LEOPOLD II - Fondateur d'Empire

Au début de la pénétration belge, on fut frappé des fléaux qui décimaient la population.

Logo Congo-1960

(un document reçus via mail bien intéressant.)

Louvain le 13 December, 2017 15:36

La variole régnait à l'état endémique; quand elle prenait un caractère épidémique, elle faisait des ravages effroyables; les habitants de villages entiers étaient fauchés. On procéda d'abord à la vaccination systématique de tous les employés des stations….. Depuis 1900, càd depuis que les indigènes se sont soumis à cette mesure (vaccination) prophylactique, les vraies épidémies ont disparu.

…. une autre maladie, bien plus considérable et bien plus terrible dans ses conséquences, se révéla : la maladie du sommeil … n'épargnant que les individus les plus réfractaires au mal.

On peut dire que la moitié de la population totale du Congo y a succombé.

Le Roi encouragea personnellement les recherches pour découvrir les causes du mal ainsi que le remède capable de le combattre et institua un prix de 100.000 frs à accorder à celui qui le trouverait. Il subsidia les écoles de médecine tropicale étrangères, leur fit des dons et supporta partiellement le coût des missions d'études que les célèbres instituts spéciaux de Londres et de Liverpool envoyèrent au Congo sur ses instances.

Il suivait en outre avec intérêt les travaux du célèbre Dr Ross, de Liverpool, qui s'occupait spécialement de la malaria en vue de découvrir …..

Les attaques contre l'œuvre royale

Avant qu'il fût question du Congo, nos hommes d'Etat étaient divisés quant à l'utilité pour la Belgique de se réserver des terres de colonisation….

D'autre part, la ferme volonté du Roi de ne pas laisser entamer les frontières de son empire colonial et l'énergie qu'il mettait à défendre ses droits, tendirent à l'excès, à certains moments, les rapports avec plusieurs Puissances étrangères. A vrai dire, quand les affaires prenaient une bonne tournure d'un côté, la tension augmentait de l'autre.
Dans ces conditions, l'atmosphère qui entourait l'entreprise royale était favorable aux intrigues, aux attaques aussi, et fatalement des critiques se produisirent avec passion et violence.
Les meneurs étrangers étaient écoutés à Bruxelles, même reçus et fêtés dans certains milieux, où on leur fournissait les renseignements dont ils manquaient pour leur campagne de dénigrement. N'étaient-ils pas tous, en effet, les artisans désintéressés d'une noble cause, n'ayant qu'un but : abattre l'autocratie?

Aussi, la lutte ne tarda-t-elle pas à s'engager; nous allons en suivre les développements.
Elle débuta en Belgique en 1892, par un conflit économique. L'Etat Indépendant du Congo s'était réservé la propriété exclusive de tous les produits domaniaux.
Cette politique économique allait évidemment procurer au Souverain de larges ressources, dont à plaisir on exagéra l'importance et à l'étranger, on commença à entrevoir la possibilité pour le Roi de poursuivre avec succès sa vaste entreprise.
Ce dernier voyait nettement, sa fortune personnelle étant engloutie, et la Belgique ne se montrant pas disposée à l'aider suffisamment, que pour développer son œuvre et l'amener à son plein épanouissement, il fallait tirer du Congo même un surcroît de ressources. Le Souverain estimait que l'intérêt général devait tout dominer.
Devant cette obstination, les passions s'exaspérèrent.
La lutte ardente qui s'engagea dès lors entre Belges, fut suivie avec attention à l'étranger.
Et bientôt se manifestèrent les premières attaques étrangères.
Un employé d'une des sociétés congolaises, fils du major Parminter, attacha le grelot. Ce qu'il raconta était de nature à impressionner et alimenta pendant des années la campagne de calomnies, car ces attaques avaient véritablement ce caractère. Il s'agissait dans l'espèce d'un officier belge qui aurait fait couper la tête à une jeune négresse, pour s'approprier le collier de cuivre qu'elle portait au cou. La chose fit scandale évidemment; c'est pourquoi d'ailleurs on lui donna une si grande publicité. La justice anglaise proclama par la suite la fausseté de cette accusation.

….

