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Augustin à l'expo 58, le pavillon du Congo

Une nouvelle de Luc Roger
Cahier de la RAL 'M - n°10 - (revue art et litérature musique )

"Pour la première fois de sa vie, Augustin mentit à ses parents"


<== Image: Tintin
(site de vente en enchère vendu a 70 euro)

A quelle époque Augustin Levasseur avait-il commencé à aimer les Noirs, il ne le savait pas lui-même exactement. Aussi loin que ses souvenirs remontaient, ils le ramenaient toujours à ses lectures d'enfance où les Nègres étaient dépeints comme des esclaves qui chantaient des cantiques toute la journée, même sous le coup des fouets, comme d'excellents chrétiens à la bonté extrême qui chérissaient leurs maîtres blancs, partageaient les bonheurs et surtout les peines des familles qu'ils servaient, et leur vouaient une fidélité sans borne au point de ne jamais hésiter à offrir leurs vies pour sauver celles de leurs maîtres, particulièrement si ces maîtres s'avéraient être des enfants, qu'ils appelaient avec un bon sourire débordant d'affection petit maître ou petite maîtresse.

Comme tant d'autres petits Belges qui découvrirent l'Afrique par la lecture répétée de Tintin au Congo, Augustin s'amusa des difficultés vocales des braves Noirs qui ne savaient pas prononcer les R et pour qui il avait fallu inventer un signe orthographique distinctif, l'apostrophe d'absence. A cette bizarrerie si divertissante s'ajoutait leur incapacité congénitale à apprendre les règles de grammaire les plus simples. Augustin, qui s'embrouillait dans ses conjugaisons, trouvait la syntaxe africaine des plus pratiques, et ne saisissait pas toujours que l'on pût se moquer de gens qui se faisaient très bien comprendre sans se plier aux subtilités de la langue française.


Mais ce qui avait le plus attiré l'attention du petit Augustin, c'était que les Noirs, les hommes noirs, passaient leur vie presque nus et qu'ils avaient un corps gigantesque, aux muscles luisants et huilés, un corps qui lui semblait beaucoup plus grand et puissant que celui de son papa, un petit homme chétif qu'il n'avait jamais vu qu'habillé. Même enchaînés dans des cases sordides, le cou, les poignets et les chevilles prisonniers de lourds anneaux de fer, les Noirs le fascinaient par la houille grasse et fuligineuse de leur musculature athlétique et par leurs yeux étincelants comme des charbons ardents dans l'obscurité. Et quand les chromolithographies ne les représentaient pas en prison, c'était pour les montrer au travail dans les champs de coton ou pagayant dans des pirogues entourées de crocodiles et d'hippopotames, considérés avec gourmandise par des familles de lions qui salivaient sur la rive en les regardant passer. Augustin, qui ne savait pas encore distinguer l'Afrique de la Virginie, avait tout de même compris que les Noirs vivaient toujours sous de chauds tropiques, que c'était pour cela qu'ils étaient nus, et il les enviait, lui qui était si frileux qu'il fallait l'emmitoufler jusqu'au début de l'été sous d'épaisses couches de vêtements et qu'il exigeait d'emporter avec lui écharpes ou cache-nez pour se prémunir du moindre coup de froid. Le jeune esprit d'Augustin associa la nudité à la noirceur et il n'était rien qu'il ne désirât tant que de pouvoir vivre nu, au soleil. En attendant, il passait de nombreuses heures dans des bains brûlants et le soir, sous un invraisemblable amas de couvertures en pure laine, dès que sa mère l'avait quitté après l'avoir bordé et embrassé, il ôtait son pyjama et le roulait en boule autour de ses pieds, qu'il ne parvenait jamais à réchauffer assez.

 

<== image les livres de la comtesse de segur anno 1940

Dès sa troisième primaire, Augustin fit ses délices de la Comtesse de Ségur. Dans le grenier de son grand-père, il avait découvert une dizaine de volumes cartonnés publiés par Hachette et Compagnie. Ces livres, à la couverture d'un beau grenat, dorés sur tranches, étaient illustrés de gravures qui le ravissaient. Grand-père les lui avaient offerts, ils avaient appartenu à sa femme aujourd'hui disparue, ou peut-être même pour certains d'entre eux à la mère de la défunte. Il avait expliqué à Augustin que c'était le genre de cadeaux que les petites filles d'autrefois recevaient pour leurs étrennes ou qu'on achetait aux enfants dans les gares avec l'espoir que ces lectures les tranquilliseraient pendant les longs voyages en chemin de fer. Et en secret, Augustin à qui l'on avait refusé plusieurs années de suite la poupée qu'il demandait à la Noël ou à la Saint-Nicolas, s'était réjoui de posséder enfin des objets destinés aux petites filles. Il s'enthousiasma pour les aventures de Cadichon, se moqua de la bêtise prétentieuse d'Innocent et de Simplicité, aurait voulu, comme Jean, être remarqué par Monsieur Abel et mériter lui aussi son affection paternelle, mais c'était la lecture d'Après la pluie le beau temps qui requérait le plus son attention. Un grand nègre américain, Ramoramor, après avoir perdu ses maîtres, avait traversé l'océan pour les retrouver, sans argent, sans adresse. Au moment où il atteignait au but, à force de courage et de persévérance, c'était pour apprendre le décès de ceux qu'il aurait voulu passer le restant de ses jours à servir.

