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Rébellion au Kivu ©

Par Jean Pierre Sonck

Rebellion au Kivu

Campagne de subversion du CNL.

Vue de l'aérodrome de Kanembe:En réalité, c’était grâce aux raids aériens effectués par les pilotes de la CIA qui avaient semé la terreur chez les Bafulero. Dans l’après-midi, le commandant en chef de l’armée congolaise fut escorté à Kamembe où il embarqua dans son bimoteur de commandement « 9TJDM ». Lors de son départ, le commandant en chef de l’ANC fut salué par le ltcol MULAMBA et le col DODDS pendant qu’une garde rendait les honneurs. Il fit escale à Elisabethville pour rendre visite au général-major BOBOZO, chef du 4e Groupement de l’ANC couvrant le Katanga. Le lendemain, il rejoignit Léopoldville pour annoncer au gouvernement la victoire de En 1963, la Chine Populaire et l'URSS croyèrent le moment propice pour lancer une révolte populaire au Congo car le pays était miné par trois années d'anarchie et les masses congolaises étaient déçues par les politiciens de Léopoldville. Pierre MULELE, revenu clandestinement au Kwilu en juillet 1963 après avoir été endoctriné à Pékin, souleva les tribus bambunda et bapende de sa région natale et créa des camps d'entraînement à la guérilla. Un Conseil National de Libération fut fondé à Brazzaville en septembre 1963 par des leaders pro-lumumbistes et son président Egide Davidson BOCHELEY s'appuya sur Pierre MULELE, nommé secrétaire général chargé des forces révolutionnaires, pour mettre en route la révolte. En janvier 1964, cet ancien ministre de l'Education et des Arts du gouvernement congolais de Patrice LUMUMBA lança l'ordre d'insurrection générale au Kwilu. Pendant ce temps, le Conseil National de Libération s'était scindé en deux ailes rivales et Christophe GBENYE, qui présidait une des scissions du CNL, confiait à deux de ses adjoints la mission d'organiser une campagne de subversion dans l'est du Congo, région dont ils étaient originaires. Le 15 janvier 1964, Gaston SOUMIALOT, alias SUMAILI, et Laurent-Désiré KABILA, alias KABILAT, respectivement secrétaire général des forces armées révolutionnaires et secrétaire général aux Affaires sociales, Jeunesse et Sport du CNL/GBENYE, rejoignirent la capitale du Burundi qui abritait à l'époque une cellule importante du Te Wu, le service secret chinois. Gaston SOUMIALOT, mandaté par Christophe GBENYE comme chef de la section de l'Est du CNL, fréquenta le milieu lumumbiste de Bujumbura parmi lequel il se constitua un groupe de collaborateurs. D'après un rapport de la Sûreté congolaise de l'époque, il louait une chambre à l'hôtel Paguidas de Bujumbura et se rendait régulièrement à l'ambassade de Chine Populaire pour recevoir des fonds et des conseils. Ses émissaires effectuèrent de fréquents déplacements au Maniéma pour organiser le soulèvement contre le gouvernement central. Ils pouvaient compter sur de nombreuses tribus restées fidèles à la mémoire de Patrice LUMUMBA, notamment les Ankusu de Samba, ville natale de Gaston SOUMIALOT, ceux installés le long du fleuve Lualaba et les Tetela du Sankuru. Parmi les collaborateurs de Gaston SOUMIALOT à Bujumbura figuraient Nicolas OLENGA, membre de l'ethnie Tetela qui fut nommé colonel parce qu'il avait acquis une certaine influence dans le mouvement de «Jeunesses MNC Lumumba» et Antoine MARANDURA, membre de l'ethnie Bafulero et ancien directeur provincial du MNC/Lumumba chargé de la propagande qui fut nommé dirigeant de la section du CNL de Bujumbura. C'était le fils de Moïse Mussa MARANDURA qui avait été nommé le 28 février 1962 à la tête de la chefferie des Bafulero par Anicet KASHAMURA de sinistre mémoire.

