Kolwezi

1978

Kolwezi 1978

Special Kolwezi 1978

Nous vous présentons la nouvelle page de Kolwezi que mon mari a fait a voir via cette page ci la vidéo un reportage unique grâce aux photo exclusive du photographe de l'armée.
Tous ces articles sont paru dans des hebdomadaires et m'envoyer via mail.Si il y a copywright prière de m'en avertir si possible j'a mentionner l'auteur ou la source. Si vous voyez un article qui ne correspond au copywrigt merci de m'en avertir svp.

La honte d'être belge

La honte d'être belge... Je l'ai éprouvée en recevant ce coup de téléphone d'un ami, journaliste parisien. Il ne comprenait pas. Il m'a dit à peu près: «Qu 'est-ce qui se passe avec les Belges? Que Marchais et Mitterrand aient adopté l'attitude qu'i!s ont adoptée, personne ne peut en être étonné mais I'attitude des Belges nous en fiche un coup». Cette honte, je l'ai ressentie bien davantage encore lors du retour des rescapés du massacre du Shaba. Leur opinion était unanime : «Merci aux Français». Pourtant, i! y avait des paras belges au Katanga maïs ce sant les Français qui ont sauvé toutes ces vies. Les propos de certains réfugiés belges à Zaventem étaient tellement durs pour le gouvernement belge que la R. T.B. a préféré les couper. Le lundi 22 mai, dans son journal de 19 heures 30, la télévision belge a donné quelques-unes des interviews réalisées à Zaventem par Luc Beyer. Aussitôt après, sur Antenne-2, à la TV française, à 20 heures, d'autres interviews de Luc Beyer passaient, beaucoup plus dures.

Les complices des assassins

Tous les réfugiés affirmaient que; si les paras français étaient venus vingt-quatre heures plus tard, tous les Européens seraient..tombés victimes de la folie meurtrière noire.
Cela signifie que, si les paras étaient arrivés vingt-quatre heures plus tôt, nombre de vies humaines auraient été épargnées. Or il ne fait aucun doute que, malgré les explications embarrassées de M. Tindemans devant le parlement, les paras belges auraient pu intervenir plus t6t. Nous y reviendrons. En attendant, c'est ici qu'il convient de parier de ces gens qui ont défilé dans les rues de Bruxelles avec des slogans du genre: «Pas un para pour le Shaba!». lIs groupaient en gros la LR.T. (Ligue révolutionnaire des Travailleurs), le C.N.A.P.D. (Oxfam), les Jeunesses communistes, etc. Si on les avait écoutés, tous les Européens de Kolwezi auraient été massacrés. Comment, dès lors, les qualifier sinon de complices des assassins? Par cette attitude, ces gens se sont retranchés de la communauté nationale. Aveuglés par leurs obsessions idéologiques, ils ont perdu tout sens de l'humain. I1 ne faut pas non plus oublier la prise de position du P.S.B. qui estimait que le largage des parachutistes risquait de mettre des vies en danger alors que l'avis des réfugiés est unanime: sans les paras, tout le monde était massacré ei, si les paras avaient sauté plus t6t, bien des vies huinaines auraient été épargnées. Or les réfugiés étaient, eux, sur place. lIs ne siégeaient pas confortablement dans les bureaux du parti socialiste au boulevard de l'Empereur. On touche ainsi directement du doigt à quelles aberrations la passion partisane peut conduite des hommes qui assument pourtant de graves responsabilités puisqu'ils siègent au gouvernement. Il est certain que nos paras auraient pu, tout comme en 1964, à Stanleyville, sauver les Belges du Shaba. lIs ne sont pas en cause. lIs dépendaient des décisions politiques prises à Bruxelles. En apprenant que les paras du 2e régiment étranger de parachutistes faisaient pratiguement tout le travail, ils ont dû, eux aussi, éprouver un sentiment de colère et de gêne (cela se sentait chez. ces garçons courageux lors de leur retour à Melsbroeck: en 1964, leurs aînés étaient revenus en héros; eux, ils revenaient en infirmiers. Et pourtant, ils auraient pu faire aussi bien. Quant à la décision politique qu'ils attendaient, nous y reviendrons car c'est là que se trouve le nreud du problème.

