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SPECIAL - 24 MAl 1978

9 JOURS SHABA

Les «gendarmes Katangais» avec leur chef le «général» N'Bumba.

SAMEDI 13 MAI

A 5 h 30 du matin, on entend des coups de reu autour de l'aéroport de Kolwezi et de Mutoshi. Selon des sour­ces officielIes, il s'agit de manreuvres. Un premier contact est pris avec la Gécamines à Kolwezi d'ou il apparaît que le centre de la ville est calme. Néanmoins un avion survole l'aéroport et découvre avec la stupeur que l'on devine que le terrain d'aviation est occupé par les rebelles. Les nouvelles vont déjà très vite. Des précisions arrivent: les envahisseurs utilisent un arme ment lourd. lis disposent sur l'aéroport de 6 macchis, 2 alouettes, I puma et 6 cessnas. On parle de l'arrestation de 7 Européens. Néanmoins, les communi­cations avec la Gécamines soul intactes. A ce moment-l à, le président Mobutu reçoit les ambassadeurs des Etats-Unis, de France et de Chine. Le bataillon de paras zaïrois est" placé en état d'alerte. Mais aucune demande d'aide militaire n'est formulée. Les Américains observent une attitude expectante.

DIMANCHE 14 MAI

Le gaz et l'électricité soul coupés à Kolwezi, maïs l'on pense pouvoir rétablir le courant. Le vieux Kolwezi est occupé par les rebelles. Les Blancs soul assignés à résidence. Au début de la journée, on estime encore que les rebelles ne soul pas bien organisés. Mais rapidement l'on s'aperçoit qu'ils structurent leur action en s'attaquant.au pont qui relie l'ancienne et la nou­velle cité. De même, ils occupent la route Kolwezi-Likasi. Dès ce moment-là l'éventualité d'une évacuation est envisa­gée.

LUNDI 15 MAI

La situation se dégrade. L'atmosphère tourne à l'énervement. Les bruits alar­mants circulent: trois tués parmi les Européens, puis cinq autres. Les rebelles manifestent une xénophobie évidente.

MARDI 16 MAI

L'armée zaïroise lâche des parachutis­tes sur Kolwezi. Les combats sont enga­gés maïs la situation n'est pas claire. Les informations reçues à Bruxelles soul contradictoires et on ne sait pas encore si l'armée zaïroise a repris Kolwezi ou non. On apprend la mort de 10 ou 11 Européens. La Croix-Rouge est prête à intervenir. Les Zaïrois demandent une aide en matériel militaire.

MERCREDI 17 MAI

Un dernier contact radio est établi par la Belgique avec Kolwezi. Toute l'horreur de la situation s'en dégage: la ville est eau et sans téléphone. Denombreux Blancs sant fait prisonniers ou tués. La «chasse aux Blancs» s'organise. A Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères, Henri Simonet, fait, devant la Chambre, une déclaration qui confirme le caractère confus et préoccu­pant de la situation. Le ministre fait également état d'une chasse à l'Européen et il laisse entrevoir l'hypothèse « la pire », dit-il de procéder d'urgence à une évacuation de la population euro­péenne de Kolwezi. Le soir même, au cours d'un cabinet de crise ou seul le ministre de la Défense nationale, Paul Vanden Boeynants, sans semble garder sou sang-froid, alors que le ministre Volksu­nie du Commerce extérieur, Hector De Bruyne, teute de s'opposer à toute inter­vention au Zaïre, la décision est enfin prise d'intervenir. Les paras belges sant mis en état d'alerte.

JEUDI 18 MAI

Dans l'après-midi, à Stuttgart, a lieu une réunion de coordination militaire entre les Français, les Belges, les Anglais et les Américains. On convient de ne ri en faire unilatéralement, sans prévenir les autres. Toutefois, jeudi soir, les auto­rités apprennent que les Français « drop­peront » leurs paras Suf Kolwezi vendredi après-midi. Surprise. Cabinet de crise vendredi matin. Tindemans télé­phone à Giscard et Van den Boeynants à sou homologue Bourges. Finalement, on se rend compte que les Français disposent d'une souplesse de manreuvre plus grande que les Belges en raison du fait que leurs hommes peuvent à la fois décoller de Calvi, en Corse, et du Tchad, ce qui les rapproche évidemment du Zaïre. Toujours est-il que ce a; jeudi à 13 h nos paras décollent de .3 Bruxelles pour Kamina. Mais pour y arriver la Belgique a dû passer par les arcanes de la diplomatie et demander toute une série d'autorisations de survol de pays étrangers.

