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A Nos Héros Coloniaux Mort Pour La Civilisation 1876-1908

Publié par la ligue du Souvenir Congolais.

Les missions Chrétienne de 1630 à 1908

 

Assissi les missions chrétienne au congoUpdate : October 25, 2015

Ceux qui ont connu Léopold II savent qu'il était de haute stature. Moralement, Il était si élevé que rares étaient ceux qui pouvaient le comprendre. Au delà des limites ordinaires, Il avait le sens inné de la prévision; Il prévoyait, Il savait que "Son" Congo deviendrait grand; mais, je ne crois pas me tromper en disant qu'il ne l'avait tout de même pas rêvé si grand. Et ce Congo, si beau, si grand, si riche, à qui la Belgique le doit-elle ?

« Cette œuvre de titans accomplie par des pygmées », comme le disait M. Etienne, ancien ministre français, c'est le génie de Léopold II qui l'a conçue, soutenue, mais, guidés par Lui, ce sont nos anciens coloniaux qui l'ont réalisée : Dhanis, Debruyne, Chaltin, Fivé, Jacques, Gillain, Lothaire, Michaux, Francqui, Le Marinel, Bia, Cassart, Delcommune, de Heusch, de Wouters d'Oplinter, Doorme, Van Kerckhoven, Vangèle, Hanssens, Ponthier, Storms, Coquilhat, Wahis, Fuchs, Liebrechts, Hanolet, Roget, Dryepondt, Stairs, de Macar, Cornet, Daenen, et j'en oublie; ce sont eux qui ont fait flotter sur chaque montagne, dans chaque vallée, dans chaque plaine de la Colonie, le drapeau bleu à l'étoile d'or. Honneur à tous !

Mais il en fallait d'autres pour aller dire à ces Noirs, Noirs mais hommes comme nous : "Aimez-vous les uns les autres" !

Il y en a d'autres qui ont été envoyés dans ce but : les missionnaires, qui ont civilisé le Congo par la religion, la religion chrétienne, la nôtre. Ce sont eux qui éduquent, qui instruisent les Noirs, sans bruit sans tapage; qui forment les ouvriers noirs qualifiés, les clercs, les employés dont l'industrie et le commerce ont un grand besoin. Ceux-là n’ont point de nom, ce n'est point un tel ou un tel, ce sont les Pères et les Frères du Congo - ils sont près d'un millier à l'heure actuelle. Ils ont édifié des chapelles, des églises, des cathédrales, des écoles primaires et moyennes, des écoles professionnelles et industrielles, des collèges, des séminaires, des lazarets, des hôpitaux, des dispensaires, introduit tout ce que peut imaginer la religion civilisatrice pour venir en aide au prochain.

Et si le Noir est infirme et malade, si la maladie du sommeil le mine, si la lèpre le ronge... Alors, il y a la Sœur, la petite Sœur de Charité - qu'elles aient nom : Sœurs Franciscaines de la charrie, Sœurs de la Charité de Gand, Filles de la Croix de Liège, Filles de Sainte-Marie de Namur, Bénédictines, Pénitentiels, peu importe, je les confonds toutes sous le même nom de : Sœur de Charité, parce que ces anges terrestres incarnent la charité de Dieu.


Les Pionniers de l’Apostolat Catholique

Le chrétien, l'incrédule, qui parcourt notre colonie, vieille à peine d'un demi-siècle, ne cesse de s'extasier sur les travaux réalisés par la Belgique missionnaire. Des églises, des écoles et des lazarets, des ateliers et des fermes, édifiés et dirigés par des apôtres catholiques, s'élèvent même dans les régions les plus abandonnées et font rayonner l'influence civilisatrice de la religion chrétienne parmi les populations superstitieuses et arriérées de l'Afrique centrale. Mais cette admiration s'étend rarement aux ouvriers évangéliques du passé qui ont contribué, par leurs efforts et par leur vie, à l'extension progressive et bienfaisante de la foi et de la morale catholique.
Bien rares sont ceux qui accordent un souvenir reconnaissant aux apôtres de la première heure, aux pionniers qui ont posé les bases des missions nationales au Congo.

Sans doute, les missionnaires de nos jours sont appréciés, leurs œuvres sont jugées indispensables au relèvement des races primitives, mais il y a quelque trente ans, à quelles difficultés leur action civilisatrice ne s'est t'elle pas heurtée ?

Aussi importe-t-il de retracer les fastes héroïques des Pionniers de l'Apostolat catholique au Congo et de glorifier les premiers missionnaires qui ont fécondé, par leur sueur et par leur sang, le sol ingrat de l'Afrique Centrale.

La première évangélisation du Congo

Le début de la christianisation du centre africain date de la découverte de l'estuaire du fleuve congolien en 1482.le navigateur portugais, Diego Cam, plante sur la rive sud une colonne de pierre ou padron surmonté d'une croix.

En 1491, des religieux franciscains débarquent à Pinda et entreprennent aussitôt d'amener les Bakongo à la foi catholique.
Pénétrant dans l'intérieur du pays, ces missionnaires hardis se rendent à la cour du roi du Congo, Nzinga a Nkuwu, établie sur un plateau de la région des monts de Cristal, à Banza Congo ou Ambasa, devenue depuis San Salvador.
Les ruines d'une cathédrale attestent encore de nos jours le succès éphémère des premiers apôtres du Congo.

A leur suite, les PP. Jésuites (1544), les Dominicains (1570), les Carmes (1584), les Tertiaires de Saint-François (1604), les Capucins (1645), les Récollets (1674) s'efforcent de transformer les Congolais superstitieux et barbares en chrétiens dignes de ce nom. Mais diverses causes annihilent les efforts persévérants et les sacrifices des héroïques missionnaires.

Parmi ces apôtres nous comptons plusieurs compatriotes :

Les Pères Jésuites : Nicolas de Fénal, né à Pétigny, le 26 novembre 1597, mort au Congo en 1637;   Godefroid Franken, Bois-le-Duc, 22 janvier 1592 mort le 15 novembre 1654; Michel de la Fuente, Bruxelles, 27 septembre 1672, mort le 26 octobre 1654.