Hangar de Sabena

Suite à un conflit avec les autorités provinciales du Kivu, les MARANDURA s'étaient réfugiés à Bujumbura et à la demande de Gaston SOUMIALOT, Antoine MARANDURA retourna clandestinement dans le territoire de la tribu bafulero pour encourager les Jeunesses MNC/L à rallier la rébellion. Les montagnes bordant la vallée de la Ruzizi, rivière qui forme la frontière avec le Burundi, étaient un terrain propice à la guerre de partisans et près de six cents Bafulero, dont de nombreux adolescents, furent instruits aux techniques de guérilla à Ndolera. Le baptême des sorciers rendait les rebelles invincibles en transformant les balles en eau et cette « arme secrète » fut très efficace contre les soldats de l'armée congolaise qui leur attribuaient des pouvoirs surnaturels et prenaient la fuite. En attendant les armes promises par la Chine, ces rebelles furent armés d'arcs et de flèches, de gourdins, de machettes, de lances et de quelques armes à feu et ils se baptisèrent Simba (lion). Gaston SOUMIALOT confia le commandement des forces révolutionnaires Bafulero à Louis BIDALIRA, alias BITOTELO, un ancien clerc de chefferie qui avait suivi des cours de guérilla à l'école de Nankin en Chine Populaire. Promu colonel, Louis BIDALIRA installa son poste de commandement à Lubarika et se coiffa d'un képi d'officier de l'ANC orné d'une photo de LUMUMBA encadrée de plumes de perroquet de couleur rouge. Selon les consignes reçues du CNL, il devait ériger des barrages sur les routes et harceler les gendarmes de l'ANC et les policiers pour les contraindre à évacuer la Ruzizi. L'honorable LIEOU YU FENG, devenu responsable de la section « Afrique » du Te Wu à Bujumbura en avril 1964, favorisa l'entreprise de subversion du Conseil National de Libération. Le 15 avril 1964, Christophe GBENYE dévoila à Brazzaville le programme d'actions du CNL qui expliquait les raisons de la révolte et s'achevait par les paroles : « Peuple congolais, la victoire est proche. Tous unis autour du cri la patrie ou la mort ». La campagne militaire des forces révolutionnaires commandées par le colonel BIDALIRA débuta par l'attaque des positions gouvernementales de Luvungi, Mulenge et Luberizi par les Simba du major RUMONGHE. Pendant ce temps, Antoine MARANDURA attaquait avec ses guerriers quatre groupements de la chefferie Lemera qui étaient hostiles à son père Mussa MARANDURA.

qui se termina le 7 mars, avait permis l’évacuation de 229 réfugiés et le transport d’équipement de la Croix Rouge, ainsi que le ravitaillement des localités de Gungu et d’Idiofa, sans compter les missions exécutées pour l’évacuation de blessés de l’ANC. « Strawberry » laissa la place à l’opération « Stayput » chargée d’apporter un soutien logistique de l’armée congolaise et d’assurer des missions d’évacuations. Les moyens aériens mis à la disposition de l’opération « Stayput » comprenaient des bimoteurs de transport et cinq hélicoptères Sikorsky. Des renforts, du ravitaillement et du matériel furent acheminés au Kwilu et le major TSHATSHI put tenir la promesse faite au commandant en chef de l’ANC. Le 9 mars, ses commandos appuyés par les Harvard T-6 parvinrent à Idiofa malgré l’infrastructure routière détruite. Le major TSHATSHI se réunit avec ses officiers et son conseiller belge au PC d’Ops Kwilu pour étudier les plans d’une opération sensée pacifier la zone rebelle enclavée dans le triangle Kikwit, Gungu et Idiofa. Les mulélistes restaient très actifs, mais Pierre MULELE n’avait atteint aucun de ses objectifs et aucune autre tribu voisine ne s’était rangée de son côté. Il lança une nouvelle attaque suicide sur Gungu et ses partisans drogués au chanvre s’élancèrent en vagues successives, mais ils laissèrent plusieurs dizaines de morts sur le terrain. L’intervention des Harvard T-6 équipés de nacelles de mitrailleuses SAMM 410 avait été décisive. Equipés de ce système d’armes, les Cubains attaquèrent à coups de mitrailleuses un camp de maquisards découvert dans la forêt au cours d’une escorte de l’avion Otter vers Idiofa. Photo : (operation strawberry) Cerceuil d'un missionaire (ONU)

Le même jour à Bukavu, les autorités provinciales furent surprises par une attaque de rebelles contre les policiers du camp de Bagira. Cette tentative échoua grâce au major YOSSA qui fit intervenir la compagnie du 7e bataillon de gendarmerie en garnison au camp Saïo. La rébellion s'étendit à toute la vallée et le président provincial envoya un rapport alarmant à Léopoldville. Le GQG/ANC de Léopoldville envoya un message radio à Stanleyville pour demander au lieutenant-colonel MULAMBA de se rendre dans le chef-lieu de la province du Kivu afin d'enquêter et le commandant du 3e Groupement/ANC embarqua le 30 avril dans un DC-3 d'Air Congo en direction de Kamembe. Cet aérodrome, escale régulière de la compagnie nationale congolaise desservant Bukavu, était une plaine d'aviation de 4e catégorie construite au sommet d'une colline située au Ruanda. Léonard MULAMBA fut accueilli par le major YOSSA qui le mit au courant des événements. Le 3 mai, le « Secteur d'opérations Kivu » ou « Ops Kivu » fut créé et le GQG/ANC envoya en renfort le 8e bataillon d'Infanterie du major VANGU cantonné à Kamina. Des éléments de ce bataillon furent déployés dans la Ruzizi pour empêcher les infiltrations à partir du Burundi voisin et la compagnie du cpn BOBANGA fut envoyée en occupation à l'usine Sucraf de Kiliba et à Uvira, petite ville au bord du lac Tanganyika. Les soldats du 8e bataillon d'Infanterie se conduisaient en pays conquis et vivaient sur le pays, razziant les femmes et les chèvres des paysans bafulero et leurs actes de brigandage dressèrent la population contre eux. La section de l'Est du CNL ordonna au colonel BIDALIRA de poursuivre sa campagne militaire par la capture d'Uvira. La ville fut occupée sans combat dans la nuit du 15 au 16 mai 1964 par les Simba, baptisés par les sorciers et drogués au chanvre. Pris par surprise, les soldats du 8e bataillon n'opposèrent aucune résistance et abandonnèrent leurs armes pour s'enfuir au Burundi. Louis BIDALIRA se vanta de ce haut fait d'arme qui avait coûté la vie à trente soldats congolais et ses partisans bafulero s'emparèrent de véhicules, d'armes et de munitions. La population européenne fut retenue en otage et le colonel BIDALIRA s'installa avec son Etat Major en face de l'hôtel du Lac, dans les bâtiments de l'administration transformés en Quartier Général. La capture de Kalundu, port lacustre du lac Tanganyika situé à une trentaine de kilomètres de Bujumbura, permettait aux Simba de disposer de stocks de marchandises et d'installations portuaires pour leur ravitaillement. A l'époque, l'OTRACO entretenait une flotte de véhicules qui assurait la liaison entre Bukavu et cette escale régulière des navires de la compagnie des Chemins de Fer des Grands Lacs (CFL).

