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LA QUESTION ARABE ET LE C ONGO (1 8 8 3 -1 8 9 2 )

Mémoire présente a la séance du 21 avril 1958.
Rapporteurs MM. J. Stengers  et M. Walraet

Je vous propose aussi de lire le Carnet de Campagne Arabe sur le lien suivant

 
≪ La politique ne procède pas en matière coloniale d'idée abstraites  elle se plie aux nécessites du moment et elle se modifie en même temps que se transforme le milieu ou elle s’applique ≫
Leopold II*
*Observations du Roi au sujet du mémoire de Banning , s . d. (fin octobre 1892), dans J . S t e n g e r s , Textes inédits d’Émile Banning, Bruxelles 1955, p. 102.

 

Le présent mémoire a pour objet l’exposé des problèmes qu’a fait naitre pour l’État Indépendant du Congo (E. I. C.) la présence d’Arabes dans une partie de son territoire et l’étude de la politique de l’E. I. C. a leur égard.
 

Introduction

La question arabe peut être envisagée sous un triple aspect : sous l’aspect humanitaire, dans la mesure ou les Arabes étaient des trafiquants d’esclaves, sous l’aspect politique en tant qu’ils se prétendaient les maitres de certaines régions et disposaient de forces considérables et, enfin, sous l’aspect économique, les Arabes étant a ce moment les grands commerçants de l’Afrique orientale et équatoriale.

Jusqu’a présent, 0n a trop souvent identifie la question arabe avec la question de la traite des esclaves et les aspects politiques et économiques ont été rarement évoques. Aussi ces deux aspects retiendront-ils particulièrement notre attention dans cette étude, parce qu’ils ont constitue pour l’E. I. C. — nous tenterons de le montrer dans ce travail — le vrai problème pose par la question arabe au Congo. Bien que la question arabe occupe une place importante dans la littérature coloniale, l’étude que nous entreprenons se justifie du fait qu’elle peut présenter un double intérêt : tout en mettant en relief, a la lumière de sources inédites, les relations de l’E. I. C. avec l’élément arabe, elle peut contribuer a faire mieux comprendre et a éclairer, du moins sous certains aspects, la politique de L é o p o l d II, grand animateur de l’entreprise coloniale.

Si l’étude se limite aux relations des Arabes avec l’E.I. C., on ne peut cependant pas perdre de vue que la question arabe déborde largement le cadre géographique du Congo et qu’elle constitue un facteur important de l’histoire de la colonisation de l’Est africain équatorial. Il convient donc de situer la période étudiée (1883- 1892) dans le cadre général de la politique coloniale des grandes puissances. Jusqu’aux années 1884-1885, ces puissances se désintéressent des régions de l’Est africain occupées par les Arabes.

 


L’attitude anticoloniale de Bismarck (caricature ci contre)est trop connue que pour en parler. L’Angleterre, il est vrai, s’était déjà intéressée a la cote de l’Est africain, forcée qu’elle avait été par la Anti-Slavery Society d’enrayer l’exportation des esclaves, mais, a cette époque, elle manifestait un complet désintéressement a l’égard d’acquisitions territoriales en AfriqueL’attitude anticoloniale de Bismarck (caricature ci contre)est trop connue que pour en parler. L’Angleterre, il est vrai, s’était déjà intéressée a la cote de l’Est africain, forcée qu’elle avait été par la Anti-Slavery Society d’enrayer l’exportation des esclaves, mais, a cette époque, elle manifestait un complet désintéressement a l’égard d’acquisitions territoriales en Afrique. En effet, alors que toutes les formalités avaient été préparées, en 1878, entre W.Mackinnon, directeur de la British Indian Steam Navigation, et le sultan de Zanzibar pour la reprise de tout l’Est Africain et qu’il ne manquait plus que l’accord du gouvernement anglais, celui-ci refusa son consentement. De même en France, lorsqu’en 1878 le cardinal Lavigerie communiqua a de Freycinet, ministre des Affaires étrangères, l’offre d’un protectorat sur l’Uganda, le gouvernement la déclina sous prétexte que, déjà chargée par ses colonies d’Afrique, la France ne pouvait songer a s’étendre de ce cote-la .


