Frans De Clerck,

alias Buffalo Bill, magistrat, juge et maire.

Dans notre série : L’obscurité, le coeur de l’Afrique, Frans Declerck 57 ans, a la dernière parole.

  • Je ne condamne personne, je ne peux que regretter.
  • Pour Mobutu j’ai du respect.
  • On ne peut pas juger sans motif, ni juger cet  homme seulement à travers une vision Européenne.
  • Le lyrisme tropical des Africains est magnifique.
  • Mon greffier indigène a une fois décrit les parties nobles d’un homme comme les deux textiles et plus tard comme les deux fruits défendus.

congo 1960

Durant la période 1954-1960,  juriste d’origine de Roulers, il fonctionnait d’abord comme agent territorial, ensuite comme magistrat et juge dans la colonie.

Peu après la Dipenda, appelé par l’armistice de 1960 ; Patrice Lumumba prenant sa revanche suite à une veille histoire, le faisait enfermer comme beaucoup d’autres magistrats.

De Clerck pouvait s’échapper.  Via Brazzaville il retournait en Belgique ou il commença une nouvelle carrière chez Philips. Il parcourait toute l’hiérarchie pour être nommé, en 1975, directeur des relations publiques. Entretemps il était devenu un personnage connu, via l’écran de la T.V. Il jouait pendant des années le rôle de l’incorruptible et glacial accusateur publique dans la série : »Accusé levez vous « . Après il interprétait le rôle de juge d’instruction dans : » Avec préméditation. » Frans reconnait que le Congo et les noirs lui rappellent journalière ment des souvenirs et émotions.

Frans De Clerck : j’ai horreur des soi-disant spécialistes du Zaïre. Ce qui est typique chez lui :il évite le plus possible de prononcer les mots : «des noirs » Il préfère dire les Africains. Les blancs il les appelle les Européens.

Dans le Congo des années 50 beaucoup de blancs le dévisageaient, quand il vous voyait le noir et quand il leur adressait la parole en disant : monsieur. Comme fonctionnaire de la police il n’acceptait aucune circonstance atténuante quand un blanc insultait un noir. Le mot macaque prononcé par un blanc était automatiquement bon pour une amende de 500 francs !

Il organisait souvent des séminaires sur le droit commun. Il enseignait cette matière à l’université du Lovanium et était très apprécié par les noirs en tant que juriste du droit. On l’appelait Buffalo Bill à cause des 106kg, long cheveux, barbe en pointe, sa bravoure verbale et sa force de conviction. Il était prédestiné à vivre au Congo, y travailler et probablement y mourir. Il avait hérité sa passion pour le cœur noir de l’Afrique de son père, un médecin de Roulers qui montrait un amour platonique pour le Congo.

A cause d’impératives familiales il n’avait jamais mis les pieds au Congo. De Clerck était avocat au barreau pendant un certain temps mais il continuait à éplucher des annonces offrant des possibilités au Congo. Il participait à un examen pour agent territorial et fût sélectionné hors de 80 candidats pour partir immédiatement avec le bateau Baudouinville,  destination Matadi.

Frans échangeait de suite sa robe noire pour un uniforme d’un blanc immaculé et trois bandes dorés sur les épaulettes,  sans oublier le casque colonial. Il liquidait son étude d’avocat qui fût reprit par Willy De Clerck.

L’improvisation, comme il en ressort de son histoire et selon la bonne coutume belge, est aussi dans la colonie plus tôt une règle générale qu’une exception. A Matadi ni à Léopoldville on ne m’attendait pas. Avec quelques collègues on attendaient dans un hôtel médiocre, devenu plus tard un bureau de l’Otraco notre affectation. Après quelques jours un jeep s’avance, le chauffeur de l’assistant de l’agent territorial de Léopoldville venait me chercher.

Monsieur Simon, un Ardennais, petit et robuste sans cheveux me demandait : Etes vous Mr. De Clerck ? Je répondais affirmativement. Ta tête me plait disait-il , pensez vous être capable de reprendre un  poste demain ? J’ignorais tout du Congo, je ne connaissais pas les gens ni la langue et n’avais aucune expérience en organisation. Après cinq jours, sans aucune formation  je me trouvais à la tête du poste Kintambu, lieu écarté de Léopoldville, comptant une population de 50.000 noirs. Immédiatement je comprenais que ma vision sur le Congo était tout autre que la plus part des coloniaux.

