Courts Métrage africains Pour servir à L'histoire

Mises Au Point

auteur : L.A. Petillon 1971
Extrait du livre page 191 à 202 : (La renaissanse du livre)
Quelques dates pour situer l’auteur et son ouvrage dan le cadre des événements. Après un stage chez le bâtonnier Paul Crokaert, M. Pétillon entre au Ministère des Colonies en 1929, comme attaché au Cabinet de Henri Jaspar, Premier Ministre. Il y gravit la hiérarchie jusqu'au grade de directeur, assumant des fonctions au sein de divers cabinets ministériels. Au début de 1939, il devient Chef de Cabinet de Pierre Ryckmans dont il est le premier collaborateur pendant toute la durée de la guerre Dans l'immédiat après-guerre, il est rappelé à Bruxelles pour prendre la direction, successivement, du Cabinet des Ministres De Bruyne et Godding. Ce dernier le fait nommer Vice Gouverneur général en 1946. Il travaille avec M.. Jungers, assume pendant quelques mois les fonctions de Secrétaire général au Ministère des Colonies et devient, en 1949, Gouverneur du Ruanda-Urundi, chargé de la mission particulière d'élaborer un Plan décennalpour les Territoires sous tutelle. Nommé Gouverneur général fin 1951, il demeure en fonction jusqu'au début de juillet 1958. Désigné comme Ministre des Colonies, il fait partie du premier gouvernement Eyskens jusqu'au 6 novembre. Il préside ensuite aux derniers travaux du « Groupe de travail pour l'étude du problème politique au Congo » qu'il a constitué dès son entrée en charge et dont il remet le rapport à son successeur quelques jours avant Noël.. Les Déclarations royale et gouvernementale relatives à l’indépendance datent du 13 janvier 1959. La Table ronde politique siège en janvier-février 1960. L'indépendance du Congo est proclamée le 30 juin 1960.

Un petit mots de l'éditeur :

Bien que pour l'agrément du lecteur, sa facture ne soit guère académique , c'est un livre extrêmement sérieux. Il possède sans conteste les qualités requises pour servir l'Histoire.

Pour les temps de la pré-indépendance du Congo et avec cette fois un meilleur recul, il dénonce à travers les hommes et les écrits, des erreurs si communément répandues qu'elles en deviennent des légendes. Dans une langue directe et dense, avec de-ci, de-là des anecdotes ou des notations personnelles que les années écoulées rendent maintenant possibles, il contient des révélations, des mises au point, des réfutations dont la pertinence ne pourrra que, chaque fois, convaincre.

Après « Témoignage et réflexions » du même auteur, le présent ouvrage constitue une démonstration qui, par l’abondance des choses neuves qu'elle apporte et la forme qu'elle revêt, frappera sans doute les plus sceptiques. Lesquels se souviendront qu'il s'agit d'un chroniqueur qui ne relate que des événements qu'il connaît parce qu'il les a vécus et qui, sa carrière durant et même après, manifesta une notoire indépendance de caractère.

L'ÉDITEUR

Le livre est en vente a 25 euro envoyé moi un mail si cela vous interesse.

25 euro

 

Lorsque, en 1965 lors de sa parution, je lus « Politics in the Congo, de Crawford Young,” j’en  conçus un grand découragement, voire en dernière analyse, un sentiment de culpabilité.

C'était un fort volume de 600 pages, magnifiquement édité, bourré de faits, d'opinions, de références et de citations, de jugements apparemment sereins. L'auteur en était un jeune « Assistant Professor of Political science and Chairnan of the African studies program à l'Université de Wisconsin ». Ayant suivi des cours à Londres et à Paris, il avait visité le Congo en 1958 comme délégué d'une organisation internationale d'étudiants. Il y était retourné grâce à des bourses, pour six mois en 196l-62, après un séjour de même durée en Belgique . Il y était allé encore en 1963 pour étudier plus spécialement les répercussions de la création des nouvelles provinces congolaises.

