant HENNIQUIAU se montra très dubitatif et il insista pour accompagner sur place le commissaire de la Sûreté avec des hommes de sa compagnie cycliste. Dès la nuit venue, ils se mirent en observation, mais ne constatèrent rien de suspect, car les signaux lumineux aperçus sur une colline voisine de l'habitation n'étaient que les lampes à pétrole des indigènes qui se déplaçaient d'une case à l'autre de leur village. Niant l'évidence, l’agent secret voulut poursuivre la surveillance du colon « suspect » et il fallut l'intervention de son supérieur pour rappeler au commissaire de la Sûreté un devoir plus important : la sécurité du port de Matadi. Deux espions de l'Abwehr dont un traître belge réussirent à dérober des documents secrets sur les mouvements des navires et l’organisation des convois maritimes. Ils parvinrent à traverser la frontière de l’Angola et à rejoindre l'antenne de l'Abwehr à Loanda. Il s’ensuivit une belle panique qui perturba l’activité du port et le commissaire de la Sûreté fut envoyé en mission à Loanda pour tenter de récupérer les documents, mais il échoua lamentablement. Plus tard, il fut impliqué dans une sombre histoire de trafic de pneus et de clous avec l’Angola voisin et il ne parvint pas à obtenir le silence du directeur des Douanes. Il perdit le procès que lui intenta ce fonctionnaire colonial et il fut forcé de démissionner. Selon le rapport envoyé à Washington en décembre 1944 par un agent de l’OSS (Office of Strategic Service, ancêtre de la CIA) en poste au Congo, il aurait été dénoncé par un collègue qui avait découvert son trafic.

 

La base d'une bonne Sûreté étant la connaissance du milieu, Jean BEAUDINET confia à l'ancien commissaire de police Léon P. JACOBS le soin de découvrir d’éventuels espions nazis à Matadi. Ce port était relié à la capitale par un chemin de fer d’importance stratégique et il aurait suffi de saboter les infrastructures du port ou de couper le rail pour asphyxier la Colonie...... Lors d’une perquisition chez certains admirateurs du « Duce » Benito MUSSOLINI, le commissaire de la Sûreté en poste à Elisabethville découvrit des documents concernant le sabotage de lignes de chemin de fer au Katanga qui auraient freiné l’exportation du cuivre de l’Union Minière du Haut Katanga (UMHK). Suite à cette menace, les autorités d’Elisabethville décidèrent l’ouverture d’un camp d’internement à Ngule pour y envoyer

Photo : Carte de sûreté

 

