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LE ROYAUME DU CONGO JUSQU'A L'AUBE DU XIXe SIECLE.

© TEXTE Auteur Leon Goffin Docteur en Droit - Profeseur à l'institut Supèrieur de commerce Saint Louis.

S’il faut en croire la tradition, il régnait vers la fin du XIIIe siècle, sur la rive droite du fleuve Congo, un chef puissant : Nimi a Nzima. Il avait de nombreux fils; le plus jeune d'entre eux, Wene, désespérant de devenir roi à son tour dans le pays de ses pères, remonta le fleuve avec quelques fidèles et fonda dans un  pays nouveau le Royaume  du Congo. Le nouveau roi, Ntinu (Ntinu signifie roi) ne borna pas là ses ambitions. Il chercha querelle à ses voisins et étendit son territoire en suite d'une série de conquêtes. Nous n'en savons guère plus sinon qu'il fut, sans doute, suivi d'une lignée de six rois, au sujet desquels les annales congolaises restent muettes à peu de choses près. L’on sait cependant que le royaume n'avait cessé de s'étendre, si bien qu'à l’aurore du XVe siècle il devait atteindre près de 300.000 km2, sans y comprendre les territoires qui, bon gré mal gré, reconnaissaient son allégeance.

Pendant ce temps, étapes par étapes, les Portugais progressaient dans la, découverte des côtes occidentales de l'Afrique. Le prince Henri, dit le Navigateur (1394-1460), ne se lassait pas d'organiser des expéditions dont chacune dépassait le point extrême atteint par la précédente : la première découvrit modestement Ceuta,, les suivantes l'île Funchal, les îles Açores longtemps appelées « îles flamandes» (des flamands "Brugeois" avaient aidé à les découvrir), les îles Canaries, celles du Cap Vert, la Guinée enfin. Le 8 janvier 1454, le pape Nicolas V publia une bulle « Romanus pontifex » : les rois du Portugal obtenaient le monopole du commerce sur les côtes africaines, l'interdit frappait les pays, l’excommunication les individus qui transgresseraient ce privilège.

Alphonse l'Africain (1438-1481) donna cemonopole à bail pour une durée de cinq ans et moyennant payement annuel de mille ducats, à un certain Fernando Gomez. Celui ci avait, à peine de déchéance, à découvrir chaque année 300 nouveaux milles à partir du Sierra Leone. Gomez tint ses engagements: il boucla le cap Sainte-Catherine (ou cap Lopez) en 1471  et atteignit l'île Saint- Thomas.

Le roi Jean II (1481-1495) était à peine au pouvoir qu'il équipa à son tour une expédition. Le mobile du souverain était à la fois politique, économique et religieux : il s'agissait tout à la fois de propager les vérités de foi, de rejoindre le royaume du « Prête- Jean » (1), afin de prendre à revers les États musulmans de l'Afrique du Nord et de découvrir la route des Indes. Les caravelles de Diego Caô, gentilhomme de la maison du roi, après avoir rencontré le Tournaisien Eustache de la Fosse, qui fut fait prisonnier, jetèrent l'ancre en 1482 près de la rive Sud de l'embouchure du fleuve Congo. En signe de prise de possession, II érigea un « padrao, une stèle de pierre aux armoiries du roi, surmontée d'une croix. Après avoir navigué un peu plus vers le Sud, et dressé un autre « padrao » au futur cap Sainte-Marie, il fit voile vers Lisbonne tout à l'allégresse de pouvoir annoncer au roi qu'il avait découvert un grand fleuve qu'il appela le Zaïre, prenant pour un nom propre ce vocable indigène qui signifiait rivière.

Diego Caô revint au Congo en 1485 et la population indigène lui fit bon accueil Le chef local lui conseilla d'envoyer une ambassade au roi du Congo. Et c'est ainsi qu'une ambassade de missionnaires alla faire visite au roi Nzinga en sa capitale de Mbanza Congo, pendant que le gros de l'expédition continuait à descendre la côte. Quand Caô revint à l'embouchure du fleuve, pour reprendre ses délégués, il ne les trouva pas.