L'auteur indiquait, dès l'abord, que son étude était le fruit d'une entreprise collective dont il lui eût été impossible - tant ils étaient nombreux - de citer tous les collaborateurs, qu'il s'agisse de personnes ou d'institutions. Il en mentionnait néanmoins quelques-uns.  Parmi lesquels principalement des Belges, considéré à l'époque et même encore de nos jours, comme constituant la loi et les prophètes des temps nouveaux. Il avait reçu de leur part, précisait il, un accueil et une assistance sans restrictions. Certains avaient même été jusqu'à lui confier leurs archives personnelles.

Apprenant cela, on ne pouvait s'empêcher de penser que beaucoup avaient dû considérer comme une aubaine de pouvoir influencer un travail qui, à un plan élevé de l’information étrangère , s'avérait comme devant être, pour longtemps peut-être, la plus importante critique d'ensemble de l'œuvre belge en Afrique. Chacun pouvait, qui démontrer combien on avait eu tort jadis de ne pas le suivre, qui mettre en valeur le rôle qu'il avait joué.

Incontestablement, l‘ouvrage était impressionnant, à première vue le meilleur paru jusqu'alors. Il fit d'ailleurs l'objet jusqu'au sein de société& savantes, de recensions élogieuses, voire admiratives, qui ne suscitèrent cependant dans ces milieux où l’on évite de politiquement se  compromettre, aucune discussion animée.

Mon découragement venait de ce que - si peu de temps après les affres et les cruelles déceptions que nous avions connues - le long et fervent labeur des Belge au Congo  était décrit comme entaché, depuis les débuts, de telles déficiences qu'il ne pouvait qu'aboutir à un retentissant fiasco. Car ici, plus qu'ailleurs encore, le postulat de base  était que le terme irrévocable de leurs efforts était de longue date fixé à 1960; que, tout aussi inéluctablement, le Congo acquerrait à ce moment son indépendance. Des lors cette idée constamment présente à l’esprit - on ne manquait pas  de souligner combien, dans tous les domaines et spécialement le politique, les réalisations avaient été lentes, insuffisantes, et les perspectives d'avenir naïves à force d'optimisme. Escompter, comme un publiciste généralement progressiste l'avait fait au sortir de la dernière guerre, qu'on accorderait l'indépendance au Congo en 1985 – date du centième anniversaire de la création de l’État Indépendant - était une aberration. Aberration plus grave encore de ne  pas songer assez tôt aux évolutions politiques.

 

En 1965, l'Afrique était jonchée des cadavres des «  colonialisme  défunts ». Celui du Congo, d'où commençait  à surgir comme des autres des formes de vie nouvelles, était l'un des plus grands. Il gardait, non démembré, ni « balkanisé » la stature qu'il avait de son vivant  les jeunes carabins sociologues et politologues Sortant des  universités surtout d'Amérique - laquelle s'y connaissait  depuis avant le XVIIIe siècle en colonisation de conquête - il constituait une pièce de choix. L'ayant prestement  disséqué, ils allaient être les premiers à expliquer pourquoi  les colonisateurs d'Europe, des XIX. et XX.
n’avaient pas  réussi.

En 1968 l'ouvrage de Crawford Young fut publié, en traduction  française abrégée , dans la collection Les Éditions universitaire du Congo, en collaboration avec l'Institut de recherches économiques et sociales de l'Université Lovanium

J’eus ainsi à plusieurs années d'intervalle, l’occasion de le relire. Et le  sentiment que cette seconde lecture suscita en moi ne fut  plus le même . J 'avais, dans l'entre-temps, publié moi même un livre qui m'avait contraint à approfondir l’examen de conscience auquel je me livrais depuis 1919 et qui m'avait conduit à voir les choses de manière plus sereine.

Et tout d'abord que tout n'est pas négatif dans le livre de Young.