Pour se venger d'un officier, un agent commercial avait altéré les faits, et avait inventé de toutes pièces l'affreux drame. L'enquête qui fut faite sur place d'après les ordres de l'autorité, dès que les accusations parurent dans les journaux étrangers, révéla non seulement la vérité mais l'accusateur reconnut le caractère calomnieux de ses assertions.
Suivirent une suite de calomnies vagues, concernant des faits dont on ne désignait ni les auteurs, ni les endroits où ils se seraient produits, et qui constamment étaient présentées comme choses nouvelles.
C'est en vain que le gouvernement demandait des précisions, afin de recherche les coupables. Bientôt on aggrava les accusations et on y mêla des histoires de mains coupées. C'est le célèbre Morel, qui fut le porte-parole de ce nouveau genre d'attaques, toujours prudemment lancées, sans désignation des coupables. Plus tard, la Commission d'enquête du Congo, dont nous aurons à parler, fit justice de cette affreuse calomnie.
C'est principalement de 1892 à 1902 qu'on vit reparaître, toujours avec le même effet, le thème des atrocités congolaises. Un des plus actifs parmi les prétendus champions du droit et de la justice fut un nommé Salusbury, ancien agent de l'Etat qui échoua finalement dans un ''workhouse''.
Vint ensuite le tour de son collègue Burrows. Celui-ci avait élaboré une véritable revue de tous ces faits, depuis la première calomnie colportée par Parminter, jusqu'à la dernière en date.
Ce nouveau défenseur de la race noire opprimée et martyrisée par les Belges, pour en finir définitivement avec ceux-ci, chercha à donner à ses récits un caractère d'authenticité indiscutable en identifiant les auteurs des méfaits.
C'est l'occasion qu'attendait depuis longtemps le gouvernement pour intervenir.
La justice anglaise elle-même fut choisie pour éclairer enfin l'opinion publique sur le sens vrai de toutes ces allégations et sur la valeur morale des agitateurs. L'histoire de ce procès est fort suggestive; il ne sera pas sans intérêt d'en faire connaître quelques détails choisis parmi les plus caractéristiques.
Burrows se servit d'un intermédiaire, l'éditeur Everett, de Londres, pour entrer en rapport avec moi. L'opinion publique était très montée contre le Congo et le moment semblait propice aux calomniateurs pour porter le coup décisif. Mais il s'agissait en ordre principal d'obtenir de l'une ou de l'autre façon la grosse somme, soit par la vente du fameux pamphlet , soit que le gouvernement du Congo achetât le silence des auteurs.
On fit d'abord tant en Angleterre qu'en Amérique, une large publicité autour d'un livre qui allait paraître prochainement sur l'histoire des atrocités belges au Congo. Rien que cette nouvelle mit les esprits en effervescence. Les échos de cette propagande nous étaient parvenus, mais j'ignorais que j'allais bientôt y être mêlé personnellement et de façon très directe. Le titre du livre était évocateur : The Curse of Central Africa (La damnation de l'Afrique centrale).
Je reçus donc un beau jour une lettre de l'éditeur Everett m'envoyant quelques pages d'un livre qu'il allait publier, disait-il, pour le compte du capitaine Burrows et émettant l'avis que la chose était de nature à m'intéresser. Voici le texte de cette lettre : ''Londres, le 14 novembre 1902