VENDREDI 19 MAI


Après avoir permis aux troupes de récupérer leurs 20 h de vol, la Défense nationale donne l'ordre à 20 h 30 d'opérer un « dropping» sur Kolwezi samedi à l'aube. Déjà à ce moment-là l'opinion publique ne comprend pas pour­quoi, s'agissant du Shaba et de nos res­sortissants, ce ne sant pas les Belges qui sant arrivés les premiers.

SAMEDI 20 MAl

Le ministre FDF de la Coopération au développement félicite publiquement la France pour la rapidité de son inter­vention. De son cöté, un communiquédu Psb se montre particulièrement sévère à l'égard de l'attitude française. Il reste que les paras belges commencent à organiser le rapatriement de ceux de nos ressortissants qui ont survécu aux scènes de carnage dont on commence à découvrir toute l'horreur.

DIMANCHE 21 MAI

L'opération rapatriement s'achève. an a le sentiment que les rebelles ont défini­tivement quitté Kolwezi. Le Premier mi­nistre Tindemans annonce qu'il fera le lendemain, lundi, devant le Parlement, une déclaration. Mais en même temps, il prévoit un nouveau cabinet de crise pour lundi soir. En fait, la question est de savoir si l'action des militaires belges se terminera comme prévu dans le délai de 72 heures. Aucune réponse c1aire n'est apportée dimanche à cette question.

Honte sur nous !

André Sittinger et Emile Lecerf (en page 27) ont. écrit leur article sans se concerter. Ils avaient trouvé, cbacun, à peu près le même titre: un sentiment de honte qui, joint à la colère, traduit la réaction de la majorité des Belges. C'est pourquoi nous les avons conservés.

Combien de morts? Combien de femmes et de jeunes filles violées? Combien d'enfants assassinés?
Combien de millions de francs, puis­que en cette période de crise, nous devons aussi faire d'autres comptes, puisque pour payer les chômeurs immigrés,- nous devons limiter les actions des sauveteurs à 72 heures et comptabiliser les interventions humanitaires de nos paras, combien de millions, donc?
Combien de millions, puisqu'il faut bien le dire, combien de millions que les princes qui nous dirigent ne pourront offrir en toute gracieuseté aux communistes d' Indochine ou à des rois nègres?
Combien de millions ne pourra consacrer le gouvernement de notre pays aux vieux de chez nous? Combien de millions ne pourra-t-il mettre à la disposition de journaux agonisants faute de lecteurs? Combien de millions que nos ministres ne pourront allègrement flanquer par les fenêtres de plus en plus béantes de notre pays?
Aucun.
Aucun car le sang des Belges ne coûte rien.
Aucun car, d'une façon ou de l'autre, les contribuables le paieront.
Aucun, l'honneur de nos soldats ne coûte rien.
Honte Sur nous!

