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L’enfer de juillet 1960 dans le district de la Tshuapa © Par Jean Pierre Sonck

 

Temoignage 1960 congo melsbroekFace aux violences qui ont éclaté quelques jours après l’indépendance du Congo, de nombreux Belges tentent de trouver refuge en métropole, où leur situation a déclenché un grand élan de solidarité. Pilotes de la Sabena, personnel de la Croix-Rouge, scouts ou encore simples bénévoles, personne ne ménage ses efforts pour aider et réconforter ces réfugiés qui affluent par milliers. La princesse Paola est, venue les rencontrer à Zaventem.

 

 

Des Européens inquiets

Boende, chef-lieu du district de la Tshuapa, était une jolie ville de l'Equateur située au bord de la Tshuapa avec ses bâtiments de l'administration du district et ceux du territoire, son centre commercial, l'hôtel Gomal et ses écoles tenues par des missionnaires du Sacré Cœur. La garnison militaire se composait de 154 gendarmes de la compagnie du cdt DELARGE, détachée dans le chef-lieu du district par le 4e bataillon de Gendarmerie de Coquilhatville. Le 8 juillet 1960, les nouvelles reçues du Bas Congo semèrent l'inquiétude parmi la population européenne et des mesures furent prises pour évacuer les femmes et les enfants, tandis que les membres du Corps de Volontaires Européens (CVE), alarmés par les rumeurs de viols et d'exactions, se regroupaient au bâtiment du territoire dans la nuit du 9 au 10 juillet pour recevoir armes et munitions. Cette mesure prise par le cdt DELARGE n'était pas passée inaperçue et les gendarmes de sa compagnie refusèrent de se rendre à l'aérodrome pour rendre les honneurs au colonel HENNIQUIAU, mandé de Léopoldville avec une délégation chargée de l'africanisation des cadres. Après avoir élu leurs propres chefs, les gendarmes étaient toujours aussi nerveux et ils menacèrent de désarmer les Européens. Le cdt DELARGE, chargé de conseiller le nouveau cadre africain avec trois autres officiers et so us-officiers belges, entreprit le désarmement du CVE pour ramener le calme, mais les gendarmes exigeaient le désarmement total et le 11 juillet, ils procédèrent à des perquisitions dans le quartier européen et des particuliers trouvés en possession d'armes furent arrêtés. Une partie des gendarmes occupaient l'aérogare et la tour de contrôle et le pilote du DC-4 de la SABENA, qui assurait la liaison aérienne entre Stanleyville et Léopoldville, demanda par radio l'autorisation d'atterrir, mais il lui fut signifié l'interdiction de se poser.

Finalement, l'avion de la SABENA put se poser pour procéder à l'évacuation des Européens et une cinquantaine de réfugiés embarquèrent dans un DC-4 prévu pour quarante passagers. L'agitation des mutins reprit après le départ du quadrimoteur car la troupe avait appris par le réseau radio de la Force Publique l'attaque des forces belges à Matadi (voir opération Mangrove). Les mutins se ruèrent vers l'aérodrome pour interdire l'atterrissage d'un second DC-4, mais le commandant DELARGE réussit à les calmer car des réfugiés européens, entassés dans la salle d'attente de l'aérogare, attendaient impatiemment d'être évacués et la situation risquait de dégénérer. Pendant ce temps, leurs camarades restés en ville arrêtaient les conseillers belges de la gendarmerie et de l'administration. Le même jour en fin d'après-midi, un bimoteur DH Dove de l'Avimil transportant le chef d'Etat Major Joseph Désiré MOBUTU se présenta au-dessus de l'aérodrome et le pilote voulut atterrir, mais les gendarmes mutinés menacèrent l'avion de leurs armes. Après quelques hésitations, ils laissèrent l'appareil militaire se poser. Le colonel MOBUTU sermonna les gendarmes présents à la plaine d'aviation et ordonna de relâcher les conseillers belges. La situation était bien pire à Mompono, petit port fluvial sur la Maringa à 146 km de Boende, où le peloton de cinquante gendarmes détaché du 4e bataillon s'était mutiné après avoir entendu que les troupes belges attaquaient les Congolais à Matadi. Tous les Européens furent arrêtés et mis au cachot, tandis que les missionnaires étaient enfermés au corps de garde du camp militaire et les sœurs à la cantine troupe. Ils ne subirent pas de violences, mais durent se soumettre à certaines vexations sous la menace.

