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Les moyens mis en oeuvre

Les moyens mis en oeuvre pour l'opération aéroportée sur Kolwezi étaient les suivants:

* Au niveau du Régiment para-commando (Col BEM Depoorter) :

+ 1 Para 4 Cies

+ 3 Para 4 Cies soit 3 pelotons-mortier .

+ Esc Recce (à pied: . .),

+ un détachement du CE Para

+ Cie Méd du Rgt et une 2e antenne chirurgicale

+ 2 auditeurs militaires soit, en matériel : 25 véhicules légers, 9 motos, 12 véhicules dereconnais­sance légers et un hélicoptèré.

* Au niveau de la Force aérienne (Col. aviateur Blume) : ,

+ 15e Wing Log et Transp soit, en matériel : 9 C-130 et 2 Boeing 727 de la Faé auxquels iI faut ajouter les 8 Boeings 707 réquisitionnés à la Sabena;

* Soit, au total, en effectifs :

+ 1.171 para-commandos

+ 112,pilotes et techniciens de la Faé

+ 14 médecins et membres du Service médical

+ 2 menbres de l'auditorat militaire

* et:    

+ 23.000 Kg de vivres

+ 34.000 Kg de boissons (il n'y a plus d'eau potable à Kamina !)

+ 2.000 Kg d'équipements divers.

* Tout cela est fort beau mais il nous manque l'essentiel :

+ les autorisations de survol .

+ le carburant nécessaire aux avions . . .

+ les munitions

Le gouvernement français, lui, avait trouvé, en peu de temps, les autorisations de survol, le carburant et les munitions

Quatre jours dans un WC

M. T. raconte : «J'étais seul dans la maison. Cela tirait de tous les côtés. Régulièrement, j'entendais le départ des obus de mortiers et me deman­dais où ils allaient tomber. La seule pièce de ma maison protégée par une chape de béton était le WC. J'y suis resté quatre jours, terré comme un animal. Je n'ai rien mangé et je n'avais que deux litres d'eau par jour. Mais à côté des autres, je me considére comme un privilégié».

Massacres

Les «tribunaux populaires se sont surtout attaqués aux enseignants. En fait, iI s'agissait d'une parodie de justice. Les accusés étaient traînés devant trois individus à mine patibulaire qui les accusaient de donner une éducation réactionnaire aux enfants, qui leur affirmaient que tout enseigne­ment non-«révolutionnaire » devait être supprimé, etc. Et c'est ainsi que plusieurs hommes perdirent la vie, abattus immédiatement derrière ce sin­gulier «tribunal. »

Tortures

Le racisme des rebelles a donné tout son cours dans les persécutions dont les métis et les couples mixtes ont été victimes. Ecoutons ce petit garçon métis, abominablement mutilé : «Mon papa a été emmené par les Katan­gais. Ils l'ont frappé devant nous, dans la rue. Puis ils ont commencé à lui couper les mains, puis les pieds. Plus iI criait, plus les autres riaient. A la fin, ils l'ont égorgé, puis sont revenus. Ils ont sauté sur maman en montrant leur sexe (sic). Comme elle se débattait, ils l'ont frappée avec des chaises jusqu'à qu'elle meure. Après cela, ils ont tiré partout dans la mai­son. Mon frère et ma soeur ont été tués. Moi, j'ai réussi à fuir jusque chez les Sœurs ».

Autre témoignage sur le même thème.

Mme Y. : «Ils sont venus dans la maison pour piller. Nous n'avons pas essayé de résister. Cela n'aurait d'ailleurs servi à rien. Ils ont d'abord pris la voiture. Puis ils sont revenus pour chercher notre transistor, nos mon­tres, nos bijoux et nos conserves. Nous croyions alors avoir la paix. Mal­heureusement iI n'en a rien été. Ils sont revenus le lundi. Ils ont prétendu que mon mari était français. Ce qui était faux. Nous avons montré nos pa­piers. Rien n'y a fait. Il l'ont emmené à coups de crosse au fond de la par­celle. Là, ils l'ont égorgé. Et m'ont obligé, à rester devant sa gorge sanglan­te. Ils sont revenus à plusieurs reprises, chaque fois pour m'obliger à ca­resser le cadavre de mon mari qu'ils m'interdisaient de bouger de place. C'était épouvantable. Et tout cela s'est passé devant mes enfants. A cha­que «visite », ils m'injuriaient «Tu vois p . . blanche, maintenant, nous sommes les plus forts et cela ne fait que commencer».