Cette indifférence des gouvernements européens pour les régions d’Afrique reflétait l’opinion publique qui, fixée sur la politique européenne, restait méfiante a l’égard de l’expansion coloniale. On n’avait guère confiance dans ces entreprises lointaines qu’on estimait plus couteuses que profitables. Mais le jour ou les gouvernements, entraines par la pression de certains hommes d’affaires ou alertes par les convoitises d’une puissance rivale, durent s’intéresser a ces regions, on les vit — surtout a partir de 1885 — poursuivre leurs desseins impérialistes en exploitant le courant de compassion qui existait dans les pays d’Europe pour ces régions éprouvées par la traite des esclaves. En effet, alors que toutes les formalités avaient été préparées, en 1878, entre W.Mackinnon, directeur de la British Indian Steam Navigation, et le sultan de Zanzibar pour la reprise de tout l’Est Africain et qu’il ne manquait plus que l’accord du gouvernement anglais, celui-ci refusa son consentement.

Ainsi, quand, par la force des choses, Bismarck dut intervenir pour sauver le prestige impérial dans l’Est africain, il présenta son programme comme une campagne contre les trafiquants d’esclaves. Ce ne fut qu’âpres avoir précise le sens nettement antiesclavagiste de son vote que Windthorst , chef du Centre, se rallia au programme colonial de l’Allemagne en Afrique .
De même, en 1885, devant le danger de voir toutes les régions de l’Est africain tomber sous l’influence de l’Allemagne, un revirement complet se produisit dans la politique anglaise . A partir de cette époque, le courant
favorisa la politique impérialiste de l’Angleterre et l’on vit lord Salisbury invoquer la campagne contre la traite des esclaves, dans une lettre envoyée a la fin du mois de décembre 1890 a la Trésorerie, pour appuyer une demande de subside de l’Imperial British East Africa Company pour la construction d’un chemin de fer L’accusation de tolérer la traite des esclaves devint même un moyen courant de discréditer un rival et un prétexte suffisant pour justifier devant l’opinion publique une intervention dans la sphère d’influence d’une puissance voisine.

Il est certain que cette indifférence manifestée par les grandes puissances pour les régions de l’Afrique équatoriale, a largement contribue au succès initial de l’œuvre
coloniale de L é o p o l d II. Mais le Souverain rencontra en Belgique une indifférence et une incompréhension générales. En homme réaliste, L é o p o l d II ne manquait pas dans les relations diplomatiques de mettre l’accent sur ses desseins humanitaires et philanthropiques, mais il se proposait de jeter d’abord les assises d’un État bien constitué et a l’abri des convoitises des autres puissances. Le jour ou l’autorité de cet État serait assez forte pour faire respecter les lois, elle constituerait la meilleure garantie pour l’introduction de la civilisation. Pour L é o p o l d II donc, l’aspect humanitaire de la question arabe primait dans les conférences diplomatiques et dans les relations officielles avec les Puissances, ce qui lui assurait la sympathie des gouvernements étrangers et de l’opinion publique et lui permettait d’obtenir plus facilement les moyens d’action nécessaires a son œuvre . En revanche, sur le plan local au Congo, les questions d’ordre politique et économique dominaient et L é o p o l d II, occupe a s’assurer le plus de territoires possible, au risque même d’entrer en conflit avec les puissances voisines, ne pouvait songer a employer ses forces réduites contre les trafiquants d’esclaves.


Au cours de nos recherches, nous nous sommes heurté a deux difficultés majeures. En premier lieu, une littérature abondante sur la question arabe, mais très sujette a caution. En effet, les articles et les travaux parus âpres la campagne arabe ont surtout vise a exalter le courage et l’abnégation des officiers qui se dévouaient a la cause de l’œuvre coloniale. Mettant principalement l’accent sur l’aspect humanitaire de la question arabe, les auteurs se sont efforces de démontrer que la politique arabe de l’E. I. C. était surtout, sinon uniquement, dictée par cet aspect, qu’un conflit arme avec les Arabes était chose inévitable, et que l’État du Congo s’y était prépare de longue date. En ce qui concerne les publications antérieures a la campagne arabe, on constate que la plupart des auteurs prennent une position catégorique pour ou contre les Arabes et ne respectent pas toujours la vérité historique.

Nous avons donc du faire la part de l’exagération et replacer les faits dans leur cadre historique avant de pouvoir porter un jugement objectif . La seconde difficulté que nous avons rencontrée est le caractère incomplet des archives. Si les archives intéressant l’histoire coloniale sont a la disposition des historiens dans les dépôts officiels, il n’en reste pas moins que des séries entières de documents officiels, qui devraient s’y trouver, font défaut. Surtout pour la première décade de l’E. I. C., on ne dispose que de fonds fort incomplets — certains manquent même totalement  — fonds qui ont été reconstitues grâce a des dossiers éparpilles dans les différents services et ayant échappe aux déstructions massives. En revanche, les dépôts présentent de riches collections de papiers personnels de certains hauts fonctionnaires. Mais cela n’a pas empêche que durant toutes nos recherches nous avons du procéder
a de multiples recoupements pour combler les nombreuses lacunes des document officiels.