Les horreurs de Djolu

Une partie des mutins de Mompono se rendit à Djolu, sur la rivière Bolombo, où une section de gendarmes tenait garnison. Alarmés par la situation régnant à Ikela, des Européens se réfugièrent à la mission, tandis que d'autres organisaient une colonne pour évacuer des femmes et des enfants vers Boende, mais elle fut bloquée par les mutins venus de Mompono. Une partie des véhicules força le barrage, mais les suivantes furent arrêtées par des coups de feu et leurs occupants furent envoyés à la prison de Djolu sous bonne garde. Les femmes furent séparées des hommes et enfermées dans un local à part. Le lieutenant de réserve, qui servait de conseiller à la section de gendarmes, fut blessé à la jambe alors qu'il tentait de s'interposer entre les habitants et les mutins. Ils l'obligèrent de marcher jusqu'à la prison malgré sa blessure. Le médecin du poste voulut lui donner des soins, mais il reçut des coups sur la figure. Deux Européennes habitant en dehors de Djolu cherchèrent un refuge au bureau de l'administrateur de territoire, mais elles furent jetées à terre par des gendarmes congolais et violées. Les habitants qui s'y étaient regroupés furent ligotés et emmenés à la prison, tandis que l'administrateur territorial était battu. Les bureaux du territoire furent fouillés et vers deux heures du matin, des gendarmes se rendirent à la mission où les religieuses et les Européens qui s'y étaient réfugiée furent molestés. Les hommes furent ligotés et emmenés à la prison, mais les femmes furent enfermées avec les religieuses dans le local à part avec les autres prisonnières. Les violences se poursuivirent durant la nuit du 12 juillet et les prisonnières féminines, y compris les sœurs de la mission, furent soumise à des violences sexuelles par les gendarmes, les policiers et d'autres Congolais de la localité. Le calvaire de ces malheureuses continua le lendemain, lorsque les Européens quittèrent le lieu de détention pour être embarqués sur des camions vers Mompono.

Les hommes étaient pratiquement dénudés et les vêtements des femmes et des religieuses étaient déchirés. Ces traitements barbares se poursuivirent durant le trajet car à chaque village rencontré, ils étaient livrés aux villageois. Les femmes subirent de fréquents viols et les hommes furent blessés à coups de lances. Pour éviter un massacre, les gendarmes durent s'interposer pour éloigner les Congolais particulièrement agressifs. La colonne de détenus parvint vers 15h00 à Mompono où les hommes furent mis au cachot. Deux heures plus tard, un adjudant congolais de la garnison de Boende rejoignit la localité et il obtint la libération des Européens détenus à Mompono et à Djolu. Le 13 juillet, le commandant DELARGE organisa un convoi de camions pour les arracher à l'enfer et les ramener à Boende. Ils furent évacués vers Ndjili par un avion de la SABENA. La situation était moins grave à Ikela, un village situé à 434 km de Boende. La colonne de cinquante voitures chargées d'Européens qui tentaient d'évacuer le poste pour rejoindre Boende avait été bloquée au bac de la Tshuapa, mais les Européens s'étaient dirigés vers Maboka et ils s'étaient retranchés avec leurs armes dans les bâtiments de la compagnie Busira-Lomami. Le commandant DELARGE parvint à les dégager le 16 juillet avec deux sections de gendarmes de son ancienne compagnie. Le Quartier Général des forces métropolitaines avait été mis au courant de la situation et le 6e bataillon commando débarqua le 17 juillet à 17h30 sur la piste de Boende. Après une escarmouche sans gravité, les commandos belges occupèrent le camp militaire et désarmèrent la garnison. Le lendemain matin, le commandant du 6e bataillon commando ordonna par radio aux gendarmes de Mompono de ramener leurs armes à Boende. Les forces métropolitaines demeurèrent sur place jusqu'au 28 juillet avant de regagner la base de Kitona. Aucun des gendarmes congolais ne fut inquiété par la justice militaire de l'armée congolaise pour les exactions dont il s'était rendu coupable envers les Européens, mais ils avaient subi la pire des humiliations pour un soldat : devoir remettre leurs armes.

Avec nos remerciement à Mr JP Sonck pour sa contribution au site congo-1960