Après une longue attente, il résolut de lever l'ancre et d'emmener quelques notables comme otages. A cette nouvelle, le roi Nzinga garda les ambassadeurs portugais sous étroite surveillance mais il ne les maltraita pas, si bien que lorsque en 1487 Diego Caô revint avec les notables habillés à l'européenne et émerveillés de ce qu'ils avaient vu, il lui fut réservé un chaleureux accueil. Le roi lui exprima le désir de se convertir et d’envoyer à son « cousin » du Portugal l'ambassadeur Nsaku chargé de présents; Diego Caô lui proposa d'emmener des fils de notables qui feraient leur éducation au Portugal.

Comme il avait également mission de reconnaître si le fleuve Congo ne menait pas au lac central qui, suivant les géographes del'époque, devait se trouver au cœur même de l'Afrique et dans lequel le Nil devait trouver sa source, il résolut de remonter le fleuve.

Sans doute aussi avait-il l'espoir de découvrir le chemin qui menait au royaume du « Prête- Jean » en Abyssinie ! Mais il ne put guère aller plus loin que Matadi, où il fit inscrire sur un rocher : « ici arrivèrent les vaisseaux de l'escadre du roi dom Jean II de Portugal ».

Et il s'en retourna de concert avec la flotte de Barthélemy Diaz qu'il rejoignit à l'embouchure du fleuve et qui revenait du cap de Bonne Espérance, alors encore cap des Tempêtes.

Vers la fin de l'an 1490, après la mort de Caô, trois vaisseaux sous les ordres de l'amiral Gonçalo de Sousa, quittèrent Lisbonne emmenant des missionnaires, des artisans et Nsaku.

Au moment de l'appareillage, la peste décimait Lisbonne; elle suivit le sillage de la petite flotte et en pleine mer l'amiral et Nsaku y succombèrent. Ce fut le capitaine Rui de Sousa qui mena les caravelles à bon port : le 29 mars 1491, elles étaient à Mpinda sur la rive gauche de l'embouchure du fleuve.

Aussitôt, l'entreprise de christianisation fut entamée, le roi reçut au baptême le nom de Jean, en l'honneur de son « cousin » d'Europe et sa capitale vit peu à peu se dresser une église de pierre. Le capitaine Rui de Sousa, après avoir donné à ceux qui restaient de formelles instructions pour rechercher le fameux lac central, s'en retourna au. Portugal avec l'élite du royaume qui devait y recevoir une instruction chrétienne. En 1492, alors que Colomb venait de découvrir l'Amérique, il était de retour à Lisbonne.

Il ne s'écoula pas deux ans avant qu'un nouveau vaisseau appareillât pour le Congo avec quelques jeunes nègres impatients de répandre dans leur patrie la science qu'ils venaient d'acquérir. Une amère désillusion les attendait : malgré les efforts des missionnaires, le roi dom Joâo était retourné aux pratiques fétichistes! Il n'avait pu résister à ses femmes auxquelles sa nouvelle religion lui imposait de renoncer, ni à son second fils Mpanzu, resté attaché au paganisme. Une dissension qui alla sans cesse s'envenimant, sépara le pays en deux clans : celui de Mpanzu et celui de dom Alphonse, fils aîné du roi. Celui-ci avait l'esprit ouvert et curieux. Il s'efforçait sans cesse de s'instruire et d’approfondir ses connaissances de la religion chrétienne à laquelle il avait adhéré avec enthousiasme. Les lettres qu'il nous a laissées et qu’il dictait à un secrétaire, révèlent une intelligence aiguë et une grandeur d'âme singulière. Aussi est-ce près de lui que les missionnaires résolurent de se fixer. Ils abandonnèrent la capitale Mbanza Congo et suivirent dom Alphonse dans la province qu'il gouvernait  pour le compte de son père, le Nsundi, qui devait s'étendre sur la plus grande partie du Bas Congo belge actuel. C’est à Mbanza Nsundi qu'une nouvelle église fut érigée; c'est de là que vers 1506, à la nouvelle de la maladie de son père, dom Alphonse partit se battre contre son frère et ses partisans. pour arriver en vainqueur à Mbanza Congo.