Les Pères Capucins : Basile de Cambrai; Erasme de Furnes (Gaspard Wijens), Gand, 1594, mort en 1655; Eugène d'Anvers; Félix de Flandre; Félicissime d'Anvers; François-Maie de Bruxelles; Georges de Gheel (Adrien Willems), Bell, 1618, mort en 1652, qui débarquent à Pinda le 29 juin 1651.

Les Pères Récollets : Corneille Wauters, Gérard Corluy de Bruxelles, Guillaume Lambrechts.

Beaucoup de missionnaires du Congo succombent à la tâche, victimes des privations et des maladies tropicales ou du fanatisme des idolâtres.

Parmi ces martyrs de l'Apostolat catholique, le P. Georges de Gheel, capucin, meurt à la suite de mauvais traitements qu'il a subis pour s'être opposé au culte fétichiste des néophytes indigènes d'Uolo. Ce zélé apôtre, pendant les 17 mois qu'il résida à Matari Saint-Antoine, baptisa plus de mille indigènes et, parvint à s'assimiler si bien la langue Kikongo qu'il composa un volumineux lexique latin- espagnol-congolais, le plus ancien dictionnaire Bantu connu.
Il fut enterré à Banza-Bata. Trois cents capucins moururent au Congo avant le XIX" siècle.
Le dernier missionnaire, le P. Séraphin, dut quitter le Congo, vers 1834.
Les Pères Capucins de la Province belge retournent, en 1910, au Congo, où ils évangélisent avec succès le district de l'Ubangi.

Missions des Pères du Saint-Esprit
Photo : Loango anno 1924 - Mgr Friteau Vicaire Apostolique - Missionaire Européen et son "clergé rindigène"
Photo : Loango anno 1924 - Mgr Friteau Vicaire Apostolique - Missionaire Européen et son "clergé rindigène"

Dès 1841, Mgr Ed. Barron, nommé vicaire apostolique des deux Guinées, s'était vivement préoccupé de la situation religieuse au Congo, mais ses projets ne purent aboutir.

En 1865. la mission confiée aux Pères du Saint-Esprit est scindée en deux vicariats distincts. Après des essais infructueux pour se fixer à Pinda, les missionnaires se retirent.

Au moment où Léopold II fonde, à Bruxelles, l'Association Internationale Africaine, le P. Carrie pose les premières bases de la mission de Boma, en acquérant aux représentants du chef indigène Sange un lopin de terre au bord du fleuve. Les noms de J. Conquy et d’Alexandre Delcommune figurent à cet acte.

En 1880, pendant que Stanley, envoyé par le Comité d'études du Haut-Congo, se fraie une route vers le Stanley-Pool, les Pères du Saint-Esprit érigent la mission de Boma, la première mission catholique dans le territoire
futur de l'État Indépendant du Congo.

Le 8 août 1880, les missionnaires ouvrent la première école qui compte, dès le début, une vingtaine d'enfants, parmi lesquels les fils du chef de Boma.

Après la fondation de l'État Indépendant du Congo, l'administrateur général sir Francis de Winton, accorde aux Pères du Saint- Esprit une concession au confluent du Kasai et du Congo.

En juillet 1886, la mission de Nemlao : est occupée par les PP. Carrie, Kraft et Callewaert Émile.
Ce religieux, né à Marke-lez-Courtrai, le 10 novembre 1856, part pour l'Afrique en 1885; il est donc le premier missionnaire belge de l'État Indépendant. Le Père Callewaert fit ses premières armes de missionnaires à Boma et à Banana

Photo La mission de Nemlao 1896
Photo La mission de Nemlao 1896

Les Pères Blancs au Pays des Esclavagistes arabes.

Les missionaires d'Afrique au Tanganiyaka

Tandis que se poursuivait par la côte occidentale la pénétration catholique, Mgr Lavigerie songeait à conquérir à la loi chrétienne le continent mystérieux. Le mouvement d'évangélisation de l’Afrique équatoriale était, comme il ledisait, la conclusion et le couronnement logiques de la Conférence géographique de Bruxelles. « En ouvrant les routes de l’’Équateur africain aux explorateurs et aux marchands, la Conférence de Bruxelles les ouvre à l’Évangile et ce sera là, sans qu'elle l'ait cherché, sa gloire immortelle. »

A la suite des «démarches de l'archevêque d'Alger, auprès du Saint-Siège, la Société des Missionnaires d'Afrique, fondée en 1869, fut chargée de l'évangélisation du pays découvert par Livingstone et Stanley.

Le 25 mars 1878, une première caravane de dix missionnaires, sous la conduite des PP. Lirinhac et Pascal, s'embarquait pour Zanzibar, afin de se rendre à Tabora où elle devait se subdiviser.

Cinq d'entre eux allaient gagner le lac Victoria Nyanza quatre autres, la mort étant déjà venue frapper le supérieur du second groupe, allaient se fixer sur les rives du Tanganyika, à Rumonge, dans l'Urundi.

L'évangélisation du Centre Africain était commencée.

En septembre 1880, le Saint-Siège crée les Missions du Haut-Congo Septentrional et Méridional. Les territoires à évangéliser, étaient immenses. A l'Ouest, les limites en
atteignaient le Stanley-Pool; au Nord et au Sud, elles s'étendaient jusqu'aux bassins du Nil et du Zambèze. Le fleuve Congo formait la séparation entre les deux missions.

Le P. Moinet, quittant Karema, fonde en novembre, la mission de Mulweba sur la rive Nord-Ouest du Tanganyika. L'année suivante, la mission de Rumonge fut évacuée : les PP. Deniaud et Augier avec l'auxiliaire laic,
Félix d'Hoop, de Thielt, ayant été massacrés par les indigènes. En 1883, le P. Vincke, du diocèse de Bruges, s'installe à Kibanga, où le poste de Mulweba est transféré en 1885. La
même année, un premier essai par la côte occidentale, avait été tenté par Mgr Lavigerie, délégué de la Propagande pour l'évangélisation du Centre Africain. L'abbé Guyot remonta le Congo jusqu'au poste de Kwamouth.

Malheureusement, en redescendant Le fleuve, il perit avec M. Janssens dans les eaux du Congo. Le 6 juillet 1885, le P. Dupont et ses deux compagnons, le P. Merlon (de Malines) et le P. Schynse, s'embarquèrent à Lisbonne pour fonder une station en amont du Stanley-Pool. L'année suivante, les Pères s'installaient sur la rive droite du Kasai, en face du poste de Kwamouth.