Campagne de guérilla.

Le major Yossa

 

Photo Le major Yossa

Le 21 mai, l'administrateur en chef de la Sûreté Nationale Victor NENDAKA informa le ministre de l'Intérieur que deux communistes chinois conseillaient les rebelles à Uvira et que d'autres Chinois logeaient à l'hôtel Paguidas à Bujumbura. La compagnie de parachutistes du lt NGWALU, formée en Israël, fut envoyée par avion de Léopoldville, tandis que deux pelotons du 18e bataillon commando, un peloton du 5e bataillon d'Infanterie et une section de mortiers lourds parvenaient de Stanleyville. Malgré les renforts, l'ANC fut incapable de combattre les guérilleros simba et à la demande du général MOBUTU, le colonel William A. DODDS, membre de la mission d'assistance COMISH et spécialiste de la guerre subversive, qui représentait le « Strike Command » à Léopoldville, se rendit sur place. Le colonel DODDS connaissait la manière de combattre des communistes pour avoir été conseiller militaire en Grèce lors de la guerre civile, puis en Asie du sud-est et il avait été à plusieurs reprises au Kwilu pour observer la tactique de l'ANC face à la guérilla des mulélistes. Il rejoignit le petit aérodrome de Kamembe avec le bimoteur Beechraft U-8 de l'US Army piloté par le major ASHBURY qui resta quelques jours à sa disposition. Pendant ce temps, le représentant civil des Nations Unies KUNITZBERGER alertait par radio le QG/ONUC de Léopoldville car des Tutsi du Ruanda rejoignaient la rébellion du CNL. La distribution de vivres organisée par la Croix Rouge à ces réfugiés dans le cadre de l'aide civile risquait d'être compromise. Les Bafulero de Louis BIDALIRA et d'Antoine MARANDURA entretenaient un climat d'insécurité dans la vallée de la Ruzizi et il fallut organiser l'évacuation d'une vingtaine de missionnaires de Lemera sous la protection de l'armée congolaise. Le 22 mai 1964, le représentant civil des Nations Unies KUNITZBERGER demanda au pilote Gunnar ELG d'effectuer un vol d'observation sur la vallée de la Ruzizi où des mouvements rebelles étaient signalés. Le pilote suédois embarqua à bord du monomoteur DHC Otter « 303 » de l'ONU le col DODDS, le major YOSSA et trois autres passagers. Gunnar ELG survola la route à 1200 pieds d'altitude et il effectua un passage au-dessus du convoi de réfugiés. Ensuite, il poursuivit sa route en direction de la plaine de secours de Luvungi, construite au temps de la Colonie par l'administration belge, pour s'y poser avec son appareil.