Monsieur le Secrétaire général
Nous avons conclu récemment un contrat avec le capitaine Guy Burrows, bien connu du public anglais comme ayant été plusieurs années au service de l'E.I.C.; ce contrat vise la publication d'un important ouvrage sur l'EIC. Les renseignements contenus dans le livre sont de nature à faire bondir, et contiennent tant de révélations concernant l'administration de l'EIC de Belgique, que nous avons cru bien faire de vous prévenir de sa publication, et en même temps de vous demander si nous pouvons avoir l'honneur de vous offrir les droits de publication en Belgique. Nous prenons des mesures pour publier l'ouvrage en même temps en France, en Suède, en Norvège et aux Etats-Unis. Inutile de dire que le livre sera d'un joli aspect, et illustré d'un grand nombre de belles et rares photographies prises sur les lieux par l'auteur et d'autres personnes. Si vous désirez profiter de cette offre, nous vous serions obligés de nous le faire savoir le plus tôt possible. sé Everett ''
Et le 27, le même Everett écrivit à l'éditeur de l'Indépendance belge :
''Monsieur, Nous vous envoyons sous ce pli, une analyse d'un ouvrage intéressant que nous allons éditer, et nous espérons que vous pourrez disposer de la place nécessaire pour la publier dans votre colonne littéraire. Si vous aviez ici un agent, nous pourrions peut-être lui dire quelques-unes des révélations extraordinaires que contiendra ce livre, et que nous ne pouvons confier au papier. Everett''
Antérieurement déjà, Burrows, de manière assez énigmatique, m'avait écrit :
''Cher Monsieur Liebrechts, Je vous serais très reconnaissant si vous vouliez bien me dire si l'Etat désire m'occuper de nouveau. Dans l'affirmative, veuillez me faire connaître les conditions; Monsieur Canisius est ici; il dit qu'il est occupé à écrire un livre sur le Congo. Burrows''
Au procès il fut reconnu que Canisius n'était pas même à Londres à cette époque. On se prévalait aussi faussement d'une dédicace attribuée à Sir Charles Dilke. Il serait absolument superflu d'imposer au lecteur une plus longue série de documents se rattachant à ce procès…
Je répondis par retour du courrier à Everett que sa lettre était d'allure trop vague pour me permettre d'en saisir la portée. Et sur cette réponse, nos gens brûlèrent les étapes et m'engagèrent à me rendre à Londres où on me donnerait les renseignements désirables; ils profitèrent de l'occasion pour me transmettre une photographie représentant une scène horrible, jointe à un feuillet portant les noms de tous les agents de l'Etat incriminés. Cette fois, nous tenions les noms de ceux mis en cause, ce qui allait nous permettre d'agir énergiquement.
Je mis aussitôt le Roi au courant de ce qui se tramait, et j'émis l'avis qu'il fallait prendre position, que l'annonce seule de cette publication causait un certain émoi et, qu'à Bruxelles aussi, certains initiés étaient informés de ce qui se préparait. Je me rendais parfaitement compte que c'était une grosse partie à entamer mais je considérais qu'il était indispensable de l'entreprendre pour en finir une bonne fois avec tous ces infâmes racontars qui, malgré leur invraisemblance, auraient fini par faire sombrer l'œuvre. Le Roi se montra partisan de l'action; il me recommanda d'être prudent et de me faire seconder par le sénateur Sam Wiener, qui à un talent reconnu joignait l'avantage d'être au courant des choses de la justice anglaise et des milieux anglais.
Le premier acte fut de télégraphier à Londres, en réponse à l'invitation que j'avais reçue de m'y rendre, que j'étais empêché d'y aller, mais qu'un de mes amis qui s'y trouvait précisément agirait en mon nom. Et M. l'avocat Bigwood, de Bruxelles, partit immédiatement pour l'Angleterre pour figurer cet ami.
