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La PROVINCE KASAI

Capitale LULUABURG

Photo : Marque distinctive des Bakuba. (Dessin de G' Declercq).

la station de luluabourgPhoto : Bakuba.D'après une photographie, (Dessin de G. De Clercq).

Sur une autre colline, à environ 20 km de l'ancien Luluabourg, s'élève Luluabourg Saint-Joseph sur la Mikalaya. C'est l'une des missions les plus importantes du Congo, créée par les Pères Missionnaires de Scheut: de ce centre religieux et intellectuel, la civilisation rayonne sur le Kasai tout entier. La jeunesse noire y reçoit l'enseignement primaire; l'école normale y forme du personnel enseignant noir; le petit et le grand séminaire de Kabwe, non loin de là, assurent le recrutement du clergé noir. Dans cette tâche aussi lourde qu'admirable, les Pères sont aidés par les Sœurs de la Charité de Gand pour l'enseignement professionnel et ménager des jeunes filles noires.

Luluabourg, résidence du vicaire apostolique du Haut-Kasai, a un hôpital, un aérodrome, une chambre de commerce, un centre indigène extra-coutumier avec une population d'environ 1,2.000 noirs. L'école de candidats gradés de la Force publique se développe: les écoles similaires de Gombari et de Thysville seront bientôt supprimées et l'ensemble sera réuni à Luluabourg, dans un établissement central projeté à une dizaine de kilomètres de la ville. Au début de 1948, on envisageait la construction d'une centaine de bâtiments avec de vastes locaux scolaires, une salle de conférences munie d'un appareil de projections lumineuses, un service social avec des assistantes sociales blanches qui veillent surtout aux intérêts des femmes et des enfants des soldats noirs. D'autre part, le camp militaire de Luluabourg réclame notre attention à cause des souvenirs tragiques que son nom évoque. Les Batetela’s qui habitent entre le Lualaba et le Sankuru sont d'excellents soldats. Sous le commandement de Gongo Lutete, leur grand chef, après avoir pris d'abord le parti des Arabes, ils étaient venus en aide à F. Dhanis dans la lutte contre les trafiquants d'esclaves. Vaillants guerriers, ils avaient acquis le sens de la discipline en même temps que se développaient leurs instincts de combat et de rapine. C'étaient des adversaires redoutables, conscients de leur force, dont la rébellion contre l'autorité des blancs a mis en péril l'existence même de l’État indépendant.

La révolte éclata en 1895 à Luluabourg, d'ou elle se propagea. Lors' qu'on la crut étouffée, elle s'alluma ailleurs : pendant un grand nombre d'années, nos autorités en furent préoccupées et maints officiers et soldats tombèrent dans des combats dont les circonstances augmentèrent le tragique. Après cinq années de troubles, l'épisode sanglant se termina par une dernière convulsion : ce fut la rébellion de Kinshakasa. A présent, les Batetela sont une peuplade pacifique et soumise. (Source Congo Patrimoine de la Belgique)

Le train continue sa route vers l'est, à travers la région du Kasai; c'est une vaste contrée au caractère typiquement congolais; son développement n'est pas encore comparable à celui de l'Uele ou du Kivu, et bien moins encore à celui du Katanga. Ici point de termitières et guère de fauves. Un réseau routier relativement dense facilite les communications.

Photo : Bakuba.En vue de l'entretien des routes, les indigènes ont été invités à transférer leurs établissements le long des voies - politique qui comporte ici, comme ailleurs au Congo, de graves inconvénients. Plus nombreux, les villages sont aussi plus peuplés, surtout aux environs de Luluabourg et de Luebo. Ce dernier centre, également situé sur la Lulua, a acquis une importance suffisante pour que l'on y créât un champ d'aviation, une mission des Pères de Scheut et une autre de l'American Presbyterian Congo Mission, des écoles primaires desservies par des Frères indigènes et par les Soeurs de Marie de Pittem. De nombreuses autres agglomérations ont leur poste missionnaire avec des églises, des hôpitaux et des écoles.