« ... L'histoire congolaise ne pouvait pas se comparer exactement à celle des autre État tropicaux d’Afrique Sans aucun doute la nature du « contact culturel » -  au sens large du mot – sous la domination belge, à été très différente de celle que l'on trouvai dans les colonies britanniques et françaises, et de celle que l'on trouve dans les colonies portugaises ».   L'édifice colonial belge à son apogée était une structure remarquablement solide... On analyse traditionnellement la structure du Pouvoir politique au Congo belge en partant de l'image d'une trinité composée de l'administration, de l’Église  et des grandes sociétés. Il est important  de se rendre compte non seulement que cette triple alliance était un tissu sans couture, mais aussi  que  chacun des ses éléments à l'intérieur de sa propre sphère d'activité, avait une force d'impact sans comparaison possible dans toute l'étendue de l'Afrique tropicale »

L'analyse que fait l'auteur de l'action de chacun des membres de la la trinité » ne manque évidemment pas d'en signaler les abus. Mais, du point de vue de l'efficacité de la colonisation belge, elle exprime un premier satisfecit. Cette efficacité, teintée de paternalisme, engendre une æuvre dont de-ci, delà Young relève les bienfaits. Mais des déviations égoïstes et de nombreuses erreurs à quelques-unes desquelles nous nous arrêterons plus loin - la défigurent.

Young est de ceux qui constatent qu'avant  1956, il n'y eut pas au Congo de revendications politiques émanant des colonisés.

« ... Il faut se rappeler que rien de vraiment grave  n'avait défié le système avant les émeutes de Léopoldville en 1959. jusqu'aux environs de 1954, les griefs des Africains n'avaient trait qu'à leur statut à l'intérieur même du système.., Il n'y avait littéralement aucune comparaison possible avec la plupart des territoires britanniques et français, où le monde colonial subissait la pression constante des mouvements autochtones et où une bonne partie de la politique se faisait en tenant compte des exigences nationalistes (sans pour cela toujours les satisfaire). Jusqu'aux environs de 1957, la subordination de toute évolution Politique au progrès économique et social pouvait sembler, aux yeux des Belges, être le bon chemin »

Mais en cela, selon lui, ils se trompèrent. L'auteur voit l’explication de leur aveuglement dans
« l’absence virtuelle de tout contrôle extérieur au système lui-même ».

« On a souvent dit que la Belgique métropolitaine se désintéressait de son immense colonie. Ce n'est vrai que dans la mesure où, en effet, l’on ne s'occupait guère d'envisager objectivement l'avenir du Congo. L'opinion publique en Belgique se satisfaisait de l'image d'un Congo prospère et se prélassait dans la chaleur bienfaisante du mythe « fabrication maison » de ses réalisations africaines... Le Parlement belge devait voter  le budget du Congo, mais ceci devint un rituel strictement « pro forrna »... Les débats étaient brefs et ,’approfondissaient pas les  questions; la Plus grande partie des fonds publics investis par le canal des divers organismes parastataux échappait à tout examen sérieux..,   En grande Bretagne la gauche Maintenait ferme son barrage de critiques à l’égard de la politique et des mœurs coloniales. En Belgique de P.S.B. ne prêta j’usqu’en1956 que peu d’attention aux affaires du Congo. IL se préoccupait beaucoup plus de la politique intérieure et de l’avancement de la classe ouvrière en Belgique … il ne détint le portefeuille des Colonies que pendant quelques jours en 1946, lors d’une crise gouvernementale prolongée… »  

Tout cela est exactement ce qu'on peut lire dans mon livre de 1967.

Cependant, outre le Parlement, les partis  et l’opinion publique , il y a i le Conseil colonial, les Conseils de gouvernement et de province, la Commission permanente pour la protection des indigènes, le Congrès colonial national, l’Académie royale des sciences coloniales. Mais suivant Young, les organes officiels n'étant que constatifs, travaillent en quelque sorte « à l’intérieur du système »  quant aux autres, ils ne s'occupent jamais sérieusement des perspectives et de l’avenir politiques du Congo