Ce n’était pas mon intention gagner des âmes ni de développer des pseudo philosophies, d’une éducation des sauvages ou quelque chose de pareil. Non je voulais donner le meilleur de moi-même et analyser ce que les noirs attendaient de moi à fin de répondre à leur demandes le plus possible. Je n’étais pas le seul à penser ainsi. Beaucoup de la jeune génération des Belges le ressentaient ainsi, ce sont les circonstances qui nous ont empêchés de mettre en pratique nos idées. On essayaient de connaître et comprendre les indigènes. En matière de jugement on découvrait chez eux une culture plus raffinée que celle de l’Européen. C’est pourquoi que la conduite, des soi disant spécialistes ou connaisseurs des mœurs des noirs, me dérange. C’est risible et contrariant ! Quoi qu’il en soit je débutais avec la mise en place d’une politique indigène, ce qui voulait dire que je fermais mon bureau à 16.OO heures pour visiter ensuite le soir les gens de ma circonscription. J’ai visité chaque maison, chaque parcelle et parlé avec chaque habitant, et cela durant six mois. C’était un en richement et cela me rendait très heureux. On me portait sur les mains. La plus part des autres interviewés dans cette série ne connaissaient les noirs via le contact des boys et des ouvriers sur les plantages. Ils vivaient, comme la plus part d’entre eux, dans leur propre milieu. J’aurais voulu continuer à impliquer ma méthode de travail mais après 6 mois le gouverneur me nomma président du tribunal du territoire de Léopoldville. En première instance on avait le tribunal coutumier ou les noirs rendaient justice sur base du droit coutumier. En deuxième instance on avait le tribunal du territoire, une lourde responsabilité car dans la juridiction vivaient environ 350.000 noirs, venus de tous les coins du Congo et très pluraliste de structure. Comme président le gouverneur voulait un juriste capable d’assimiler le droit coutumier de plusieurs régions. Je demandais 6 mois pour reprendre la tache de mon prédécesseur Antoine Saintraint. Je ne voulais pas juger des gens dont je ne comprenais pas la langue. Pendant six mois j’ai visité la brousse, en compagnie d’André Ryckmans devenu célèbre dans des circonstances tragiques. Non pas seulement pour apprendre le Lingala et le Kikongo, langue difficile, mais aussi pour étudier la jurisprudence.

LA NUIT OU TOUT S’EFFRONDAIT Frans De Clerck :

Jusqu’à ce jour je cultive une grande admiration pour André Rykmans, assassiné durant les jours de la Dipenda. Cet homme m’a apprit comment approcher un noir. Aux jeux de beaucoup de monde, aussi bien blancs que noirs, on formait un couple bizarre, presque comique. Lui : grand élancé, svelte, se tenant droit, moi court, gros 106Kgs, gros ventre. Lui rapide moi lent… On entreprenait nos randonnées à pieds. En arrivant, le soir au village, je ne pensais qu’à dormir. Mais lui disait, on va s’asseoir sous l,arbre  au milieu du village ou les vieillards se rassemblent pour parler entre eux. On va écouter des sentences juridiques. Il ne faut pas oublier qu’au Bas Congo on prononçait le droit sur base de sentences juridiques, c’est vraiment captivant ! En premier lieu André m’apprenait à parler la langue, non pas le Kikongo massacré que la plus part des blancs parlaient. On appelait cela le Kikongo de l’Etat, un charabia que les flamands et wallons osent pratiquer dans le sens de : moi, vouloir venir….J’ai connu beaucoup de belges fières de parler la langue de l’indigène, mais en réalité ils le massacraient. Après ce voyage d’études à pied et cela durant six mois, j’étais plus ou moins mûr pour devenir président du tribunal indigène ; sous moi une trentaine de tribunaux de moindre échelon. Je me suis passionné au droit coutumier, des études faites à ce sujet démontrent l’erreur fondamental de mépriser l’Africain. Nous prétendons que nous avons inventé le droit à travers le code Napoléon et la justice Romaine. Personnellement j’ai  expérimente avec quelle affinité juridique les noirs rendaient la justice sans aucune règle écrite et procédures bien établies. Dès nombreuses conversations avec les juges noirs il en est résulté un certain respect pour les principes juridiques de nos deux cultures. J’essayais de leur apporter quelque chose qu’ils n’avaient pas comme l’ordre publique et la notion de juste et équitable.

TEXTILES.