En 1885, le capitaine Storms fit abandon aux Pères Blancs d'Alger des postes de Karema et de M'Pala, fondés par l’Association Internationale Africaine.

Sur ces entrefaites, l'État indépendant, qui avait succédé à l'Association Internationale du Congo s'efforçait de donner une allure nationale à son entreprise. En 1886, le cardinal Lavigerie, sollicité par Léopold II, offrit au Saint-Siège le champ libre aux missionnaires belges, ce qui fut accepté. Une décision pontificale du 30 décembre 1886, constitua le Provicariat  du Haut- Congo ou du Tanganyika occidental, comprenant toute la partie orientale de l'État, borné par le 30° degré de longitude Est, le Lomami et une ligne allant de Nyangwe au lac Albert.

Afin de desservir ce champ d'apostolat, le cardinal Lavigerie fonda une branche belge de son institut avec siège à Anvers.

Les Pères Blancs établis au Tanganyika, abandonnèrent le poste de Kibanga, par suitc de son insalubrité et des incursions des Arabes, et se fixèrent à Baudouinville, fondée en mai 1893 par le P. Roelens, ancien secrétaire du Cardinal Lavigerie. Par cette fondation, la mission du Haut- Congo entra définitivement dans une nouvelle phase.

Lusaka, Lukulu, Vieux-Kasongo, Kuvu-Sola, Nya-Gezi, Katana, Lulenga, Bobandana, Albertville, Ngweshe, Kabare doivent parfois leur origine, toujours une partie de leur développement à l’initiative, à l'action persévérante du Vicaire apostolique du Haut-Congo et des collaborateurs.

L'œuvre principale avait été, jusque là, le rachat des esclaves et la transformation morale et intellectuelle des libérés. Désormais, les missionnaires vont s'occuper de développer l'influence civilisatrice de la religion chrétienne sur les populations environnantes.

Le 30 mars 1895, la mission du Haut-Congo fut érigée en Vicariat Apostolique. Le P. Victor Roelens, né à Ardoye, le 21 juillet 1858, arrivé au Congo en 1891, désigné comme Vicaire apostolique, fut le premier évêque missionnaire belge en Afrique Centrale.

Cinq années plus tard, l'œuvre accomplie était admirable, déclarait Léon Dardenne, l'artiste peintre bien connu, dans une interview publiée par le Soir.

Malgré la maladie du sommeil qui ravagea les rives du Tanganyika, la mission ne cessa de progresser. En 1900, le Vicariat du Haut-Congo comptait : 6,257 chrétiens, 26,856 catéchumènes, 779 enfants aux orphelinats, 149 veuves recueillies et entretenues avec leurs enfants en bas âge, huit hôpitaux avec un total d'environ 150 malades, 32 écoles avec 54 moniteurs noirs et 3,555 élèves; une
école normale avec 65 élèves, un petit séminaire avec quatre postulants. Plus de deux mille hectares de cultures, arrachés avec patience et persévérance à la brousse congolaise, entouraient les postes de mission des Pères Blancs et en écartait la famine avec son cortège de misères.

Ce merveilleux développement n'allait pas sans peines, ni sacrifices, dans une contrée sauvage, à près de 1,300 kilomètres de l'Océan. Pour y parvenir, il fallait marcher des mois et des mois, surmonter la fatigue et la maladie, triompher de l'hostilité rapace des chefs indigènes, entraîner jusqu'au bout les porteurs sournois. Les débuts de la mission, surtout, ont été pénibles, avoue Mgr. Roelens : fatigues, privations, fièvres, hématuries n'ont pas épargné les vaillants pionniers de la civilisation chrétienne. Les installations étaient primitives, la nourriture pauvre. Il ne faut pas s'en étonner : de la côte au Tanganyika, les frais de transport d une charge de trente kilos s'élevaient à 160 francs-or.

II était rare que sur trois missionnaires d’une station, l'un ne fut pas couché, pris de fièvre. Sur trente missionnaires, il y avait, dix cas d'hématurie par an. On prenait la quinine comme curatif de la fièvre, mais son effet préventif était inconnu.

Depuis 1878, la Société des Missionnaires d'Afrique (Pères Blancs) avait envoyé dans le Haut-Congo plus de cent ouvriers apostoliques.

La mort faucha à grands coups dans leurs rangs et, à la reprise du Congo par la Belgique, plus de trente missionnaires reposaient en terre d'Afrique.

Ce sont : Benoit Auguste, Boel Alphonse, Butage Achille, Calmeyer Alfred, Claeys Adolphe, De Beerst Gustave, De Bruyne Stanislas, Delaye Emile, De Meulenaere Félix, Dubuisson Henri, Faes Joseph, Herman Arthur, Herrebaut Edouard-Emile, Mainferme Joseph, Marqués Léon, Metzels Hubert, Peleman Augustin, Rosseel Joseph, Rotsaert Charles, Scheymans Jean, Schmitz Bruno, Simons Alphonse, Stuer Séverein, Van Acker Gustave-Achille-Charles, Vanderhaeghe  Joseph, Van der Straeten Camille, Van Hoestenberghe Eugène, Vyncke Aimé.

Les Défenseurs des Pères Blancs

Le Cardinal Lavigerie craignant pour ses missionnaires dispersés dans une contrée, soumise à des chefs barbares, sans moyen de communication, s'adressa aux anciens zouaves pontificaux. Plusieurs de ces braves s'engagèrent, pour protéger les caravanes des Pères Blancs contre les pillards, les hordes esclavagistes et les exigences toujours inassouvies des petits chefs qui extorquaient des droits de passage prohibitifs sur leurs terres. Parmi ces auxiliaires indispensables à une époque où l'Afrique centrale n'était pas encore occupée par une puissance européenne se distingue le capitaine Joubert, né à Nantes en 1850, à qui Léopold II accorda la nationalité congolaise et qui mourut en Afrique en 1927.

Autres décédés : D’Hoop Félix, Loosveldt Adolphe, Staes Félix, Tailleu Auguste, Van Oost Jules.