 


 

Présentons d’abord nos sources manuscrites.


Le dépôt d’archives du Ministère des Affaires Étrangères a Bruxelles contient, a cote de ses riches collections de documents ayant trait a l’histoire coloniale, les papiers Lambermont et les papiers Strauch. Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Lambermont fut le collaborateur dévoue et fort apprécie de  Léopold II pour la poursuite de son œuvre coloniale. Strauch, d’abord secrétaire général de l’Association internationale africaine, puis président du Comite d’Études, assuma le premier la fonction d’administrateur général du département de l’Intérieur du gouvernement de l’État Indépendant jusqu’au mois de novembre 1888. En outre, la consultation des séries générales des correspondances politiques et consulaires nous a fourni bon nombre de renseignements complémentaires. Au service des archives du Ministère du Congo, un fonds d’archives du département des Affaires étrangères de l’E. I. C. a été reconstitue. A cote de ce fonds important, nous avons trouve dans le fonds Tobback et le fonds FivE une documentation importante pour notre sujet. Il faut noter que depuis le mois de janvier 1954, les archives de l’Institut royal colonial belge (Académie royale des Sciences coloniales depuis octobre 1954) ont été confiées au service des archives du ministère du Congo. Ce fonds contient surtout des correspondances fragmentaires de fonctionnaires. Les Archives générales du Royaume possèdent les papiers personnels du baron E. van Eetvelde. Comme celui-ci fut d’abord administrateur général du département des Affaires étrangères, puis, jusqu’en 1900, Secrétaire général du gouvernement de l’E. I. C. a Bruxelles, ces archives ont la même valeur que les dossiers d’un cabinet d’un ministre. Outre une volumineuse correspondance échangée avec Léopold II et les hauts fonctionnaires, le fonds contient des documents concernant les questions coloniales les plus diverses. Signalons aussi les papiers d’E. Banning qui nous ont fourni quelques renseignements utiles.
Aux archives de la Section historique du Musée Royal du Congo belge a Tervuren ont été déposes les papiers personnels d’un certain nombre de vétérans coloniaux. Signalons surtout les archives Storms et les archives Dhanis.
Enfin, le Musée royal de l’Armée a Bruxelles possède, concernant l’histoire du Congo, un fonds d’archives qui est modeste mais non dépourvu d’intérêt. Comme on peut s’en rendre compte, la majorité des archives qui sont a la disposition des historiens sont des papiers personnels. Cependant on y trouve bon nombre de copies authentiques de documents officiels. Car le gouvernement central de Bruxelles et le gouvernement local a Borna, pour faire face aux difficultés des communications, transmettaient parfois en même temps des ordres et instructions a plusieurs agents. De même, lorsqu’un agent était appelé a une haute fonction, le gouvernement lui envoyait souvent des copies de documents dont l’agent devait prendre connaissance. Bon nombre de ces documents se retrouvent dans les papiers personnels.
Nous avons également eu l’occasion de consulter les archives du Public Record Office a Londres. Vu le rôle prépondérant du consul anglais a Zanzibar, on devait y trouver des données intéressant l’histoire coloniale de l’Est Africain et la question arabe. Le dépouillement de la correspondance des consuls anglais a Zanzibar avec le Foreign Office nous a permis de nous rendre compte de l’importance de la question arabe pour l’histoire de la colonisation de l’Afrique équatoriale et orientale.
Par contre, les papiers de W. Mackinnon, conserves a la bibliothèque de la School of Oriental and African Studies de l’Université de Londres, ne nous ont pas donne ce que nous pensions y trouver. Nous avons aussi fait plusieurs démarches pour avoir accès a des archives privées. Les papiers du baron Th. Wahis, gouverneur général au Congo (1891-1912) nous ont rendu de grands services. Par contre, les papiers de S. Wiener, avocat de Léopold II et de l’E. I. C., ne nous ont été d’aucune utilite pour notre travail.

Aucune suite n’a été donnée a nos demandes pour avoir accè saux papiers Van Kerckhoven. Nous avons comble cette lacune en nous servant de la biographie de W.-F. Van Kerckhoven ; MM. R. De Roo et A. Poortman, ;auteurs de la biographie, ont pu prendre connaissance des papers Van Kerckhoven.