Nous n'avons pas osé demander à Mme V. si elle avait été violée mais iI y a, hélas, de fortes présomptions qu'iI en ait été ainsi.

les Cubains

En ce qui concerne la présence de soldats cubains, les témoignages diver­gent. Certaines personnes n'en ont pas vu un seuI. D'autres par contre sont formelles dans le sens opposé.
D'après les recoupements que nous avons pu faire, iI semble qu'iI y ait eu des Cubains mais qu'ils soient restés à la lisière de la ville et qu'ils soient partis dès le lundi après midi, au plus tard, le mardi matin. Cela pourrait bien faire partie d'une manoeuvre destinée à affoler les rebelles qui se trouvaient dès tors sans chefs qui se sont encore plus débandés, semant morts et dèstruction. Ce qui était, en définitive, le but recherché.
 Quoi qu’il en soit, trois témoins sony formels : ils out vu des hommes blancs, parlant l'espagnol et donnant les ordres aux rebelles. Ils parlaient soit français, soit portugais avec leurs soldats. Ce qui tend bien à prouver qu'iI y avait des soldats angolais dans le tas.
M.T. : «Dès le samedi, j'ai vu passer dans une espèce de jeep trois hom­mes, que tout le monde saluait avec respect. Il était clair que c'étaient des chefs. .Chaque fois qu'ils se déplaçaient, de longues rafales de fusiIs mitrailleurs étaient tirées dans les rues pour faire fuir quiconque aurait osé mettre le nez dehors.»
M. M. est beaucoup plus formel : «Il y avait des Cubains noirs et blancs. Les trois gradés dont parlent M. T. étaient blancs. Mais iI y avait des soldats qui étaient noirs et ne parlaient que l'espagnol et un peu de portugais. Pas un mot de français. Ce qui prouve qu'il ne peut pas s'agir de gens originaires du Zaïre. De plus, les Cubains se reconnaissaient à leur allure gé­nérale. Ils étaient plus martiaux et avaient un aspect plus discipliné, plus militaire si vous voulez».

Et les Allemands de l'Est ?

Si la présence d' Allemands n'est démentie par personne, peu de témoins semblent certains que les Blancs vus le dimanche et le lundi fussent des Allemands de l'Est.
Nous avons toutefois retrouvé un témoin néerlandophone, qui comprend parfaitement la langue de Goethe et qui est absolument formel :
«Les deux hommes, en civiI, qui sont arrivés après l'attaque, étaient des Blancs qui parlaient entre eux en allemand. Ils s'exprimaient toujours à voix basse. Ils connaissaient également le français et l'espagnol. Ils voulaient se montrer les plus discrets possibles. Ils n'ont eu de contacts, à ma connaissance, qu'avec les officiers cubains et un ou deux chefs noirs. Per­sonne n'a réussi à savoir où ils logeaient. Je pense qu'ils devaient disposer d 'une des villas à l'entrée de la ville qui étaient occupées par l’état-major rebelle. Mais je n'en suis pas sûr. Après le lundi, on ne les a plus vus. Mais d'après ce que j'ai pu observer, leur arrivée a concordé avec la cré­ation du tribunal populaire.».

1

 

Cette carte du centre de Kolwezi nous a été tracée, de mémoire, par un réfugié rentrant de la ville minière. Malgré sou aspect schématique, il nous a paru intéressant de la publier afin de situer les tieux du drame.

Il s'agit aussi manifestement d'un des rares plans existants :