La ville de Bukavu ne possédait pas d'aérodrome et la plaine d'aviation de Luvungi était un objectif important car le GQG/ANC avait prévu d'y baser les deux monomoteurs T-28D Trojan de contre-guérilla promis par les Américains. Elle permettait également d'assurer le ravitaillement des troupes et l'évacuation des blessés par avions légers. Vers 15h00, le DHC Otter « 303 » de l'ONU effectuait un passage au-dessus du terrain de Luvungi lorsqu'il subit le tir d'une arme automatique. Une balle sectionna la conduite d'huile et Gunnar ELG tenta d'atteindre la piste d'atterrissage pour s'y poser, mais la pression d'huile tomba à zéro et le moteur s'arrêta, forçant le pilote à atterrir sur la route asphaltée large de 6,6 mètres. L'avion heurta un arbre avec son aile droite et termina sa course sur le bas-côté, brisant son train dans le fossé de drainage, tandis que le moteur se séparait de la cellule sous le choc. Le DHC Otter qui venait de subir un entretien complet après cent heures de vol était bon pour la ferraille. L'atterrissage forcé fut observé du haut du ciel par le pilote d'un avion de ligne effectuant la liaison Bukavu-Bujumbura qui avertit par radio la tour de contrôle de Kamembe. Les six occupants du DHC Otter rejoignirent à pieds les positions de l'ANC à Kamanyola et ils furent évacués vers Bukavu sous la protection de soldats. Dès leur retour en sécurité, le col DODDS invita ses compagnons d'infortune à sabler le champagne au consulat US car cette mission avait failli se terminer d'une manière tragique. Le crash du DHC Otter à Luvungi n'était pas passé inaperçu des Simba qui inspectèrent l'épave et le président du CNL Christophe GBENYE annonça à Brazzaville qu'un avion américain peint aux couleurs de l'ONU avait fait un atterrissage forcé dans la vallée de la Ruzizi. A Kikwit, le cpn von BAYER reçut un télégramme du QG/ONUC lui annonçant sa mutation pour Bukavu comme officier de liaison entre le représentant civil de l'ONUC et le QG/ANC de Bukavu. Il avait reçu l'ordre de ne pas participer aux opérations de sauvetage des missionnaires, mais il n'en tint pas compte car une des missions libres scandinaves lançait des appels au secours par radio-émetteur. Il se rendit sur place en compagnie du colonel DODDS, qu'il avait connu au Kwilu, pour évacuer les missionnaires norvégiens vers Bukavu avec une escorte de deux sous-officiers américains bien armés. Le cpn von BAYER réclama vainement un autre DHC Otter au QG/ONUC afin d'effectuer des vols de reconnaissance sur les localités du Kivu où le personnel des Nations Unies était en poste. Les forces révolutionnaires du colonel BIDALIRA construisirent des camps bien protégés par des casemates en rondins, tel celui de Lubarika où près de 1500 Bafulero, attirés par la solde de 5.000 FC par mois et par la prime de 250 FC par combat, étaient à l'instruction pour former trois bataillons. Chaque bataillon était commandé par un « major » et encadré par des « adjudants ». En attendant les convois d'armes promis par la Chine Populaire, les forces révolutionnaires qui harcelaient les positions congolaises de la Ruzizi, disposaient de l'armement récupéré à l'ANC. Gaston SOUMIALOT fut accueilli à Uvira le 23 mai par le chef d'état major des forces révolutionnaires Louis BIDALIRA et la population lui fit la fête. Le chef des Bafulero Musa MARANDURA fut nommé président local de la section du Conseil National de Libération.

 

Hangar de SabenaLes Bafuleros contrôlèrent rapidement une partie de la voie routière qui relie Bukavu au port de Kalundu sur le lac Tanganiyka à partir de Kamanyola. Munis d'un Dawa et drogués au chanvre pour se donner du courage, ils s'avançaient en criant « Maï Mulele » comme au Kwilu (eau de Mulele) et les soldats de l'ANC retranchés à Kamanyola dépensèrent inutilement leurs munitions. Bien que l'ONUC ait refusé d'engager ses dernières unités au Kivu, elle accepta de mettre à la disposition de l'ANC du matériel militaire, dont des véhicules blindés, des armes et des munitions. Assisté du col DECOSTER, le col MULAMBA organisa des opérations de rétablissement de l'ordre avec le 8e bataillon d'Infanterie, dont la compagnie du capitaine NDELE qui avait bien ses hommes en main. Comme chaque jour, le colonel DODDS et le capitaine von BAYER se rendirent au QG de la garnison de Bukavu et ils accompagnèrent le major VANGU et le capitaine NDELE sur le terrain. Ils suivirent les opérations de l'ANC à Kamanyola et ils donnèrent des conseils aux officiers congolais. Un tir des mortiers lourds doit être réglé par un observateur qui communique le résultat des tirs, hors les artilleurs de la section de mortiers ANC bombardaient à tort et travers sans se préoccuper d'observer les résultats. A plusieurs reprises, le capitaine von BAYER se chargea de rectifier leur tir. C'était contraire aux ordres reçus du QG/ONUC, mais c'était le seul moyen d'aider l'ANC. Au début, l'officier suédois précisait les objectifs visés en signalant les rassemblements importants de Simba, mais il dut changer de méthode après que le capitaine NDELE lui ait fait remarqué qu'il faisait peur à ses soldats en leur indiquant le nombre d'ennemis qui les entourait. Il se contenta de dire que le tir était bon, qu'il était trop court ou qu'il était trop long. La compagnie du capitaine NDELE progressa en tiraillant vers Luvungi et le capitaine von BAYER grimpa sur le toit d'une habitation pour mieux corriger le tir d'obus de 105 mm. Il communiqua les corrections au colonel DODDS posté près de la position de mortiers. Le col MULAMBA les rejoignit dans la soirée et il les félicita pour leur action. Le lendemain, le capitaine NDELE leur confia un peloton de soldats et une autoblindée Ferret nettoyer la plaine d'aviation de Luvungi et la remettre en état. Ils inspectèrent l'épave du DH Otter de l'ONU qui gisait non loin de là. Cette opération coûta énormément de munitions à l'ANC et le jour suivant, deux Lockheed C-130E Hercules effectuèrent une navette de ravitaillement vers Kamembe pour amener des quelques tonnes de munitions à la garnison de Bukavu. Ils débarquèrent également deux autoblindées supplémentaires. Les qualités STOL de ces appareils leur permirent de se poser sans problème sur la petite piste qui n'était pas prévue pour des appareils aussi lourds.