Il se consacrait alors corps et âme au service de la fille unique de feu son maître, la petite Geneviève, et la servait avec une fidélité exemplaire. Ce serviteur dévoué, grand, vigoureux, à l'air vif et décidé, que l'on avait affublé à sa grande satisfaction d'un magnifique costume de zouave, faisait, à chaque page, preuve d'une grandeur d'âme étonnante pour un homme à la peau si noire. Il sauvait des enfants de cent périls, se laissait injustement accuser pour épargner des soucis à sa petite maîtresse et se proposait de pêcher les écrevisses d'une manière aussi originale que cruelle: il retroussait ses larges pantalons au-dessus de mollets qu'Augustin se plaisait à imaginer durs comme du fer, et trempait ses pieds, qu'il avait énormes, dans le courant glacé d'un ruisseau jusqu'à ce que les décapodes, attirés par dizaines par cet appât de choix, vinssent mordre le bon Ram de leurs pinces robustes; Ramoramor sortait alors les pieds de l'eau et décrochait les écrevisses de ses mollets ensanglantés pour les offrir à sa p'tit' mam'zelle. Il n'usait de sa force redoutable que pour la mettre au service de l'orpheline. Augustin relut tant de fois ce récit que, dans ses rêves, il se voyait emporté dans les bras du grand nègre qui le serrait avec précaution et tendresse contre sa large poitrine, tout en le préservant de mille dangers. Augustin conçut ainsi une hiérarchie du bonheur suprême où la possession d'un serviteur nègre ne l'emportait que de peu sur le privilège d'être une petite fille.

==> image : Ramonar

Chez l'épicier du coin, Augustin se mit à regarder d'un air plus attendri la tirelire colorée, une statuette articulée et creuse de plâtre peint qui représentait un petit nègre tendant un tam-tam dont le tambour était fendu pour que l'on y dépose une obole destinée aux missions et qui portait sur son socle un merci simple et éloquent. Lorsqu'il y introduisait une grosse pièce trouée de vingt-cinq centimes dans le tronc, le petit nègre se mettait à balancer la tête, d'abord rapidement, puis en affectant une lenteur de plus en plus dodelinée, comme un métronome qui va s'arrêter faute d'avoir vu son balancier relancé. Augustin insistait pour aller faire les courses, à la grande satisfaction de ses parents, heureux d'avoir élevé un petit garçon si serviable. Mais les relations privilégiées qu'il entretenait avec l'épicier et la statuette de plâtre peint s'interrompirent avec brutalité le jour il fut surpris à se délecter d'une poire juteuse qu'il avait prise à l'étalage, sans se rendre compte qu'il s'agissait d'un vol.


Il se mit aussi à collecter du papier d'argent dans tout le voisinage et exigeait de sa mère qu'elle achetât de préférence les produits dont l'emballage en contenait. Il en fit une assez grosse boule qu'il remit avec un visage épanoui de fierté à l'instituteur qui avait lancé l'opération de récolte du papier d'étain dans la pieuse intention de le revendre au bénéfice des missions. Le maître d'école inscrivit son nom au tableau d'honneur en belle anglaise calligraphiée à la craie blanche, avec des pleins et des déliés parfaits. Il rapporta une moisson appréciable de bons points à ses parents émerveillés.
abonnement expo 58