1. Siège d'exploitation de la Gécamines.
2. Direction de la Gécamines.
3. Maternité de la Gécamines.
4. et 5. Hôpitaux de la Gécamines.
6. Ravitaillement de la Gécamines. Cet entrepöt fut pillé par les «Ti­gres» affamés de M'Bumba.
7. Cercle d'agrément Manika. C’est à sa hauteur que se produisit le premier massacre: le bus de la Gécamines qui ramenait l’équipe de nuit en ville y fut détruit et ses passagers ont été tous mitraillés. Plus ou moins 20 morts.
8. Cercle hippique «Le Bridon».
9. Habitations de militaires des F.A.Z.
10. Quartiers européens. A gauche, se situe la vieille ville et à droite, lanouvelle ville. Les deux sont reliées par le pont tristement célèbre, qui surplombe la voie ferrée.
11. Un Q.G. des F.A.Z.
12. La banque. Elle a fermé ses portes mais elle est restée intacte....
13. Police + tribunal + prison civile.
14. La cathédrale.
15. Le Lycée «Jean Vingt-Trois».
16. Le lac Eugène près duquel un groupe de Libanais fut massacré le dimanche 14 mai.
17. Le camp de la gendarmerie zaïroise qui résista quelques heures.
18. L'hötellmpala dool loos les occupants furent tués par les rebelles. Il servit ensuite de P.C. au 2e REP du colonel Erutin.
19. Eglise orthodoxe.
20. PTT. Dans ce bätiment siégeait un des «tribunaux populaires» supervisé, semble-t-il, par deux Allemands de l’Est.
21. La gare.
22. Le quartier industriel. Un autre «tribunal populaire» y siégea et c'est dans ce secteur que les re belles avaient installé des orgues de Staline.
23. Eglise de Ruwe.
24. Chäteau d'eau de Ruwe. On y a découvert un charnier d'un quarantaine de personnes.
25. P.C. des paras zaïrois du bataillon Kamanyola qui ont tenu jusqu'au mercredi 17 mai.
26. Quartier P2 ou se trouvait le «fameux» charnier de 38 corps.
27. Habitations des Américains (quartier SAF/SHAB) qui furent évacués dès le samedi matin en direction des usines Luilu UZK où des hélicoptères les attendaient. Les Américains s'entraînaient depuis un certain temps déjà à faire face à pareille situation....
28. Ecole technique de Ruwe.
29. Cité indigène Caroline.
30. Camp BCK.
31. Cité indigène Manika. Véritable ville interdite aux Blancs et aux autorités zaïroises ou les rebelles s'étaient implantés depuis des mois; on y a même retrouvé deux wagons de munitions. C’est au nord-est de cette cité que deux paras français, largués par erreur au-dessus de ce coupe-gorgè, furent dépecés par la population.
32.Cité indigène de la Gécamines.
33. Golf. On y trouva une douzaine de cadavres d'Européens.
34. Lac CPA.
3S.Cimetière.
36. Lac d'épuration de la Gécamines.
37. Dispensaire de Ruwe.
38. Hôpital.
39. Athénée.
40. Antenne de télécommunication.
41. Avenue dont toutes les femmes furent violées par les rebelles....

2 REP A : axe de larguage des paras du 2e REP le vendredi après-­midi..
2 REP B : axe de larguage des paras du 2e REP le samedi matin.
* Objecties bombardés par les Mirage zaïrois pilotés par des Français.
*.Principaux endroits ou eurent lieu des exactions collectives.
1 et 3 Para: axes de pénétration des paras-commandos belges le samedi matin.

Sauvé par un Cubain !

M. X. est né à Kolwezi ou il toujours vécu. Il connaît ce pays, ses habitants et ses dialects par coeur. Lui et sa familie reviennent de loin… :
« … les rebelles parlaient le portugais et le kiswahili. Or les soldats zaïrois parlent le lingala et les habitants de la région ne parlent que de kiswahili. Il s'agissait donc bien de troupes étrangè­res... Le samedi soir, nous avons vu arriver chez nous un «commandant» lui était un ex-gendarme katangais que je connaissais et un commissaire politique qui ne parlait que l’angolais... La nuit de samedi à dimanche, nous ne pouvions pas dormir tellement ils tiraient. Ils tiraient même à l'orgue de Staline…
De lundi à mercredi, la situation ne cessa de se dégrader et le ton montait...
Jeudi soir, nous som­nes arrêtés. On nous colle contre le mur. On nous met en joue et on fait semblant de nous fusilIer. Ensuite, nous avons été conduits devant le commandant à quelques centaines de mètres de l'endroit où nous habitions. Là, on nous a séparés des femmes. J'ai cru qu'on allait violer ma femme qu'un rebelle avait déjà saisie. Six gamins de quatorze à dix-sept ans nous ont alors «jugés» sommairement. J'étais le grand coupable, agent du colonialisme et du capitalisme, l'allié de Mobutu. On m'a battu et, à un moment donné, un garmin a mis son revolver dans ma nuque. Au moment où iI allait tirer, un homme s'est interp­osé. Le teint clair, le nez aquilin, une barbe et des cheveux lisses noirs, il ne parlait que L’espagnol et très peu de portugais car je connais ces deux langues parfaitement. Il a expliqué tant bien que mal aux rebelles qu'il fallait nous conduire à la Manika ou, nous serions exécutés tous ensemble, ce qui se serait produit si les paras étaient intervenus quelques heures plus tard. Alors, il m'a dit en espagnol: «On va vous conduire à la Manika. Débrouillez-vous! Comprenez bien que je ne suis plus apte à commander des gamins pareils». On nous a embarqués dans nos véhicules pour nous conduire à la Manika mais, arrivés au pont qui sépare l'ancienne de la nouvelle ville, on s'est arrêté et on nous a fait descendre. Une discussion s'est alors engagée entre nos cinq gardes quand à l’opportunité de nous tuer là. Il y avait déjà d'autres corps éten­dus. Profitant de l'arrivée d'un autre véhicule, nous nous sommes cachés dans les futaies en attendant l'arrivée des Français, le lendemain soir. Les Français nous ont sauvé la vie…Il s'agissait de minutes car Mbumba avait donné, par radio, l'ordre d'exter­miner les Blancs…».