En plus, il y a la lourdeur de la procédure propre au régime. Elle ralentit, au point souvent de le vider de son sens et de son opportunité, tout projet de quelque importance- il faut transcrire ici le résumé inspiré de ce qu'en disait l'éminent légiste A. Sohier qui en avait eu une fort longue expérience. On en a trop peu parlé, bien que ce soit essentiel pour la compréhension de bien des questions. « Un projet devait d'abord être préparé, souvent par une commission spéciale. Les départements  intéressés, au ministère, devaient ensuite pouvoir l'étudier et proposer des changements Après, on envoyait le projet à Léopoldville avec un mémorandum explicatif. Les services du Gouverneur général l'étudiaient alors à leur tour. Il fallait ensuite l'envoyer aux Conseils provinciaux, qui  ne se réunissaient qu’une fois par an. Le stade suivant l'amenait au Conseil de gouvernement. Enfin, un dernier examen fait par le gouverneur général, qui donnait son opinion finale, et le projet revenu à Bruxelles. Le Projet retournait aux divers départements intéressés, passait par le filtre du Cabinet du ministre et était présenté au Ministre, qui devait décider. Il était ensuite soumis au Conseil colonial qui, bien souvent, si la question était importante, désignait une sous-commission ad hoc que devait en faire une étude approfondie. A chacune de ses étapes, le projet êtait à la rnerci des vacances de poste absences, changement de ministre, et pour couronner le tout, il fallait que tout  cela se passe en deux langues. Même lorsque le décret était promulgué, la bataille n'était pas finie puisqu’il ne pouvait entrer en vigueur avant que le Gouverneur général ne fit paraître l’arrêté d'exécution. Et rien que ceci prenait parfois des mois.

C’est parfaitement exact, sauf que parfois c'est encore Plus compliquer  Dans le cas du statut des villes par exemple, La procédure ayant été régulièrement accomplie , le Conseil Colonial juge les textes et les propositions insatisfaisants et Les fait envoyez en Afrique. Et tout recommence quasiment à zéro  malgré les rappels dont il est question ailleurs à de nombreuses reprises, le projet de décret met neuf ans pour éclore.

Il  est vrai qu’en  l’occurrence, les tendances conservatrices qui se manifestent à certains niveaux européens multiplient particulièrement les entraves. Était-il dans ces conditions si fou de penser qu’l eu été désirable, pour éviter les examens
en cascade de décentraliser en partie la compétence et les pouvoir de l’Europe vers l’Afrique ?

Il ne s’agit pas de faire, même pour l’important travail de Young, une  recension complète. ni de continuer à relever les vue qu’il expose et qui rejoignent les nôtres . Non plus de rencontrer, aux  moments où il s'écarte de ce que d'autres et moi pensons et  avons écrit, toutes les critiques qu'il formule . À moins de redire indéfiniment les mêmes choses, il faut revenir pour chacun des auteurs repris dans le présent travail , que l’un ou l'autre des principaux sujets qu’il aborde. de manière à répartir les madères dans l’ensemble des  chapitres. C’est ainsi qu’on ne s'attardera guère à ce qu'écrit Young de la communauté belgo-congolaise, dont on parle d'abondance d’autre part (et notamment déjà à la page 22)

Manifestement, il n'en connaît que ce que doivent lui en avoir rapporté ceux qui avaient intérêt à ne pas s'y arrêter. «  Tel – comme  il l’écrit dans l'introduction de l'édition anglaise - tel cet autre ami fidèle que fut le professeur A.-A.-J. Van Bilsen que la Belgique a le bonheur d'avoir à la tête de son assistance technique »,.,
Elle ne fut, selon lui qui d'évidence répète ce qu'on lui dit, qu'une formule vague et inconsistante. Et il n'en veut pour preuve que l'adhésion immédiate que tout le monde marque aux déclarations royale et gouvernementale de janvier 1959.

Mais - ô ironie! - il ne se rend pas compte que- ces déclarations étaient au contraire la consécration solennelle, avec les modalités et nuances que la rapide évolution des événements et des opinions postulait, d'une part de la politique d'association, d'autre part des concepts de la communauté et de l'union belgo-congolaises.