Défaite de l'ANC.

Le 26 mai, le col DODDS embarqua une nouvelle fois dans le bimoteur Beechraft U-8 de l'US Army pour observer l'activité ennemie dans la vallée de Ruzizi, mais il n'aperçut rien de suspect. Au même moment, le bureau provincial de la Sûreté Nationale à Bukavu avertissait l'administrateur en chef Victor NENDAKA que des membres du CNL assistaient à des séances de films sur les combats et les tactiques de guérilla à l'ambassade de Chine communiste à Bujumbura. Le lendemain, un avion de transport de la Transair Congo qui survolait Lemera essuya un tir d'arme automatique. Le moral de la garnison de Bukavu était au plus bas et le ministre de la Défense ANANY y retourna en compagnie de son conseiller le général LUNDULA. Pendant ce temps, les Bavira et les Babembe, entrés en révolte aux côtés des Bafulero, occupaient Fizi et menaçaient Albertville où Laurent-Désiré KABILA tentait de convaincre les Baluba du Nord Katanga de rejoindre la rébellion avec peu de succès. Un prêtre italien échappé d'Uvira confia au directeur provincial de la Sûreté que les Simba comptaient attaquer Bukavu le 1er juin. Huit camions de transport avaient rejoint Lubarika avec 500 Simba en renfort. Face à cette menace, le QG de Bukavu établit des postes de contrôle sur les axes d'entrées de la ville et l'ANC fut envoyée en opération dans la Ruzizi. Les troupes congolaises progressaient lentement vers Luvungi car le major VANGU devait réoccuper cette localité avec ses hommes et assurer la défense de la piste d'aviation nécessaire aux avions de combat. L'ANC atteignit le carrefour de Lubarika le 30 mai et le major VANGU effectua une reconnaissance avec des soldats et des parachutistes sur la piste secondaire conduisant à ce village. Déployés en tirailleurs, ils parvinrent au centre de Lubarika mais ils furent attaqués par des dizaines de Simba embusqués. Le major VANGU et soixante militaires furent massacrés. Les autres prirent la fuite en abandonnant le lieutenant parachutiste NGWALU qui parvint néanmoins à s'échapper du coupe-gorge et regagner Bukavu après plusieurs jours d'errance. A l'annonce de la mort du major VANGU, les soldats du 8e bataillon d'Infanterie s'écrièrent que pour eux la guerre était finie et qu'ils allaient rejoindre Kamina par le premier avion. La panique devint générale et l'ANC abandonna Kamanyola pour s'enfuir vers Bukavu dans le plus grand désordre.

Le colonel DODDS connaissait la manière de combattre des communistes pour avoir été conseiller militaire en Grèce lors de la guerre civile, puis en Asie du sud-est et il avait été à plusieurs reprises au Kwilu pour observer la tactique de l’ANC face à la guérilla des mulélistes. Il rejoignit le petit aérodrome de Kamembe avec le bimoteur Beechraft U-8 de l’US Army piloté par le major ASHBURY qui resta quelques jours à sa disposition. Pendant ce temps, le représentant civil des Nations Unies KUNITZBERGER alertait par radio le QG/ONUC de Léopoldville car des Tutsi du Ruanda rejoignaient la rébellion du CNL. Photo : Le col Dodds et le cpn von Bayer avec des soldats congolais près du DH Otter de Luvungi

