SiteLock
Livre du mois Le Petit futé Kinshasa 14,95 € Communiqué de presseGuide Kinshasa 2017 (petit futé)Neocity
Boek van de maand Zoon in Congo 15% korting + gratis verzending Zoon in Congo Lanoo Uitgeverij
   Webmasters Delcol Martine Eddy Van Zaelen De webmaster Delcol MartineEddy Van Zaelen
  Helpt U mee en stuur je ons uw boeken in ruil voor een publicatie op de site  Sponsor Site
Kasai Rencontre avec le roi des Lele Kasaï , rencontre avec le roi Prix exclusif Grâce a Congo-1960 Sans limite de temps 29.80 € frais de port inclus  -Editeur Husson
L'état indépendant du congo a la recherche de la vérité historiquecongo 1957-1966 TémoignageLes chemins du congoTussen vonk en omroep , draadloze communicatie in België en CongoLeodine of the belgian CongoLes éxilés d'IsangiGuide Congo (Le petit futé)Congo Ya Kalakala, avec mes remerciements a Mr Paul DaelmanCongo L'autre histoire, avec mes remerciements a Charles LéonardL'Héritage des Banoko , avec mes remerciements a Mr. Pierre Van BostL'année du Dragon avec mes remerciements a Mr Eddy Hoedt et Mr Peeters Baudoin

1

Spécial 31/5/1978

2

Kolwezi : trop de questions sans réponse

On parlera encore beaucoup de Kolwezi car il saute aux yeux que tout n'a pas été dit sur cette affaire et que ce qui reste à dire n'est pas précisément le meilleur. Le long débat de la Chambre des Députés sur l'affaire du Shaba n'a pas situé à leur juste mesure les responsabilités de l'inutile «cabinet de crise» et si M. Tindemans retire de son entretien avec le général Mobutu une satisfaction qu'il gonfle à l'extrême, il n'en apparaît pas moins aux yeux de l'opinion publique belge comme le prototype du dégonflé qui s'accroche. Le sait-il? C'est à M. Giscard d'Estaing que notre Premier ministre doit d'être revenu de Paris l'âme sereine car le champion de la « décrispation » avait déjà « dédramatisé » le problème lorsque le cham­pion de la maladresse fut reçue dans l'appartement de l'avenue Foch du chef d'Etat zaïrois. «Ne me compliquez pas la tâche» supplia notre Premier ministre et le général Mobutu, beau joueur, acquiesça. Il n'est donc pas faux que les relations belgo-zaïroises ne seront pas officiellement trop affectées par les gaffes et les faux pas que le tandem Tindemans-Simonet accumula à plaisir, mais faut-il pour autant nous contenter de cette satisfaction facile et continuer à dissimuler, comme nous le faisons, le comportement peu reluisant de notre Gouver­nement qui porte désormais le titre, peu envié mais justifié, de « Gouvernement de la dérobade »?

Il saute aux yeux, en effet, que l'affaire du Shaba offre encore trop d'aspects obscurs et trop de contradictions pour que l'observateur le moins difficile et le moins curieux puisse s’estimer satisfait par l'autosatisfaction de ceux-là mêmes qui out une hâte suspecte à classer une affaire que le sang de nos compatriotes de Kolwezi empêche précisément de classer sans qu'une enquête soit préalablement ouverte. Un Premier ministre ou un ministre est-il, par définition, intouchable? S'il en est ainsi, que nous nous le disons et nous comprendrons que nous ne sommes pas seulement frappés du malheur d'être mal gouvernés mais que nous vivons, de surcroît, dans un système truqué et dans une fausse démocratie. Il est trop facile, en effet, d'estimer qu'un vote favorable à la Chambre permet à M. Tindemans de jouir du soulagement qui est le sien lorsqu'il croit que la page est tournée et que, le sang séchant vite sous le soleil d'Afrique, il peut s'illusionner désormais sur ses chances de conserver le pouvoir. Qu'on le veuille ou non, ce pouvoir, il ne le détient plus à part entière tant que subsisteront tous les aspects obscurs, les mensonges et les contradictions de l'affaire du Shaba c'est-à-dire tant que ceux qui en ont gros sur le coeur (et je pense plus particulièrement à V.D.B.) ne pourront soulager celui-ci en disant la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. En d'autres mots, nous mettrons M. Tindemans au défi de rendre public le compte-rendu exact et détaillé des séances du « cabinet de crise» ou le grotesque le disputa au ridicule, où on vit s'affronter militaires et civils dans des joutes se situant à un niveau si bas qu'il y aurait lieu d'en rire s'il ne fallait en pleur r. Si un amusant dicton prétend que la guerre est chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires, il faut convenir que les civils du « cabinet de crise» se donnèrent une importance exagérée de stratèges en voulant téléguider de Bruxelles tous les mouvements de notre corps de parachutistes envoyé sur le terrain, allant jusqu'à prétendre qu'une mission de reconnaissance en hélicoptère au-dessus de Kolwezi devait avoir leur... auto­risation. Mieux, un ministre de la Volksunie affirma que les militaires flamands n'obéiraient pas à un chef wallon et vice-versa cependant que V.D.B. faillit avaler sa pipe lorsqu'il vit qu'un de nos politiciens établissait purement et simplement le plan de combat de nos soldats en oubliant que ceux-ci étaient quand même commandés par des officiers de carrière, officiers supérieurs de surcroît.