«Vous repondrez le travail» ...!

M. S. est d'origine balkanique. I1 a fui son pays communiste en 1972 pour prendre la nationalité belge. Cadre à la Gécamines à Kolwézi, iI a formelle­ment reconnu L’armement des rebelles: fusils soviétiques à baïonnette triangu­laire de 1950-1951 fabriqués à Igevsk, mortiers russes et mitraillettes tchécos­lovaques Scorpion. Les rebellés por­taient soit un béret soit le chapeau russe des troupes du Turkestan!
«..Dimanche après-midi, les rebelles sont venus chez moi. Ils ont tout fouillé et nous ont emmenés, moi et un de mes collègues, dans un état-major ou on a vérifié nos papiers. I1 y avait là deux Cubains qui parlaient entre eux espagnol et qui étaient revêtus de L’uni­forme typique des armées de l'Est. Ils dressaient la liste des médecins et des ingénieurs. L'un d'eux, un «comman­dant» qui avait des lunettes à montures dorées,m'a dit en français: «Demain, vous reprendrez le travail à la mine pour le compie de l'Union Minière du Haut-Katanga))! Ensuite, ils m'ont raccompagné et sont restés à manger chez moi… ».

Le F.N.L.C. en Angola

Il y a 250.000 réfugiés zaïrois en Angola qui constituent une excellente réserve de recrutement pour le Front national de Libération du Congo placé sous les ordres de Natanael M.Bumba et soutenu par les pays communistes. Les troupes du F.N.L.C. se répartis­sent comme soit en Angola:
Le Front. Caïanda, placé sous les ordres du «major Mufu établi à Caïanda même: 30 bataillons de «Tigres » soit plus ou moins 5.000 hommes dont environ 3.250 on parti­cipé à L’attaque de Kolwezi avec L’appui d'une compagnie motorisée cubaine, commandée par un certain capitaine Marcelino ét venant de Cazombo.
Le Front Tshikapa, placé sous les ordres du «colonel » Kawango à l'est de Luso: 34 bataillons plus 3 bataillons commandos plus une Cie sabotage plus un Cie de transmissions plus une Cie EM soit plus ou moins 5.800 hommes appuyés par la garnison cubaine de Luso.
Le Front Ituri dans la région de Silva Porto: 25 bataillons soit plus ou moins 3.750 hommes appuyés par les troupes cubaines stationnées à Silva Porto.
La section de Luanda avec l'état major central de M'Bumba et quelque 5.000 hommes.
Au total, le F.N.L.C. dispose de 25.000 à 30.000 combat­tants en Angola, répartis principale­ment le long de la frontière zaïroise et disposant au moins de l'appui logisti­que des Cubains. D'autres Kolwezi en perspective...

L' axe Moscou - F.N.L.C.