Le col DODDS effectua un vol d'observation au-dessus de Kamanyola avec le bimoteur Beechraft U-8 piloté par le major ASHBURY et il aperçut de nombreux guérilleros retranchés dans les habitations. Des camions Réo M35 fournis par le COMISH à l'ANC avaient été abandonnés par leur chauffeur et certains gisaient dans les fossés bordant la route de Kamanyola. Les soldats refusaient de retourner au front et se saoulaient dans les bars de Bukavu et ceux qui s'étaient réfugiés à Kamembe exigeaient un avion pour retourner dans leur garnison. L'exemple avait été donné par le commandant en second du 8e bataillon qui avait prétexté le décès de son épouse pour rejoindre Kamina à bord d'un bimoteur de Transair Congo. Les Simba s'étant acquis une solide réputation d'invincibilité et depuis le début de la rébellion au Kivu, 400 soldats congolais avaient été tués, blessés ou avaient disparu. La panique s'étendit à Bukavu où le ministre ANANY et son conseiller le général LUNDULA furent menacés d'arrestation par les mutins. Le ministre de la Défense retourna précipitamment à Léopoldville et demanda une aide militaire à l'étranger. Il déclara qu'il ferait passer chaque soldat qui refusait le combat devant le Conseil de Guerre et qu'il n'hésiterait pas à demander la peine maximum. Pendant ce temps, le ltcol MULAMBA qui avait regagné le QG situé sur la presqu'île du lac Kivu, réclamait par radio des renforts supplémentaires au GQG/ANC de Léopoldville car ses troupes l'abandonnaient. Le 1er juin, le colonel BIDALIRA et Antoine MARANDURA lancèrent leurs guérilleros à l'attaque du chef-lieu du Kivu. Il disposait de véhicules civils réquisitionné à la Sucraf et de camions militaires capturés à l'ANC. Deux bataillons de Simba, précédés par un sorcier qui lançait des incantations, progressèrent vers Bukavu à travers les montagnes en hurlant « Mulele maï », mais le colonel BIDALIRA ne réussit pas à forcer le passage car la route vers Bukavu passant par les cols de Nya Ngezi et Nya Kaziba était barrée par les Bashi, ennemis héréditaires des Bafulero. Pendant ce temps, un troisième bataillon de simba s'avançait par la route de la Ruzizi pour s'emparer de l'aérodrome de Kamembe et couper l'ANC de sa base de ravitaillement aérien.

Ce bataillon ennemi fut stoppé à coups de mitrailleuses au poste frontière de Bugarama par la Garde Nationale du Ruanda encadrée d'officiers belges. Suite à la situation, le ltcol LOGIEST, commandant l'assistance militaire belge au Congo chargée d'aider l'ANC, se rendit à Bukavu le 4 juin. Le colonel DODDS invita le chef du CAMAC à embarquer dans le bimoteur de l'ambassade américaine pour effectuer une reconnaissance aérienne sur la Ruzizi. Ils croyaient surprendre les Simba en remontant à basse altitude une des vallées de la chaîne de montagnes, mais ils furent accueillis par un feu nourri d'armes automatique et le pilote remonta immédiatement dans le ciel. La Direction des Transports du GQG/ANC affréta des appareils d'Air Congo pour transporter au Kivu le 13e bataillon d'Infanterie du capitaine POTOPOTO caserné au Katanga. Ces soldats connaissaient la réputation l'invincibilité des Simba et ils se firent tirer l'oreille pour monter dans les avions. Le 8 juin 1964, le général MOBUTU embarqua à Ndjili dans son DC-3 de commandement « 9T-JDM » pour tenter de redresser la situation militaire qui tournait à la catastrophe. Il fut reçu à Bukavu par le commandant du 3e Groupement ANC, le ltcol MULAMBA, et par les autorités civiles. Le commandant en chef de l'ANC s'enferma dans le bâtiment de l'Etat-Major avec le colonel DODDS, le ltcol MULAMBA et les officiers de la garnison pour étudier les moyens de redresser la situation. Les soldats du 13e Bn d'Infanterie qui avaient rejoint Goma en quadrimoteurs DC-4 furent transportés en bimoteurs DC-3 à Kamembe où ils débarquèrent la mine défaite. Ils furent conduits par camions à Bugarama pour être engagés contre les Simba, mais ils effectuèrent une prudente retraite après 500 mètres de progression et se mirent sous la protection des gardes ruandais. Le général MOBUTU décida d'organiser une contre-attaque générale avec les hommes du 13e bataillon d'Infanterie et ceux du major NDELE, nouveau commandant du 8e bataillon d'Infanterie. Pendant ce temps, le ltcol MULAMBA et le cpn von BAYER embarquaient à Kamembe dans le bimoteur DC-3 « UN 219 » loué par l' ONUC à l'armée congolaise. Ils se rendaient dans les localités de Shabunda, Kindu et Kasongo menacées par les hommes de SOUMIALOT pour évacuer le personnel des Nations Unies qui avait reçu l'ordre de quitter le district du Maniéma. A Baka, les pilotes américains Ed DEARBORN et Don CONEY de la CIA furent désignés pour une mission de la plus haute importance : sauver l'ANC du désastre. Ils décollèrent de Baka le 10 juin à l'aube et se dirigèrent vers Kamembe avec leur monomoteur T-28D Trojan armés de mitrailleuses .50 et de lance-roquettes. Il avait fallu obtenir l'accord des autorités ruandaises pour que l'aérodrome ruandais serve de base offensive, mais cela fut réglé sans problème car des Tutsi chassés du Ruanda combattaient dans les rangs des rebelles.

La victoire de Kamanyola.