Chose plus grave, le mensonge fut l'arme favorite de Léo Tindemans durant ces heures difficiles et lorsqu'il affirma, par exemple, que les lieux de décollage de nos avions militaires et civils étaient choisis comme ils furent choisis pour consommer moins de «fuel », il omit soi­gneusement de révéler que le problème du carburant était un problème plus facile à résoudre que le problème des exigences des membres du personnel navigant de notre compagnie nationale qui, s'ap­puyant sur leurs syndicats, refusaient de dépasser le quota normal de leurs heures de prestation pour épauler l'action humanitaire de la Belgique au Zaïre. Les temps out bien changé. On ne les comptait plus, en 1960, les aides bénévoles qui s’offraient pour participer au « pont aérien »! Qui révélera, en outre, les raisons de l'atterrissage forcé d'un avion de la Sabena à Alger alors que, contrairement à ce qui fut déclaré, il n'y avait aucun malade à bord? Or - qui ne le sait? ­Mobutu avait accusé l'Algérie et la Libye d'avoir participé en coulisses à l'agression du Shaba. N'a-t-on pas, dès lors, risqué un gros incident diplomatique en se frottant à l'Algérie lors de l'opération de rapatriement des rescapés de Kolwezi? Homme intelligent s'il en est, M.Chabert doit bien avoir - nous semble-t-il - sa petite idée sur les véritables raisons de cette curieuse escale. Qui protège-t-on en dissimulant dès lors, une vérité qu'un de nos députés, M. Mundeleer, réclame d'ailleurs à grands cris?..

Comme on le voit, les choses sont loin d'être nettes et trop de questions demeurent étrangement sans réponse. Néanmoins, la palme d'or de la gaffe revient encore à M. Simonet qu'une certaine presse dont « Pan» en tête (tiens, tiens!) s'efforce de sauver tant il est vrai que le ridicule tue et que, notre ministre des Affaires étrangères n'étant pas au mieux de sa ferme, risque fort de mourir d'un bon mot rentré ou malen­contreusement sorti. Faut-il mettre, en effet, Sur le compte de la boutade à laquelle il porte une affection sans limites, le fait que notre ministre des Affaires étrangères a choisi le blâme peur mieux transformer notre Ambassadeur de Belgique au Zaïre en bouc émissaire de ses maladresses. Qu'a donc fait (puisque c'est de lui qu'il s'agit (M. Rittweger de Moor, notre représentant à Kinshasa, qui a eu l'imprudence de se placer dans le collimateur de M. Simonet en osant qualifier de « déterminante et providentielle » l'intervention des troupes françaises à Kolwezi? Un impair de taille puisqu'il s'est aligné sur la position de M. Outers qui, sans être le représentant de notre diplomatie, fait preuve d'une habileté dont, visiblement, M. Simonet n'a pas encore trouvé le mode d'emploi. Le trouvera-t-il d'ailleurs jamais dans la mesure ou, suffisant comme il n'est pas permis de l'être même lorsqu'on s'offre le luxe d'être intelligent, notre ministre des Affaires étrangères refuse d'accorder ses violons avec ceux de ses colla­borateurs. Qui soulignera jamais, en effet, l'obsti­nation déployée par M. Rittweger de Moor peur rencontrer son chef? En vain.

Sa Majesté Simonet 1er dont Mobutu a dit qu'il se prend à la fois pour le Roi et le Premier ministre n'est pas visible peur un ambassadeur jeté dans un événement qui fait la « une » de tous les journaux du monde et occupe une triste place dans l'actualité inter­nationale. Au demeurant, notre représentant au Zaïre commence à connaître la musique. N'est-ce pas lui, en effet, qui - lors d'un de ses précédents séjours en Be1gique - a fait, des semaines durant, antichambre chez son ministre peur finir par le rencontrer et s'entendre dire: «Vous vouliez me voir? Hé bien, vous m'avez vu.» C'est tout. Audience terminée et satisfaction intense chez M. Simonet qui a pu, une fois de plus, exprimer sa goujaterie et sen cynisme. Evidemment, s'il com­mence à se prendre pour Talleyrand, notre ministre des Affaires étrangères n'a pas fini de nous étonner mais - le sait-il? - on connaissait le nom de Talleyrand avant de connaître ses bons mots. C'est dire si le chemin de la postérité sera encore long pour le bourgmestre d' Anderlecht qu 'un quotidien français confondait récemment avec... V.D.B. sans que V.D.B., très indulgent ces temps-ci, n'en prenne ombrage. « Faire sérieusement ce qu'on doit faire sans se prendre au sérieux. » Il était socialiste aussi Kamiel Huysmans lorsque, à l'intention des Simonet et consorts, il énonçait cette sagesse.

Pierre Davister .