Nous avons abandonné le Congo; nous lui avons donné une indépendance factice, illusoire et utopique. Nous avons cru, en bons Belges imbéciles que nous sommes, que tout se passe­fait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Quand le dernier carré katangais s'est dressé contre la subversion, nous n'avons rien fait pour l'aider et nous avons assisté, heureux et satisfaits de la «justice internationale», à l'exécution de ses arrêts.
Dites-moi donc que ce n'est pas vrai. Vous, les gens du P.S.B., qui faisiez afficher ou chauler par vos militants ­«Pas un homme, pas un franc pour le Congo» (maïs vous couriez, en ce terrible été 1960, les permanences de toutes les autorités pour avoir des nouvelles de vos familIes).
Démentez-moi, vous, les bons socialos et démo-chrétiens: en 1964 non plus, il n'était pas question d'un soldat, ni d'un franc pour le Congo. Tshombé revenait au pouvoir et vous l'a­breuviez d'insultes dans vos journaux mais, en secret, vous vous réjouissiez de voir remonter en bourse les cours de vos Uniön Minière. Il y eut Stanleyville. Et Paulis.
De bons journaux publièrent des photos terribles. La R.T.B. prévint des spectateurs que les images seraient insoutenables. Et vous avez frémi.
Bien sûr, vous avez frémi et vous avez tremblé, un peu, en vous demandant: «Et si cela m'arrivait, à moi?». Peut-­être avez-vous évoqué - avec quelles pensées? - la possibilité du viol de vos femmes, celui de vos maîtresses, peut­être.. ..
Vous êtes, messieurs, de beaux salauds.
Vous avez droit à des explications. Je vous les donne.
Depuis plus de quatre-vingts ans, messieurs les socialistes, vous n'avez cessé, au nom d'une idéologie toujours démentie par les faits, de donner raison aux gens de couleur contre les hommes de volte race.
A chaque fois que l'occasion vous fut offerte, vous avez accablé vos concitoyens, les «coloniaux» et «colonialistes».
Passons quelques années. Lors de la «Tablie Ronde» - et même avant un des plus illustres des votres fit l'éloge des Noirs et le procès des colonisateurs. Il fallait, disait-il, «donner toutes les clés» aux Noirs.
Toutes les clés... j'ose à peine ironiser sur le terme.
Vous connaissez, comme moi, la suite mieux sans doute, car moi, j'ai vécu les évènements avec le nez dessus.
Des hommes massacrés, des femmes violées, des enfants assassinés…Mais il ne s'agissait que «d'erreurs de jeunesse». La démocratie devrait vaincre et quand le Katanga se dressa seuI contre la subversion communiste, vous vous empressätes, camarades, de soutenir l'action des assassins de l'ONU.
Il faut bien, n'est-ce pas, faire régner l'ordre.
Le départ des mercenaires du «machin » vit la naissance de nouveaux troubles dans la démocratie utopique née de votre cerveau malade.
Pour la deuxième fois, mes camarades parachutistes ont sauté pour sauver des Européens.

Trop tard. Des otages jonchaient les rues de Stanleyvilleet des mois plus tard, nous en avons retrouvé dans les  lacs et les mares de Paulis (ceux qui avaient été jetés dans le fleuve avaient disparu, les crocodilles ne font pas grève, eux).
Combien de morts, grâce à vous? Mais non, vous n'y êtes pour rien. Il s'agissait des soubresauts d'une démocratie naissante. ", ,.
Je retiens cependant un crime: l’arrestation et l'assassinat de Moïse Tshombe, le seul Noir; peut-être, qui ait jamais cru en la bonne foi des Blancs. Je n'en dirai pas plus. Vos amis algériens vous l'expliqueront mieux que moi.
Et puis le Zaïre retrouva un semblant de calme.
Mieux valait y croire. ,Cela arrangeait tant de choses.
Une alerte l'année dernière. Mais on allait arranger tout ça.
Et maintenant?
Maintenant. Je vous l'ai dit. Plus de trois cents morts, plus de cent femmes violées par des macaques, Des enfants massacrés. Le fruit de plusieurs années de travail détruit ou noyé. Des réfugiés hagards, épuisés, des existences détruites...
J'ai parlé de millions, je le regrette. J'ai honte.
J'ai honte de parler argent. Des choses pareilles n'ont pas de prix. J'ai honte pour vous, messieurs du gouvernement, qui avez hésité, tergiversé, soupesé les arguments de la gauche avant de faire donner nos parachutistes.
J'ai honte, messieurs-camarades, car les dangereuses rêveries du parti socialiste out prévalu pendant quelques heures - peu, mais trop - alors qu'il fallait agir vite. Vous vous êtes attardés, messieurs, à écouter des dévoyés de la pensée alors qu'il eût fallu agir en gouvernants.
D'autres ont payé. Pas avec votre sang. lIs ne reviendront jamais au pays pour les prochaines élections.
Dommage. Mais vous ne le regretterez pas trop sans doute.
Mais en attendant, vos, camarades du parti socialiste, qui vaticinez dans vos feuilles, vous les gens du P.C. vendus à Moscou, vous les faux intellectuels de la pseudo-démocratie chrétienne, je vous le dis: j'ai honte d'a­partenir à vos semblables. Vous avez déshonoré une nation. Des choses pareilles se paient un jour ou l'autre. Je souhaite être présent lors de ce règlement qè comptes.

A. SITTINGER .