Les sources imprimées. Au premier rang des sources imprimées, il faut placer les correspondances politiques. Les Blue Books (Slave Trade et Africa) contiennent bon nombre de rapports
intéressant notre sujet mais il faut tenir compte du caractère parfois tendancieux de ces publications officielles. Les grandes collections de documents officiels imprimes comme Die Grosse Politik der Europaischen Kabinette (1871-1914) et les Documents diplomatiques français (1871-1914) ont été utilisées pour saisir de plus prés la politique coloniale des différentes puissances. Il faut aussi mentionner le Bulletin officiel de l’État Indépendant du Congo. Comme sources littéraires imprimées, nous disposons d’un grand nombre de récits d’explorateurs, ouvrages de valeur très inégale et a employer avec esprit critique.
Les ouvrages de Stanley, malgré leur caractère tendancieux — nous ne les qualifierons pas de ≪ pittoresques romans d’aventures qui captivent les foules ≫  — restent une source importante pour l’histoire coloniale.

Citons aussi Sur le Haut-Congo de C. Coquilhat, œuvre capitale sur les premiers contacts avec les Arabes au Congo puisque Coquilhat présida a l’établissement de l’E. I. C. dans le Haut-Congo.
Il faut mentionner aussi l’autobiographie de Tippo Tip, source négligée jusqu’a présent par les historiens de notre histoire coloniale. Quelle est la valeur de cette source ? En fait, c’est une source orale mise par écrit par le Dr B rode. En 1901, Tippo Tip, a la demande du Dr B rode, raconta sa vie en langue swahili. Comme il le dit dans la préface et comme le témoigne

la traduction allemande, le savant orientaliste a tenu a serrer de prés le texte swahili. On peut donc admettre que la traduction allemande qui nous est plus accessible que le texte swahili reproduit assez fidèlement la pensée de Tippo Tip . Nous ne pouvons nous attarder a une analyse de cette œuvre qui mérite une étude plus approfondie.

Disons que l’autobiographie raconte en détail les premiers voyages de Tippo Tip en Afrique équatoriale. Vient alors la période des rencontres avec les premiers explorateurs européens, ses relations avec le sultan de Zanzibar, le consul anglais a Zanzibar et, enfin, ses rapports avec l’E. I. C. Pour cette période, qui, pour nous, est la plus intéressante, on trouve un certain nombre de faits mais peu de détails et aucune vue d’ensemble.
L’ouvrage nous a été fort utile pour trouver la confirmation ou la raison de certains événements mentionnes dans les sources manuscrites et ignores jusqu’a présent. Écrits plus de 10 ans âpres la campagne arabe, a une époque ou les esprits s’étaient calmes, les mémoires de Tippo Tip , pour autant que nous ayons pu les confronter avec d’autres sources, font preuve de beaucoup d’objectivité et il faut noter — ce qui d’ailleurs fut une constante dans l’attitude de Tippo Tip — qu’il ne montre aucune rancune a l’égard de l’E. I. C. et des Belges.

S’inspirant de l’autobiographie de Tippo Tip et d’autres renseignements recueillis oralement, le Dr B rode a publie une biographie de  Tippo Tip en anglais. Cet ouvrage rend des services, mais il met trop peu l’accent sur les rapports de Tippo Tip avec l ’E . I. C.
Le dépouillement systématique du Mouvement Géographique nous a été de grand profit. En effet, ce périodique de haute vulgarisation, fonde en 1884 et dirige par l’éminent géographe que fut A.-J. Wauters, permet de suivre de semaine en semaine les grandes lignes de l’œuvre coloniale au Congo. Dévoue a la politique coloniale de l’E. I. C., le Mouvement Géographique changea d’attitude en 1892 lors du conflit qui opposa l’E. I. C. aux sociétés commerciales.

En terminant cet aperçu de nos sources, disons que l’ouvrage The Exploitation of East Africa ('1856-1890,) de R. Coupland reste l’œuvre capitale pour l’histoire de la colonisation de l’Est africain. Il nous a surtout servi pour retracer l’histoire du Sultanat de Zanzibar et des relations du sultan avec les puissances colonisatrices. Bien que des 1878, les agents des expéditions organisées par l’Association internationale africaine étaient en contact avec les Arabes a la cote orientale et dans l’Est africain, la question arabe s’est posée sur un nouveau plan a l’ouest quand, a la fin de l’année 1883, les agents du Comite d’Études rencontrèrent les Arabes dans le Haut-Congo et qu’aussi bien les Arabes que le Comite d’Études et, plus tard, l’État Indépendant, élevèrent des prétentions de souveraineté sur une même région.
Le plan de notre étude suit, dans la mesure du possible, l’ordre chronologique. Toutefois, dans les chapitres consacres aux relations politiques et commerciales, un ordre logique s’impose. Le comportement des Arabes, d’une part, les desseins et les moyens d’action de l’E. I. C., d’autre part, constituent les données essentielles de l’histoire que nous nous proposons de retracer.
Âpres l’esquisse de l’origine du sultanat de Zanzibar et de l’infiltration des marchands arabes a l’intérieur de l’Afrique (chapitre I), l’analyse des premiers contacts de ces Arabes avec les agents qui remontent le fleuve Congo pour le compte du Comite d’Études et, plus tard, de l’E .I. C., s’impose (chapitre II). Ces premiers contacts se soldent bientôt par des hostilités, mais l’entente est vite rétablie a l’occasion de l’expédition organisée au secours d’EMIN Pacha (chapitre III). Afin de mieux comprendre l’attitude que l’E. I. C. adopte a l’égard des Arabes, un chapitre est consacre a un expose de la situation générale de l’État du Congo âpres la Conférence de Berlin et a l’étude de la genèse de certaines visées politiques de Léopold II (chapitre IV).