A la réception de mon télégramme à Londres, se place l'incident qui eut, sur l'issue du procès, l'influence la plus décisive et qui caractérise la mentalité de nos adversaires. Persuadés que nous allions passer par leurs exigences, les auteurs de la machination diabolique, s'assemblèrent et remplacèrent la convention réglant le partage des gains que devait leur procurer leur belle besogne par une convention nouvelle, inspirée par l'importance des sommes que nous verserions pour arrêter leur hideux chantage. Comme l'un des personnages, l'auteur de l'introduction du livre, un nommé Canisius, ancien agent de l'Etat, ne se trouvait pas à Londres, étant momentanément parti pour l'étranger, ils eurent la machiavélique idée de l'exclure du partage des bénéfices. Le père de Canisius, quand il apprit le procédé employé, livra à nos sollicitors le texte de la première convention entre parties. C'était évidemment un document important, essentiel pour établir la valeur morale des associés et leurs buts hautement humanitaires!
Mais, revenons-en au voyage de M. l'avocat Bigwood, à Londres. Il y fut reçu par Everett et Burrows, dont l'attitude étrange et énigmatique lui fit la plus mauvaise impression. Ils remirent à nos envoyé quelques pages supplémentaires contenant des calomnies nouvelles. Notre avocat nous les rapporta à Bruxelles avec l'impression personnelle que nous nous trouvions en présence de véritables maîtres chanteurs.
Bientôt je partis moi-même pour Londres avec le sénateur Wiener, pour prier le célèbre avocat Sir Edouard Clarcke de vouloir se charger de la défense de l'honneur des officiers belges si indignement calomniés.
Sir Edouard présenta d'abord quelques objections et chercha à nous dissuader d'entamer des poursuites devant les tribunaux anglais, disant qu'il serait fort difficile d'aboutir. Je réplique que si des officiers anglais étaient calomniés en Belgique par des officiers belges, ceux-ci seraient les premiers à réclamer que justice leur fût rendue, et qu'il n'était pas possible d'imaginer qu'en la circonstance, la loyauté proverbiale de l'Angleterre devînt un vain mot. Il faut croire que l'argument porta car Sir Edouard me fit un signe bref indiquant de lui remettre le dossier que je tenais à la main. Les pièces étaient classées de façon à impressionner, si bien qu'à la lecture du premier document l'avocat s'écria : ''Mais c'est du chantage!" Et il ajouta immédiatement : ''J'aviserai aux mesures à prendre, seulement, je tiens à vous dire tout de suite que la loi anglaise étant extraordinairement sévère en ce qui concerne le chantage, il serait difficile d'obtenir une condamnation dans le cas présent, mais il en serait tout autrement s'il s'agissait d'une action en calomnie.
L'avocat Wiener, après avoir demandé mon impression, déclara que nous nous en rapportions à l'avis de Sir Edouard. Et dès ce moment, commença une procédure qui eut un énorme retentissement, plus grand en Angleterre qu'en Belgique, procédure qui dura à peu près deux ans. Tout d'abord, nos défenseurs obtinrent une décision de la justice interdisant la publication, l'exposition et la vente du livre. Ce fut un premier et énorme résultat de nature aussi à empêcher la retentissante réclame qui se faisait autour de l'apparition de cet ouvrage qui devait porter le coup décisif à l'œuvre entreprise par les Belges en Afrique. Aussitôt le silence ce fit et les attaques cessèrent. Les deux parties se préparèrent activement à affronter la barre. Les enquêtes furent menées en Belgique par nos défenseurs, qui vinrent questionner les témoins et les personnes mises en cause par Burrows. De son côté, celui-ci recherchait également des témoins. Pour se les concilier, il promettait des récompenses généreuses, mais payables après la fin du procès.
Enfin, après des préparatifs longs et laborieux, la cause fut appelée le 24 mars 1904 devant le juge Ridley et un jury spécial. Les conseils des demandeurs se composaient de Sir Edouard Clarcke, Eldon Bankes et Lewis Thomas. Les défendeurs, MM. Burrows et R.A. Everett & Cie, avaient pour conseils 4 avocats dont MM. Crispe et Germain, réputés pour leur action troublante sur les témoins appelés à comparaître dans le ''box'', comme disent les Anglais, pour la ''Cross examination''.
… (Sir Edouard va demander à l'auteur d'aller dans le ''box'' et cite pour préciser ses idées des exemples de témoins ayant été tellement torturés par les défenseurs, qu'il avaient été démontés au point qu'ils finirent par avouer des choses manifestement contraires à la réalité'' …… L'avocat Crispe, et son collègue Germain me firent sentir pourquoi les Anglais redoutaient tant le rôle que je remplissais à l'instant.