De beaucoup d’anecdotes une m’est restée particulièrement présent dans l’esprit : j’avais un greffier, un mulla qui avait suivit l’enseignement secondaire durant quelques années. On prononçait le droit en Lingala mais les P.V. étaient rédigés en Français. Il  croyait avoir un don spécial pour rédiger ces textes dans la langue de Molière. Un jour un homme dépose plainte contre son épouse parce elle l’avait attrapé par les parties nobles de son corps, insulte grave chez les Africains. La punition pour une insulte pareille était bien sévère et lourde. Je dis à mon greffier qu’il doit noter scrupuleusement toutes les déclarations. Après la séance il montre ses notes. A ma stupéfaction il avait écrit : » La femme avait pris le mari ,par les deux textiles. » Je lui faisais remarquer que le mot correct était : testicules. L’ors d’une autre affaire pareille il avait oublié ce mot mais notait : Sa femme l’avait pris par les deux fruits défendus ! FOTO : Frans De Clerck était comme magistrat porté sur les mains des noirs. En lui on voyait un type nouveau d’agent territorial essayant de comprendre l’âme Africaine. Durant des années je suis resté sur place mais en 1959 on me promouvait au rang de substitut et je passais ainsi à la magistrature Européenne. Je le regrettais mais il fallait aussi penser un peu à ma carrière. En juin 1960 j’étais juge policier à Léopoldville. De ce fait le témoin privilégié de tous les éléments importants précédent l’indépendance. Je raconterais dans le journal De Post des histoires non révélés jusqu’à présent. Prenez la première rébellion de l’Abako en 1959(De Post 1899). Dans la tumulte de la rue et la fumée des bombes lacrymogène, un jeep s’arrête brusquement à côté de moi, avec au volant, journaliste et éditeur du seul journal flamand dans la colonie, Jos Lamote. «  Frans disait-il, la situation est dramatique, le Gouverneur Hendrik Cornelis veut partir. Il a, d’après les rumeurs, un conflit très sérieux avec le Général Janssens. Le ressort est cassé chez lui. On craint pour un vide temporaire du pouvoir. On pense de mettre en place un comité de salut public et tu siègerait dans le gouvernement provisoire. En Algérie on a fait la même chose, on t’attend ce soir chez maître Bernard Leclaire. Admettez le, cela était assez surprenant. Je voulais absolument éviter tout risque de finir dans une prison belge et avant toute initiative, d’abord parler avec le gouverneur. Non pas que je voulais fuir ma responsabilité. S’il y avait un risque réel de massacre à l’absence de tout pouvoir je serai de la partie. Pendant la nuit on était reçu par le gouverneur et son chef de cabinet Welvaert. Cornélis était tout à fait perdu,il ne savait plus quoi faire ni dire. Je lui conseillais de rester en place et d’user de son autorité. Je lui disais : demain matin de bonheur vous faites avancer la limousine officielle, vous endossez votre costume de cérémonie et coiffez le casque à plumeaux traversez, en compagnie de quelques motards noirs, la citée indigène. Les noirs sont toujours impressionnés par quelqu’un qui ose affirmer son autorité. Ne montrez aucune faiblesse. Cornélis refusait, il voulait bien prononcer un discours devant la radio. Lamote, Van Impe et moi-même avons fait le nécessaire. Ce matin Cornélis me demandait : si tu veux faire quelque chose pour moi, Frans, établissez un plan de détente entre blancs et noirs. Ensemble avec le vice-gouverneur Joly j’ai fait ce qu’il fallait et je peux prétendre d’avoir fonctionner comme un ministre pendant une seule nuit. Ce comité de salut n’a jamais vu la lumière du jour. Mais il y avait d’autres problèmes multiples à résoudre. Suite à cette première rébellion tous les mayeurs noirs avaient étés emprisonnés ; ils avaient envoyés un télégramme insultant le roi. Ces arrestations ont étés une erreur impardonnable avec des conséquences dramatiques..Il fallait trouver des remplaçants et on me chargeait de fonctionner en tant que bourg maître d’une des communes les plus importantes de la capitale, nommé Kalami, ou beaucoup d’évolués avaient leur habitation. Mon premier fait d’armes était de visiter le mayeur respecté appelé Pinzi, en prison, pour lui annoncer qu’aucune décision serait prise sans son accord. Le tam-tam a bien fonctionné et une heure après toute la ville était au courant. Dès l’ors je n’éprouvais aucune résistance.

