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Les premiers témoignages

« Des coups de feu 24 heures sur 24. les Français sont arrivés un peu trop tard, mais s'ils avaient encore attendu, nous étions tous massacrés. »

Elle sanglote, elle n'en peut plus. Sou­tenue par ses proches, elle ne cherche pas à dominer sa colère qui éclate à travers ses larrnes. Elle attend depuis des heures dans I'atmosphère tragique de Zaventem l'arrivée du premier avion sa fille, son gendre et ses petits-enfants sont dans l'en­fer de Kolwezi. Devant les caméras d'An­tenne 2, sa révolte a jailli, sans bonte. «Je ne suis pas fière d'être belge! Est-ce qu'on nous les rendra nos enfants? On dit « pourquoi partir là-bas?» Vaut-il mieux rester ici devant les bureaux de chômage?

 M. Giscard d'Estaing, lui, je l'admire: ça c'est un homme! ».
« J'habite dans la vieille ville, explique un homme d'une cinquantaine d'années, costume et chemise ouverte, l'air fatigué mais soulagé. Ils ont commencé à tirer dans l'état major des Forces zaïroises en face de chez moi vers six heures du matin samedi. Ils n'étaient pas violents avec les habitants au début. Je n'ai vu aucun mort et même nous sortions librement pour aller chez les voisins. Heureusement nous avions des vivres en réserve. Nous n'avons manqué de rien, sauf d'électricité par moment. Je travaille à la Gecamines et depuis samedi nous ne travailIons plus. Ce sont les parachutistes français qui sont arrivés les premiers ».
Une homme d’une trentaine d'années, sportif, bronzé habitait le quartier de Mutoshi. « Je suis resté enfermé pendant buit jours dans les toilettes avec ma femme et mes enfants. Lorsqu'on a frappé à la porte, je suis sorti seul et lorsque je suis arrivé, ils étaient déjà partis. Parfois, ils entraient correctement chez les Blancs. D'après moi, les Belges sont arri­vés les premiers, ce sont eux qui ont dé­gagé la route de Kolwezi. J'estime que j'ai moins souffert que d'autres dans la mesure ou je n'ai pas subi de perqui­sition. Retournerai-je? Sans doute: j'ai tout laissé là-bas et j'ai dix-huit ans d'Afrique derrière moi... ».
Ecrasée de fatigue et complètement hébétée, une femme entre trente et qua­rante ans retient difficilement ses larrnes. « J'ai entendu dire qu'ils ont tué une femme enceinte. J'ai une amie dont le mari a été tué lis sont arrivés de tous côtés à la fois samedi à six heures du matin. C'était très facile de s'emparer de la ville. I1 y a eu beaucoup de massa­cres. I1 y a cent, peut-être deux cents morts. Personne ne l'a vu mais on m'a dit que des femmes avaient été violées. Quand les premiers paras français sont arrivés, ils tiraient sur tous les Français et les Nord-Africains.

Anne-Marie Muteba, 30 ans, est rentrée seule avec ses trois enfants. Son mari, un Zaïrois, est encore là-bas parce qu'il a estimé que les premiers à rentrer devaient être les femmes et les Européens.

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On vient encore d'attaquer la ville. Je n'ai entendu que des coups de feu. C'est une terrible souffrance morale 24 heures sur 24. Je n'ai pas la confirmation que des femmes ont été violées. Mais depuis une semaine, je vis avec mes en­fants et la familie de mon mari dans le couloir de ma.maison. Cela a commencé à barder vraiment mercredi à 11 h 30 lorsqu'ils ont attaqué au mortier. Nous étions sans eau ni électricité et les domes­tiques sortaient pendant les accalmies pour aller chercher à manger, et puiser l'eau dans les piscines. Nous n'avons pas vraiment été maltraités dans notre quar­tier, mais les Katangais sont venus sou­vent nous demander ou habitaient les Français. C'est à eux qu'ils en voulaient surtout, parce qu'ils soutiennent le ré­gime. J'ai commencé à vraiment avoir peur à partir de vendredi lorsqu'on a entendu les premiers C 130. an avait la trouille de 17 h jusqu'à 9 h du matin. Qui allait atterrir?
Je vais probablement rester en Belgique ou habite toute ma famille. Mon mari lui-même hésite à rentrer un jour au Zaïre parce qu'i! appartient à la tribu des Bandungu à qui les Katangais en veu­lent particulièrement, puisqu'ils out fait la marche de soutien à Mobutu.

