Léopold II un roi injustement dénigré.

Auteur André Bernard Ergo

Hubert de Beco résumant l'essentiel de l'histoire de l'Etat Indépendant du Congo.


On peut trouver sur internet,  sous ce titre et en 3 fichiers PDF aisés à enregistrer, un texte d'une vingtaine de pages sous la signature d’Hubert de Beco résumant l'essentiel de l'histoire de l'Etat Indépendant du Congo. L'auteur, qui est un docteur en droit de l'Université de Liège, lieutenant-colonel de réserve, était âgé de 15 ans à l'époque de l'indépendance du Congo. Il débute son article par les constats suivants :


" Attaquer le souverain de l'État Indépendant du Congo est une entreprise profitable, un sujet à sensation, vieux d'un siècle mais qui ne manque jamais de faire recette, tant en littérature qu'en film ou en débat. Le roi Léopold II n'a plus rien à y perdre, et d'ailleurs, l'attachement que l'on portait à sa personne, ou le détachement que l'on aurait pu lui manifester, le laissait totalement indifférent. Il était le roi d'un pays, certes petit, mais il se sentait très responsable de cette fonction et cherchait  contre vents et marées, et plus d'une fois contre le gré même de son peuple et de ses ministres, à donner à la Belgique les ambitions et les réalisations des grands pays européens. Avec une poignée d'hommes (pas tous belges) auxquels il sut communiquer  son opiniâtre résolution, il y parvint, mais ses adversaires ne lui pardonneront jamais et perpétueront  à son égard une animosité récurrente, nuisible et sourde."


" Qui sont donc ces adversaires et à qui profitent leurs vengeances ?  Chronologiquement, il faut mentionner tout de suite nos trois grands voisins européens, français, allemands et britanniques, puissances colonisatrices en pleine expansion à l'époque de la naissance  du Congo et fort dépitées d'avoir laissé échapper au profit d'un roitelet belge un si beau territoire. Rapidement et dans la foulée, l'opinion publique américaine se manifeste et renforce les rangs des Anglo-Saxons, détracteurs de toujours. La colonisation (celle réalisée par d'autres)  est intrinsèquement perverse  dans les consciences yankees (pas celles qu'ils réalisent eux-mêmes). Ces deux groupes furent à la base des premières campagnes de dénigrement. Par la suite, l'Allemagne ayant perdu toutes ses ambitions africaines cessa d'alimenter la polémique, elle fut suivie à reculons, mais bien des années plus tard, par la France. Au contraire, les Anglo-Saxons continuent à relancer la vapeur chaque fois qu'un timide réchauffement des rapports belgo-congolais leur fait craindre pour leurs perspectives économiques."


La trame du problème est posée; je l'habille avec des réflexions puisées dans l'introduction de "Congo belge, la colonie assassinée " livre publié en 2008 : curieusement, l'apparition des premières critiques assassines coïncide avec la découverte qualitative et quantitative des richesses minières du Katanga et de l'Est du Congo vers 1892. Une diplomatie du complot s'installe, complot qu'on tait parce qu'il est souvent le fait de pays dont l'amitié nous semble acquise et, parfois même de compatriotes, qui n'hésitent pas à transférer leurs vues de l'esprit du séminaire où elles auraient dû rester, au forum où elles n'avaient que faire et aujourd'hui, de ceux qui s'approprient moralement, à quel titre d'ailleurs, la critique de ces navrantes tristesses vieilles de plus d'un siècle.  Ah oui, le colonialisme ! Mot qui n'existait pas à l'époque ! S'ils entendent par colonialisme la soif de domination politique, le désir de perpétuer des privilèges ou d'exploiter la faiblesse d'autres peuples, il est clair, car son attitude et ses réalisations le prouvent, que la Belgique ne fut pas moins "anticolonialiste" que les nations de l'ONU qui prétendaient l'être. Au contraire, chez celles qui, durant sa présence au Congo belge, l'attaquent de manière virulente, existent bien souvent de larges minorités de population qui végètent dans des conditions de misère économique aiguë, qui sont dépourvues de soins médicaux élémentaires et dont les conditions de travail relèvent d'un autre siècle. Aucun de ces pays, ni l'ONU d'ailleurs, ne sont venus aujourd'hui à due résipiscence.