Les six occupants du DHC Otter rejoignirent à pieds les positions de l’ANC à Kamanyola et ils furent évacués vers Bukavu L’atterrissage forcé fut observé du haut du ciel par le pilote d’un avion de ligne effectuant la liaison Bukavu-Bujumbura qui avertit par radio la tour de contrôle de Kamembe. Les six occupants du DHC Otter rejoignirent à pieds les positions de l’ANC à Kamanyola et ils furent évacués vers Bukavu sous la protection de soldats. Dès leur retour en sécurité, le col DODDS invita ses compagnons d’infortune à sabler le champagne au consulat US car cette mission avait failli se terminer d’une manière tragique.

Photo : Le consul de Belgique, le cpn von Bayer,
le représentant civil de l'ONUC, le ltcol Mulamba (casqué)
et derrière lui, le major

 

Vers 10h00 du matin, les deux avions pilotés par les Américains se posèrent à Kamembe après avoir fait escale à Albertville et le colonel DODDS organisa les missions aériennes. Il installa un poste radio Collins KWM2 à la tour de contrôle pour assurer le contact avec les T-28D en vol et il accompagna les pilotes pour un survol des localités de la Ruzizi jusqu'à Uvira afin de leur indiquer leurs futurs objectifs. Tout véhicule ennemi aperçu sur les axes routiers convergeant vers Bukavu devait être attaqué à la roquette, ainsi que les bâtiments qui abritaient des rebelles. Le 11 juin, quatre raids aériens furent lancés par Ed DEARBORN et Don CONEY dans la vallée de la Ruzizi et ils comptèrent huit véhicules à leur score, puis ils attaquèrent le village de Lubarika. L'habitation du chef bafulero Mussa MARANDURA fut également mitraillée. Gaston SOUMIALOT, président de la section de l'est du Conseil National de Libération, échappa de peu à une attaque aérienne, mais sa voiture fut détruite. Il annonça au nom du CNL que « cinq avions des Etats Unis avaient bombardé ses hommes à Kamanyola, mais que cent mille avions ne viendraient pas à bout de leur résistance ». Malgré ces rodomontades, les raids aériens semaient la terreur chez les Bafulero qui se camouflaient dans la brousse au moindre bruit d'avion. Fort de l'appui aérien obtenu des Américains, le commandant en chef de l'ANC donna carte blanche à ses soldats pour nettoyer les positions rebelles. Le jour « J » de la grande offensive, le général MOBUTU rejoignit Bugarama et il donna l'exemple à ses soldats apeurés en arrosant à la mitrailleuse .30 un groupe de 200 rebelles drogués qui progressait sur la route en criant « Mulele maï ». Il ordonna ensuite un tir de mortiers de 105 mm et de canons SR de 75 mm sur le groupe de Simba qui fut dispersé en laissant de nombreux morts sur le terrain. Les troupes congolaises progressèrent vers Kamanyola et les T-28D appuyèrent leur avance en mitraillant le pont métallique tenu par les guérilleros. Le cpn von BAYER, qui avait connu le pilote Ed DEARBORN au Kwilu, fut invité à participer à une mission aérienne et l'officier suédois aperçut du haut des airs le général MOBUTU et ses officiers qui tentaient vainement de pousser les soldats à l'assaut des Simba retranchés à Kamanyola. L'avion survola Nya Kaziba où des missionnaires catholiques agitèrent des vêtements blancs à leur passage. De ce côté, l'ANC bénéficiait de l'aide de la population locale et près de 700 guerriers bashi pro-gouvernementaux armés de lances ou de massues protégeaient le col de Nya Ngezi, une des voies menant à Bukavu à travers les montagnes.

La ville de Bukavu ne possédait pas d’aérodrome et la plaine d’aviation de Luvungi était un objectif important car le GQG/ANC avait prévu d’y baser les deux monomoteurs T-28D Trojan de contre-guérilla promis par les Américains. Elle permettait également d’assurer le ravitaillement des troupes et l’évacuation des blessés par avions légers. Vers 15h00, le DHC Otter « 303 » de l’ONU effectuait un passage au-dessus du terrain de Luvungi lorsqu’il subit le tir d’une arme automatique. Une balle sectionna la conduite d’huile et Gunnar ELG tenta d’atteindre la piste d’atterrissage pour s’y poser, mais la pression d’huile tomba à zéro et le moteur s’arrêta, forçant le pilote à atterrir sur la route asphaltée large de 6,6 mètres. L’avion heurta un arbre avec son aile droite et termina sa course sur le bas-côté, brisant son train dans le fossé de drainage, tandis que le moteur se séparait de la cellule sous le choc.

