André-Bernard Ergo.

Les récits et documents de l'auteur.

© Documents de l'auteur André Bernard Ergo.

André avec le livres que je lui ai offert a l'occasion des concours du site entre 2010-2012

Les tirlemontois Au Congo

MR Ergo a aussi un site plein de documents voir http://abergo1.e-monsite.com/

 

Si tu ouvres la bouche, tes paroles doivent valoir plus que ton silence  (Proverbe arabe)

Je ne crois pas que l’histoire soit une science mais, comme le prétend Anatole France, qu’elle est plutôt un art influencé par l’imagination et, que par un vice de nature, elle est condamnée au mensonge. Paul Valéry est plus catégorique encore en prétextant qu’elle justifie ce qu’on veut et n’enseigne rigoureusement rien, que c’est la « science » des choses qui ne se répètent pas. Ernest Renan, qui parle du talent de l’historien, précise que celui-ci consiste à créer un ensemble prétendu vrai au départ de traits qui ne sont vrais qu’à demi.

Je crois que l’histoire est bien souvent, dans le chef de certains qui pratiquent cet art, une recherche arbitraire, rigoureusement malveillante et parfois vexatoire ; un arsenal d’épingles comme la définissent d’une manière plus imagée les frères Goncourt. Mais il y a plus, le confinement au mensonge dont on parle plus haut est influencé par la personnalité et par les motivations de celui qui écrit l’histoire mais aussi par la personnalité et les motivations de ceux qui, sans se douter de l’usage qui en sera fait, ont créé puis conservé les archives qui seront consultées et interprétées.

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J'ai vécu durant la colonie Belge au Congo, j'ai du fuir en 1964 (recit de Mr Ergo) histoire vécue

L ’évacuation de Yaligimba.

Aketi tombe aux mains de rebelles qui sont à 120 kilomètres de la plantation. Quelques jours passent. Bonduki tombe ; ils sont à 40 kilomètres de chez nous. Le peloton de Yandombo se replie sur la Loeka  et menace de faire sauter le pont Bailey sur la rivière ce qui nous empêcherait d’évacuer par la route vers Bumba. Les responsables discutent avec l’armée pour qu’elle retarde cette opération après notre évacuation ; il faut insister pour que l’officier accepte. Ils s’enfuiront d’ailleurs sans faire sauter le pont. Notre chef de garage portugais, qui parle plusieurs dialectes congolais, observe le comportement des travailleurs inquiets et apprend que les rebelles auraient dépassé Yananga  et allaient investir Yalikela. Ils sont vraiment très proches d’Ebobi une des divisions de notre plantation. Le directeur informé donne l’ordre d’évacuation et fait avertir le département des recherches. La plantation de 13 500 hectares est remise aux mains de nos staffs congolais qui resteront sur place. La colonne est organisée à la maison du directeur. On répartit les expatriés et leur bagage par véhicule, mais les sœurs italiennes de l’hôpital manquent à l’appel ; seule la sœur en charge du foyer social est présente. Le docteur nous informe qu’elles refusent de venir. Je suis envoyé à l’hôpital pour les décider à évacuer. La supérieure me répond qu’elles ne peuvent quitter leurs malades et qu’elles n’ont pas d’ordre de Monseigneur W., l’évêque du lieu. Je leur réponds que l’évêque n’est pas leur employeur et que leur refus est une rupture de contrat. L’argument ne porte pas ! Puis je tente un ultime argument; comme je sais que les sœurs vivent en communauté très soudée, je les informe qu’une des sœurs, présente au lieu de rassemblement, partira de toute manière avec nous. Et l’argument porte ; elles se mettent toutes à pleurer, me demandent si elles ont le temps d’emporter les vases saints et les hosties consacrées, puis elles me suivent.

André Bernard Ergo

N° 008Titre : un montage de 6 photos représentant le Congo que la Belgique a trouvé en 1885
Commentaire :
(2 photos) : à gauche, les lanciers de l'Uélé qui ont aidé les Belges contre les Mahdistes et à droite la très belle photo d'un chasseur du Kasai; 4 photos du Congo que la Belgique a rendu à l'Afrique en 1960, de haut en bas : un ouvrier qualifié (tourneur) au Katanga, des étudiants assistants agricoles au Kwilu, un ouvrier qualifié (électricien) au Bas Congo et des bûcherons en Equateur.
C'est, en 6 photos, l'histoire de la colonisation belge. Amitiés. ABE  

Les documents de l'auteur

La Belgique a toujours considéré que sa neutralité devait être reportée sur sa colonie. Le mot d'ordre du Ministre des colonies était d'ailleurs très clair : on ne montre de l'agressivité envers personne, mais on se défend si on est attaqué. En conséquence, il faut toujours être sur la défensive aux milliers de kilomètres de frontières. Vus avec des yeux européens, les 18.000 hommes de la Force publique paraissent une armée pléthorique, en fait c'est ridiculement peu pour un territoire équivalant à cinq fois la superficie de la France et je ne parle même pas de la structure de cette force.