APARTHEID A LEOPOLDVILLE

Frans De Clerck : mon opinion du noir est basé sur un grand respect. Je n’ai jamais considéré les Africains comme des parias. Je sais très bien que le fait de vous voyer les noirs était mal considéré ; beaucoup de coloniaux me reprochaient d’être un négrophile. On oubliait de mentionner que les dernières années avant la Dipenda, il régnait dans la colonie un véritable régime d’apartheid, comme en Afrique du Sud. Je les ai vu à Léopoldville les magasins avec une entrée séparé pour les noirs et blancs. Ou on servait les noirs au guichet à l’extérieur pendant que les blancs se trouvaient à l’intérieur du magasin. Cette attitude méprisante envers le noir est probablement une grande erreur, on sous estimait l’intelligence des noirs ! Oui il est intelligent et titulaire d’une culture bien à lui. Il est vrai il n’a pas une culture technique mais en ce qui concerne la connaissance politique, dans le sens du mot grecque politeia, il est de loin supérieur au blanc. Il regarde les choses sous un autre angle mais non inférieur à la méthode du blanc. On le regardait avec des yeux Européens et on voulait en faire des miroirs du Bruxellois moyen. Ca était notre erreur fondamentale mais, hélas, pas la seule. Le manque d’éducation devait à priori causer un climat dramatique. Intentionnellement on ne développait pas l’intellect du noir avec le seul argument qu’il fallait d’abord généralisé l’enseignement primaire avant de passer à un échelon supérieur. En effet le Congo n’avait pas une élite intellectuelle ce qui se paiera cher…Je me rappelle quand on considérait d’établir une faculté de droit au Lovanium que le gouverneur Leon Pétillon criait : Une faculté de droit ? Jamais ! Autrement on aura la révolte. Quelle stupidité impardonnable. Ce sont les juristes qui savent jusque ou on peut aller pour tâter les limites, les bornes. Finalement la faculté fût établie, mais les candidats devaient d’abord passer un examen en Grecque devant le jury central. Aberrant et scandaleux car nulle part ils pouvaient apprendre cette langue si bizarre pour eux. Je sais bien toutes ces structures ont été établies sur le principe que la Belgique allait dominer éternellement la colonie, mais le manque systématique de former une certaine élite a  à causé la catastrophe. Les noirs avaient bien ressentis cela. Les faits terribles qui se sont passés après sont expliqués en grande partie par les rancunes endurés pendant des années. L’Histoire de Lumumba est une histoire semblable. En effet on l’a emprisonné à cause d’un vol de 100.000 francs. Mais n’oubliez pas que l’évolué noir était obligé de mener un certain train de vie inabordable pour lui. Il n’avait pas les moyens financiers pour s’élever dans la hiérarchie sociale. Il est facile d’insulter les noirs de voleur. Est-ce qu’on oublie alors nos voleurs blancs ? J’avais beaucoup de respect pour Mobutu. On ne peut pas juger ni condamner cet homme avec une vision Européenne. Démocratie est quelque chose que nous avons repris des Grecques et Anglais mais, comparé aux formes de démocratie en Afrique, la notre n’était pas vieille de tout. Mobutu sentait qu’il pouvait exercer son autorité comme chef coutumier en respectant les signes extérieurs comme le port du chapeau en peau de léopard, une crosse etc…Il l’a fait avec succès !   Je n’étais pas le seul à avoir des sentiments d’amour et de respect pour l’Africain. Beaucoup de coloniaux pensaient pareil, seulement la génération avant nous était moins flexible. Nous on ressentaient plus vite les changements et on remarquaient plus vite les erreurs faites. Prenez l’affaire Lumumba. A la demande de Buisseret on le libère de la prison, on le nomme directeur d’une importante brasserie à Léopoldville avec un salaire royal lui permettant de visiter tous les bars, de payer des tournées sur le compte de la brasserie et de mener très activement une campagne politique. Je le vois encore en 1958 revenant du congrès pan africain tenu à Accra au Ghana. Il parlait au peuple, sa première action publique. On pouvait soupçonné à quoi cela allait résulter…Déjà à cette période le plan Van Bilsen, pour rendre le pays indépendant, avait vu le jour. Néanmoins  on était surprit par la déclaration gouvernementale du 13 janvier 1959 promettant la Dipenda. Le temps octroyé est beaucoup trop court pour préparer les institutions à cette indépendance précipitée ! En plus beaucoup de blancs se rendaient compte que leur séjour futur devenait problématique et ils ne coopéraient plus avec autant d’enthousiasme. Personne avait pensé que la Force Publique, pilon solide , allait se révolter. Il est vrai qu’il n’y avait aucun officier noir, peut-être que les politiciens craignaient la force et le pouvoir  naturel émanant d’un officier. Le tout est si complexe et il est regrettable, à fur et à mesure que les années passent, de parler de cette époque en slogans et d’une façon simpliste. Je reconnais honnêtement que moi non plus n’avait pas une solution miraculeuse !