Que le Front national de Libération du Congo (FNLC) soit une des mains armées de Moscou en Afrique est une réalité dont les gens un peu sérieux sont intimement convaincus. De multiples témoignanges dignes de foi attes­tent de la présence d'Angolais, de Cubains, voire même d' Allemands de l'Est aux cötés des rebelles katangais. Ils ne furent pas les seuls à jouer un röle important dans l'affaire de Kol­wezi. La D.S.T. française vient, en effet, de découvrir. qu'un important réseau d'espionnage algérien couvrait les principaux aéroports de France avec la complicité de certains syndica­listes de gauche! Les Algériens com­muniquèrent ainsi aux rebelles , via Moscou, tous les déplacements des troupes françaises et belges ainsi que leur équipement. Cela explique sans doute que les rebelles aient été infor­més de l’arrivée des paras bien à temps et qu'un appareil de la Sabena chargé de réfugiés dont certains blessés graves ait été contraint de se poser à Alger au retour du Shaba. Qu'attend notre ministre des Affaires étrangères pour rappeier nos ambassadeurs dans ces capitales du crime?.

Mon pays me fait mal...

Ce n 'est pas ici l'endroit de refaire l'historique de l'agression cubano-angolaise contre les mines de cuivre du Shaba, des massacres systématiques des Euro­péens de Kolwezi, des scandaleuses tergiversations d'un gouvernement de larves stériles et malfaisantes : le dossier complet que nous publions par ailleurs aura permis au lecteur de se faire une idée exacte du déroulement des faits et du par­lage des responsabilités. A travers le récit de L’action du Front de la Jeunesse pendant ces journées tragiques pour alerter l'opinion publique et expliciter ce qu'une politique de bon sens exigeait, nous ne voulons que fournir une expli­cation des sentiments de honte et de dégoût qui se sant emparés de la plupart de nos compatriotes face à l 'inertie gouvernementale.

Dès le mardi 16 mai, c'est-à-dire dès que se sont répandues chez nous les premières nouveIles des massacres d'Européens à Kolwezi, le Front de la Jeunesse déposait un communiqué ré­clamant l'intervention de toute urgen­ce de nos unités para-commandos.. les membres du Front qui étaient à Stanleyville en 1964 ne se rappelaient que trop bien n'avoir dû la vie qu'à l'intervention des paras le 24 novembre. A cette époque aussi, le gouver­nement Lefèvre-Spaak avait long­temps hésité, provoquant ainsi la mort de dizaines d’Européens à Stan et Paulis. Aussi le bon sens exigeait-il la mise sur pied rapide d'une opéra­tion secrète de sauvetage. On sait ce qu'il en advint, les socialistes exi­geant même un débat parlementaire pour décider de l'opportunité de l'en­voi de nos paras. . .

«Marxistes assassins !»

L'attitude écoeurante des politiciens, feignant d'ignorer qui se trouvait derrière les soi-disant «gendarmes katangais», décida les responsables du Front à attirer l'attention de l'opinion publique sur le régime cubain d' Angola qui a recruté, formé, armé (ma­tériel soviétique), entraîné (instruc­teurs cubains et est-allemands) et en­cadré à Kolwezi les rebelles lun­das: ce fut l'attaque symbolique de l'ambassade d'Angola à Bruxelles le 19 mai.
Vers 11 h., un commando du Front, garçons et filles, pénétrait dans l'am­bassade aux cris de «Marxistes assas­sins !» en aspergeant copieusement les lieux de ce sang (de boeuf) dont les communistes semblent particulière­ment assoiffés. Avant de quitter l'en­droit, les militants, dont certains étaient sans nouveIles de parents à. Kolwezi, allumèrent trois pots fumi­gènes et lacrymogènes. Il ne fallut pas attendre longtemps la réaction des rats: ceux du rez-de-chaussée cou­raient en désordre sur les trottoirs en prenant des mines importantes: «Cet attentat affectera gravement les rela­tions diplomatiques !», tandis qu'au premier et au second étage, les nè­gres dont l'ambassadeur complète­ment affolés, appelaient comique­ment au secours. Cinq minutes plus tard la police et la B.S.R. étaient sur place, déviant la circulation et inter­rogeant les premiers témoins. Les pompiers, de leur cóté, firent une in­tervention remarquée : une lance d'in­cendie (bien inutile !) fut mise en bat­terie pendant qu'un groupe, muni de masques à gaz et de haches, pénétrait à l'intérieur. Une personne de type latino-méricain (cubain ?), vêtue d 'un costume bleu marine de coupe «coloniale», fut évacuée du premier étage par l'échelle que les pompiers avaient déployée le long de la façade officiellement, il paraît que ce per­sonnage, qui refusa obstinément de donner son nom, était venu chercher un «visa».
Ce qui était particulièrement ré­jouissant d'entendre, c'étaiènt les ré­actions. des spectateurs : «C'est bien fait, dommage que c'était pas sé­rieux». «On ne devrait pas permettre à des gens pareils d'ouvrir des am­bassades chez nous: dans leur pays, ils nous massacrent. . .», «Qu'ils ail­lent faire leur révolution et crever après de faim chez eux ! ». . . Le mi­nistre Simonet, quant à lui, n'a cesséde répéter à la presse son intention de se rendre en visite officielle en Angola. . .

