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Le Congo de Papa (Katanganews)

Depuis les premières revendications d'indépendance jusqu'à aujourd'hui,
on voit sans cesse reparaître les mêmes familles, de père en fils, d'oncle à neveu ou... de cardinal à simple abbé...


     
Quarante cinq ans après la proclamation de l’indépendance, la situation du Congo démocratique est, on ne peut plus dramatique : allant d’un conflit à un autre, d’une opposition à une autre et d’une rébellion à une autre, la RDC est devenue le théâtre d’une situation catastrophique et explosive. Un constat amer est vite fait : les politiciens congolais sont incapables de privilégier l’intérêt de la Nation, du peuple, préférant se battre pour des enjeux égoïstes. Et cette situation perdure depuis la veille de l’indépendance jusqu’aujourd’hui. S’est-on déjà rendu compte que le Congo démocratique est dirigé depuis l’indépendance par la même race, les fils succédant aux pères, les neveux aux oncles, les beaux fils aux beaux pères, etc ? Déjà à la veille de l’indépendance, les politiciens congolais avaient fait montre d’un caractère belliqueux, le premier gouvernement du Congo était un monstre dans lequel chaque membre ne répondait seulement qu’à son chef de file et l’action gouvernementale s’est retrouvé minée. Aujourd’hui encore, rien n’a changé. Les fils sont sur les traces de leurs géniteurs…
 

Depuis 1960, un groupe de gens dirige la République Démocratique du Congo, de père en fils, neveu, allié, ou ami.

