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Cuivre : pessimisme

Au-delà des conséquences dramatiques pour le Shaba, c’est toute l'économie zaïroise et un pan de l’économique mondiale qui sont touchés.

IL faudra quelque temps encore avant de connaître l'ampleur des dégâts effec­tués aux installations de la Gécamines à Kolwezi par les rebelles. Une équipe d'ingénieurs et de techniciens est sur place et devrait, le plus vite possible, mesurer le temps nécessaire à la remise en route du complexe minier après le remplacement éventuel ou la réparation de certains équipements, et, par la même occasion, chiffrer les pertes que les événe­ments font encourir à l'économie zaïroise.

Le pessimisme règne. Les témoignages des réfugiés sont unanimes: l'arrêt des pompes, suite aux coupures d'électricité a noyé les mines souterraines, entraî­nant peut-être des dégâts supplémen­taires. Et les déprédations diverses ris­quent d'être très importantes. D'autant qu'une certaine complicité de la popula­tion civile employée à la Gécamines a dû permettre aux rebelles de mesurer les conséquences de leurs actes.

Une chose est certaine: le Shaba étant le coffre-fort du Zaïre, les rebelles en out cassé la clef en attaquant Kolwezi et en vidant la ville de ses habitants: même si les dégäts s'avéraient, ce qui semble peu probable, rapidement réparables, les machines ne peuvent fonctionner s'il n'y a personne pour les faire tourner. Et, d'après les témoignages des rapa­triés, pile d'entre eux sont disposés à repartir dans l'immédiat, et même plus tard, si les conditions les plus élémen­taires de sécurité ne leurs sont pas ga­ranties. Mais auront-ils le choix? Les coopérants out signés leur contrat avec la Gécamines et, s'ils préfèrent rester ici, ils devront sans doute donner leur démission eux-mêmes avec tailles les con­séquences que cela comporte, y compris au niveau du reclassement dans l'écono­mie belge. Aussi, pour certains coopé­rants qui ne sont plus tout jeunes, le dilemme est-il dramatique. En outre, si l'on parle surtout des morts d'Euro­péens il est déjà c1airement établi que les pertes en vies humaines de la popula­tion zaïroise de Kolwezi, presque tout employée à la Gécamines sont énormes. Beaucoup de Zaïrois avaient acquis là une certaine spécialisation: on ne les remplacera pas au pied levé... Et, pour tourner normalement, la Gécamines uti­lise environ 3.000 cadres européens et près de 30.000 ouvriers et employés zaïrois !

Aussi, pour l'Etat zaïrois, dont l'éco­nomie accuse des signes de faiblesse évidents, l'épopée de Kolwezi risque d'être la goutte d'eau qui fera déborder le vase. « C'est dramatique » reconnais­sait le président Mobutu mardi dernier. Qu'on en juge: avec près de 500.000 ton­nes de cuivre par an, le Zaïre est le le sixième producteur mondial (11 p.c. du métal rouge extrait dans le monde) et le troisième exportateur.
Kolwezi, en produit près de 70 p.c. et la Gécamines a produit, en 1977, 470.000 tonnes.
Mais le cuivre n'est pas la seule res­source du Shaba: 65 p.c. de la pro­duction mondiale du cobalt, métal très précieux pour l'industrie de pointe (par exemple, 75 p.c. du cobalt utilisé aux Etats-Unis pour la fabrication d'alliages viennent du Shaba) proviennent de la Gécamines qui produit 15.000 tonnes par an. La moitié des réserves mondiales de cobalt appartiennent au sous-sol de Kolwezi.