« Vive la Légion !»

Les journaux ont largement fait écho à cette action dont la seule signifi­cation était symbolique mais qui, par contraste, n'en a que mieux fait res­sortir la stérilité de ceux qui avaient le pouvoir d'agir sur le terrain. Elle a valu au Front un courrier abondant de Belgique, maïs aussi de France, de Suisse, du Portugal, de Rhodé­sie . . . A sa lecture, c'est un profond sentiment d'impuissance qui nous en­vahit : si nous avions pu faire plus, si nous avions pu aller sur place, si nous avions pu décider à «leur» pla­ce, si .. ..
Au même moment, le 19 mai, les pa­ras français sautaient sur Kolwezi et mettaient, seuls, fin au cauchemar des Européens survivants. «Félicitation efficacité intervention Kolwezi. Mer­ci au nom des Belges du Shaba. Vive la Légion». Ce télégramme fut immé­diatement envoyé aux officiers, sous-­officiers et soldats du 2e R.E.P. de Calvi par le Front de la Jeunesse.
Le 19 mai toujours, la lie marxiste manifestait rue des Quatre-Bras de­vant le ministère des Affaires étran­gères contre le sauvetage des Euro­péens du Shaba. C'étaient les mêmes que ceux qui ont défilé le 7 mai sur le thème «Désarmer pour survivre» : qui pourra encore croire maintenant à la pureté des intentions de ce «Co­mité national d'action pour la paix et le développement», qui pourra en­care refuser de vair l'allégeance mar­xiste de ce «Mouvement chrétien(?) pour la Paix», qui pourra encore prendre au sérieux l' «idéal» de ces objecteurs de conscience hurlant: «Pas de paras au Shaba» maïs ne se proposant nullement pour les rempla­cer dans leur action humanitaire? . . . Le ministre Simonet, toujours lui, in­terviendra personnellement pour accé­lérer la relaxation de ces provocateurs criminels!

La lâcheté des politiciens

Le week-end des 20 et 21 mai, les jour­naux et la radio diffusaient les com­muniqués du F.N.L.C. déclarant: «Un conseil révolutionnaire, dont font partie des Belges et un Français, gè­re 1'organisation de la vie à Kolwezi ou il n 'y a que trois morts et qua­tre blessés européens à déplorer», tandis que les gauchistes remettaient ça, sous la protection de Cudell, place Rogier. Le même jour, à midi trente, les premiers réfugiés, les yeux reflétant l'inexprimable détresse que rien ne pourra jamais cicatriser, tou­chaient le sol beIge à Zaventem. . .
Ecoeuré par la lacheté des politiciens, le Front de la Jeunesse publiera le 21 ce communiqué qui traduisait clairement le sentiment de la population: «Le Front de la Jeunesse dénonce le laxisme des autorités de! Bruxelles qui, au moment ou il est prouvé que les marxistes de Cuba et de la R.D.A sont à l'origine de l'invasion du Shaba, permettent aux marxistes «belges» de manifester contre l'opération humanitaire des pa­rachutistes belges à Kolwezi. Cette manifestation des professionnels de l'objection de conscience constitue une insulte à la mémoire des victimes civi!es des terroristes angolais comme au courage des paras fran­çais et belges. Le F.J. accuse par ailleurs le gouvernement belge d'être par ses atermoiements et par l'atti­tude odieuse du P.S.B., responsable des massacres de dizaines d'Euro­péens au Zaïre. Le F.J. exige que soit mis fin à la coopération au dévelop­pement de pays qui en profitent pour renforcer un régime de dictature et de corruption, et qui se révèlent évidem­ment incapables de protéger les arti­sans de foute leur vie économique. L'activité de coopérants belges, ou que ce soit dans le tiers-monde et spécialement au Zaïre, doit s'accom­pagner d'une présence militaire, seu­le capable d'éviter le renouvellement de massacres que nous avions déjà connus en 1964.»
Seule la première partie du texte sera publiée par «La Libre Belgique», lui permettant de nous renvoyer dos à dos avec les groupes gauchistes. . . La familie libérale, jouant le jeu de l’opposition, reprendra à son compte lors du débat parlementaire des 23-24 mai l'analyse et les résolutions du Front (rappelons que ce sont les Jeu­nesses libérales qui exigent notre dis­solution ! . . .