Pour realiser ses projets,  Léopold II s’efforce, a plusieurs reprises, d’employer les Arabes au service de sa politique (chapitre V). Dans ses relations avec les Arabes, l’E. I. C. s’efforce de retirer des profits au point de vue économique (chapitre VI). Suit une brève analyse des préliminaires de la Conférence antiesclavagiste de Bruxelles (1889-1890), des vues particularistes de  Léopold II, et de la politique antiesclavagiste ≪ officielle ≫ de l’État du Congo (chapitre VII). Plusieurs circonstances ayant fait échouer une collaboration avec les Arabes sur le plan politique, Léopold II, qui ne renonce pas a ses projets expansionnistes, organise de grandes expéditions en vue d’occuper effectivement le territoire et de reculer les frontières.
Ces expéditions ont comme conséquence un désintéressement pour la zone arabe. Âpres une étude plus minutieuse de la situation a ce moment (chapitre VIII), il nous restera a déceler les causes qui ont  amène le conflit arme avec les Arabes (chapitre IX). Le mot ≪ arabe ≫ peut prêter a équivoque, car il a été employé dans un sens très large aussi bien pour designer les Arabes de race blanche et de sang mêle, que les métis, les Noirs de la cote orientale, les esclaves émancipes et les chefs indigènes a la solde des grands chefs arabes.
Nous réservons l’appellation ≪ arabe ≫ aux trafiquants venus de Zanzibar, qui, par leur fortune et leur force en hommes, constituaient dans le centre de l’Afrique une réelle puissance. Ainsi compris, les Arabes furent peu nombreux.

Notre étude se concentre forcement autour du plus grand de ces trafiquants : Tippo Tip . C’est, en effet, avec ce chef arabe, entre au service de l’État du Congo, que le gouvernement a entretenu le plus de relations et, pour ce motif, pas mal de documents a son sujet nous ont été conserves. Nous tenons a exprimer notre plus vive reconnaissance a notre professeur, M. le chanoine R. Au b e r t , qui nous a dirige et conseille au cours de notre travail ; a MM. les proffesseurs A. van der Essen, J . Stengers et M. Walraet, pour leurs judicieuses remarques et suggestions ; a M. P. De sn eu x , chef du Service des Archives du ministère des Affaires étrangères, qui nous suggéra le sujet de notre mémoire ; a M. A. Cosemans, archiviste aux Archives générales du Royaume ; a Madame M. Van Gr ieken -Taverniers, archiviste, et M. F.  Lacroix, prépose au Service des Archives du Ministère du Congo ; a M. M. Luwel, chef de la Section d’Histoire au Musée royal du Congo belge a Tervuren ; a M. A. Duchesne, conservateur du Musée royal de l ’Armée ; aux familles Wahis et Wien e r , qui ont eu l ’amabilité de nous permettre l ’accès a leurs archives de famille ; enfin, a Mlle A. Tixhon et M. Ch. Ceulemans,  qui ont bien voulu se charger de relire le texte et les épreuves.

Lire le livre ici : http://www.kaowarsom.be/pmb/opac_css/index.php?lvl=more_results

Titre :

La question arabe et le Congo (1883-1892)

Type de document :

document électronique

Auteurs :

CEULEMANS, P.,

Editeur :

Bruxelles [Belgique] : Academie Royale des Sciences d'Outre-Mer (ARSOM)=Koninklijke Academie voor Overzeese Wetenschappen (KAOW)

Année de publication :

1959

Collection :

Mémoires de la classe des Sciences Morales et Politiques, (N.S.) = Verhandelingen van de Klasse voor Morele en Politieke Wetenschappen (N.R.) num. T. XXII , f. 1

Importance :

396 pp.

Présentation :

2 cartes

Format :

25 cm

Prix :

Epuisé - Uitverkocht

Langues :

Français