Katangais et «Katangais»

Auparavant, il faudrait revenir à la question du Katanga, dit Shaba. Quand le Katanga de Moïse Tshombé revendiqua son indépendance, I'O.N.U. n'hésita pas à y envoyer des troupes pour mater ce qu'elle appelait la sécession. Pourtant, à l'époque, il s'agissait de Katangais qui se trouvaient dans leur propre pays et qui entendaient y disposer d'eux-mêmes selon le sacro-saint principe agité pour accorder l'indépendance même à de minuscules tribus dont .personne n'a jamais entendu parler. Cette fois, en 1978 il s'agissait bien d'envahisseurs puisqu'ils venaient de Zambie. Qu'ils fussent katangais, rien ne le prouve: ils étaient trop jeunes, souvent, pour être les «gendarmes» rescapés de 1964. lIs pouvaient très bien appartenir à la même ethnie, les Lundas, que les Katangais puisqu'elle s'étend des deux cötés de la frontière, donc aussi en Angola. Ils faisaient donc parfaitement l'affaire pour accréditer le subterfuge. Par ailleurs, de ces «Katangais» prisonniers avouèrent qu'ils étaient accompagnés par une compagnie motorisée cubaine maïs qu'elle avait disparu dès l'arrivée des paras français. On ne peut donc nier que l'on se trouvait bien en présence d'une invasion. Et l'O.N.U. ne bougea pas.
Le problème katangais se pose depuis l'accession du Congo à l'indépendance. Après la défaite de Tshombé, pour échapper au massacre, nombre de gendarmes katangais passèrent en Angola, alors encore colonie portugaise. lIs étaient trois mille, quatre mille... II se fait que le hasard m'a permis de les connaître assez bien. lIs servaient dans l'armée portugaise et ils donnaient la chasse aux bandes du M.P.LA. dont ils sont à présent les alliés. Leurs représentants à Bruxelles, d'anciens fidèles de Tshombé, proclamaient leur amitié pour les Belges en qui ils voyaient leur seule chance de salut. II avaient un plantout prêt pour le jour ou, ces gendarmes exiIés aidant, ils reprendraient le pouvoir dans leur pays: ils souhaitaient des investissements belges et une présence technique beIge importante. «Tout ce que nous demandons, disaient-ils, c'est que vous fassiez travailler nos gens et que payiez vos impöts. Nous comprenons fort bien que les Belges qui viendront travailler chez nous exigent des garanties de sécurité. Aussi serons-nous prêts à signer avec la Belgique un accord qui autoriserait la présence permanente de troupes belges à Kamina»: Selon la ligne politique de leur ancien patron, Moïse Tshombé, ces dirigeants Katangais étaient farouchement anticommunistes. Pourtant, après le putsch de Lisbonne et la livraison de l'Angola, par les Portugais, à Neto et aux bandes du M.P.LA., certains de ces responsables congolais partirent pour l'Angola. J'ai eu, à l'époque, certaines conversations avec eux. En réalité, l'idéologie les préoccupait fort peu. Ils l'adaptaient plus ou moins à leur interlocuteur beIge. Ils étàient avant tout conduits par le désir de rentrer dans leur pays, d'y ramener leurs frères et leurs cousins exilés et d'y prendre le pouvoir. La conscience tribale avait pour eux beaucoup plus d'importance que nos options idéologiques et philosophiques européennes.

Les Blancs transformés en gibier

Ils furent d'ailleurs pris de vitesse par deux autres mouvements qui, grace à Neto, s'emparèrent, à leur place, du contrôle des gendarmes katangais d'Angola: le F.N.L.C. et le M.A.R.C. Cette fois, il ne s'agissait plus d'anciens de Tshombé mais d'universitaires, adversaires deMobutu, dont les options penchaient nettement à gauche, au point que l'adresse parisienne de l'un d'eux était celle du P.S.U. Ce sont eux qui se sont fait, en mai 1978, les porte-parole des envahisseurs du Shaba, qualifiés globalement, pour les besoins de la cause, d'«exgendarmes katangais», afin de donner l'impression qu'ils s'agissait simplement de braves Katangais soucieux de regagner leur pays. A l'heure cubaine en Afrique, on tentait d'accréditer une sorte de mythe tshombiste pour brouiller les cartes et faire avaler la pilule. Sans les massacres, l'équivoque aurait d'ailleurs subsisté.
Mais il y a eu les massacres... A Stanleyville, ce furent des mulelistes d'extrême-gauche qui se livrèrent à de sauvages massacres de Blancs. A Kolwezi, ce furent des Katangais, manipulés par le communisme,qui se rendirent coupables d'horreurs au moins égales, sinon pires et' maints réfugiés affirmèrent que des soldats zaïrois s'étaient gaiement joints aux pillages et aux exactions. La «chasse aux Blancs» avait, dans les deux cas, commencé très rapidement et elle se traduisit par des actes de barbarie et de sauvagerie qui rappellent ceux qui caractérisèrent l'indépendance congolaise en 1960: hommes égorgés, femmes enceintes éventrées, femmes violées, massacres collectifs, etc. Valéry Giscard d'Estaing a demandé aux Français de ne pas avoir d'arrière-pensées racistes dans ces circon stances maïs on peut se demander si les chasseurs et massacreurs de Blancs ne faisaient pas preuve de racisme et on est bien forcé de se dire que Pon se trouve en présence d'un aspect permanent de la négritude. A ce propos, il est navrant de retrouver continuellement les mêmes scènes à notre aéroport national: le retour de rescapés, traumatisés, ayant encore dans le regard les scènes d'horreur qu'ils ont vécues, démunis de tout -en 1960, en 1964, en 1978            Le lundi 22 mai, en première page, la «Dernière Heure» posait la question qu'il faut poser: «Laissera-t-on toujours massacrer les nôtres?» et, à la Chambre, après la déclaration ministérielle de Léo Tindemans, André Damseaux demandait avec raison s'il est normal qu'un gouvernement engage des Belges dans la coopération au développement et ne prenne pas les mesures indispensables pour assurer leur sécurité. Est-il normal en effet que les Blancs soient continuellement transformés en gibier (alors qu'ils sont toujours, de loin, les plus forts: il suffit de quelques centaines de paras européens pour rétablir l'ordre.