«Merci les gars !»

Un tract, distribué à 5 000 exemplai­res dans les principales villes du pays, a éloquemment développé notre posi­tion de bon sens: «Malgré la présen­ce tolérée sur notre territoire des am­bassades d'Angola, de Cuba et d'Union Soviétique qui sont autant d'insultes à la dignité humaine et dont l'ombre sanglante plane sur les récents événements du Zaïre.. malgré les encouragements laxistes prodi­gués par nos politiciens véreux à des mouvements gauchistes et antimili­taristes qui, par leurs manifestations récentes, se sant clairement solida­risés avec la soldatesque barbare du F.N.L.c. .. face à l'impéritie de nos gouvernants, face à l'imbécillité no­toire et à la stupidité criminelle de la gauche, nous sommes fiers de pouvoir compter encore sur nos soldats dont le courage n'a d'égal que la valeur. A ceux-là, nous disons: MERCI LES GARS !»
Le 23 mai, le retour des paras était an­noncé à Melsbroek: pour les accueillir, les parents, les amis et . . . le Front de la Jeunesse! Aucun mi­nistre (à part M. Van den Boeynants), aucun président de parti, aucun dé­puté n'avaient jugé bon de se dépla­cer: tous nos démocrasseux n'ont d'attention que pour les objecteurs de .conscience en «grève de la faim» (n'est-ce pas MM. Simonet, Nothomb, Schiltz, Van Miert et tutti quanti ?). Déployant drapeaux belges et cali­cots «<Merci les paras», «Leve de para's»), nos militants ont interro­gé le Ministre de la Défense na­tionale: «I1 fallait envoyer nos pa­ras dès le 15 mai. C'est ça, le coura­ge ! - Ne racontez pas des choses dont vous ne mesurez pas l'impor­tance. Mais je vous comprends: à votre age, j'aurais dit la même cho­se ! Vous verrez demain que j'ai rai­son. »
Le lendemain, au Sénat, M. VDB dé­clarait: «Les troupes auraient dû être sur place huit jours plus t6t, soit le samedi de Pentec6te» (le 13 mai !)...

Le courage el la dignité

Comment ces journées ne nous au­raient-elles pas affermis dans notre volonté de lutter contre un régime qui érige l’irresponsabilité en institution? I1 est des attitudes qui crient vengeance: celle du gouvernement, qui ignore les larmes et les souffrances des martyrs du Shaba maïs qui plonge le pays dans la crise politique à propos d 'une discussion sur le plan d'assainissement des finances publi­ques, est de celles-là. Nous ne seront pas toujours tragiquement impuissants, nous ne devrons pas toujours nous borner à nous efforcer d'amplifier la voix du courage et de la dignité. Nous seront bien-tôt en mesure de réveiller nos pays de leur fatale torpeur et de leur donner les moyens d'assumer leur destin. Ce jour-là, pour lequel nous nous battons avec toute la force et L’enthou­siasme de notre jeunesse, verra la ré­elle prise de conscience nationale européenne. Ce jour-là, enfin, amant été entendus les cris de détresse de Robert Brasillach, que les tragiques événements du Shaba nous oot remis en mémoire :


Mon pays m'a fait mal sous les som­bres années,

Par les serments jurés que l 'on ne te­nait pas,
Par son harassement et par sa des­tinée,
Et par les lourds fardeaux qui pe­saient sur ses pas.
Mon pays m'a fait mal par toute sa jeunesse
Sous des draps étrangers jetée aux quatre vents,
Perdant son jeune sang pour tenir les promesses
Dont ceux qui les faisaient restaient insouciants.
Mon pays m'a fait mal par ses fables d'esclave,
Par ses bourreaux d'hier et par eeux d' aujourd 'hui,
Mon pays m'a fait mal par le sang qui le lave,
Mon pays me fait mal. Quand sera­t-i! guéri ?

Daniel Gerard