Il ne faut cependant pas trop lui en tenir rigueur. Dans la confusion des esprits et le bouillonnement des passions, d'autres censément mieux informés commirent bien d'autres extravagance. On ne citera que le cas de ce membre parlementaire du Groupe de travail qui, emporté par son exaltation naturelle, déclarait en novembre 1958 dans un exposé public important, que la communauté belgo. congolaise était une idée dépassée, mais qui signait en décembre le rapport du Groupe... lequel se réclamait expressis verbis de la philosophie de l’association et de la communauté !

Au sujet du Groupe de travail, l'auteur reproduit l’habituelle critique que cette création - qui réunissait des membres du législatif: Parlement et Conseil colonial – ne comprenait pas de Congolais. Comme si, parmi ces derniers, on aurait pu trouver, à l'époque, des parlementaires et des conseillers coloniaux. Car en réalité, il s'agissait d'abord pour la Belgique de déterminer, par le jeu libre et souverain de ses institutions, comment elle répondrait aux revendications congolaises.

Ensuite seulement, de veiller à ce  que , comme le Groupe l'avait lui-même indiqué « Aucune mesure engageant leur avenir au sujet du Groupe de travail, l'auteur reproduit l’habituelle critique que cette création - qui réunissait des membres du législatif: Parlement et Conseil colonial – ne comprenait pas de Congolais. Comme si, parmi ces derniers, on aurait pu trouver, à l'époque, des parlementaires et des conseillers coloniaux. Car en réalité, il s'agissait d'abord pour la Belgique de déterminer, par le jeu libre et souverain de ses institutions, comment elle répondrait aux revendications congolaises. Ensuite seulement, de veiller à ce  que , comme le Groupe l'avait lui-même indiqué
« Aucune mesure engageant leur avenir  ne seras prise sans la consultation préalable de tous les habitants du Congo.

Et  Young ajoute :
« La  mission (le Groupe) fit des erreurs « colossales », de  jugement sur l’opinion  congolaise, comme en témoigne  l’observation suivante (rapport du Groupe, P. 16) : « un grand nombre d'interlocuteurs congolais ont demandé l'indépendance immédiate,.. Le Groupe de travail  a conclu de ces déclarations que ces interlocuteurs entendaient par indépendance immédiate la libération immédiate de l'individu. »

Cette  citation nous paraissant suspecte, nous l'avons vérifiée. En réalité, il faut la reconstituer en plaçant entre les deux phrases  à l'endroit des points de suspension, ceci : « Invités  à expliquer ce qu'ils entendaient par là, ils ont déclaré qu'ils voulaient, sans délai, l'accession des autotochtones, a l’égalité de droits et de devoir avec les Européens, à tous les  échelons des administrations publiques et privées, ainsi que la complète  suppression des discriminations raciales. Le Groupe de travail a conclu de ces déclarations … etc »

On l’avouera  : cette façon de tronquer les citations - il y d’autre cas  -  n'est pas digne de notre auteur. D'autant qu’en ce qui concerne  la  véritable indépendance politique, on lit,  dans un  rapport deux paragraphes plus loin : « Quelques unes (personnes) enfin, ont réclamé pour le Congo une indépendance  intégrale, immédiate et inconditionnelle ces dernières personnes se sont cependant bornées à énoncer leur aspiration, en refusant de l’expliquer au Groupe de travail ».

De la part de Kasa Vubu (c’est de lui qu’il s’agissait), il n’y  avait là rien de neuf.

Mais que penser, grand dieux ! de cette manipulation de textes qui tend a faire attribuer au « grand nombre » les prétentions exorbitantes de « quelques personnes » qui ne formaient qu’une infime minorité ?  L’auteur, lui, veut en tirer la conclusion que le puissant «  Behemoth » ‘l’hippopotame dans la bible, comme il appelle le pouvoir colonial), ne pouvait, dans sa lourdeur, que demeurer aveugle et lent. Nous venons de voir qu’à cause notamment de la procédure qui entravait ses mouvements, il en fut sans doute longtemps ainsi. Mais s’il avait fallu neuf ans pour sortir le prudent statut des villes, il avait suffi de six mois au Groupe de travail pour parfaire l’énoncé d’une réforme véritablement révolutionnaire par rapport au long passé d’immobilisme politique du Congo jusqu’a la  mis – 1958 . Le Behemoth, de son propre élan, avait accéléré l’allure et changé de direction.