  Lutte contre la subversion ennemie

Au Katanga où vivaient la plupart des Italiens installés dans la Colonie, un millier d’entre eux s’était organisé en «fascio » et le délégué provincial de la Sûreté craignait des actes de subversion de leur part si le représentant consulaire de l’état fasciste leur en donnait l’ordre. Lors d’une perquisition chez certains admirateurs du « Duce » Benito MUSSOLINI, le commissaire de la Sûreté en poste à Elisabethville découvrit des documents concernant le sabotage de lignes de chemin de fer au Katanga qui auraient freiné l’exportation du cuivre de l’Union Minière du Haut Katanga (UMHK). Suite à cette menace, les autorités d’Elisabethville décidèrent l’ouverture d’un camp d’internement à Ngule pour y envoyer les sujets italiens jugés suspects de sympathies fascistes. Pendant ce temps, le capitaine BEM JANSSENS avait étendu le réseau du 2 e Bureau militaire dans les colonies voisines et certaines rumeurs recueillies par des informateurs établis en Angola intéressèrent particulièrement le Quartier Général de la Force Publique car elles concernaient la sécurité de la Colonie : des colons allemands établis en Angola auraient levé une milice d’autochtones et leur donneraient une instruction militaire rudimentaire. A cela s’ajoutait des informations sur le déchargement dans un port angolais de lourdes caisses portant l’inscription de « Matériel aratoires » qui semblaient contenir des armes. Une lettre adressée à un colon du Congo, connu pour ses sympathies nazie, fut interceptée par la Sûreté Coloniale et le 2 e Bureau de l’EM/FP fut informé de la mise au point par l'antenne de l'Abwehr à Loanda d’une campagne de sabotage qui visait plusieurs ponts de la ligne de chemin de fer Matadi-Léopoldville. Ces destructions auraient perturbé le trafic commercial pour de longs mois et auraient provoqué des pertes importantes pour l’économie du Congo. La FP renforça considérablement la surveillance des frontières et des unités d’infanterie furent stationnées dans le Bas Congo, car les autorités portugaises ne pouvaient pas garantir la sécurité des frontières de l’Angola. Ils ne disposaient que de maigres troupes indigènes mal armées qui auraient été incapables de résister à un raid commando organisé par des saboteurs allemands. Grâce à un récepteur de grande puissance installé au QG/FP, le 2 e Bureau parvint à suivre les préparatifs des nazis en Angola et à les mettre en échec. Ce récepteur permit également d’être à l’écoute du réseau de transmission des forces italiennes d’Abyssinie et un officier du QG/FP de Léopoldville qui connaissait l’italien  réussit à trouver la clé du code employé, ce qui permit d’établir un ordre de bataille complet de l’armée fasciste et de suivre les déplacements de chaque unité ennemie dans ce pays. Pierre RYCKMANS avait rompu les relations avec son homologue français du Congo-Brazzaville et avait fait instaurer un blocus complet de l’autre rive du fleuve car le général HUSSON, commandant les troupes et gouverneur général de l’Afrique Equatoriale Française, s’était rallié au maréchal PETAIN avec son Etat Major. Une liaison régulière était établie avec la Sûreté belge de Londres et avec certains services secrets alliés, ainsi qu’avec le 2 e Bureau de l’EM/FP ( dirigé à partir du 15 décembre 1944 par le cpn BEM VANDEWALLE). Le 19 août 1940, un hydravion quadrimoteur des « Imperial Airways » se posa sur Pool. Il transportait la mission militaire du colonel de LARMINAT, représentant du Général de Gaulle. Avant l’arrivée de cette mission à Léopoldville, le docteur alsacien STAUB avait créé un comité « France Libre » et ses activités politiques avaient intéressé la Sûreté qui ouvrit le dossier I/84 à son nom. Lors de l’arrivée du colonel de LARMINAT et de ses compagnons, le docteur  STAUB et les membres du comité « France Libre » s'étaient mobilisés pour accueillir la mission française, pendant que Jean BEAUDINET les observait à l’écart. Les officiers des FFL prirent place dans une vedette pour rejoindre la rive belge du fleuve Congo où les attendait le consul JOINT, représentant de la Grande Bretagne au Congo Belge. Cette action souterraine faisant partie d’un plan secret élaboré vers la mi-août 1940 à Lagos. Le 2 e Bureau des Forces Françaises Libres (qui deviendra le BCRA en 1942) s’y était concerté avec l’Intelligence Service (MI 6) pour détacher les colonies françaises de l’emprise de Vichy. Le gouverneur général Pierre RYCKMANS était au courant de la partie de ce projet concernant le ralliement de l’Afrique Equatoriale Française au général de GAULLE et il avait chargé Jean BEAUDINET de superviser l’opération du côté belge. Avec l’accord du gouverneur RYCKMANS, le colonel de LARMINAT fut hébergé sur un bateau fluvial ancré au large de Léopoldville et il disposa de la radio du Congo Belge pour lancer des appels au ralliement à la population de l’AEF. Grâce aux Tirailleurs Sénégalais du Commandant DELANGE casernés à Brazzaville, les officiers gaullistes s’emparèrent du haut-commissariat le 29 août au matin et le général HUSSON fut fait prisonnier dans son QG de Brazzaville avec tout son Etat Major. Le Colonel de LARMINAT fut tenu au courant de l'évolution de la situation et au milieu de l'après-midi, il traversa 1e Pool et fut reçu chaleureusement à l'embarcadère de Brazzaville par les anciens combattants, drapeau de la France Libre  en tête . En octobre 1940, le Général de GAULLE effectua son premier voyage à Brazzaville et il prononça un discours à partir d’une station radio privée. Le docteur  STAUB dont l'action avait été prépondérante, tant à Brazza, qu'à Léo, fut félicité par le Général de GAULLE pour son action patriotique.