Cette année-là s'ouvrit à Bruxelles l'Exposition Universelle. Les parents d'Augustin, pour qui l'éducation de leur fils unique passait avant toute autre chose, et qui ne manquaient pas de lui répéter qu'ils se saignaient aux quatre veines pour lui assurer un brillant avenir, lui offrirent un abonnement permanent et, comme ils habitaient à deux pas du plateau du Heysel, où avait lieu l'Expo, ils l'incitèrent à y passer ses après-midi tantôt en l'y accompagnant, tantôt en le confiant à un cousin plus âgé ou à une personne du quartier. Augustin vécut alors les plus beaux jours de son enfance: il passait de longs moments dans le pavillon hollandais fasciné par la machine à faire des vagues, il courait au petit pavillon thaï qui reproduisait une pagode recouverte de dorures que le soleil faisait scintiller au loin, il allait admirer la carte oro-hydrographique de Belgique sous la flèche de béton armé du Génie civil ou faisait la file pour recevoir une tartine de cramique recouverte d'une épaisse couche de margarine Planta dans un pavillon de réclame alimentaire, mais ,quel que fût son intérêt passionné pour les mille et une attractions de l'expo, il fallait qu'il rendît une visite au pavillon du Congo belge, un vaste pavillon, l'un des plus étendus du site, que la Belgique consacrait à sa colonie.
Une fois arrivé là, Augustin se précipitait vers la reconstitution du village africain: tout un village avait été reconstruit avec ses paillotes et, surtout, avec ses habitants. On y voyait des femmes en boubous portant des enfants endormis sur le dos, d'autres, assises sur leurs talons, qui pilaient les racines de manioc dans des mortiers, d'autres encore qui tressaient des paniers d'osier. Plus loin, des hommes presque nus, portant le pagne, palabraient en cercle. Accroupis, les coudes posés sur leurs genoux, ils mouvaient leurs grandes mains, qui brassaient l'air avec lenteur et noblesse, comme un envol de corneilles, et se passaient de longues pailles pour boire la bière de sorgho d'une grande coupe, posée au milieu d'eux.


D'autres étaient regroupés autour d'un joueur de cithare qui déclamait en le psalmodiant un chant à la gloire des vertus guerrières de l'aristocratie du peuple des lacs. Des artisans travaillaient devant des cases: des potiers tournaient de la vaisselle sur des tours qu'ils actionnaient de leurs pieds nus et emboués, d'autres décoraient de motifs géométriques des pots déjà passés au four au moyen d'émaux bruns et jaunes, des ivoiriers sculptaient une énorme défense. Vers quatre heures, les hommes, qui s'étaient retirés dans des cases, en ressortaient pliés en deux tant l'ouverture en était basse, puis déployaient leurs grands corps qui avaient revêtu des jupons de filaments d'écorce de l'arbre imilgwegwe et des coiffes de la même matière, ornés de broderies de perles aux couleurs vives, qu'ils portaient la tête haute, l'air farouche. Leurs lances et leurs grands boucliers décorés de motifs géométriques leur donnaient l'allure martiale. Ils se mettaient alors à marteler le sol de terre battue de leurs grands pieds et, au rythme des tambours, se lançaient sauvagement dans des danses guerrières qui exaltaient la puissance d'une race qui n'était pas née pour travailler. C'étaient des Tutsis. Augustin les admirait, tel un rêveur béat, et se demandait s'il pourrait dormir une nuit avec eux, dans leurs cases, et si peut-être ils l'emmèneraient dans leur pays, une fois l'exposition terminée.

Pour la première fois de sa vie, Augustin mentit à ses parents. Il leur fit accroire que, certains après-midi, Monsieur Thiébaut, le maître d'école, emmènerait la classe visiter l'exposition. Quand il eut ajouté que c'était pour qu'il comprenne tout bien et que le maître fournirait toutes les explications, les parents d'Augustin furent enchantés et se félicitèrent d'avoir choisi une si bonne école avec des maîtres si dévoués. L'école primaire avait en fait fermé pour un mois les classes de l'après-midi pour permettre aux élèves des trois dernières années de se rendre à l'expo accompagnés de leurs parents. Augustin avait imité la signature de sa mère sur le talon-réponse de la circulaire qui annonçait la suspension des cours. Comme il était bon élève et d'ordinaire discipliné, Monsieur Thiébaut classa la feuille sans y prêter attention, et le tour fut joué.

De ce jour, Augustin ne quitta plus le village congolais. Il se souvint des leçons de Monsieur Thiébaut qui leur avait lu Le Petit Prince, et leur avait fait apprendre de mémoire la scène fameuse dans laquelle le renard enseigne à l'enfant venu des étoiles la manière de l'apprivoiser. Il l'imita en tous points. Il se plaçait à bonne distance du cercle des hommes et, visite après visite, s'en rapprochait insensiblement. Les Noirs, qui trouvaient le temps long dans cette exposition où les foules curieuses venaient les considérer comme au travers des barreaux d'une cage, s'amusèrent beaucoup du manège du petit Blanc aux cheveux carotte qui les fixait de ses yeux vert-de-grisés avec une attention désespérée. Il ne fallut que trois après-midi à Augustin pour se faire adopter par les Tutsis. Bientôt, il devint l'ami d'un homme gigantesque, un athlète qui dépassait ses frères de plus d'une demi-tête, un certain Ngoga Gatete. Rien ne satisfaisait plus Augustin que de pouvoir s'asseoir à côté de son ami et de regarder les mouvements paresseux de ses muscles anthracites. Ils se parlaient peu, mais se souriaient tout le temps et cela suffisait à combler Augustin.