Et à ce propos, on ne redira jamais assez qu'il faut relire Ou lire - car qui l’a lu ? – l’ensemble et non des bribes du rapport du Groupe de travail pour se rendre compte du véritable état d’esprit des population de l’époque. La réalité  n'avait rien de commun avec la situation dramatique que décrivent  ceux  qui, après coup et pour servir une thèse , jugent tout en fonction de l’émeute du 4 janvier et de  l'indépendance du 30 juin 1960.

Quand à  la panique dont parle Young qui, surprenant tout le monde, alla grandissante de janvier 1959 à l’indépendance  et à tout ce qui en résulta, c’est une autre histoire dont il fut traité en d'autres endroits. Après avoir, dans les circonstances qui ont été exposées, avancé trop lentement, on se mit à aller trop vite . Les deux performances les plus remarquable furent, à ce dernier égard, les débats de la table ronde politique et l’approbation par le Parlement du  loi fondamentale... Contrairement à ceux pour qui tout ce qui  hâtait la fin du régime colonial était excusable, il faut penser  que les spectacles qui s'offrirent sous le règne de la précipitation  furent bien plus désolants encore que ceux de l’époque « où l'on avait bien le temps »

En vérité, non, depuis la fin de la guerre, à aucun échelon du pouvoir - mis à part le problème proprement politique - on n'avait eu le sentiment d'avoir le temps.

Avec devant soi les immenses programmes élaborés en 1946-47  et le plan décennal mis en œuvre dès le 1"' janvier 1950, chacun savait que le travail et les soucis ne lui manqueraient pas. Nous en parlons avec un peu plus de détail , plus avant dans ce livre. Mais ici on demande quel est le publiciste d'après l'indépendance, sauf M. de Schrevel, qui se soit appliqué à dire dans quelle mesure tout cela fut réalisé. Car il ne suffit pas de déclarer en passant ou de manière globale que le régime était solide et efficace , pour faire comprendre quelles étaient l'étendue, la diversité et les difficultés de la tâche. Ce n'est pas seulement par après quand les difficultés foisonnèrent, mais au moment de l’élaboration des programmes, que beaucoup de bons esprits estimèrent qu'elle était trop ambitieuse et qu'on manquerait des moyens et surtout des hommes pour l'accomplir. Et cependant, dans une large mesure, on y parvint. Le Congo était un corps complexe dont les besoins étaient multiples. Nous avons indiqué nous-mêmes qu'on commit des erreurs dans l'évaluation de leur priorité. Mais il en fut, même parmi les prioritaires, qui, malgré des tentatives diverses et incessantes de plusieurs années, demeurèrent, en tout ou en partie, insatisfaits. Cela tint au fait qu’il s'agissait - comme dans tous les territoires coloniaux – de phénomènes liés aux rapport d'allergie entre les hommes pour lesquels les médications étaient incertaines, et qui s'apparentaient à ceux du rejet en médecine.

Young sélectionne parmi les sujets, en ordre principal  l'immatriculation, l'accession à la propriété immobilière individuelle, le colour bar; à un titre plus secondaire, l'enseignement, les relations entre ouvriers et patrons l'administration de la justice et les questions sociales de ces matières, on ne retiendra ici que celles dont on a le moins traité ailleurs. On se limitera donc dans la présente section, à commencer assez longuement le problème de l'immatriculation et, plus brièvement, ceux de la propriété terrienne et de l’administration de la justice

@ auteur : L.A. Petillon 1971

Je voulais vous montrer ce texte car le chapitre "La mise au point" m'a frappé les autorité etaient très lente ... Tine

Lire aussi :

a partir de la page 10 document pdf a télécharcher voir le website : 1966 n°2 - Royal Academy for Overseas Sciences

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Delcol Martine