Le P 2

Et ce ne sont pas les seules richesses de la cité minière. On y trouve: zinc (70.000 tonnes), étain, uranium, germa­nium, platine, cadmium, argent etc... Mais le cuivre et le cobalt procurent, à eux seuls, 70 p.c. des recettes d'expor­tation du Zaïre et 50 p.c. de la totalité des revenus du gouvernement. D'autant plus facilement que la rentabilité est évidente: 60 p.c. de l'exploitation de ces minerais se fait dans des carrières à ciel ouvert. Ce qui explique les hésita­tions actuelles des experts à se prononcer sur les dégâts. Alors qu'on est certain que les mines souterraines sont noyées, il n'est pas dit que les carrières soient inutilisables pour le moment. D'autant que les rebelles semblent avoir surtout attaqué le « P 2 »: c'est dans le nouveau quartier de Kolwezi destiné aux Européens chargés de mettre en oeuvre. Ce nouveau programme que les pires atrocités ont été commises. Et ce sont les installations récentes en cours de construction du « P 2 » (pro­gramme 2) auxquelles les rebelles ont opéré le plus de dégâts.
- Ils ont voulu gêner l'achèvement du plan qui porte mon nom (le P 2), affirmait mardi dernier le président Mobutu.
De quoi s'agit-il? Le deuxième plan quinquennal de la Gécamines 1975­-1979 prévoit l'installation d'une carrière de concassage, d'un concentrateur, d'ins­tallations de réception et de préparation de concentrés sulfurés, d'une usine à acide sulfurique, d'une usine d'électro­raffinage, d'une usine à oxygène, d'instal­lations de traitement des eaux, et de fabrication de béton, d'un troisième four à chaux. Le but? Accroître de 100.000 tonnes la production de cuivre et de 6.000 tonnes celle du cobalt.
- Le programme devait être mis en route l'année prochaine, explique-t-on à la Société générale des minerais, filiale de la Société générale, spécialisée dans la commercialisation des non ferreux et anciennement agent commercial de I'Union minière. La filiale engeneering de la SGM, Mechim est chargée de la mise sur pied de l'électrolyse. Démarré il y a deux ans et demi, le P 2 devait se consacrer particulièrement aux catho­des de bonne qualité, et est financé notamment par la Banque Mondiale, la Banque européenne de développement et la Banque arabo-lybienne.
Mais les considérations immédiates priment pour I'instant. Les volontés d'autolimitation de leurs productions par les pays du Cipec (essentiellement le Zaïre, la Zambie, le Chili, le Pérou et les Philippines) n'ont jamais atteint la baisse de production imposée au Zaïre aujourd'hui. De 500.000, le pays passera d'un seul coup, d'après les pre­mières évaluations superficielles, à 150.000 tonnes, selon le président Mobu­tu. Malgré la légère hausse provoquée im­médiatement sur le marché de Londres (London Metal Exchange), cela ne pourra en rien arranger les conséquences de la situation économique du Zaïre. Qui pâtit largement des caprices du métal rouge. Celui-ci, après avoir connu un boom extraordinaire en 1974 est retombé brus­quement,à un niveau jamais atteint. En cause: la crise économique du monde occidental et la réduction sensible de la demande. Aussi, les pays producteurs, qui avaient consenti d'importants inves­tissements se sont-ils retrouvés devant une situation quasi-insoluble. Et l'idée d'un Opep du cuivre, intitulé Cipec a rapidement fait sou chemin. Malgré leur volonté de se protéger contre les varia­tions du cours du cuivre, les pays pro­ducteurs ne soul pas encore arrivés à une solution valable. Comment réaliser l'équilibre mondial entre l'offre et la demande? Agir Sur la demande semble utopique. D'autant que le pétrole béné­ficie de l'absence de matériaux de substitution, de matériaux secondaires et d'éléments perturbateurs, ce qui n'est pas le cas pour le cuivre. Enfin, depuis un an environ, les membres du Cipec tentent de régulariser leur production ou leurs exportations. L'idée a fait sou chemin et certains pays out déjà com­mencé à agir. Ainsi, la Zambie, qui devait en outre affronter des problèmes de transport, a diminué sa production de 15 p.c., tandis que le Zaïre a imaginé la solution d'acheter à la toute puissante London Metal Exchange, dont les stocks dépassent les 500.000 tonnes, du cui­vre destiné à ses clients contractés. Mais les circonstances présentes ne pourront probablement pas lui éviter une décla­ration de force majeure susceptible d'entraîner un effet de sou tien des cours.
Entretemps, la Cnuced poursuit sou travail d'élaboration d'un organisme intergouvernemental permanent du cui­vre, groupant producteurs et consom­mateurs dans le but d'obtenir une stabi­lisation des cours. Avec, cette fois l'espoir d'une réussite! Deux conférences précédentes ont déjà échoué, en mars et en décembre 77, à cause du désaccord fondamental entre les producteurs et les principaux consommateurs. Les pre­miers souhaitant que le fonds commun créé pour favoriser la stabilisation de dix matières premières aussi différentes que le cuivre et les bois tropicaux servent à la dotation d'une banque inter­nationale dont les capitaux seraient sous­crits par les pays participants et qui jouirait d'une certaine autonomie. Les seconds préférant en revanche, que le fonds commun ne soit qu'un pool finan­cier dont les recettes devraient équili­brer les dépenses par un mécanisme de vente et d'achat des stocks régulateurs.
Les pays consommateurs refusaient jus­qu'à ce jour l'alimentation de ce fonds par des dotations autres que celles des comités consacrés à la stabilisation d'une matière première. Mais Gamani Corea, secrétaire général de la Cnuced s'est déclaré optimiste à la suite de nombreux entretiens avec les pays con­sommateurs: il pourrait y avoir des concessions. De plus, des dirigeants de banques de plusieurs pays out indiqué que si leurs gouvernements étaient décidés à aboutir à une solution, ils seraient disposés à octroyer des prêts à des taux préférentiels. Les chiffres de 5 milliards de dollars pour le fonds, dont 10 p.c. seraient souscrits par les gouvernements, 30 p.c. par les conseils de stabilisation et le reste par les ban­ques et les institutions financières inter­nationales out déjà été avancés.