Voici


Demande (D) : Que venez-vous faire ici?
Réponse ® : Demandez-le aux avocats qui m'ont prié de venir au procès pour éclairer la justice.
D.: Mais c'est votre procès, celui de l'EIC que vous venez soutenir ici.?.
R.: Je n'ai pas de procès, je suis venu parce qu'on me l'a demandé
Ici le juge prit la parole et, se tournant vers le jury, fit observer qu'il ne s'agissait par d'un procès qui m'était personnel.
D.: A votre connaissance, s'est-il passé au Congo, beaucoup d'atrocités?
R. Oui
D. Lesquelles
R. Du fait des noirs entre eux
D. Et des blancs?
R. Oui, à ma connaissance, à deux occasions
D. Pourriez-vous citer des noms?
R. Oui, mais je demande à ne pas le faire
D. Nous insistons
R. Si vous insistez et si le juge n'y voit pas d'inconvénient, je répondrai avec précision, mais je tiens à faire observer au jury que c'est à mon corps défendant que je le ferai.
Cet incident donna lieu à une longue controverse entre le juge et les avocats. Sir Edouard après l'audience me demanda la raison d'être de toute ma mise en scène. Je lui répondis que j'avais fait traîner le débat pour gagner du temps, ajoutant que jamais je ne m'étais trouvé mieux à mon aise. Et je lui révélai que j'avais à mettre en cause non des Belges, mais des étrangers, des Anglais. Il me dit ''vous auriez dû le faire''…..
(L'interrogatoire reprend)
D. Le gouvernement belge vous a-t-il donné beaucoup d'argent pour conduire ce procès?
R. Rien
D. Et le Gt. du Congo, car le demandeur ne pourrait supporter de semblables frais?
R. Le demandeur a reçu des appuis de ses amis et largement du Gt. de l'EIC. Je considère que celui-ci aurait manqué à un devoir sacré, s'il avait laissé sans moyen de défense un officier qui l'avait brillamment et fidèlement servi, le laissant exposé injustement à la vindicte publique, par la seule raison qu'il n'avait pas les ressources nécessaires pour défendre son honneur devant la justice.
Ici encore, le juge fit remarquer au jury, que c'était absolument légitime.
…..
L'avocat Bigwood fut ensuite invité à prendre place dans le ''box'' pour qu'il lui fût posé quelques questions de procédure. Et enfin, l'offensé lui-même eut à répondre à un petit questionnaire.
Burrows, qui était présent au cours de mon premier interrogatoire du matin, ne reparut plus l'après-midi et jugea prudent de ne plus reparaître du tout.
Quand, le lendemain, jour glorieux de la défaite complète de nos adversaires, le juge demanda Burrows dans le ''box, il ne se présenta pas et ses avocats durent avouer qu'il faisait défaut, tentant à nouveau de faire suspendre les débats. Mais il ne s'agissait déjà plus pour les défendeurs que de 2 choses : conserver le droit de publier le livre et faire réduire les dommages, car ils avaient renoncé non seulement à prouver le bien fondé de leur accusations contre les officiers belges, mais ils reconnaissaient formellement que ces accusations étaient fausses.
Bref, Burrows fut condamné à 500 £ de dommages-intérêts et le livre fut définitivement interdit.
Restaient les autres procès, Sir Edouard me pria de m'en rapporter à lui quant à la défense de l'honneur des officiers; si je consentais à admettre dans les autres cas introduits, une condamnation de 50 £ dans chacun d'eux, il pourrait en finir tout de suite. J'acquiesçai naturellement.
….
et le soir vers 16h, les grands quotidiens annonçaient la nouvelle et portaient en manchette apparente : ''Le capitaine Burrows condamné à de gros dommages''.
Le Roi se trouvant à Wiesbaden, fut prévenu et répondit ''28 mars 1904. Heureux de votre télégramme. Vous remercie chaleureusement de tous vos efforts pour mettre en lumière la vérité. Léopold''

A partir de ce moment, il se produisit un arrêt dans les accusations qui, à l'occasion, reprirent leur caractère vague et général. Il faudra arriver à une nouvelle précision dont le misérable Casement se fit l'écho, pour obtenir de nouveau justice…… C'est lui qui accusa les Belges d'être des coupeurs de mains. Appelé par un missionnaire établi dans la Lulonga, il se rendit en 1904 dans cette rivière et en revint bientôt, proclamant que cette fois il apportait la preuve irrécusable de la cruauté des Belges; il avait vu un jeune garçon dont la main avait été coupée par un soldat noir au service des Belges. Il cita le nom de l'enfant et, appuyé par son compère Morel, …mena une campagne de presse ardente en Angleterre et en Allemagne aussi, sous l'égide du fameux Erzberger, et arriva à la conclusion que l'EIC devait être rayé du concert des nations, et la Colonie partagée entre les Puissances coloniales.