Le règne du nouveau roi, qui dura vraisemblablement jusqu'en 1541, fut celui un souverain enflammé du désir de gagner son pays tout entier au christianisme. Il s'efforça de donner aux coutumes existantes, qui réprimaient notamment avec une sévérité particulière les atteintes à la propriété et l'adultère - les coupables étaient enterrés vifs - un caractère chrétien. Il combattit avec une grande rigueur les pratiques païennes allant jusqu'à imposer la peine de mort aux apostats. Il s'efforça d'autre part de pacifier le pays et d'amener les anciens partisans de son frère, qui était mort entre-temps, à se convertir. Mais il ne lui restait hélas, pour appuyer cette politique, que deux missionnaires: les autres ayant succombé au climat. Aussi sans cesse, dès que l'occasion lui en était offerte, demandait-il au roi du Portugal qu'on lui envoyât des missionnaires des rives du Tage. A son gré, il n'en arrivait jamais assez. Et cependant sous l’impulsion du roi Emmanuel le Fortuné (1495-1521) il s'en embarqua autant qu'il s'en pouvait recruter, accompagnés d'architectes et d'artisans.

Le christianisme semblait prendre racine, les églises se multipliaient, les Portugais pouvaient être fiers de leur œuvre. Mais il s'était trouvé parmi eux de nombreux aventuriers qui, spéculant sur la confiance et le zèle naïf de dom Alphonse, leur nouveau frère en l'Église, le dupèrent et le spolièrent bien des fois. Le moyen était simple : l’on se présentait à dom Alphonse comme l'ambassadeur de Emmanuel et plus tard de Jean III (152I-1557), lui présentant au besoin de fausses lettres de créance et demandant en son nom divers cadeaux d'amitié. Une fois la cargaison embarquée, l'on débarquait sans autre forme de procès les députés du roi du Congo et on larguait les voiles en emportant le butin. Les habitants de l'île Saint-Thomas se signalèrent particulièrement en ce genre d'opérations : A cela rien d'étonnant ; les rois du Portugal y avaient envoyé des galériens en leur imposant de se marier avec les esclaves indigènes achetées ou razziées le long des côtes. Ces tarés venaient faire le commerce à l'embouchure du fleuve et ne manquaient pas une occasion d'abuser dom Alphonse. Mais le mal était plus profond. Les Portugais, au Congo, ne voulaient pas seulement donner mais aussi, et surtout, recevoir et au besoin prendre. Ce qu'il leur fallait c'était des esclaves, car ils jugeaient qu'il ne seyait pas à leur dignité de travailler eux mêmes. Au surplus, la traite était un commerce rémunérateur : les Européens avaient en Amérique un perpétuel besoin de main d'œuvre pour exploiter leurs mines et entretenir leurs plantations.  Le seul marché de Lisbonne réclamait 10.000 esclaves par an.

Aussi les Portugais ne se faisaient-ils pas vergogne d'exploiter leurs découvertes africaines pour acheter le plus d'esclaves qu'il leur était possible. Le plus souvent, ils offraient en vente aux nègres de la côte de l'eau-de-vie plus ou moins frelatée et autres pacotilles et se faisaient payer en esclaves. Pour s'en procurer, les nègres de la côte recouraient à tous les moyens, ils attaquaient les villages voisins et emportaient homme et femmes pour les revendre aux Portugais, allant, en cas de besoin, jusqu'à vendre leurs propres parents ou amis.

A cette époque environs 5 à 7000 esclaves devaient ainsi chaque année quitter le royaume du Congo.

Le roi Alphonse, qui était lui-même obligé de payer en esclaves ce qu'il achetait au Portugal, envoya à son « cousin » de Lisbonne de nombreuses missives pour protester contre ces abus, mais en vain. Il s'adressait à lui comme un roi souverain et traitait d'égal à égal Leurs relations étaient d'amitié et non de dépendance.  Le chargé d'affaires portugais assistait le souverain Congolais de son plein consentement, sans que cela impliquait une renonciation à ses droits de souveraineté. Aussi voyant qu’aucune mesure n’était  prise il décida d’agir lui-même. Il n’autorisa la  vente d'esclaves qu'à la condition que des fonctionnaires institués par lui vérifiassent, dans chaque cas, s'il s'agissait bien d'esclaves et non d'hommes libres. Les Portugais, dont pareille mesure contrariait les intérêts, s'empressèrent de présenter le roi nègre, à la cour de Lisbonne, comme un potentat indigne de confiance, et les rapports entre les deux rois devinrent plus froids et leur correspondance plus espacée.