« ON EMPLOYAIT LES MEMES MOTS TOUT EN VOULANT DIRE AUTRE CHOSE . »

Le non-initié doit avoir, après toutes ces conversations, l’impression que les blancs et noirs employaient le même langage tout en voulant dire autre chose. Comme l’indépendance. Les uns pensaient en termes politiques les autres en proportions économiques. Frans Declerck : La conférence de la table ronde p.e. Pas tout le monde présent était à sa juste place. Il y avait beaucoup de bonne volonté et des intentions louables mais aussi une maffia de soi disant experts, qui assistaient les délégations noires ; ils ont étés à l’origine de beaucoup de décisions stupides. Nous aussi on croyait que le noir avait été amadoué en lui donnant l’indépendance, ainsi que la Société Générale de Banque. Qui sait, peut-être sans la rébellion de la Force Publique il en aurait été ainsi. Kasavubu ? Une figure énigmatique, décrit comme très rusé par les uns et stupide par les autres. Je le connaissais bien mais je n’ose pas  porter un jugement quelconque. Il n’était pas bavard de tout, plus tôt renfermé. Il est possible que ces grand parents étaient d’origine chinoise ce qui pouvait expliquer les yeux étirés. Derrière nos bureaux, dans des pièces climatisés on a facile de parler et philosopher de l’indépendance du Congo, mais il est beaucoup plus difficile pour un colon de penser neutralement. Il a été attiré au Congo, investit tout son avoir et a tout perdu suite des événements. Oui on peut poser la question que la Belgique, ayant envoyé ses fils au Congo, a une certaine responsabilité envers eux. Je sais que les colons dans l’intérieur profond du pays ont étés complètement surpris par la Dipenda et les conséquences. Cela est logique. Des évolutions politiques ne se déroulent jamais dans la campagne, mais bien dans les villes. Léopoldville était le centre d’un Congo nouveau. Je comprends parfaitement qu’ailleurs on avait rien remarqué, qu’on parlait même d’une façon méprisante des fonctionnaires dans la capitale. Je compatis avec le colon et comprends son amertume, mais il n’y a pas de chemin de retour. Mais je proteste quand on dit que le noir ne vaut rien ! Cela est un mensonge. Le Belge n’est pas un colonial, comparé aux Portugais et Grecques, il n’a pas de passé colonial. Il émigrait au Congo, pensait à une maison, un certain confort et nourriture comme en Europe. Comparez cela à d’autres nationalités prêt à vivre comme les noirs pour amasser le plus d’argent possible et rentrer chez eux pour démarrer leur propre affaire. Comme les Turques chez nous le font de nos jours. Quelle a été notre plus grande erreur commise sur place ? Je l’ignore mais ce que je sais c’est quelles ont étés nombreuses. J’ai lu dans De Post 1900 des articles sur la punition corporelle pratiqué sur les noirs. L’argument employé que c’était des punitions légères comparés à ce qui était prévu dans le droit coutumier ne tenait pas debout. Des punitions corporelles restent, à travers le monde, une humiliation, comme couper des mains au nom du Koran. Une punition corporelle légère n’existe pas par le fait que l’humiliation subie reste. La punition la plus sévère aux yeux du noir était l’emprisonner plus que 24 heures : étant une personne vivant en communauté il ne supportait pas l’isolation. Nous imposions le travail forcé. Ils étaient alors enfermés par groupe de dix ou quinze personnes. L’isolation dans une cellule était pire que le châtiment corporel avec la chicotte. Cette pratique de la chicotte n’avait aucun aspect éducatif. Quel blanc accepterait un châtiment pareil ? Pourquoi le noir devait-il l’accepter ? On jure et on crie sur le régime pratiqué par les Nazis mais notre conduite n’était pas toujours irréprochable. Je connais les histoires racontés pendant des réunions des coloniaux sur le châtiment corporel. Aujourd’hui encore, je constate qu’on parle toujours du Congo en forme de slogans de faits amplifiés. Tout ce qui se passe là-bas ce passe chez nous : vol, corruption, services rendus aux amis, etc… Partout dans le monde on rencontre des bons et mauvais gens, personne ne peut prétendre de posséder le monopole de ce qui est bon et mauvais. Foto :

congo gevangenis de Clercq

La fuite : après la Dipenda échappé de la prison en cherchant refuge chez l’armée du salut à Brazzaville, ou il se chargeait de l’entretien quotidien des lieux.

congo 1960

 

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Een auteur van een programma kan de namaker van zijn werk strafrechtelijk laten vervolgen, maar dat kan alleen als het namaken kwaadwillig of bedrieglijk is gebeurd. Niet alleen de namaker is strafbaar, ook wie namaakprogramma's voor handelsdoeleinden verkoopt, in voorraad heeft voor verkoop of invoert in België, overtreedt het auteursrecht.
Delcol Martine