Depuis l’indépendance, ils ont plongé le pays

            30 Juin 1960, la RDC accède à la souveraineté internationale avec sa kyrielle de pères de l’indépendance qui se voient remettre, clé à la main, les rênes du pays. La destinée de ce vaste territoire venait par le fait de la décolonisation d’être remise aux fils du pays. Le ciel était, ce jour sacré, serein et pour la première fois, le Débout congolais, hymne de l’indépendance, venait d’être chanté devant les officiels belges et congolais. Bel hymne qui interpellait le peuple congolais à sortir de la somnolence, de la passivité pour se tenir débout ; hymne qui suppliait encore ce peuple à ne plus marcher tête baissée comme des moutons de Panurge mais à dresser le front longtemps courbé. Malheureusement, comme il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre, les Congolais ont préféré marcher tête baissée se persuadant même de ne pas accepter la vérité, la réalité des faits telle que vécue. Refusant même de constater que leurs frères qui ont pris la direction du Congo en étaient indignes. Qu’à cela ne tienne, « Indépendance cha-cha, to zui ». Le venin inoculé par les pères de l’indépendance continue à frapper de cécité ce peuple qui se laisse abreuver du vin de la démagogie, du tribalisme, du clientélisme. Mais, les Congolais auraient – ils eu réellement cette indépendance ? La question vaut la peine d’être posée. La RDC ne venait – elle pas de passer de la tutelle belge à une autre tutelle, celle de l’élite de l’époque ? Et aujourd’hui, qui sont encore au pouvoir ? Qui l’aurait constaté ? Le pouvoir, en RDC, se transmet de père en fils, de l’oncle au neveu, d’un tel à un parent par alliance bref, depuis 1960, une même classe de gens préside aux destinées du pays, une même race donc continue à détruire et à piller le Congo, une même espèce continue à asservir leurs compatriotes…
Au 30 juin, dans les premiers jours de l’indépendance, des personnalités aux caractères divergents et des visées égoïstes se distinguent pour présider à la destinée des congolais : Joseph KASAVUBU, Patrice Emery LUMUMBA, Cléophas KAMITATU, Antoine GIZENGA, Justin BOMBOKO, Thomas KANZA, Christophe NGBENYE, Pierre MULELE, Joseph – Désire MOBUTU, Moïse TSHOMBE, Gaston DIOMI, Jean – Marie KITITWA, Etienne TSHISEKEDI qui fut commissaire général adjoint à la justice dans le gouvernement des Commissaires Généraux, Janson SENDWE dont quelques temps après Laurent Désiré KABILA sera le Président de la jeunesse de la Balubakat …
Dans le monde des affaires, un certain Jeannot BEMBA, homme d’affaires puissant de la province de l’Equateur, se fait remarquer par ses grandes entrées dans les couloirs du pouvoir. Il est parmi les hommes influents que compte la province de l’Equateur et jouit d’une immunité incontestable…
L’Eglise catholique, la mère et sainte Eglise, n’est pas non plus laissée pour compte : l’Abbé Joseph MALULA, dont la célébrité a été causée par sa conférence « L’âme noire face à l’Occident », est dans toutes les conciliabules avec les politiques. Le "Te Deum", l’hymne de l’indépendance est composé par un prêtre, comme qui dirait l’église ne tenait pas à être absente de la grande messe.
2005, soit quarante cinq après l’indépendance, une nouvelle classe des politiciens est aux affaires. S’agit – il d’une curieuse coïncidence ou d’un calcul préalablement établi ? Certains pères de l’indépendance ont certes disparu, mais curieusement leurs enfants, voire neveux, alliés ou enfants de leurs amis se retrouvent en train de conduire la destinée du Congo. Et même l’Eglise, cette chère et mère Eglise, est encore présente sur la scène politique, tantôt complice, tantôt arbitre et de fois opposant. Joseph KABILA, Jean – Pierre BEMBA, Azarias Ruberwa, Olivier KAMITATU, Abbé MALU-MALU, Mgr Marini BODHO. .. chacun d’eux est a un lien efficace avec les grandes têtes des années de l’indépendance.
Dans l’opposition politique, on retrouve encore et curieusement les mêmes : Antoine GIZENGA, Etienne TSHISEKEDI et autres, François LUMUMBA, fils de Patrice LUMUMBA ou Justine MPOYO KASAVUBU, fille de Joseph KASA – VUBU… Tous les autres politiciens ne remplissent que les rôles secondaires autours des pères de l’indépendance.
Qui pourrait s’imaginer que plus de quatre décennies après l’accession du Congo à la souveraineté internationale, la destinée du Congo serait toujours entre les mains des pères de l’indépendance, de leurs fils ou de leurs acolytes ? Comment une race de politiciens a- t – elle su se maintenir au pouvoir pendant si longtemps ? Le pays pourra – t – il un jour se libérer de ces prédateurs ? Malgré le changement des régimes, le Congo est demeuré synonyme de honte, de haine, de guerre, de pillage, de destruction, de démagogie… Qui d’autre pourrait mieux faire le constat si ce n’est qu’un des pères de l’indépendance ? En effet, à la chute de Mobutu, parlant du régime KABILA, Bernardin Mungu Diaka dira : " C’est le même train, on n’a changé que de conducteur". Triste réalité, pourtant vraie.
Cette classe qui, au lendemain de l’indépendance, a plongé le pays dans une crise terrible, phase inachevée. Le Congo, pays immensément riche, est compté parmi les plus pauvres au monde. La race des pères de l’indépendance renferme – t – elle le germe de la malédiction ou de la médiocrité ? A- t – elle conscience d’être à la base de tous les maux de ce pays ?
Cette race au lendemain de l’indépendance, a plongé le pays dans une crise terrible causée par l’amour exagéré du pouvoir, la cupidité et l’intolérance. Ces pères du Congo souverain, ont nourri les Congolais de l’espoir d’un lendemain meilleur, dans un pays qui n’aurait rien à envier au paradis céleste et faute d’être le pays du miel et du lait, la RDC est devenue synonyme de l’enfer.
Aujourd’hui encore la même promesse est tenue et le discours n’a pas changé depuis 1960. Les mêmes mots, les mêmes verbes…
Le Congo sortira t – il un jour de son malheur sous la direction des mêmes personnes ? Les gens qui pendant quarante cinq ans, n’ont pas pu diriger et conduire le pays au développement, le pourront – ils en cinq ans, dix ans ? Les gens qui, pendant leur règne n’avaient réussi qu’à détruire le tissu socio – économique et à piller, que pourront faire leurs rejetons que de marcher sur les traces de leurs géniteurs ? Est – ce sans motivation que cette race a confisqué le pouvoir ?
Le peuple congolais a – t – il l’obligation de continuer à investir de sa confiance en cette classe qui l’a abandonné à son triste sort et qui est à la base de son cauchemar ?

1960, la racine du mal ….