La Belgique, elle aussi

L'aboutissement de ce projet pourrait considérablement aider le Zaïre. Car même en faisant abstraction des cir­constances actuelles, le pays se trouve gêné aux entournures: malgré plusieurs demandes, la convention de Lomé a refusé d'inscrire le cuivre Sur la liste des produits susceptibles de bénéficier du mécanisme de garantie des recettes d'exportation appelé « Stabex » et la fermeture, suite à la guerre en Angola, du chemin de fer de Benguela, princi­pale voie d'acheminement vers la mer des minerais du Shaba oblige à emprunter
La « voie nationale» jusqu'à Matadi de douze, la durée du transport a passé à 45 jours. Et les trois autres voies utilisées actuellement, vers Dar-es-Salam, vers l’Afrique du Sud et vers le Mozambique placent les convois dans une situation périlleuse: le sabotage des voies de chemin de fer n'existe pas que dans les westerns...
Il reste que la Belgique, elle aussi risque de pâtir des retombées de guerre du Shaba, En effet, lors de
création de la Sozacom, organe de commercialisation de la Gécamines, en 1974 celle-ci a maintenu certains des contrats signés avec la SGM lors de la création lors remplacement de I'Union minière , 1967. Le volet technique qui concerne, une convention d'assistance pour les études, l'engagement de personnel et les approvisionnements appartient toujours à la SGM qui en outre exécute les opérations commerciales décidées par la Sozacom, tandis que l'usine d'Olen de I'entreprise Hoboken Overpelt dont la capacité globale de raffinage est ( 300.000 tonnes pour le cuivre et cobalt a continué à raison de 40 p.c. travailler du minerais zaïrois. Sur les 450.000 tonnes de cuivre produits ( moyenne au Zaïre, 225.000 tonnes, « wire bars» livrables à la clientèle étaient commercialisées directement par le pays. Le reste passait par les usine de raffinage d'Olen. Mais depuis leu problèmes de devises et de transport en 1976, les dirigeants de la Gécamines tout en maintenant les niveaux de production du cuivre, ont diminué ( 100.000 tonnes celle de ware bare, les 125.000 tonnes de différence étant traitées à façon à Olen pour la Sozacom de plus, c'est la SGM qui finance les produits de la Gécamines depuis 1967 la SGM verse une avance de la valeur de ces produits avant leur embarquement dans les ports africains. Aussi tant au niveau d'Olen qu'à celui de SGM, l'interruption de la production de Kolwezi risque d'avoir des conséquences très lourdes,
Les rebelles du Shaba, en visant Gécamines, ont visé juste: c'est tout un pan de l'économie mondiale, en plus des fondements de l'économie zaïrois qui risque de s'écrouler.

Martine Vanden Driessche

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