Les responsabilités socialistes

Nous en arrivons ainsi à l'essentiel:les responsabilités gouvernementales. La solidarité des partis au pouvoir a naturellement joué même si nombre de leurs mandataires ne se sentent pas très fiers en présence de ce qui s'est passé. Le secret absolu a entouré les délibérations de «l'état-major de crise» mais, malgré les démentis, il semble bien qu'il ait été le théätre d'accrochages entre Leo Tindemans et Henri Simonet. Nous n'irons pas jusqu'à affirmer que ce dernier bloqua, durant vingt-quatre heures, l'appel à l'aide du Zaïre, comme l'affirme Mobutu, puisque nous n'en savoos rien mais il est certain que les sympathies socialistes pour le F.N.L.C. n'ont pas été étrangères aux scandaleux atermoiements du gouvernement beIge. Nous disons «scandaleux» pour ne pas dire plus car, sans les paras français, il faut le rappeler, la plupart de nos compatrioles seraient tombés sous les coups des tueurs, ALORS QUE NOUS A VIONS LES MOYENS POUR QU' IL EN SOIT AUTREMENT.
Un ami, fort au courant des choses d' Afrique, nous propose l'explication suivante : «Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'un voleur crie «Au voleur!» pour détourner l'attention.
Je soupçonne fortement Simonet d'accuser les Français de sa propre: manoeuvre. N'atirait-il pas été de mèche avec le F.N.L.C.? Les «gendarmes katangais» auraient occupé Kolwezi. On eût, «par mesure de prudence? », envoyé. Des paras.à 50 km de la puis propose la negociation «pour sauver des vies humaines», c'est-à-dire que l'on aurait reconnu de facto le F.N.L.C. . comme «interlocuteur valable» (à la façon d'un N'Komo) pour faire tomber Mobutu (au régime pourri et honni) et, aux yeux des socialistes belges, pour venger Lumumba. De cette façon également, on eût entraîné la Zambie à faciliter les attaques contre la Rhodésie....
Malheureusement pour ce calcul, les noirs venus de l'Angola n'ont pu résister aux alcools, d'où: anarchie, viols, massacres Et les Français se sont trouvés bien fondés d'intervenir (avec moins de majestueuse lenteur que le gouvernement «belge»).» Mais dans ce cas, pourquoi M. Tindemans et ses collègues ont-ils suivi les socialistes jusque dans leurs folies? A ce stade, qu'est la «solidarité» gouvernementale », sinon la loi du gang?
A ce propos, on sait que, dans ce journal, nous n'avons jamais ménagé Giscard d'Estaing mais, cette fois, il a agi en homme d'Etat, qualité que l'on tenterait vainement d'attribuer à nos mirables gouvernants, et particulièrement à Simonet, dont André Damseaux disait justement que sa politique africaine consiste à ne pas en avoir. On n'ose pas croire que les quatre milliards de fournitures à Cuba (que Castro ne paiera jamais) aient pu entrer en ligne de compte.
Avant d'en finir, il est indispensable de souligner la manoeuvre de la R.T.B., une fois de plus dégueulasse (qu'on nous excuse mais il n'y a pas d'autre mot). Alors que les frères, les soeurs, les épouses, les maris, les enfants des victimes de la fureur marxiste noire avaient à peine remis les pieds sur le sol beIge, dès le mardi 23 mai au matin, les ertébéistes reprenaient leur sale boulot: ils insistaient lourdement sur des exactions qu'auraient commises les paras français. n s'agit de faire peu à peu oublier ainsi la véritable terreur, celle que firent régner leurs petits copains marxistes venus d' Angola. Encore un peu de patience et la R.T.B. finira par affirmer que, grâce aux «nationalistes katangais» (le vocabulaire changera peu à peu), -les «légionnaires français» n'ont pu massacrer que quelques centaines d'Européens... ..

Emile LECERF .