Les sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique

Le travail du missionnaire n'est complet et définitivement assis que si des religieuses viennent en prendre leur part. Qui sait mieux que la femme apprivoiser les petits et parler aux mères?

Le 12 juin 1895, à la demande de Mgr. Roelens. quatre sœurs blanches vinrent affronter les rigueurs du climat et les privations de la vie apostolique dans une contrée, perdue au centre de l'Afrique, qui venait d'être ravagée par les esclavagistes arabes. C'étaient les sœurs Raphael, Ignace, Gabrielle et Constance. Après trois mois d'un voyage pénible, accompli sous la direction du P. Moinet, ces vaillantes femmes atteignaient la mission de Karema, pour gagner ensuite Baudouinville. Dès lors, les dispensaires, les écoles d'enfants, de filles surtout, les œuvres des femmes prirent un puissant essor et exigèrent l'arrivée de nouveaux contingents de sœurs missionnaires.
Celles-ci assurèrent l'avenir de la mission en favorisant les mariages chrétiens entre les jeunes catéchistes noirs et les jeunes filles élevées dans leurs établissements.

La mort sévissait parmi les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique :

Jacobs Julie-Thérèse (sœur Maie-Constance), Grandin de l'Epervier M.-L. (sœur Claver), Rommer A. (sœur Nicolas), Sütter R. (soeur Julia), Van Berloo M. ( soeur Anna), Van Dyck M. (soeur Willibord), Vliegen A. (soeur Marie-G abielle).

La première congrégation belge au Congo

Les Missions des Pères Scheut dans  l'État Indépendant :

L'époque de la signature de l'acte de Berlin, les vastes territoires de l'Afrique centrale, aujourd’hui occupés en grande partie par la Colonie du Congo belge, étaient au point de vue religieux, soumis au régime suivant : d'une part, ils étaient divisés en six circonscriptions ecclésiastiques : les vicariats apostoliques du Victoria-Nyanza, du Tanganyka, les missions du Haut-Congo septentrional et du Haut-Congo méridional, desservis par la Congrégation des Pères Blancs d'Alger, fondée en 1868 par Mgr Lavigerie; la préfecture du Zambèze établie en 1879 par des Jésuites appartenant à différentes nationalités, sous la conduite d'un Belge, le Père Depelchain; enfin la préfecture du Bas-Congo, entre le Kasai et l'océan Atlantique, qui rentrait dans la sphère d'action des Pères français du Saint-Esprit, de même que le Congo français et le Congo portugais. D'autre part, le Portugal, malgré la convention du 14 février 1885, qui réglait définitivement entre cette puissance et l’État Indépendant du Congo, les différends relatifs à la possession de l'estuaire du Congo, manifestait la prétention d'exercer sur les territoires de l'État le patronat religieux qui lui avait été accordé naguère (1452) par les souverains pontifes.

Il était donc nécessaire d'ouvrir des négociations sur ces deux points afin de réserver à des missionnaires de nationalité belge l'exercice de l'autorité religieuse dans les territoires de l'État et de donner à l'œuvre évangélisatrice un caractère national. Les négociations avec le Saint-Siège aboutirent assez rapidement et l'érection du Vicariat apostolique du Congo Belge, décidée, en principe, dès 1886, comporta l'abrogation du patronat portugais sur I ‘État de Léopold II. Rome décida, en principe, que les missionnaires étrangers seraient invités à abandonner le Congo, aussitôt que des prêtres belges seraient en mesure de leur succéder.

En conséquence, Léopold II entama des pourparlers avec les P. P. de Scheut et avec les Jésuites. Ce fut sans succès. Aussi, on décida àLouvain de créer un séminaire africain sous la direction de l'abbé Forget; six aspirants en fournirent le premier contingent. Mais cette institution ne paraissant pas pouvoir fournir suffisamment de missionnaires, l'État reprit ses négociations avec la Congrégation du Coeur Immaculé de Marie de Scheutveld, fondée, en 1862, par l'abbé Verbist, en vue de l'évangélisation de la Mongolie. Ce n'est qu'en 1887, que les Pères de Scheut réunis en chapitre général en Chine, acceptèrent de tenter l'évangélisation du Congo Belge par son origine, belge par ses membres et son nom, la Congrégation de Scheut est la première à répondre à l'appel de Léopold II. Elle Iut, dans le principe, seule chargée de la juridiction spirituelle du Congo, à l’exception de la région des Grands Lacs. Un bref apostolique du 11 mai 1888 érige le Vicariat apostolique du Congo et en attribue l'évangélisation à la Congrégation de Scheut. Celle-ci s'adjoignit les prêtres formés au Séminaire africain.

Les premiers missionnaires de la Congrégation de Scheut s'embarquèrent pour le Congo le 25 août 1888. C'étaient les PP. Albert De Backer, Ferdinand Huberlant et Emeri Cambier conduits par leur supérieur, le P. Albert Gueluy, tous anciens élèves du Collège d'Enghien.

La première mission fut établie à Berghe-Sainte-Marie, où lcs Pères de Scheut reprirent la place des Pères Blancs.

Au mois d'octobre 1889, le Père Gueluy s'installait aux Bangala, sur la rive droite du Congo, au Nord de l'Équateur, où il fondait le poste de Nouvelle-Anvers et en confiait la direction aux Pères Cambier et Camille Van Ronslé qui eurent bientôt à gérer l’activité d'une colonie scolaire de 250 jeunes esclaves libérés. Cette colonie fut dirigée, de 1905 à 1907, par le Père Egide De floeck, né à Oppuers, le 13 novembre 1875. (Quand le Père Gueluy revint à Louvain diriger le séminaire africain, il fut remplacé par le Père Huberlant. Ce dernier, nommé pro-vicaire apostolique, avait été envoyé à Boma pour établir une chrétienté. Il ou vrit avec le concours de l'État une colonie scolaire, aménagea une résidence et prépara l'installation de sœurs infirmières.