I1 paraît qu'il y avait des gens enfermés dans l'école dans la cité et que les rebelles ont pris en otage des soldats de l'armée zaïroise. Mardi et mercredi, l'armée zaï­roise est interventie contre les rebelles mais elle forçait les civils zaïrois à les suivre, en leur confisquant leurs cartes de citoyen.
Les rebelles sont entrés dans plusieurs maisons pour voir s'il n'y avait pas de militaire zaïrois qui s'y cachait. On dit aussi que quelques Blancs ont tiré sur eux avec un fusil.de chasse. Ils ont pillé les magasins, et massacré plusieurs per­sonnes dans d'autres quartiers que le notre. Certains expatriés out déjà été tués samedi et hier, avant de partir, on a encore vu leurs chiens qui mangeaient leurs cadavres. l'estime que quant à moi, mariée à un Zaïrois, j'ai eu beaucoup de chance. Une autre Belge mariée à un Zaïrois est dans le même avion. Nous nous attendions à être tuées.
Monique Tahir cache sou émotion et semble prendre sou parti de ce qui lui arrive. Son mari, en revanche, semble complètement exténué.
« Nous avons subi des choses terribles, raconte-t-elle. l'habitais le quartier Mu­toshi près de l'aéroport. Les deux der­niers jours, nous avons vécu sous le toit. Les Katangais avaient tout pillé. Le der­nier a même uriné sur ma table de salon. Ils tiraient sur les gens quand ils se fä­chaient. Les domestiques se chargeaient d'aller nous chercher de la nourriture. Pourtant, j'ai vu parmi les rebelles cer­tains Zaïrois de la cité, en loques, qui suivaient les Katangais mais étaient bien plus dangereux qu'eux. Ce sont des gens qui meurent de faim et qui étaient animés d'un esprit de vengeance. Par contre, à un moment, au début de la semaine, les Katangais nous ont appelé pour les aider  parce qu'ils étaient en panne devant la maison. Mon mari les a aidés et ils nous ont offert une farde de cigarettes en disont « Et dire que nous sommes des rebelles ». Le pillage a commencé jeudi en fait. J'ai tout laissé, même ma montre, et j'ai sauvé mes bagues en les mettant en bouche. Si j'ai sauvé ma vie, c'est parce qu'au début ils demandaient des cartes d'identité et ne s'en prenaient qu'aux Français. Après, ils ne faisaient plus la différence. Je crois que je dois ma vie au fait que j'ai tout le temps palabré avec eux, ne laissont pas un instant de vide dans la conversation, obéissont à leurs ordres de servir à boire après avoir bu moi-même, de porter mes affaires dans leurs voitures, en leur montrant que je n'avais plus d'argent à leur donner ».
La plupart des rebelles étaient très jeu­nes, il y avait avec eux quelques vieux plutôt gentils. Les plus dangereux, comme je l'ai dit, étaient les gens de la cité que nous avons reconnus des voi­sines et moi.
Ils étaient tous équipés d'armes américaines, ajoute M. Tahir. Et ils étaient tous armés jusqu'aux dents. I1 y avait de toutes les ethnies. Nous avons cru à un début de révolution. La misère règne en maître là-bas. Le salaire moyen d'un ouvrier de la cité est de 50 zaÏres, alors qu'un sac de farine vaut 25 zaÏres. Et avec ce qui reste ils doivent nourrir non seulement leur femme et leurs douze enfants mais encore toute la familIe qui vit à leurs crochets. Alors, ils manifestent leur haine contre le régime à travers les Blancs.Les Français sont arrivés les premiers, mais un peu trop tard pour évi­ter le massacre. Nous avons 7 ans d' Afri­que mais nous ne retournerons que si les conditions de sécurité sont strictes et garanties.
Un monsieur d'une cinquantaine d'an­nées racaille qu'un de ses voisins a été tué parce qu'il refusait de donner les clefs de sa voiture ». Les Français sont arrivés un rien trop tard, soupire-t-il. Il y aura au moins 200 morts A la fin, ils ne demandaient plus les cartes d'identité, racaille une Belge d'une quarantaine d'années mariée à un Italien. J'ai très vite vu les paras arriver puisqu'ils sont des­cendus près de ma maison. Nous ne sa­vions pas qui ils étaient puisque notre radio avait été confisquée. Les paras sont arrivés vendredi vers quatre heures, mais les rebelles ont continué à tirer. Hier encore un Européen qui allait chercher ses collègues professeurs dans l'école a été tué sur le pont. Il paraît que dans un endroit ils étaient à 38 dans une cham­bre, ils ont tous été massacrés sauf deux qui ont réussi à se sauver par les toits. Même des enfants ont été descendus à la mitraillette. Il y a eu des Européens tués dès le début: un des copains de mon fils a été tué dimanche déjà ».
M. Vos, un agent technique de Roux, a été sauvé par un personnage qu'il ap­pelle un« commissaire politique rebelle ». « Avec plusieurs autres, dit-il, on nous emmenait vers la carrière pour nous fu­sillier. Ce commissaire a arrêté le déta­chement et a ordonné à nos gardiens de nous conduire vers le quartier général des rebelles où on nous a libérés avec des excuses...».
M. Vos est formel: il n'a pas vu un seul Cubain parmi les rebelles mais certains d'entre eux parlaient portugais, ce qui n'a rien d'étonnant puisque c'est la langue officielle de l' Angola.

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Damseaux accuse

Par deux fois, lundi à 15 h, le président de la Chambre a dû modérer les ardeurs de M. André Damseaux qui tenait à occuper la tribune avant que le droit à la parole ne lui soit accordé. Et lorsque finalement le président et porte-parole de la grande familie libérale réformatrice, a pu s'exprimer, ce fut peur « annoncer la couleur» en quelque sorte - confirmer ce que neus écrivons également – et dire quel serait le débat du lendemain. En cause: les tergiversations, les hésitations, les hypocrisies, et surtout les indiscré­tions qui, selon l'orateur, auraient coûté la vie de tant de nos compatriotes. Et M. Damseaux de s'exclamer: «Cest la France qui a entrepris la véritable action humanitaire au moment ou notre ministre des Affaires étrangères préconisait que la seule politique du gouvernement était de n'en avoir aucune! ».
Un fait significatif au-del à des artifices oratoires, que les observateurs n'ont pas manqué de faire remarquer: pour la pre­mière fois les applaudissements donnaient l'impression que I'opposition était plus unie que la majorité.