Pour comprendre d’où vient le malheur du Congo, il faudrait sûrement se situer à partir des environs de l’année 1960. Et chercher à cerner le lien qui unit les gouvernants d’aujourd’hui à ceux des années de l’indépendance.
Quel lien Joseph KABILA peut – il avoir avec les années 1960, lui, qui est pourtant né en 1971 ? A – t – il les germes des pères de l’indépendance ? Comment est- il arrivé au pouvoir, de qui est – il fils ? That is the question !
A la veille de l’indépendance, dans le Nord – Katanga, un assistant médical qui travaillait pour les missions protestantes se fait remarquer par sa prestation et sa carrure. Les Belges décèleront vite en lui les aptitudes d’un homme habile, à même d’exercer une grande influence sur les masses. Du 17 avril au 18 octobre 1958, ce quidam, Janson Sendwe est invité à la foire de Bruxelles ensemble avec certains ténors de l’époque dont Jean Bolikango, Joseph Ngalula, Albert Kalonji, Paul Bolya, etc. A la veille de l’indépendance, Sendwe sera parmi les fondateurs de la Balubakat regroupant essentiellement les Baluba du Katanga. La Balubakat constituera un cartel autour de Lumumba à l’approche de la proclamation de l’indépendance du Congo. 1960, Laurent Désiré KABILA s’engagera dans la jeunesse de la Balubakat où vers décembre, il sera signalé comme « Général » de celle-ci. Janvier 1961, KABILA est « Directeur Provincial à l’information » au ministère de Pierre KABILA dans le gouvernement de Prosper MWAMBA installé à Manono. En mars de la même année, Laurent Désiré rencontrera pour la première fois Antoine Gizenga, l’un des pères de l’indépendance, à Stanleyville (Kisangani). En octobre 1963, le Conseil National de Libération est formé à Brazzaville. Kabila le rejoindra quelques mois plus tard. Le CNL le chargera avec Soumialot d’organiser la grande rébellion à l’est, à partir d’Uvira et de Bujumbura. Au sein du CNL, Kabila exercera la fonction de Secrétaire Général aux affaires sociales, jeunesse et sports, tandis que Gizenga en était le Président d’honneur et Pauline LUMUMBA, veuve de Patrice – Emery LUMUMBA, vice – présidente d’honneur.
Le 15 avril 1964, dans la région d’Uvira, soit huit mois après le déclenchement de la rébellion dans le Kwilu, Soumialot et Kabila conquirent une bonne partie du Nord – Katanga, le Kivu et le Maniema. Ainsi Soumialot devint le Président du gouvernement provisoire du CNL/Est et Laurent Désiré KABILA, le vice – président. Après la conquête de Kisangani, le gouvernement provisoire de l’est fut dissous et remplacé par celui de la République Populaire du Congo dans lequel LD Kabila fut le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et Ministre plénipotentiaire auprès de l’Ouganda, du Kenya et de la Tanzanie.
Comme on le constatera, Laurent Désiré KABILA, géniteur de Joseph KABILA, n’est pas un nouveau venu sur la scène politique congolaise. Son parcours politique commence déjà dans les environs de 1960, dans les rangs de la Balubakat, pro-lumumbiste. Disciple de LUMUMBA, il a été à l’école de Gizenga et sous les ordres de Gbenye. Il s’inscrit dans la lignée des pères de l’indépendance qui ont pour dénominateurs communs, les années 1960. Et la caractéristique principale des politiciens des années 1960 est, si pas de se faire un jour remplacer par leurs rejetons, mais de leur assurer une place de choix dans le sérail gouvernemental pour qu’à un certain échelon, ils gouvernent, ou disons, qu’ils règnent. On se souviendra qu’à ce propos, à la veille de l’assassinat de son défunt – père de Président, Joseph KABILA était déjà Chef d’Etat Major de l’armée congolaise. Nulle personne que lui ne pouvait mieux sécuriser le pouvoir laissé par son géniteur. Il allait donc de soi qu’il le remplace. Mais dans l’entre – temps, le spectre des pères de l’indépendance continue à planer sur le Congo.
