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Mobutu: condamnés à nous entendre

Malgré I'ombre qui a plané quelques jours entre le gouvernement belge et le Zaïre, ombre aujourd'hui dissipée, le président Mobutu n'a jamais eu I'intention de rompre l'amitié entre nos deux pays.

C'est en tenue léopard que le président Mobutu a débarqué le mardi 23 mai à Orly, accompagné de sa nombreuse suite et de quelques membres de sa famille. Revenant d'une tournée sur le théâtre des opérations du Shaba, il n'avait même pas eu le temps de se changer. Mais il ne voulait pas non plus manquer la dernière après-midi de la conférence franco-africaine qui se déroulait ce jour-là à Versailles, en présence du président Valéry Giscard d'Estaing et des chefs d'Etats de l'Afrique francophone.

D'autant que le président Omar Bongo du Gabon avait obtenu un sérieux changement dans l'ordre du jour de cette dernière séance: c'est des problèmes de sécurité, en particulier dans cette Afrique tant convoitée, qu'il allait être question. Et malgré la présence à la conférence de VersailIes de M. Mpinda Kasende, premier commissaire d'Etat du Zaïre à la tête d'une importante délé­gation comprenant M. Mokoio Wpo Mpongo, commissaire d'Etat à l'orien­tation nationale, le président Mobutu tenait à venir personnellement donner sa version des événements du Shaba.

Les quelque 200 journalistes de la presse internationale, parmi lesquels de nombreux correspondants de la presse africaine étaient en ébullition, mardi après-midi, Sur une des terrasses du merveilleux château. La majesté de l'édifice, la pureté de ligue des jardins, renforcés encore par un rayon de soleil qui traversait le ciel gris ne comptaient même plus. Chacun guettait les mou­vements des Mercedes et des Cx Pallas sur le gravier de l'esplanade. Et surtout, personne ne voulait manquer l'apparition de celui que chacun avait baptisé «la vedette du jour ».

Mais, au risque de décevoir tous les membres de la presse, avides même d'une simple déclaration, le président Mobutu est parti discrètement, avant la conférence de presse de ses collègues. Fourbu et éreinté par les événements qui secouent son pays, par le long voyage Kinshasa-Paris, il a regagné sa résidence parisienne, déclinant même l'invitation au dîner de cl6ture des travaux de la conférence franco-africaine...

A la veille de rencontrer Léo Tinde­mans, il exprimait encore son profond dépit devant l'attitude du gouvernement belge, et plus particulièrement, comme on le sait, devant celle du ministre Simonet.

- J'ai été profondément choqué. D'autant plus que ce n'est pas la première des déclarations désobligeantes à I'égard du Zaïre de M. Simonet. Cette fois, c'est devenu insupportable. Et, pour ne citer qu'un seul de mes griefs, le chef de la mission belge lui-même peut attester du moment auquel il a été saisi de ma demande d'aide, et témoigner du fait qu'il l’a automatiquement transmise aux Affaires étrangères.

« J'ai des amis en Belgique »

S'interrompant pour écouter les informations télévisées qui le concernent directement, le Président Mobutu semble très préoccupé. Derrière ses lunettes, on perçoit nettement les affres de la fatigue. La coopération belgo-zaïroise subira­-t-elle les conséquences de ce différend? « Les Belges font ce qu'ils veulent de leur argent, rétorque le président Mobutu, un peu amer. J'ai des amis en Belgique: le Roi, certains ministres avec lesquels je n'ai jamais eu aucun pro­blème... Par contre, d'autres ont tout fait pour nous dénigrer et nous ridiculiser. Ils oublient un peu trop vite que nous sommes condamnés à nous entendre... Et, finalement, l'amitié entre la Belgique et le Zaïre dure depuis 18 ans, avec des hauts et des bas. Je reste décidé à ne plus reculer dans la voie du renforcement de cette amitié mais avec des inter­locuteurs belges qui out le même point de vue et le même souci de vouloir soigner et renforcer ces liens d'amitié. »
Des liens d'amitié qui permettraient aux Belges de poursuivre leur travail de coopération au Zaïre. Nombreux sont ceux qui souhaitent retourner là-bas, pour autant que des conditions suf­fisantes de sécurité leur soient garanties. Mais là, on dépasse le seul cadre des relations bilatérales entre nos deux pays puisque les participants à la conférence franco-africaine se sont quittés sans prendre de décision concrète mais avec la mission d'étudier, chacun de sou côté, un volet de ce large problème. En outre, « les événements du Shaba vont fon­damentalement changer la politique occidentale à I'égard de l'Afrique, affirme le président Mobutu. Le monde occi­dental commence à comprendre le danger de l'idéologie soviéto-cubaine, ajoute-t-il et le président Carter semble déjà décidé à garantir leur sécurité à ceux qui ne veulent pas d'une idéologie d'importation. »

Une ville morte

Il reste que Kolwezi ne peut fonc­tionner sans ses habitants. Aujourd'hui, c'est une ville morte. Jean-Claude Pomonti, correspondant du « Monde » à Kolwezi insiste sur la différence fondamentale des missions des soldats belges et français. « Les Français avaient pour objectie prioritaire de sauver des vies humaines. Ensuite la politique aurait voulu qu'avec le rétablissement de la sécurité, la vie reprenne. Les Belges, avec leurs consignes d'évacuation, ont joué un mauvais tour aux Français, ce qui explique aussi la mauvaise humeur du président Mobutu à l'égard de Bruxelles» écrit-il.
Néanmoins, insiste le président Mobutu, beaucoup de Belges de Kolwezi n'ont pas quitté le pays et sont actuellement à Lubumbashi. A Hoboken, des techniciens belges et des ingénieurs tentent d'évaluer les dégâts », ajoute-t-il.
Mais les Belges, reconnaissons-le crai­gnent une certaine désaffection du Zaïre au profit des Français, considérés comme des sauveurs. Hommes d'affaires et coo­pérants vont-ils désormais pâtir de certaines lenteurs gouvernementales? Le président Mobutu est catégorique. « Ce n'est pas dans ma mentalité de leur en tenir rigueur. Il n'en est pas question. Rassurez-les: rien ne va changer à leur égard. »
Il reste qu'effectivement, les dégâts sont graves. Et il faudra plusieurs mais pour les évaluer avec exactitude. Mais il est déjà possible de prévoir qu'au lieu des 500.000 tonnes, ce sont seulement 150.000 tonnes de cuivre qui pourront sortir du sous-sol zaïrois (voir article p. 17).
C'est le coeur même de I'économie du Zaïre qui a été atteint, conclut le Président Mobutu. lis sont venus pour tuer, pour piller, pour détruire et pour réduire à néant le plan qui porte mon nom »

M.V.D.