Il resta cependant à dom Alphonse la consolation de recevoir du pape Paul III (1534-1549) une lettre le félicitant des sentiments chrétiens qui l'animaient, et un grand espoir : son fils dom Henri. Celui-ci avait passé de nombreuses années au Portugal et fait des études religieuses; il avait même fait partie d'une ambassade que dom Alphonse avait envoyée à Rome en 1513 et qui fut reçue en grande pompe par le pape Léon X. Il avait été finalement sacré évêque et accueilli avec la plus grande joie à Mbanza Congo (San Salvador) en 1521. Dom Henri mourut cependant avant d'avoir pu réaliser le rêve généreux de son père : christianiser de façon définitive le royaume du Congo. Dom Alphonse le suivit dans la tombe vers 1541, plein d'appréhensions et de craintes pour l'avenir.

Elles étaient justifiées : vers 1570, les Yaggas (Zoulous) envahirent le royaume, le mirent à feu et à sang et brûlèrent la cathédrale et les églises de San Salvador. Dom Alvarès, alors souverain du Congo, fit appel au roi du Portugal, qui lui envoya François de Gouvea et 600 soldats portugais.

Qui  le rétablirent dans ses droits. Dom Alvarès. pour témoigner sa gratitude, leur donna Angola où fut fondé Saint-Paul de Loanda et où devait, en 1608, être transféré le siège de l'évêché créé à San Salvador. En 1597 un groupe de Flamands débarqua au Congo, mais le climat leur étant trop rigoureux, ils durent reprendre la mer. L'influence portugaise diminua au fur et à mesure que se multiplièrent les exactions des marchands. Le clergé indigène formé par les Carmes, entra en conflit ouvert avec les missionnaires qui disparurent peu à peu. Le déclin du Portugal amena le recul du christianisme, bien que le pape Urbain VIII (1623-1644) eût fait du Congo une préfecture apostolique.

Certes, de grands efforts d'évangélisation avait été faits. De nombreux missionnaires y  avaient participé : Franciscains, Dominicains, Carmes, Jésuites parmi lesquels des Belges comme le Père 'Wouters, d'Anvers, ou Le Père Érasme, de Furnes, qui, en 1652, s'était embarqué avec 45 Capucins. Mais la propagation de la foi ne s'était pas faite en profondeur; trop souvent les indigènes revenaient à leurs pratiques païennes. Aussi, quand en 1717 les Capucins furent expulsés, L’Église perdit tout contact avec les indigènes pour qui l’Européen ne fut plus qu'un marchand d'esclaves.

Le Portugal avait failli à la tache qu'il avait assumée : l'appât du gain et la cupidité de ses nationaux les avaient arrêtés aux côtes et  empêchés de poursuivre plus avant leurs explorations. C'est ainsi qu'en 1521, le roi Emmanuel avait en vain donné l'ordre au capitaine Georges de Quadra de traverser l'Afrique et que les Portugais installés en Abyssinie ne donnèrent aucune suite aux injonctions de Jean III de découvrir la route vers le Zaïre (1546). Sans doute y  avait-il des obstacles à la réalisation d'ordres semblables: tribus hostiles, forêts inextricables, chutes d'eau et torrents. Mais surtout trop peu d'intérêt les poussait à y obéir; pour conquérir il eût fallu pacifier, or c'était précisément les luttes intestines des tribus qui fournissaient le plus d'esclaves,

Cependant les Portugais n'avaient pas même au XVIIIe siècle, abandonné tout dessein politique au Congo. En 1784 ils construisirent un fort à Cabinda au Nord du fleuve, mais l'année suivante la France les en fit expulser par le marquis de Marigny. Sans aucun doute il s'en serait ensuivi une occupation française si la révolution n'avait détourné le cours de l'histoire. En dehors de cet incident, peu de choses nous sont connues duCongo au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, et le voyageur allemand, le docteur Bastian, qui explora San Salvador en 1857, n'y trouva qu'un village indigène comme les autres, avec quelques monuments dispersés d'une autre époque ». Tels étaient les seuls vestiges de l’occupation portugaise.