M Fernandez, a écrit (MRAC)

«Les Belges n’ont jamais caché des résultats des recherches géologiques menées au Congo»

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Propos recueillis par Jean- René Bompolonga

«Les Belges n’ont jamais caché des résultats des recherches géologiques menées au Congo»

«Les Belges n’ont rien caché », a répondu mercredi au journal Le Phare le Docteur Max Fernandez, expert du Musée royal d’Afrique centrale (MRAC) et promoteur du projet institutionnel inauguré le vendredi 20 novembre entre le Centre des recherches géologiques et minières (CRGM) et le musée belge. Il répondait à la question consistant de savoir si les belges n’avaient pas caché de résultats de certaines recherches géologiques aux Congolais à la fin de la colonisation. Cette question est consécutive au constat selon lequel depuis la guerre de 1996, il y a une ruée de nature suspecte en Rd Congo où l’on découvre qu’il y avait bien d’autres produits miniers en dehors du cuivre, de l’or, du diamant, du cobalt, du manganèse… Donnant son opinion personnelle compte tenu de son expérience dans ce domaine, l’expert du MRAC s’explique :

« Pour comprendre cette situation, il faut remonter à la période coloniale ou entre 1960 et 1990. L’intérêt de la Belgique au Katanga était d’abord d’alimenter ses propres industries en matières premières et ensuite de générer des revenus des richesses du sous- sol. Toutes les ressources minières étaient connues depuis longtemps mais le pouvoir colonial avait préféré se focaliser sur trois provinces à savoir le Katanga pour le cuivre, la Province orientale pour l’or et le Kasaï pour le diamant. Ce qu’il trouvait là était énorme et il pouvait l’exploiter pendant une longue période. Voilà pourquoi il n’avait pas cherché à aller exploiter ailleurs dans le pays. Entre 1960 et 1990, l’activité minière va se poursuivre là où le colonisateur avait ouvert des sites d’exploitation. Les compagnies d’Etat ayant le monopole d’exploitation continueront de travailler sur ce que le colonisateur avait laissé et ne vont pas chercher à travailler en dehors de leurs concessions ». «Au début des années 90, a-t-il poursuivi, ces compagnies s’étaient appauvries parce que l’outil de production n’a pas été remplacé. Avec le nouveau régime minier, il a été décidé d’ouvrir le domaine minier à la concurrence et à d’autres investisseurs. Les compagnies d’Etat avaient de grands périmètres de concession et les investisseurs n’avaient que deux possibilités, à savoir s’associer avec les compagnies par des contrats de joint-venture – c’est tout le problème des contrats léonins car les compagnies d’Etat n’avaient plus l’expertise nécessaire et les autres se sont imposés- ou d’aller chercher ailleurs. Ceux qui sont allés chercher ailleurs ont fait le travail que le pouvoir colonial ou le gouvernement congolais devrait faire depuis longtemps. On s’est alors rendu compte qu’il y avait des permis qui avaient abouti à des exploitations. On se rend compte que les investisseurs vont là où les compagnies d’Etat n’ont jamais été. D’où l’impression que l’ancien pouvoir colonial aurait caché quelque chose alors qu’il n’en est rien. Dans l’autre partie non exploitée, il y a certainement des potentialités comme des hydrocarbures, mais il faut au préalable dépasser une énorme épaisse couche stérile de sol ».

Puis cette question : Les Belges n’ont rien caché dites vous. Et pourtant des recherches géologiques mises à jour en 1998 démontrent que la concession de la Miba par exemple recèle des réserves énormes de Nickel Chrome considérées comme le coperbelt du Kasaï. Il y a également du cuivre, du fer, du manganèse, du coltan et de l’or. L’inexploitation de tous ces minerais répond-il à l’ordre des priorités que vous avez déjà défini ou s’agit-il de la conséquence de l’absence d’une énergie électrique suffisante ?

« Oui, c’était connu, mais la Miba s’est intéressée seulement au diamant », a-t-il répondu.».

Enfin que faudrait-il à la Rd Congo pour matérialiser cette richesse enfouie dans le sous- sol et en faire un bien porteur de développement durable ?
Réponse du Dr Max Fernandez : « C’est simple, mais cela sous-entend beaucoup de choses. Il faut appliquer et faire appliquer ce qui est écrit dans le code minier et ses lois d’application. Ce qui manque pour le moment c’est le contrôle surtout de la partie illégale de l’exploitation minière. Cela est dû à la faiblesse de l’Etat qui n’a pas les moyens de contrôler ce qu’il impose. C’est là le nœud du problème. Un projet « Promines » initié par la Banque mondiale essaie de combler cette lacune sur le plan externe. Au plan interne, il faut certes impliquer plusieurs ministères, mais c’est l’Etat qui doit tout faire pour contrôler ce que font les exploitants ».
Propos recueillis par Jean- René Bompolonga

Kinshasa, 27/11/2009 (Le Phare, via mediacongo.net)

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