Photo : Deux T28 Trojan à Kamembe

Malgré les exhortations du général MOBUTU et des majors NDELE et POTOPOTO, l'offensive avança prudemment et les véhicules transportant les soldats congolais progressaient en marche arrière, prêts à retraiter à la moindre apparition des rebelles. Vers 10h00, les rebelles stoppèrent l'avance de l'ANC dans la vallée par une simple rafale d'arme automatique et les troupiers congolais reculèrent précipitamment à Bugarama pour se mettre à l'abri des positions ruandaise. Vers 14h00 après un repas frugal, le général MOBUTU réorganisa l'offensive vers Kamanyola et il lança ses hommes en direction du carrefour de Nya Ngezi, mais cette position fut jugée défavorable par la troupe pour y passer la nuit et le général MOBUTU fut obligé de retourner une nouvelle fois à Bugarama pour y bivouaquer sous la protection de la Garde Nationale Ruandaise. L'offensive redémarra le lendemain à l'aube et le général MOBUTU fit pilonner les positions ennemies à coups de mortiers, tandis que les T-28D préparaient le terrain. A Luvungi, l'aviation détruisit deux véhicules à la roquette et des concentrations importantes de simba furent dispersées à coups de mitrailleuses. Gaston SOUMIALOT protesta auprès des journalistes pour ces attaques aériennes et il menaça de tuer un Européen d'Uvira à chaque bombardement. Les soldats congolais réoccupèrent Kamanyola après une débauche de munitions et ils s'établirent en position défensive au-delà du pont métallique sur la Luvimvi. Le général avait convaincu ses soldats qu'ils n'avaient pas à craindre les « Dawa » des Simba. Les cases où s'étaient retranchés les maquisards qui se croyaient invincibles brûlaient encore. Les pilotes américains survolèrent ensuite les villages de la vallée incendiés la veille et poursuivirent sans répit leur mission de contre-insurrection à l'affût du moindre rassemblement de rebelles. C'était une zone idéale pour mener une guerre de maquis et les Simba avaient appris à se méfier de l'aviation. Ils circulaient en petits groupes dans la vallée de la Ruzizi et se camouflaient sous les bananiers couvrant les flancs des montagnes. Quelques isolés furent aperçu à Luvungi et les pilotes américains effectuèrent un mitraillage en règle puis ils retournèrent à l'aérodrome de Kamembe pour faire le plein de munitions. Le 13 juin, le général Joseph-Désiré MOBUTU annonça à Bukavu la « victoire » de l'armée congolaise à Kamanyola. Il ajouta que la situation militaire était rétablie et que l'ANC reprendrait bientôt Uvira.

En réalité, c'était grâce aux raids aériens effectués par les pilotes de la CIA qui avaient semé la terreur chez les Bafulero. Dans l'après-midi, le commandant en chef de l'armée congolaise fut escorté à Kamembe où il embarqua dans son bimoteur de commandement « 9TJDM ». Lors de son départ, le commandant en chef de l'ANC fut salué par le ltcol MULAMBA et le col DODDS pendant qu'une garde rendait les honneurs. Il fit escale à Elisabethville pour rendre visite au général-major BOBOZO, chef du 4e Groupement de l'ANC couvrant le Katanga. Le lendemain, il rejoignit Léopoldville pour annoncer au gouvernement la victoire de Kamanyola. Un communiqué triomphal fut lancé sur les ondes de la radio nationale, mais la révolte des Bafulero n'était pas vaincue. Pendant ce temps, la rébellion s'étendait au Maniéma où le colonel OLENGA s'emparait de Kabambare à partir de Fizi. Le 19 juin suivant, les Simba s'emparaient d'Albertville et occupaient l'aérodrome. L'avion d'Air Congo effectuant une liaison régulière avec cette localité portuaire fut accueilli à coups de fusils. La garnison de l'ANC n'avait opposé aucune résistance et celle de Baudouinville proposait de livrer la localité aux rebelles du CNL « pour éviter de faire couler le sang ». Le 24 juin 1964, Gaston SOUMIALOT arriva à Albertville par la route, escorté par les Simba du major BUBU, un Ankusu sourd et muet originaire du Maniéma qui lui servait de garde du corps. Il fut reçu dans la ville avec les honneurs militaires par le colonel OLENGA. Le 11 juillet, Gaston SOUMIALOT donna pour instructions au colonel OLENGA d'occuper le district du Sankuru, de s'emparer de Kindu, chef-lieu du district du Maniéma, puis de Stanleyville, chef-lieu de la province du Haut Congo. Les rebelles volaient de victoire en victoire et le 15 juillet, Nicolas OLENGA occupait Kasongo. Le 21 juillet, Gaston SOUMIALOT formait un gouvernement du CNL à Albertville et se donna le titre de président de la section de l'Est du CNL, qu'il cumula avec la fonction de ministre de la Défense Nationale, tandis que Laurent-Désiré KABILA recevait le poste de vice-président. Trois jours plus tard, la ville de Kindu était capturée par les partisans du CNL et Nicolas OLENGA s'auto-promut général major.

Vers 10h00 du matin, les deux avions pilotés par les Américains se posèrent à Kamembe après avoir fait escale à Albertville

Photo : Kamembe