Entre-temps, le Père Cambier s'était porté sur un nouveau champ d'apostolat, vers le Sud-Est de la colonie. Le 14 novembre 1891, ce missionnaire arrivait à Luluabourg avec un boy, et un négrillon, et établissait une mission à deux lieues du poste de l'État. Les premières recrues furent des enfants rachetés que l'on accueillait dans un état lamentable : maigres comme des squelettes, couverts de plaies purulentes. Sur quatre-vingts, il en périt soixante. C'étaient aussi des esclaves malades chassés impitoyablement par les Bena-Lulua; en moins de dix mois, le Père Cambier avait enterré deux cents de ces parias. En octobre 1892, la mission abritait 295 Noirs. Ce renfort lui avait été amené en grande partie par le lieutenant Doorme qui s'était emparé d'un camp de Kioko où il avait délivré 307 esclaves (16 janvier 1892). Il fallut pourvoir au ravitaillement de tout ce monde: construire ces locaux, défricher le sol avec des houes achetées aux indigènes ou fabriquées avec de vieux fusils. Luluabourg devint rapidement un centre important autour duquel quatre villages fuyant les chasseurs d'hommes vin- vinrent se fixer.

En 1893 . le P. Huberlant, pro-vicaire apostolique. épuisé par la maladie, rentra en Europe. Le Père Carnille Van Ronslé, né à Lovendegem le 18 septembre 1862, un des premiers prêtres du séminaire africain, parti au Congo  le 15 juillet 1889, remplaça le Père Huberlant.  En juin 1896, Mgr. Van Ronslé est promu vicaire apostolique du Congo Belge avec le titre d'évêque de Thymbrium. La cérémonie du sacre eut lieu le 24 février 1897 à Bruxelles.

Jusqu’alors  le zèle des missionnaires du Bas-Congo , et du haut-fleuve s'était astreint à l'éducation des enfants abandonnés, les adultes demeurant hors de leur action religieuse directe. Dès son retour au Congo, le nouvel évêque se préoccupa de diriger les efforts de ses missionnaires vers l'évangélisation des indigènes noirs habitant les villages. Il s'intéressa également au sort des soldats chrétiens sortis des colonies scolaires. D'accord avec le gouvernement, des aumôniers furent désignés pour les camps de Yumbi, Irebu, Lisala, Umangi.

En 1899, le P. Natal de Cleene (né à Nieuwkerken, le 15 février 1870, arrivé au Congo en 1893) parvint à doter le Mayumbe de sa première mission, Moll-Sainte-Marie à Kangu. En septembre de la même année, le Père Calon inaugura la mission de Léopoldville.

Autour de Luluabourg, le Père Cambier fonda de nouveaux postes : chez Kalala Kafumba, la mission de Mérode Salvator (1893) à Lusambo, Saint-Trudon (1895); sur la Lulua, Hemptinne-Saint-Benoit (1893); en 1898, Thielen Saint-Jacques.

En 1889, la maladie du sommeil vidait les vallées du Congo et partout les missionnaires s'employèrent à lutter contre le fléau qui décimait leurs chrétientés.

A la mission de Berghe-Ste-Marie, ce fut un désastre. En moins de quatre ans, six cents enfants étaient morts; une centaine de ménages chrétiens avaient disparu. En vain essaya-t-on-on de reconstituer la chrétienté à une lieue plus loin, le fléau la balaya. Alors la mission fut abandonnée. Le P. Auguste De Clercq (né à Avecappelle-lez-Furnes le 30 avril 1870, arrivé au Congo en 1893) qui résidait à Berghe-Sainte-Marie, se fixa à Moll-Sainte-Marie au Mayumbe en 1902.

Les ravages de la maladie du sommeil s'étendent dans le Kasaï. En 1903, Mérode Salvator compte 230 morts, à Saint-Trudon, sur 1300 habitants, il en reste 800, la plupart condamnés. Bientôt les Pères eux-mêmes en seront réduits au métier de fossoyeurs.

En trois ans (1903-1906), 2.000 malades passèrent entre leurs mains et coûtèrent 10.000 francs à des hommes vivant d'aumônes.

Au 1er juillet 1901, les Pères de Scheut comptaient dans leurs missions congolaises 6.964 chrétiens, 1.510 familles chrétiennes; 5.000 catéchumènes. L'instruction se donnait à 3.800 enfants. Les missionnaires étaient alors au nombre de 51, dont 9 frères coadjuteurs.

La même année, les stations situées dans le Haut-Kasai furent distraites du Vicariat du Congo Belge et, par décret du 16 juillet 1901, confiées à la direction du Père Cambier. En 1905, S. S. Pie X érige la mission du Haut-Kasaï en Préfecture Apostolique. Malgré les ravages de la maladie du sommeil, les progrès du Vicariat du Congo allèrent toujours croissants. En 1909, les Pères de Scheut comptaient dans le Vicariat: 13 postes, 32 prêtres, 8 frères, 31 sœurs, 1.388 enfants dans les orphelinats, 70.291 catholiques, 2.191 familles chrétiennes et 22.750 catéchumènes.

Ces missionnaires avaient payé un lourd tribut à la maladie et à la mort. En tout temps, la plupart des postes de mission avaient leur malade et, dans les missions plus importantes, la présence de tous les membres de la communauté, à l'heure des repas, était considérée comme exceptionnelle. Nombreux étaient les cas d'hématurie et de dysenterie; bien rares, les missionnaires qui ne soufraient pas de malaria.

En 1908, la Congrégation de Scheut avait déjà 39 décès à déplorer sur les cent missionnaires qui avaient mis le pied au Congo. L'aîné de ces apôtres, le P. De Deken, n'avait que 44 ans; trois autres avaient passé la quarantaine; le très grand nombre avaient à peine 30 ans : Algoet, Camille; Berton, Arthur; Buyle, Frédéic; Chappel, Georges; Cneut, Camille; De Backer, Albert; De Deken, Constant- Pierre-Joseph; De Jaegher, Edouard; De Rycke, Joseph; De Smedt, Oscar ; De Wilde, Jules; Geurts, Gérard; Hoornaert, Auguste; Huberlant, Ferdinand-Jean-Baptiste; Huysmans, Alfred; Jadoul, Jules ; Jehoel,  Gérard; Laseure, Evrard; Manders, Florent; Pollé, Edouard; Polet, Numa-Jean-Baptiste; Sarmyn, Ferdinand Samain, Alidor; Senden, Alexis; Sterpin, Jules; Top, Camille; Van Den Bon; Van Houtte, Cyrille; Van Hoae, Florent; Van Hote, Joseph; Van Nimmen, François; Van Timpont, Jules; Van Velthoven, Charles; Verheyen, Arthur; Wolters, Max.