Il n'est pas sans intérêt de rappeler que Morel attaqua tout aussi violemment le Congo français, ce qui jette un jour spécial sur les dessous de l'affaire d'Agadir.
La nouvelle calomnie produisit une grande sensation en Europe, et il fallut confondre une fois de plus les calomniateurs.
Le Roi envoya au Congo une commission pour enquêter sur la situation générale au Congo, et Il en choisit les membres parmi les magistrats de 3 nationalités : un Belge, le premier avocat général Edmond Janssen; 1 Suisse, M. Schumacker, et 1 Italien, M. Nisco.
Le rapport fait par cette commission fut rendu public, ….. mais nous répéterons textuellement ce qu'il dit de l'accusation portée par Sir Roger Casement :
''Epondo - c'était le nom de l'enfant cité par Casement - déclara lui-même qu'il avait perdu la main gauche à la suite d'une morsure d'un sanglier, un jour qu'il allait à la chasse avec son maître. La commission ensuite des constatations d'un médecin, est convaincue que ce récit est sincère. Au surplus, le Rd Weeks a déclaré que ce fait était notoire au village de Malela, dont Epondo est originaire, ainsi qu'il avait pu le constater personnellement, au cours d'une visite récente dans ce village. Bref, la commission déclare : un point est hors de doute, jamais un blanc n'a infligé ou fait infliger, à titre de châtiment, pour manquement dans les prestations ou pour tout autre cause, pareilles mutilations à des indigènes vivants. Des faits de ce genre ne nous ont été signalés par aucun témoin, et malgré toutes nos investigations, nous n'en avons point découvert.
Le mensonge est donc flagrant et le nom belge est lavé de l'infâme calomnie dont on avait tenté de le souiller.
…….
Naturellement tous ces événements, ces attaques passionnées, retenaient l'attention de la presse, et nos rapports avec elle furent l'objet d'appréciations parfois fort injustes.

Relations de l'EIC avec la presse


L'auteur reprend ici 3 catégories de journaux. Les sympathisants à l'œuvre congolaise;
ceux dont la direction était indifférente mais dont certains rédacteurs étaient des partisans du Congo; enfin, les journaux systématiquement opposés à la tentative de colonisation belge et qui, pour des raisons parfois obscures, se montraient hostiles à tous les grands projets de L.II. etc…..
Voici un ex. : ''Que dire de ceux qui ne reculaient devant aucun moyen pour se documenter aux sources les plus impures, dussent-ils, pour cela, recourir aux services d'agents traîtres à leurs devoirs et, abusant de la confiance qu'avaient placée en eux leurs chefs, pour soustraire des documents au siège de l'administration?
Un projet abandonné depuis longtemps fut enlevé du tiroir de mon bureau et publié in extenso dans un journal de la capitale qui se piquait d'être patriote. Comme il n'avait jamais existé plus d'un exemplaire de ce projet, connu, au surplus, de moi seul, la preuve de la forfaiture était incontestable. Cependant, ce sont des agissements de l'espèce qui émurent le plus vivement l'opinion publique. Il était d'autant plus difficile de réagir que leurs auteurs repoussaient systématiquement toutes les raisons qu'on pouvait leur opposer.
……. etc
La grosse difficulté de bien régler les rapports avec la presse provenait de ce que de soi-disant journalistes, sans attaches spéciales avec un journal déterminé, épiaient les événements et cherchaient à en tirer profit. Ces individus sans influence réelle par eux-mêmes avaient cependant le pouvoir d'envenimer les débats, de créer des impression dans certains milieux et parfois de faire passer des articles dans la presse, sous le couvert et le prestige attaché au journal qui les insérait. etc……
Nous possédons la preuve écrite des rapports qu'on entretenait, dans certains milieux, avec nos ennemis à l'étranger.
C'est ainsi qu'à l'issue du procès Burrows, étant entré en possession des dossiers de nos calomniateurs, nous y découvrîmes des télégrammes et lettres émanant de la rédaction d'un journal politique de Bruxelles et adressés à Everett. etc… etc…