À la naissance de l'EIC (1885), la promesse avait été faite de respecter les décisions du Congrès de Vienne (1815) en ce qui regarde l'abolition de la traite des Noirs en Afrique centrale. Si la marine anglaise jouait encore au gendarme sur les océans atlantique et pacifique vers 1865, son laxisme était évident sur l'océan indien où elle avait avantage à fermer les yeux sur les activités du sultan de Zanzibar fournisseur de main d'œuvre à son Empire d'Asie. Entre 1892 et 1895, la Force publique, composée de volontaires africains et de quelques centaines de Bangalas sous les  ordres d'officiers belges, va stopper définitivement le trafic d'esclaves et début 1895, un ancien missionnaire protestant britannique, trafiquant d'armes, au service des Allemands, sera pris sur le fait et exécuté par pendaison.


"Ils ont osé pendre un sujet britannique"! 1895, un autre pan de la société anglo-saxonne et religieuse  va se joindre aux comploteurs de 1892.


Hubert de Beco détermine trois phases dans les agissements des maîtres-chanteurs anglo-saxons. Il y a tout d'abord les écrits des exclus de l'EIC, Burrows et Canisius, Parminter, Glove etc., dont les premiers furent condamnés pour calomnie, à Londres même, par le juge Ridley. Il y a ensuite les dénonciations de Morel et de Casement qui reprendront habilement les propos des premiers en ayant soin d'éviter de s'exposer à des actions de justice, en se faisant appuyer par des milieux industriels (Liverpool), quakers ou politiques, en recrutant des écrivains connus (Conan Doyle et Mark Twain) et en propageant leurs remarques en Europe et aux Etats-Unis sous formes humanistes et généreuses. Les propos de certains milieux protestants du Congo et les photos prises par ceux-ci seront largement utilisés comme objets de propagande. Une troisième phase consistera essentiellement par la publication de pamphlets et de caricatures soulignant et amplifiant cruauté et sadisme sans s'éloigner très loin des premiers propos qui avaient été condamnés. Ici, on vise plus personnellement l'obstacle principal : le roi.


Le but de ces actions est avoué clairement dans le livre de Conan Doyle : éjecter définitivement les Belges de l'Afrique centrale par tous les moyens (il envisage même la force) et ... prendre leur place.  Appétit économique du plus grand pays du monde à l'époque et des autres grands : l'Allemagne et la France, car il y a beaucoup d'agitation dans les cercles politiques. Nous avons évoqué jadis les ambitions de Kiderlen Waechter puis de M. de Jagow et de M. Solf  pour l'Allemagne et leur approche de la France ; L'Angleterre qui n'a pas reconnu le Congo belge en 1908 a des contacts secrets avec l'Allemagne dénoncés par Sir Bertie ambassadeur à Paris. L'annexion de colonies des petits pays et leur partage par les grands fait l'objet de ces "conversations", à tel point que la président Français Poincaré écrira dans ses Souvenirs : " Ce fut là un triste exemple d'immoralité politique ... Kiderlen Waechter écrivait : Il faut que nous allions jusqu'au Congo belge afin d'être sur les rangs le jour où celui-ci viendrait à être partagé". Il y avait d'autre part des pourparlers avec la France pour que celle-ci  abandonne le droit de préemption dont elle jouissait sur le Congo.


Mais Hubert de Beco parle également des appétits économiques récents des Anglo-Saxons qui, ..."chaque fois qu'un réchauffement timide des relations belgo-congolaises se fait sentir, mettent immanquablement sur sa route les obstacles habituels des scandaleuses calomnies remises au goût du jour" et qui accusent la Belgique et Léopold II d'avoir mis cette période à profit pour prendre une place de choix parmi les puissances mondiales. En réalité, la Belgique de Léopold II était déjà réputée pour sa Constitution, pour son entrée de plain-pied dans la première révolution industrielle grâce à laquelle elle était déjà présente et active dans le monde entier.


Il termine son article par une dizaine de citations relatives à l'action du roi durant cette époque :            - M. Foa chargé de mission au Congo par le gouvernement français (1899), - le Morning Post (1890), - Lord Cuzon, secrétaire d'état devant le Parlement britannique (1897), -Lord Wolseley dans le Times (1890), - Petergils, consul britannique (1898), - Casement même, consul britannique (1899), - Lord Mountmorres (1906)  et, plus récents, Émile Vandervelde à l'Institut Colonial International (1920) et le Maréchal Lyautey dans une lettre au Comte Carton de Wiart (1930).

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