Congo Belge l' Equateur

District Mongola - Lisala

Lisala region Mongola

Province de l'Equateur

Congo Reis Mar Del Plata

Districts

Villes Principales

Régions

CAPITALE Coquilhatville

Banzyville
Bogandanga
Bumba
Businga
Lisala

Boende situation en 1960 !

La série de publications dont cet ouvrage est le neuvième est dédiée à la mémoire de Benoît Verhaegen. Arrivé au Congo au moment de la décolonisation, il anima pendant près de trente ans de carrière diverses structures de recherche et d'enseignement. Promoteur de la démarche de « l'Histoire immédiate », il a, par ses écrits, par sa parole, par ses enseignements, joué un rôle majeur dans les études sociales congolaises. Nous nous souvenons avec émotion et respect de l'homme et du maître. La présente étude, issue du projet «Provinces », soutenu financièrement par la DGD et coordonné par le service Histoire et Politique du Musée royal de l'Afrique centrale, est le fruit d'une collaboration entre chercheurs des diverses sections du MRAC, chercheurs des instituts partenaires congolais (CEP, CERDAC et CRGM), qui se sont réparti le territoire de la RD Congo, et chercheurs identifiés à l'intérieur de chaque entité administrative (qu'il s'agisse des actuels «districts » ou, pour quelques-unes de ces entités, déjà de «provinces », qui attendent d'accéder au statut de province, comme le prévoit la Constitution de la RD Congo promulguée le 18 février 2006).

(source : http://www.africamuseum.be)

L'EXPLOITATION DE LA MONGALA PAR LA SOCIÉTÉ CONCESSIONNAIRE L'ANVERSOISE ET LES RÉACTIONS DES POPULATIONS

Les agents de l'État avaient à peine commencé à soumettre les peuples de la Mongala, que tout le bassin de cette rivière fut attribué, en 1892, à l'entreprise L'Anversoise, pour l'exploitation du caoutchouc en régie.

Le commissaire du district de l'Ubangi-Uele expulsa, dès lors, les autres compagnies commerciales et les agents de l'Anversoise explorèrent à leur tour le territoire, en remontant la Mongala et ses deux bras, l'Ebola et la Dua. Ils fondèrent un premier poste à Ndundusana, sur la Dua. Les postes furent ensuite étendus à tous les endroits propices et, par conséquent, les Ngombe, les Ngbandi et surtout les Budja furent soumis aux durs travaux de recherche et de préparation du caoutchouc.

Jean Médard Bokongo donne une description de la collecte du caoutchouc :

«Chaque famille organisait une tournée à travers la forêt et y déterminait son aire d'exploitation par un jalon appelé mogase. La cueillette était organisée par chaque famille de la manière suivante : chaque père de famille rassemblait ses enfants, ses frères célibataires ou parfois ses beauxfrères. La famille des guerriers (bilombe) utilisait les esclaves dans la besogne. Lorsqu'il n' y avait pas de querelles au sein du mosa (clan), tous les membres participaient à la cueillette.

Alors que les hommes se préparaient à cette dure épreuve, les femmes apprêtaient des chikwangues, l'huile de palme, du sel, bref tout ce qui était indispensable aux hommes pendant leur long séjour en forêt. Dès que les préparatifs étaient achevés, c'était la disparition de tout un village dans l'épaisse forêt. Chaque famille se dirigeait vers sa zone d'exploitation préalablement préparée, et y dressait un campement de fortune, molako.

La récolte pouvait prendre trois ou quatre semaines selon que la récolte était meilleure ou mauvaise. Elle pouvait être prolongée lorsque les lianes ne produisaient pas assez de latex. La cueillette du caoutchouc ainsi que les méthodes utilisées à cet effet étaient rudimentaires. L'on utilisait comme matériels un couteau de chasse (mbao), une machette (mele), ou un poignard (mombi) qui servait à tailler les lianes ou à appliquer des incisions sur l'écorce d'arbre. Le pot (nguku) servait à recueillir le latex, la sève blanche qui s'écoulait des lianes ou des arbres caoutchoutiers.

La cueillette se faisait différemment selon qu'il s'agissait de l'arbre mondembo ou des lianes. Tous les arbres passaient à l'essai: on enfonçait le couteau dans chaque arbre. Le latex qui en coulait était enduit sur une partie du corps, souvent sur la poitrine. Une fois séché, on l'enlevait et on appréciait sa teneur par son élasticité. Lorsque le latex séché et retiré arrachait quelques poils de la partie appliquée, il était de meilleure qualité.

Le lendemain, les arbres étaient abattus pour extraire toute la sève par des incisions circulaires pratiquées tous les 5 cm.

Le travail de la cueillette de caoutchouc de lianes, par contre, consistait à grimper le long de gros arbres par où s'enlaçaient les lianes caoutchoutières, les couper et les laisser choir par terre. Le travail était exécuté par les jeunes. Certains d'entre eux étaient emportés par la chute des lianes et s'écrasaient au sol. Dès que les lianes étaient arrivées au sol, elles étaient découpées en fagots de 50 ou 60 cm de longeur. Elles étaient ensuite disposées sur un échafaud légèrement incliné et le latex reccueilli dans un récipient. Le latex reccueilli était alors transporté et amené au campement molako où il subissait sa première transformation. Le latex était transvasé dans de grands pots où on lui ajoutait un liquide ammoniacal provenant de substances végétales boboye, ngakuku, ngai-ngai, mokpa et parfois on y ajoutait de l'urine.

Après le chauffage, on ajoutait à ce mélange une mesure d'eau. Celle-ci agissait sur la pâte comme la levure. La pâte ainsi obtenue était étalée sur une écorce d'arbre préparée à cet effet.

Le mélange était fait en s'appuyant sur la pâte en faisant passer un morceau d'arbre au-dessus.

Le travail de malaxage exigeait des gens robustes afin d'étaler parfaitement la pâte et profiter de toute son élasticité. Une fois le malaxage terminé, la boule ou "l'étoffe du caoutchouc", ainsi appelée par les Ngombe, était portée au séchage et déposée sur l'échafaud. L'emballage qui était la dernière étape consistait à rassembler les différents morceaux, les tailler ensuite pour obtenir un assemblage parfait.

Lorsque l'on était rassuré du quota exigé par la factorerie, on arrêtait aussitôt son travail et on s'apprêtait à rentrer au village pour aller présenter son caoutchouc au Blanc, gérant ou directeur de la factorerie » (Bokongo 2011: 304-305).

 

lire plus via le document pdf)

 

SiteLock
share this - partager le site - deel dit document

About Us | Contact | Privacy | Copyright | Agenda  

Ook op het internet gelden de auteursrechten. Werken die auteursrechtelijk beschermd zijn, zoals tekeningen, foto's, muziek, film en software, mag u niet verspreiden via het internet zonder de uitdrukkelijke toestemming van de auteur. Delcol Martine