Dans l’espace dit présidentiel, une personne se distingue par sa stature : Jean – Pierre BEMBA GOMBO, un dur, qui se croit même investi d’une mission divine pour présider aux destinés du Congo. Un nouveau sur la scène politique ? On serait porté à le croire. Mais, les Bemba ne sont que les bras séculiers du système MOBUTU avec qui ils étaient très proches et ont des parentés par alliance. A la veille de l’indépendance, alors qu’il se trouvait à Bruxelles aux études, MOBUTU fût recruté par LUMUMBA comme secrétaire particulier. Il sera Secrétaire d’Etat à la présidence, dans le premier gouvernement du Congo indépendant. MOBUTU qui avait quitté l’armée en 1956 avec le grade de sergent, se vit propulsé au grade de colonel, le 14 juillet 1960. En 1965, il prit le pouvoir par un coup d’Etat militaire et n’y sera chassé qu’en 1997 par KABILA LD et l’AFDL. C’est pendant le long régime de MOBUTU qu’une complicité se lia entre les Bemba et les Mobutu. Les déclarations d’un homme politique n’engagent que ceux qui l’écoutent. Il ne faudrait donc pas se laisser berner par les propos de JP BEMBA quand il fustige la dictature de MOBUTU. Même le fils de ce dernier le ferait, le tout étant fonction des enjeux. Aussi, convient-il de noter que Jeannot Bemba, père de JP BEMBA, avait accumulé sa fortune grâce aux facilités lui accordé par MOBUTU et ce dernier finit par devenir un parent par alliance. Qui ignore les percées de Jeannot BEMBA dans les années 1960 ? Qui ne sait pas que c’est sous Mobutu qu’il est devenu le patron des patrons au Zaïre ? Jean Pierre Bembe ne reconnaît=il pas que vers les années 1990, il était devenu un familier de la cour des Mobutu ? Gbadolité comme capitale du MLC demeurera tout un symbole fort qui démontrera l’attachement des Bemba à Mobutu.
Qu’en est – il du Vice – Président Ruberwa ? Pour comprendre comment il est arrivé au pouvoir, il faudrait plutôt le prendre sous son aspect rwandophone. Les rwandophones sont une erreur de la gestion coloniale belge en RDC. Aussi, à l’accession du Congo à l’indépendance, cette population constituée d’immigrés était bel et bien sur le territoire congolais. Avec les temps, les immigrés rwandophones vont s’imposer grâce à l’habilité de l’un d’entre eux : Bisengimana qui était membre dans les années 1960 de l’Union des Etudiants du Congo et du Rwanda –Urundi, UNERCRU qui deviendra l’Union Générale des Etudiants Congolais, UGEC. Mobutu puisera dans la réserve de l’UGEC pour gérer le pays. Comme en 1960, avec le collège des commissaires généraux, après le coup d’Etat de 1965, Mobutu alla encore recruter parmi les élites universitaires. Et parmi ceux –ci, Bisengimana, un rwandophone, Gérard KAMANDA, Joseph NSINGA, Ndeshyo ,un autre rwandophone, Umba –di-Lutete, Kengo wa dondo, Sambwa, etc. Les Rwandophones sont malheureusement caractérisés par la duplicité. Ils sont à même d’être Rwandais le matin et Congolais le soir. Ainsi en est – il de Bisengimana, lui qui prétendait être un Muhavu de l’ile d’Idjwi, qui pourtant a étudié au Congo avec la bourse du gouvernement rwandais ? Mobutu restructurera son cabinet en 1967 pour en faire le Bureau du Président de la République. Il fut dirigé d’abord par Loliki, puis par Bisengimana. Alors que ce dernier était aux affaires, il pesa de tout son poids pour que la nationalité congolaise soit accordée, d’une manière collective, à tout Rwandais implanté au Congo. Il est vrai que malgré le mutisme observé de la part des congolais du Kivu, ces derniers digérèrent très mal cette option. C’est ainsi qu’en 1996, le gouverneur du Sud – Kivu Kembo wa Lumona ordonna l’expulsion des Congolais rwandophones du Congo vers le Rwanda, après la guerre du Masisi (Rutshuru) au nord Kivu ayant poussé les FAZ à organiser les opérations MBATA et KIMIA. Mais ces derniers useront de la force pour rentrer en RDC dans ce qu’on a appelé la révolte des Banyamulenge qui se substitua presque par enchantement en guerre de libération de l’AFDL. Dans le premier gouvernement de l’AFDL, Ruberwa était le Directeur de cabinet de Bizima Karaha, un tutsi rwandais devenu congolais originaire du Sud – Kivu.
Une année après la conquête de Kinshasa par l’AFDL, une nouvelle rébellion fut déclenchée par le RCD avec l’appui du Rwanda qui, non seulement voulait régler les comptes à LD Kabila mais, saisira en outre l’opportunité pour imposer les rwandophones dans la gestion de la chose publique en RDC. C’est par le RCD que Ruberwa, devenu entre -temps Secrétaire Général, puis Président de ce mouvement rebelle, deviendra Vice – Président de la République. Les Rwandophones dont fait partie Ruberwa constitue un casus belli laissé par les Belges, à la veille de l’indépendance et que les autres Congolais doivent bien gérer avec raison, au delà des passions..
Pour ce qui est de Yerodia et d’Arthur Zahidi Ngoma, ils ne peuvent être identifiés que par les Kabila, le premier comme ami et le second comme répondant à qui l’on a collé le qualificatif d’opposant pour les besoins de la cause. Cette stratégie a été beaucoup utilisée par le pouvoir pour déstabiliser les adversaires.