L’aide aux alliés

Peu après, le gouverneur général Pierre RYCKMANS favorisa la visite à Léopoldville de missions économique et militaire envoyées par les Britanniques qui montraient un grand intérêt à notre Colonie. La mission militaire était dirigée par le colonel McKENZIE, ancien attaché militaire adjoint à Bruxelles, notoirement connu comme agent de l’Intelligence Service (Military Intelligence MI 6). Suite à une demande des autorités anglaises du Kenya, une délégation conduite par le Gouverneur Général RYCKMANS et composée du Vice- Gouverneur ERMENS, du col GILLIAERT, commandant en chef de la FP, de Léo PETILLON et de Jean BEAUDINET, se rendit à Nairobi afin de s’entretenir sur l’aide que le Congo pouvait apporter au Kenya. A l’occasion de cette rencontre avec les autorités britanniques, le responsable de la Sûreté coloniale rencontra le chef du Military Intelligence MI 5, chargé du contre espionnage pour l’Afrique de l’Est, et une antenne du MI 5 fut autorisée à s’installer à Stanleyville sous la direction du major DUNCAN-SMITH. Une autre mission du MI 5 opéra momentanément à Bunia, localité proche de l’Ouganda. Bien qu’elle ne manquait pas d'informateurs à Stanleyville, la Sûreté Militaire ne put empêcher le coup d’éclat du colonel MAUROY. Cet officier patriote qui commandait le groupement FP de la province Orientale et du Kivu, rêvait d'en découdre avec les Italiens d'Abyssinie. Soutenu par plusieurs de ses subalternes dont le lt MET DEN ANCKXT, il le fit savoir par télégramme chiffré au Gouverneur Général RYCKMANS le 15 novembre 1940, critiquant l'attitude pusillanime de Léopoldville au point de vue militaire. Vu de la capitale, ce pronunciamiento prit les allures d'un putsch et le col GILLIAERT fut mandé sur place par avion Sabena pour rétablir la discipline et punir les factieux. En juin 1942, Londres annonça la visite du ministre des Colonies DE VLEESCHAUWER au Congo. Au même moment, le délégué de la Sûreté dans la capitale François SCHEERLINCK récolta des informations sérieuses sur un complot ourdi par le baron Antoine ALLARD, adversaire de la politique menée par le Gouverneur Général RYCKMANS. Il était question d’un plan d’actions auquel aurait collaboré le groupe de Chasseurs Motorisés créé par le cpn BEM JANSSENS et cantonné dans le Bas Congo à Benseke, localité située à 22 km de la capitale sur la route de Matadi. Il devait s’emparer des dépôts de munitions du camp Léopold avec ses scouts cars blindés « White » et occuper les endroits stratégiques de Léopoldville dans la nuit du 20 au 21 juin. Après la prise de  pouvoir par le mouvement colonial « Union Nationale »,  Radio Congo Belge devait annoncer la révocation du premier ministre PIERLOT et du ministre SPAAK, tandis que Pierre RYCKMANS serait mis à l’écart. Une perquisition effectuée chez le baron ALLARD permit d’y découvrir des preuves suffisantes pour mettre la capitale en état de siège, tandis que le chef des comploteurs était interné à la clinique Reine Elisabeth. Aucune preuve tangible ne fut apportée sur la participation effective de l’ancien chef du   service secret militaire Emile JANSSENS à cette conjuration, néanmoins, le QG/FP envoya un des avions légers de l’Avimil survoler le cantonnement des Chasseurs Motorisés à Benseke. Malgré quelques succès, la Sûreté civile avait des lacunes, dont le manque de connaissance du milieu syndical, et elle ne put détecter les signes avant-coureur la première grève que connurent les mines de l’Union Minière du Haut Katanga en 1941. Les protagonistes furent deux meneurs syndicaux connus pour leurs sentiments communistes. Plus tard, en 1945, elle ne put prévoir la grève qui bloqua le port de Matadi et qui empêcha l’évacuation d’une partie de la production de cuivre de la Colonie. Enfin, son ignorance du milieu indigène l’empêcha de prévoir les troubles suscités par la secte Kitawala au Kivu en 1944. Dans chacun de ces cas, il fallut l’intervention de la Force Publique pour rétablir l’ordre.

 

Avec nos remerciement à Mr JP Sonck pour sa contribution au site congo-1960