Certains prétendent même que le Congo a été entraîné dans une guerre qui n'était pas la sienne. Lorsqu'un pays est agressé, sa défense est toujours l'affaire de sa population. Ce sont les troupes coloniales allemandes qui ont, les premières, attaqué des villages congolais sur les frontières Est du pays ; des essais de franchissement des frontières ont été stoppés plusieurs fois par la Force publique qui n'a pas pu empêcher ses ennemis de prendre pied sur une île congolaise du lac Kivu. Pendant deux années, dans la région des Grands Lacs, la Force publique aura pour soucis de renforcer les frontières par de l'artillerie lourde en provenance du fort de Shinkasasa dans l'estuaire de fleuve à des milliers de kilomètres, et à répondre, de son territoire, aux multiples attaques des askaris allemands. Sur ses frontières Sud, elle aidera aussi les forces coloniales anglaises mises à mal en Rhodésie et sur ses frontières Ouest, quelques centaines de soldats congolais et un bateau blindé seront mis à la disposition des troupes coloniales françaises afin d'éviter, de ce côté moins protégé, une attaque en provenance du Cameroun, colonie allemande à l'époque. Pendant les deux premières années de guerre, les troupes congolaises seront utilisées dans des escarmouches de frontières et pour aider des colonies amies voisines mises à mal par les troupes coloniales allemandes. Pendant de temps, un état- major belge réorganise une partie de la Force publique en armée nationale plus conventionnelle : groupements, divisions, bataillons, régiments. En 1916, les Anglais engagent une véritable armada de troupes coloniales dans l'Est africain allemand au départ du Kenya et demandent aux Belges d'ouvrir un front sur les frontières Est du Congo. Après s'être rendues maîtres du lac Tanganyika, les forces coloniales belges restructurées entrent alors en territoire allemand dont elles vont conquérir une grande partie jusqu'à la ville de Tabora avant de se retirer et de remettre les territoires conquis aux autorités anglaises. (lire plus document pdf Ergo)


Hubert de Beco résumant l'essentiel de l'histoire de l'Etat Indépendant du Congo.

" Attaquer le souverain de l'État Indépendant du Congo est une entreprise profitable, un sujet à sensation, vieux d'un siècle mais qui ne manque jamais de faire recette, tant en littérature qu'en film ou en débat. Le roi Léopold II n'a plus rien à y perdre, et d'ailleurs, l'attachement que l'on portait à sa personne, ou le détachement que l'on aurait pu lui manifester, le laissait totalement indifférent. Il était le roi d'un pays, certes petit, mais il se sentait très responsable de cette fonction et cherchait  contre vents et marées, et plus d'une fois contre le gré même de son peuple et de ses ministres, à donner à la Belgique les ambitions et les réalisations des grands pays européens. Avec une poignée d'hommes (pas tous belges) auxquels il sut communiquer  son opiniâtre résolution, il y parvint, mais ses adversaires ne lui pardonneront jamais et perpétueront  à son égard une animosité récurrente, nuisible et sourde."


Les femmes européennes dans l’État Indépendant du Congo, avant 1908.

photo : Mesdames Sarmento et Grenfell au Kasai

On ne se trompe pas beaucoup si on affirme que les premières femmes européennes au Congo furent des pasteurs féminins protestants et même les épouses des pasteurs protestants.

Des quatre premiers pasteurs Bentley, Crudgington, Comber et Grenfell, seul Comber était déjà marié depuis quelques mois et son épouse décéda très vite d’une méningite en 1879 à Ngombe. Le révérend Crudgington  qui s’était marié lors d’un congé en Europe, était revenu au Congo avec son épouse, mais celle-ci supportant mal le climat et souffrant de fortes fièvres, le couple fut transféré aux Indes à Dehli.

Au cours d’un congé également, le révérend Bentley épousa, en 1885, Mlle Kloekers et revint au Congo en famille en 1886 avec son épouse et un bébé. À Balolo, où il devait établir une mission, ils furent mal reçus par la population locale et le missionnaire eut la bonne idée de montrer à la population son bébé de 4 mois et son épouse. La population étonnée et intriguée qui n’avait jamais vu d’enfant blanc ni de femme blanche, les accueillit alors amicalement.


Le caoutchouc, les pneus et l'holocauste congolais.

Au moment de la plus forte production de caoutchouc (1901), le nombre de récolteurs avoisine les 50.000 hommes adultes valides. La tâche journalière est de 0,750 litre de latex à récolter (soit 375 grammes de caoutchouc sec), encore faut-il ne pas couper les lianes et faire la saignée aux heures de montée de la sève, c'est-à-dire très tôt le matin, entre 6 et 9 heures. Sur une base de 10 millions d'habitants pour l'entièreté du Congo, les 50.000 récolteurs représentent à peine 2,5% de la population des hommes adultes valides, on est donc très loin de la totalité du Congo et la tâche journalière est même inférieure à ce qui est exigé autrepart. D'ailleurs, dans certaines régions importantes du pays, ces exigences sont rencontrées sans heurts. Dans les régions où on rencontre de l'opposition, la concomitance des exigences de récolte et d'une endémie qui décime la population (trypanosomiase de 1896 à 1906) crée une situation dans laquelle le village ne peut pas satisfaire la taxe caoutchouc (ou même de vivres) ni même assurer les travaux aux champs vivriers. Dans certains villages, la trypanosomiase tue plus de 70 % de la population. On ne possède malheureusement pas de carte de l'endémie pour cette période, mais la carte3 d'une autre attaque de trypanosomiase vers 1920  permet de comprendre cette situation. Néanmoins, il est clair que ni les compagnies, ni l'administration, n'ont traité ce problème de manière humaniste.


La Compagnie Anversoise LÉtat Indépendant Congo (EIC)''

La compagnie anversoise est créée de droit belge à Anvers le 2 août 1892 avec un capital de 400.000 Fr composé de 800 actions privilégiées de 500 Fr souscrites par A. et C. de Brown de Tiège, le comte E. Legrelle, Bunge et Cie, E. Grisar et C. David. L'EIC apporte à la compagnie la concession des forêts domaniales du bassin de la Mongala pour une durée renouvelable de 50 années contre le payement d'une somme de 300 Fr par tonne de caoutchouc récoltée , d'une somme de 100 Fr par tonne de cire ou de copal et , pour les autres produits dont l'ivoire, une redevance de 5% de leurs valeurs marchandes respectives sur le marché européen.


 

 
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