L'HISTOIRE EST UN ETERNEL RECOMMENCEMENT!!! SUITE

Encore quelques extraits du Livre de Liebrechts

''Pendant la guerre, surtout quand survint la tentative de trahison de Sir Roger Casement, certains journaux anglais déclarèrent sans ambages, et en toute loyauté, que ces gens (Casement, Morel, Erzberger) avaient agi sans scrupules pour empoisonner l'opinion anglaise au regard de l'œuvre coloniale des Belges.
Ajoutons qu'à l'époque de la campagne féroce menée par Morel non seulement contre le Congo belge, mais aussi contre le Congo français - et pourquoi ne le dirais-je pas, puisque je me suis engagé à dire toute la vérité, - je reçus la visite d'hommes politiques et de journalistes d'outre-Manche, qui me prouvèrent que là aussi, certaines personnalités ne dédaignaient pas de chercher à tirer profit des difficultés jetées en travers de nos initiatives africaines. Heureusement qu'à la chambre de commerce de Liverpool, que présidait notre ami Sir Alfred Jones, celui-ci put faire entendre sa voix en notre faveur, et démarquer l'hypocrisie de quelques-uns des pharisiens de la civilisation africaine, qui n'avaient pas hésité, leur vie durant, à inonder la côte occidentale d'Afrique du néfaste rhum de traite! On sait que Liverpool, sous l'égide de John Holt, était le principal centre où s'élaboraient les attaques contre l'administration congolaise. Qu'on ne s'y trompe pas, avec de l'argent on peut tout au plus (car parfois, et je le sais de science sûre, les deux parties aux prises sont mises à contribution) se mettre à l'abri d'attaques injustes; mais les hommes de réelle influence, ceux qui ont sur l'opinion une action décisive, ne sont pas à acheter. Mais, hélas! Aux époques où les passions sont déchaînées, ce ne sont pas ces derniers qui sont les plus écoutés. Reprise du Congo par la Belgique …. Le respect des droits des tiers préoccupait d'autant plus vivement Sa Majesté, qu'il était visible que si les politiciens qui s'acharnaient contre les grands projets d'industrialisation et de mise en valeur du Congo avaient, après la reprise du Congo par la Belgique, entrevu la possibilité de réviser ces conceptions grandioses, entachées, d'après eux, d'illégalité, ils n'auraient pas hésité à le tenter. Mais l'acte de reprise du Congo leur enleva en termes formels cet espoir, et détermina la nature et l'étendue des droits concédés aux Belges, mettant ainsi le gouvernement à l'abri, pour une longue période, de demandes importunes émanant d'étrangers. Le Roi me dispensait d'aller lui donner lecture des courriers d'Afrique, Sa Majesté consacrant tout son temps aux négociations avec la Belgique, dans le but de chercher à faire adopter les mesures qu'Elle jugeait devoir le mieux assurer le développement ultérieur de son œuvre africaine. Au Parlement, ce fut surtout la Fondation de la Couronne qui souleva les plus véhémentes protestations. On prétendait que par ce moyen, le Roi pourrait continuer à exercer un pouvoir occulte. Celui-ci se défendit âprement contre ce reproche et fit agir toutes les influences dont Il disposait; je dus aller trouver certaines personnalités pour essayer de rallier à ses ides. Le langage à tenir m'était tracé par une note de sa main : ''La Fondation de la Couronne n'appartient pas à l'Etat Indépendant du Congo. Elle est en dehors du domaine national. Elle n'en a jamais fait partie. Le Souverain en a disposé dans des vues patriotiques, comme il a disposé en faveur de la Belgique de la totalité de la Souveraineté du Congo. L'Etat Indépendant du Congo n'a pas le droit de s'emparer, ni de disposer des biens de la Fondation : ce serait un vol, une usurpation. Il en serait de même pour la Belgique. Jamais le Roi ne pourrait se prêter à une pareille illégalité, qui serait la violation des droits des tiers, un attentat contre le droit des gens. Jamais le Roi, auteur des droits de la Belgique, ne sera partie à une assertion ayant pour but de dire qu'il les a violés, et qu'en se réservant des biens du Congo en dehors du domaine national, il a commis une soustraction. Le décret instituant la Fondation est très clair, très désintéressé, très patriotique. Il indique les devoirs de la Fondation et les règles à suivre pour les remplir''. Cependant, le Roi, en présence de la violence de l'opposition, dut renoncer à la Fondation. Ceux qui, déjà en 1901, adressèrent des critiques à