L'aspect général du Kasai est celui d'une pénéplaine inclinée vers le nord et coupée d'un grand nombre de vallées et des rivières, dont les principales prennent leur source sur les hauteurs d'Angola, coulent du sud au nord souvent sur des distances de plusieurs centaines de kilomètres, vers le Sankuru ou le Kasai. Certaines parties de ces cours d'eau, traversant des crevasses rocheuses, forment des chutes et des rapides; toutefois, leurs eaux coulent généralement par de vastes vallées dont les zones riveraines en pente douce sont occupées par des galeries forestières à associations mixtes d'arbres à tronc droit, d'arbustes, de lianes, et de graminées à la lisière et dans les clairières.

Les cours d'eau coulent dans une légère dépression entre les zones riveraines inondées pendant la période des pluies mais qui s'assèchent bientôt; ces zones montent ensuite doucement - ça et là on remarque de rares plantes ligneuses - vers une savane avec quelques plantes laticifères. Suivant le cours des eaux, on aperçoit les changements graduels de la végétation qui couvre les rives.

Des arbustes apparaissent dans les parties marécageuses et Petit à petit se forme un rideau plus ou moins serré qui gagne en densité à mesure que l'on se rapproche du cours moyen. Le long du cours inférieur, les galeries forestières gravissent les pentes de la vallée qui s'est élargie et dans la plaine elles se transforment graduellement en savane. A l'embouchure, la rivière s'élargit et forme de grands deltas rnarécageux.

Parfois une savane arbustive à plantes caoutchoutières succède à la galerie forestière. Les villages sont établis plutôt en dehors des vallées humides, sur des hauteurs sèches dont la savane est constituée par des graminées et de rares arbrisseaux. Dans les plaines qui montent en des étendues immenses entre les vallées, on trouve, à côté de la savane herbeuse et de rares arbres, de véritables formations forestières : celles-ci n'ont pas, il est vrai, la luxuriance de la forêt tropicale pluvieuse, mais elles dépassent en importance et en variété d'essences celles du Katanga. On y trouve de vastes marais peu profonds dont les espaces dégarnis sont parfois entourés de petits bois à taillis clairsemés. Les crêtes des montagnes sont en général des terrains sablonneux ou les arbres et les arbustes ne croissent qu'aux endroits marécageux. Là, comme partout ailleurs, le développement progressif de l'agriculture provoque un recul des formations forestières. Le Kasai est, comme le Lomami, une région propre à l'agriculture : on y cultive le maïs, l'arachide, le sorgho, le manioc, le cotonnier, le palmier à huile. Les blancs y ont aménagé de beaux vergers qui produisent des oranges, des citrons, des pêches, des bananes, des mangues et d'autres fruits savoureux. Certaines localités doivent leur prospérité aux usines créées pour le traitement des produits végétaux comme l'huile et le coton. L’exploitation forestière a pris un développement indéniable, mais celui de l'élevage est plus important encore : l’élevage du Kasai- Lomami peut fournir chaque année environ 2 millions de kg de viande aux autres régions.

A Mweka, nouvel arrêt du train: l'agglomération, qui possède un arsenal de construction du chemin de fer, est cachée dans des palmeraies. Au nord de ce poste se trouve Mushenge, le chef-lieu du royaume des Bakuba : Lukengo, qui possède un harem de 400 femmes, règne sur un domaine de 180.000 habitants qui s'étend du Kasai au Sankuru. Les Bakuba sont des aristocrates intelligents; ils habitent de gros villages sensiblement différents de ceux des Baluba et remarquable par  l’ampleur et la beauté des cases. C'est, entre toutes les races du Congo belge, celle qui se distingue le plus par son sens esthétique.

Source : Congo 'Le patrimoine de la belgique" 1950)