Les Sœurs de la Charité de Jésus et de Marie de Gand

Les Pères de Scheut avaient constaté la nécessité de la collaboration des Sœurs missionnaires et le P. Cambier réclamait avec instance l'arrivée de religieuses. A Quatrecht, le chanoine Janssens, supérieur des Sœurs de la Charité de Gand, avait posé les bases d'un noviciat destiné à la formation des religieuses missionnaires (1888).

En décembre 1891, sous la direction de l'abbé Buysse, du diocèse de Gand, une caravane de dix sœurs de la Charité s'embarquaient à Anvers en destination du Congo : Sœurs Marie, Josépha, Africaine, Amalia, Vincent, Christine, Etienne, Damienne, Elisa, Godefride.

Leur aide charitable était sollicitée pour les ouvriers du chemin de fer du Congo en construction.

Avec le départ des premières sœurs missionnaires du Congo, s'ouvre, certes, la page la plus belle, la plus touchante, en même temps que la plus grandement impressionnante de l'histoire de l'évangélisation de notre colonie.

Les Sœurs missionnaire, dès leur arrivée au Congo, se mirent résolument à l'œuvre. Cinq d'entre elles s'établirent à Moanda, près Banana, et organisèrent un orphelinat pour les négresses arrachées à l'esclavage, tandis que leurs consœurs prenaient possession. près de Matadi, d'une maison que la Compagnie du Chemin de fer leur avait réservée. pour y soigner les ouvriers malades (hôpital de Kinkanda).

En juin 1892, cinq  soeurs de la Charité débarquent d'Europe et fondent une mission à Nemlao. L'année suivante, ces sœurs missionnaires partent pour le Haut-Kasai, où la mission de Luluabourg offre un champ plus vaste à leur dévouement apostolique.

De Matadi, elles gagnent à pied Léopoldville par la sinistre route des caravanes.

Après six semaines d'un dur voyage, dans un Pays que n'avait jamais parcouru une femme blanche, elles arrivent à Luluabourg, le 20 janvier 1894. Là elles prennent en mains l’évangélisation des fillettes noires.

Deux ans plus tard, sœur Godelieve meurt à l'âge de 25 ans.

De 1892 à 1909, vingtquatre soeurs meurent au service des Noirs :
Addor S. (Mère Elise); Baete, Léopoldine; Beckaert  Marie; Busschaert, Elisabeth; Delputte, Marie; De Sedeleer, Judith; De Coninck, Emma; Handekyn, Marie-Romanie; Hellebaut, Augusta; Van Haelewyn, Sidonie; Huys L ; lebon, Victorine; Leclercq, Félicie; Lefèbre Bertha ;   Lontz, Léontine ; Mayaert, Léonie , Niel, Agnes; Ronse, Marie; Ryckebush Marie-Louise; Schiettecatte, Octavie; Van den Kinschoot, Joséphine; Van Wynsberghe, Julienne ; Vermeulen Ida,  Wolter, M.

La Mission de la Compagnie de Jésus

La préfecture Apostolique du Kwango

A la suite de l'exploration du Kwango par Dhanis en 1891, l'État du Congo recula ses frontières vers le Sud en s'annexant une grande partie du royaume de Lunda englobant de nombreuses populations. Soucieux de conduire ces indigènes dans la voie de la civilisation, Léopold II désirait vivement leur envoyer des apôtres belges. Sur les instances réitérées du Roi-Souverain, l'évangélisation du Kwango fut confiée aux Pères Jésuites de la province belge par le Pape Léon XIII.

Le 5 mars 1893, partirent d'Anvers pour le Congo, les Pères Van Hencxthoven et Dumont et le Frère Lombary. Un mois plus tard, un deuxième groupe les suivit : les PP. Liagre, de Meulemeester, les FF. De Saedeleer, Gillet, Vanhoutte. Le Père Van Hencxthoven arriva seul à Léopoldville le 28 mai, son compagnon était tombé malade sur la route des caravanes et ramené par le Fr. Lombary jusqu'à Nemlao où il mourutle 11 juin. Sans perdre de temps, le Père Van Hencxthoven alla s'installer, dès les premiers jours de juin, à Kibangu sur la Djili, petit affluent du Stanley-Pool, où un abri lui avait été préparé par les soins de l'État. Les environs de la station étaient marécageux et les moustiques extrêmement nombreux rendaient la position intenable- A l'arrivée du second groupe de missionnaires, le Supérieur se mit en quête d'un emplacement plus salubre.

Dès les premiers jours du mois d'août suivant, Kimuenza, à quatre lieues au Sud de Léopoldville, recevait une colonie scolaire de 76 enfants. C'était un établissement dont la population se composait exclusivement de jeunes esclaves libérés, originaires de toutes les parties de la Colonie, mais spécialement du Haut-Congo. L'État en assurait le recrutement et payait pour chacun une pension alimentaire, tandis qu'il s'en remettait aux Pères du soin de les instruire et de les éduquer. Les quatre-cinquièmes de ces enfants devaient plus tard être enrôlés comme soldats, aussi recevaient-ils une formation militaire semblable en tous points à celle d'une école des pupilles. Ce système n'offrait guère d'avantage au point de vue de l'évangélisation, car les éléments sûr lesquels on travaillait, étant étrangers, finissaient par échapper totalement à l'influence des missionnaires. Le Père Van Hencxthoven le comprit sans tarder et s'appliqua à porter remède à cette situation.