Un parlement lié

Dans un système où il faut avoir un contrôle total du parlement pour avoir un droit de regard sur l’Exécutif, le spectre des années 1960 s’est encore reposé au-dessus de l’hémicycle. Aussi n’est – il pas surprenant de voir cette chambre dirigée par un rejeton des ténors de ces années de malheur. Olivier KAMITATU, président du parlement, est le pur produit des années de l’indépendance. Fils de Cléophas KAMITATU, membre du PSA et président provincial de Léopoldville en 1960. Le PSA était un parti allié au MNC/L et dont étaient membres entre autres, Antoinette GIZENGA et Pierre MULELE. C’est en fait ce Cléophas KAMITATU que l’AFRICAN JAZZ avait aussi immortalisé pour sa participation active à la table ronde de Bruxelles dans la célèbre chanson « indépendance cha - cha ». C’est encore ce KAMITATU qui avait décrit à LUMUMBA le chemin à emprunter dans sa fuite vers Stanleyville. C’est le même KAMITATU qui proposa le 30 juin 1960, comme date de l’indépendance. Aujourd’hui encore Cléophas KAMITATU est aux affaires comme Sénateur et Administrateur de la SNCC. Olivier Kamitatu n’est donc pas un parvenu. Etant fils de son père, il a des liens di rects avec les pères de l’indépendance à travers Cléophas KAMITATU.

Une Eglise arbitre et alliée…

Vu du point de vue biologique, l’abbé Apollinaire Malu – Malu semble ne pas avoir de liens avec les gestionnaires des années 1960. Mais pris sous l’angle de l’institution qui lui a servi de rempart pour être président de la Commission Electorale Indépendante, on remarquera vite que ce clerc n’est pas tombé du ciel. L’Eglise catholique n’a – t – elle pas été non plus comptée parmi les fourmis ouvrières de l’indépendance ? L’Abbé Joseph MALULA s’était déjà fait remarquer par une célèbre conférence tenue à la foire de Bruxelles en 1958. Et sous le règne de Mobutu, il engagea l’église dans un bras de force avec le régime. L’Abbé BOKA était le compositeur de l’hymne de l’indépendance ; Mgr Tharcisse TSHIBANGU était chargé de diriger l’UNAZA …Mgr Laurent Monsengwo dirigea la conférence Nationale Souveraine. Et aujourd’hui, l’église catholique tient à jouer le rôle d’arbitre par l’Abbé Malu – Malu. Comme quoi, l’Eglise a été bien présente sur tout le parcours du Congo indépendant.

Dans l’opposition encore les mêmes…

Du côté de l’opposition politique radicale, encore deux ténors des années 1960 tiennent l’étendard. Antoine Gizenga, Vice – Premier Ministre du gouvernement Lumumba et Etienne Tshisekedi qui fut Commissaire Général Adjoint à la Justice dans le gouvernement des commissaires généraux. Aujourd’hui, le fils de ce dernier, Félix, est sur les traces de son père. Qui sait, s’il ne pourra diriger le Congo demain ?

Quelle conclusion faudrait-il tirer en définitive ?

Ceux qui étaient aux affaires depuis le jour de l’indépendance se sont révélés incapables de bâtir et de redresser le Congo démocratique. Leurs enfants étant véritablement des fils à préparer font que marcher sur les traces de leurs géniteurs, ils ne pourront donc rien faire. Il faut au Congo, une nouvelle classe, qui n’ait aucun lien avec les années de l’indépendance, une classe qui dirigera dans l’abnégation et le respect des textes légaux… 

                                                                                                                            Roges KAS.
                                                    Les Grands Enjeux n°003/2005.