A sa quatrième visite, Augustin osa poser sa petite main blanche sur l'avant-bras de Ngoga qui s'en saisit aussitôt en découvrant des dents éclatantes avec un rire sonore. L'enfant crut avoir trouvé son Ramoramor. Il était comme tétanisé par le bonheur qui lui coulait à flot rapide dans les veines. Il aurait voulu échanger son sang avec Ngoga, comme le font les Indiens, mais il n'en parla pas, car il pensa qu'il ne serait pas agréable à son nouvel ami d'être confondu avec un Peau-Rouge. Il chercha alors un autre moyen de lui faire plaisir, et, comme Ngoga avait touché la chaînette et le médaillon en or qu'il avait reçus de sa grand-mère à l'occasion de sa première communion en s'exclamant joyeusement "Joli, joli!", il les passa au-dessus de sa tête au risque de briser la chaînette et lui en fit présent. Ngoga ne voulut pas décevoir le petit garçon en refusant un cadeau offert d'un aussi bon coeur et se para du pieux bijou en l'attachant à son poignet, car il était trop petit pour son cou. Il donna à Augustin ce qu'il avait de plus précieux: un scapulaire de vieux cuir presque pourri qui renfermait un clou tordu et rouillé, aux pouvoirs magiques, et qu'il appelait son gris-gris. Il l'avait acheté près de Goma à un puissant sorcier pour le prix d'un mouton. Il le lui présenta avec cérémonie.

-C'est un gris-gris aux pouvoirs effrayants et que tu ne peux utiliser qu'une seule fois. Ne t'en sers que le jour où tu seras au bout du rouleau, que le jour où tu croiras que demain n'existera plus pour toi et que le monde s'est arrêté. Ce jour-là, tu prendras le gris-gris et tu le mettras dans ta bouche et tu le suceras en pensant très très fort à ce qui doit changer dans ta vie. Puis tu jetteras le gris-gris dans un puits, dans un fleuve ou dans un lac. Et tout le mal, tous les mauvais esprits qui séjournent dans ton corps seront précipités au fond de l'eau et noyés à jamais.
Il y avait longtemps qu'Augustin ne croyait plus aux fées ni aux sortilèges, mais Ngoga lui parla sur un ton si sérieux qu'il en fut impressionné. Il fit répéter le mode d'emploi au garçonnet qui s'exécuta, l'air grave. Alors Ngoga le lui passa autour du cou.


Augustin accompagnait l'Africain partout dans le village, ne le quittant pas d'une semelle. Augustin courait plus qu'il ne marchait à côté du géant africain qui s'efforçait pourtant de ralentir le pas. Il lui tenait deux doigts de la main droite et le regardait avec un sourire heureux et fier en se tordant le cou pour ne pas perdre le contact avec le visage de son idole. Il aurait sur-le-champ abandonné père et mère pour suivre Ngoga où il l'aurait voulu.

Alors qu'un attroupement se formait pour assister à une danse folklorique, Ngoga se saisit d'Augustin et le plaça sur ses épaules où il le maintint bien calé en empoignant fortement ses deux cuisses de ses immenses mains qui les encerclaient presque. Augustin ne se crut plus de bonheur. Ngoga l'avait pris dans ses bras! Ngoga l'avait pris dans ses bras! Et depuis son perchoir, il dominait le monde! Il sentit sous ses fesses le jeu des muscles trapèzes, eut l'impression qu'une partie de la force du nègre lui passait dans le corps, il se sentit comme transpercé par une onde lumineuse et chantante, et, sans comprendre ce qu'il lui arrivait, il connut l'extase d'être sous la protection du grand Congolais qui s'était mis à danser au rythme des tam-tams qui accompagnaient les danseurs.

L'aventure s'arrêta le lendemain. La mère d'Augustin n'avait pas eu beaucoup de clientes et avait fermé son salon de coiffure pour lui faire la surprise de venir l'attendre à la sortie de l'école. Monsieur Thiébaut, qui ne l'avait plus rencontrée depuis la fancy-fair, se dirigea vers elle pour la saluer. Elle le remercia chaleureusement de son dévouement et le félicita de prendre la peine d'entraîner cette bande de gamins, qui devaient se montrer parfois si difficiles, à l'exposition, et cela, tous les après-midi!

Ce soir-là, son père lui administra la première et la dernière raclée qu'Augustin eut jamais à subir de ses parents. Le petit homme, d'ordinaire assez timide et très réservé, développa une énergie dont il ne se serait pas cru capable et fessa Augustin d'importance. L'enfant fut indifférent aux coups, mais non au retrait de son abonnement, qui ne lui fut pas restitué, malgré ses supplications. Il ne révéla cependant pas le secret de son amitié lors des interrogatoires angoissés que ses parents lui firent subir.

Il ne devait jamais revoir Ngoga, mais les bras du grand Noir l'entourèrent de leur affection ingénue dans des rêves qui ne devaient jamais le quitter.