Dès le début de l'année suivante, confiant la direction de Kimuenza au Père Liagre, qui en fut l'âme jusqu'à la fin de sa vie, le P. Supérieur se rendit dans le Bas-Congo et établit le poste de Bergeyck-Saint lgnace à l'intersection de l'Inkisi et de la future ligne du chemin de fer Léo-Matadi. En quelques mois, le Père Van Hencxthoven conquit sur les indigènes de Kisantu et des environs. un ascendant irrésistible; c'est ainsi qu'il obtint les fils du grand chef comme élèves à l'école. Le régime scolaire de ce nouveau poste était modifié : les missionnaires continuaient à s'occuper des enfants étrangers confiés par l'État, mais étendaient leur activité aux habitants des régions avoisinantes, instruisant les enfants et parcourant les villages. Parfaitement au courant de la mentalité indigène et des coutumes des noirs, dont il avait acquis la confiance, le Père Supérieur s'était rendu compte des difficultés de sa tâche. « Pas d'empreinte nouvelle sur le sol de nos pères », dit le proverbe congolais; les Noirs entendaient qu'on les laissât tranquilles et qu'on s'abstînt de troubler chez eux des habitudes séculaires dont ils se trouvaient fort bien.

Le Père Van Hencxthoven choisit donc, d'accord avec l'administration et les chefs indigènes, des emplacements salubres aux environs des agglomérations autochtones; il y construisit une école, servant aussi de lieu de prières et quelques huttes proprettes destinées à abriter les jeunes gens qui voudraient venir s'y installer. Des noirs formés soigneusement à la Mission centrale, furent préposés à ces postes secondaires en qualité de maître d'école, c'est à eux que l'on confia aussi l'élevage du petit bétail et les plantations diverses qui feraient vivre les élèves.

Très souvent un missionnaire allait contrôler l'administration du catéchiste et profitait de son voyage pour s'occuper un peu des populations. Il ne fallut pas attendre bien longtemps pour réussir; les chefs noirs eux-mêmes, frappés de l'aisance qui régnait à la ferme-chapelle, venaient demander aux missionnaires de s'installer près de leur village. En moins de six ans, trois cents fermes-chapelles étaient fondées et plusieurs milliers d'enfants s'y préparaient par la prière, l'étude et le travail moralisateur au baptême et à la vie chrétienne.

En 1902, le Père Van Hencxthoven céda la place de Supérieur au R. P. Banckaert pour aller organiser la mission du Kwango Kasai. Le 26 janvier 1903, la mission du Kwango devint Préfecture apostolique.

Le Père Banckaert entrait en charge au moment où les difficultés et les fléaux allaient fondre sur la Mission.

La maladie du sommeil s'attaqua aux apôtres et à leurs ouailles. En avril 1901, le P. Prévers en mourait à Louvain, mais on ignorait alors la nature de son mal; trois ans plus tard, le P. Hendrickx succombait également à la même maladie. En 1902, les cas se font plus nombreux et le P. De Vos jette alors un premier cri d'alarme : le pauvre missionnaire assiste impuissant à la disparition du peuple qu'il est venu sauver et qui affolé. se détourne de lui, comme de la cause de son malheur.

Dès qu'on crut avoir trouvé un remède efficace dans l'atoxyl, le P. Vanderryst organisa la lutte contre le fléau. Le P. Greggio ensuite et le frère Van den Bosch accomplirent cette énorme besogne de l'examen annuel des indigènes.

Cet apostolat fécond, ce dévouement de samaritain épuisaient les santés et les vies.

Jusqu'en 1909, quinze Pères de la Compagnie de Jésus s'étaient sacrifiés pour les indigènes: Beck Henri, Boay Joseph, De Duve Léon, Dumont Jean-Baptiste, Goossens Ferdinand, Hendickx François-Xavier, Henricy M., Liagre Edouard, Marckieuticz J., Odon A., Prewers Joseph, Van den Straeten Henri, Van Hencxthoven Emile, Vrielynck Aimé, Waroux Pierre-Louis.

Les sœurs de Notre-Dame de Namur

Il ne suffisait pas de fonder des fermes-chapelles il fallait assurer aux travailleurs des épouses chrétiennes et éduquer les filles noires. A la demande du P. Van Hencxthoven. la Congrégation des Soeurs de Notre- Dame envoya un premier contingent de sept religieuses: les Sœurs lgnatia, Alberte, Alphonsine, Théophanie, Marie-Thérèse, Rose-Josephe. Elles s'installèrent à Kimuenza en 1894.

Immense était la tâche offerte à ces chrétiennes d'élite, mais sans bornes aussi était Leur dévouement.

Cette tâche fut noblement réalisée.

En 1905, aux missions de Kisantu et de Nlemfu de vastes bâtiments hébergeaient Plus  de six cents jeunes Noires, réparties dans les classes, ateliers de couture, écoles ménagères ou, ce qui leur plaisait tout autant, livrées aux travaux du plein air. Tous ces enfants étaient entièrement à la charge de la mission, pour le logement, la nourriture et le vêtement.

Déja en 1903, M. Fuchs, visitant Kisantu, ne put retenir son admiration, devant les travaux exécutés par les élèves des sœurs de Notre-Dame : « Tout ceci est pour moi une véritable révélation; je ne soupçonnais rien de ce que je vois. »

Et le comte Hippolyte d'Ursel déclarait à son tour : « La patience des bonnes sœurs arrive à faire de ces sauvages des enfants soumis, instruits et, chose non moins étonnante... propres. J'ai vu leurs classes irréprochables : classes de lecture, d'écriture, «le calcul, classes d'ouvrages où sont confectionnés à la machine les robes des enfants, des vêtements de femmes - une des grandes, fiancée, venait de terminer sa robe de noces - et même d'irréprochables costumes pour les agents blancs. L'ouvrage à faire manque plus que les ouvriers. »

La maladie du sommeil qui vint décimer les enfants donna aux sœurs missionnaires ample matière à tous les renoncements. Les fièvres n'épargnèrent pas les dévouées Samaritaines,
cinq sœurs succombèrent : Baetens Rosalie (sœur Marie de Bon Secours), Boyan J. (sœur Angèle de l'Immaculée Conception),, Boyan E. (sœur Geneviève de Saint-Louis), Lamoline Mélanie (sœur Rose-Josèphe), Van Damme Adèle (sœur Louise de Saint-Pierre).

La  Mission du chemin de fer du Congo

Les Prêtres séculier du Diocèse de Gand

Ce qui entravait la pénétration économique et civilisatrice vers le Haut-Congo, c'était la difficulté des communications et des transports à travers la région tourmentée des Monts de Cristal. Bien des pionniers de l'occupation du Congo sont tombés sur la route des caravanes longue de vingt-cinq  jours de marche. La construction d'un chemin de fer, décidée en principe dès 1879,  fut entamée en 1890.