l'institution dès sa naissance, étaient les même que ceux qui s'y opposèrent au moment de la reprise, mais chose curieuse, ils soutenaient cette fois ce qu'ils avaient formellement repoussé lors de la création de la F.de la Couronne. Le Roi me fit connaître leurs étranges contradictions : ''Ils ont crié contre la Fondation de la Couronne, qui voulait sans débours, pour les contribuables, couvrir la Belgique de travaux d'embellissements. Ils y voyaient le pouvoir personnel et occulte, une diminution du Parlement''. ''Aujourd'hui que les biens de la dotation de la Fondation vont grossir l'actif de l'Etat Indépendant du Congo, l'enfler de centaines de millions, on crie parce qu'ils ne paient plus les travaux en Belgique, nécessaires pour orner la Patrie''. Le Roi en revient toujours à cette idée qui ne le quitte jamais : grandir et embellir la Patrie. C'est encore cette idée qui le guidera quand il cherchera à réparer ce qu'il considère comme une injustice, en ressuscitant en quelque sorte, après la reprise, la F.de la Couronne, sous la forme de deux œuvres nouvelles : la Société des Sites et la Fondation de Niederfullbach. …. Toutes ces ressources, le Roi aurait pu se les approprier si réellement il avait agi, non pas dans des vues hautement patriotiques, mais dans des buts d'intérêt égoïste. Ces richesses jamais ne seraient apparues, tandis qu'au contraire, le Roi en faisait continuellement et publiquement état. ……. On sait que le rejet de la F.de la Couronne obligea à recourir à un acte additionnel au traité de cession de l'E.I.C. à la Belgique, afin d'éviter que certains travaux projetés et d'autres en voie de réalisation ne restassent en souffrance. Pour obvier à cet inconvénient, un fonds spécial de 45.500.000 francs fut créé pour être affecté au paiement de ces travaux, avec la garantie du contrôle de la Cour des Comptes. Travaux à Laeken F. 15.000.000 Travaux à la route de Meysse 6.000.000 Travaux à Heysel 3.500.000 Travaux à Ostende 20.000.000 Arrangement de l'Hôtel de Belle-Vue 1.000.000 TOTAL : 45.500.000 Fr. Au surplus, en témoignage de gratitude, un fonds de 50 millions fut attribué au Roi, payable en quinze annuités. Mais ce serait une grave erreur de croire, ainsi qu'on l'entendit dire souvent, que cette somme avait été donnée au Roi en compensation de sacrifices qu'il s'était imposé pour conduire son œuvre à bonne fin. Sa destination même s'oppose à la possibilité d'une attribution personnelle, quelque minime qu'elle soit : ''Ce fonds'' stipule l'acte additionnel, ''sera affecté" par le Roi et, pour la part qui n'aurait pas été engagée à son décès, par ses successeurs, à des destinations relatives au Congo, à des œuvres diverses en faveur du Congo, pour l'utilité et le bien-être des indigènes et pour l'avantage des blancs qui ont bien servi en Afrique. L'affectation est bien précise et, en réalité, c'est le roi Albert qui eut à en régler l'emploi. L'actif entier de l'Etat Indépendant du Congo passa au gouvernement belge. Parmi les valeurs immédiatement réalisables figuraient : 1° le portefeuille pour 60.000.000 F environ; 2e la flotille, l'armement, les marchandises, etc…etc., pour 50.000.000 F environ. L'on vit apparaître dans le portefeuille toutes les valeurs provenant des participations accordées successivement à l'Etat Indépendant du Congo par les entreprises diverses créées sous ses auspices, tandis que, pendant des années, les ennemis du Roi l'avaient injustement et méchamment accusé d'avoir réalisé ces valeurs à son profit. Le portefeuille représente aujourd'hui des milliards. Cette légende que le Roi tirait de son œuvre des avantages personnels, fut celle qui égara le plus l'étranger. Et pas un, parmi les Belges qui la répandirent, n'eut la loyauté de reconnaître son erreur.

Encore un extrait de la p.61


A l'époque, ce que les navires amenaient à toutes les villes côtières, consistait presque uniquement en alcool de traite, logé dans de vastes fûts ou d'innombrables caissettes vertes.

Le principal bénéficiaire de cet affreux trafic était John HOLT, de Liverpool, le promoteur de la ''Congo Reform Association'', l'homme qui, après l'échec de la campagne de calomnies poursuivie en Angleterre contre le Congo et Léopold II, remit à Morel le fameux chèque de 100.000 frs, pour reconnaître ses hautes vertus morales.

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