Le comte Hyppolyte d'Ursel, administrateur du chemin de fer du Congo, se préoccupa des besoins religieux des nombreux travailleurs catholiques, recrutés des côtés africaines et réunis sur les chantiers de la voie en construction. Sur ses instances, la Compagnie fit construire à Kinkanda un hôpital, et M. d'Ursel prit l'initiative de recueillir des fonds pour la construction d'une église et d'un presbytère à Matadi. Il parvint même à décider Mgr Stillemans, évêque de Gand, à faire appel à son clergé. Deux prêtres répondirent.

C'étaient les Rds Octave d'Hooghe, vicaire à Saint-Martin d'Akkerghem-Lez-Gand et Jean Janssens, vicaire de Saint-Macaire à Gand, qui s'embarquèrent à Anvers, le 6 novembre 1891, suivis, un mois après, de l'abbé Ange Buysse, curé d'Hundelghem et de dix Sœurs de charité.

L'abbé d'Hooghe se dévoua tout entier à son ministère. Dans un pays où tout était à créer, il sut bâtir une église, organiser pour les Blancs une bibliothèque de 6,000 volumes, instituer des cours d'adultes et assurer les divers services de l'évangélisation le long de la voie.

Plusieurs vaillants prêtres séculiers, vinrent seconder son zèle, les Rév. Emile Behiels, professeur au collège d'Eecloo; Pllilippe Janssens, vicaire à Oordeghem; Armand Bert, candidat en philosophie et lettres; Joseph d'Haese, professeur au collège de Saint-Nicolas. Leur oeuvre suscita la gratitude de la Compagnie du Chemin de fer du Congo. Le  16 mars 1898, la première locomotive atteignait la rive du Stanley-Pool. La tâche assignée aux prêtres du diocèse de Gand était accomplie. Monseigneur Stillemans remit la mission à Mgr Van Ronslé qui l'offrit aux Rédemptoristes.

La Préfecture  apostolique de Matadi

Le 1er mars 1899, les PP. Paquay et Goedleven, le Fr. Gabriel de la Congrégation du Très Saint Rédempteur, arrivaient à Matadi, pour recueillir la succession des prêtres de Gand et hâter les travaux d'évangélisation. Prenant Matadi comme point de départ de leur apostolat, les P.P. Rédemptoristes s'avancent le long de la voie ferrée. Le 24 avril 1900,  l'infatigable P. Goedleven fonde un poste à Kionzo (Brichart Sainte Marie), qui, bientôt, prospère et compte, en 1906, près de deux mille catéchumènes; l'année suivante, le même Père établit la Mission de Kimposo, le poste de Tumba, inauguré en 1900, parvint à grouper l'année suivante six fermes-chapelles; enfin la Mission de Thysville est érigée en 1903.

Mgr Van Ronslé, en présentant la Mission de Matadi aux Rédemptoristes, leur avait déclaré que s'ils parvenaient à former deux mille chrétiens, ils devaient considérer leurs efforts comme couronnés de succès. Et déjà, en 1903, les missionnaires comptaient des centaines de baptisés et de catéchumènes. En 1904, aidés de 6 Sœurs de charité et de 6 sœurs Franciscaines, 22 mission premier contingent et bientôt il y eut 500 naires Rédemptoristes desservaient 5 postes, trois hôpitaux, une vingtaine de fermes-chapelles et pourvoyaient à l'éducation de 500 enfants.

Mais les Rédemptoristes s'occupent surtout de la conversion des adultes dispersés dans les villages. Ce ministère, dans la contrée bouleversée du Bas-Congo, leur impose des déplacements très rudes. Et quand, brisés de fatigue, les Pères arrivent dans les bourgades aussitôt ils se voient assaillis par les indigènes : les uns leur réclament des médicaments, d'autres présentent à soigner et panser des plaies rebutantes, plusieurs viennent soumettre leurs différends... Tout en pansant les corps, les missionnaires instruisent les catéchumènes, les examinent, règlent la question de mariage, baptisent, entendent les confessions jusque tard dans la soirée. Le lendemain ils reprennent leurs occupations, dès le lever du soleil, afin de pouvoir. après la messe et l'instruction, s'en aller dans un autre village et... recommencer...

Dès lors, on ne sera pas étonné d'apprendre que bien des missionnaires succombèrent. Dans l'espace de vingt-cinq ans, 24 Rédemptoristes moururent au Congo.

Voici les noms de ceux de ces apôtres qui moururent pendant les dix premières années de la mission : Cornélis Honoré, Ducarmois Henri, Henàrix Gustave, Jacquemain Joseph, Servais léon, Simpelaere Achille, Storme Alphonse, Van der Weyden Frédéic, Van Hoeydonck Léon, Van Lancker Achille, Veys Louis.

La Mission de l'Equateur

Les Missionnaires Trappiste

LEOPOLD II sollicita la Congrégation des Trappistes de coopérer au grand mouvement de l'évangélisation du Congo. En 1893, le cardinal Ledochowski, qui avait toujours suivi avec intérêt les progrès des missions du Congo, remit aux Trappistes de l'abbaye de Westmalle une somme de 100,000 francs pour la création d'une abbaye au Congo.

Le premier abbé Trappiste du Congo, Don Nicolas Peeters, s'embarqua pour l'Afrique le 6 avril 1894, accompagné des Pères Nivard Cauwenbergh de Vucht et des FF. Benoît Delanghe, Paul Coekx et Stanislas Dejongh. Arrivés au Congo, ils tentèrent de s'établir dans les région de Dembo (Bas-Congo), puis s'en furent à la recherche d'un terrain plus favorable.

Ils le trouvèrent dans le district de l'Équateur, à Bamania sur le Ruki, où ils s'établirent dans une hutte que leur abandonna un des chefs indigènes.

Bamania, où le très primitif établissement servait en même temps de chapelle, de dortoir et d'atelier de menuiserie, voit alors s'élever des chimbèques destinés à abriter le personnel de la mission. Tout autour, la forêt est déboisée, les terres mises en culture. Les moines creusent des puits, préparent des fours à briques, s'initient à l'étude de la langue indigène.

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