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Listes Livres Albert Russo

Reviews : critiques littéraires

Attention si les livres ne sont plus disponibles en librairie recherchez les en 2ième main ou contactez moi !

 

L'auteur est mentionné et à publié dans notre site www.congo-1960.be d'anciens de la colonie belge depuis 2003 cela depuis plus de 10 ans déjà, que le temps passe vite! Merci Albert pour le sponsoring du site ..

 

Je vous propose une liste de tout les ouvrages d'Albert Russo via ce lien ci-contre : Liste oeuvres Albert Russo

OUVRAGES D’ALBERT RUSSO SUR LE CONGO, RWANDA ET BURUNDI - www.albertrusso.com - e-mail: albert.russo@orange.fr

tous les 4 publiés chez http://www.ginkgo-editeur.fr/, Paris, diffusé par Gallimard, disponibles à la Fnac, Amazon et une quinzaine de librairies en ligne dans le monde entier.

En anglais les mêmes livres écrits par l’auteur lui-même chez l’Aleph  / Wisehouse publishing sur toutes les plateformes en lignes: AFRICAN QUATUOR: EUR-AFRICAN EXILES, PRINCES AND GODS, ADOPTED BY AN AMERICAN HOMOSEXUAL IN THE BELGIAN CONGO (le nouveau titre anglais correspondant à Sang Mêlé), LÉODINE FROM THE BELGIAN CONGO. ISRAELI SYNDROME (‘La Tour Shalom’, en français - qui comporte des éléments africains) 

Palmarès du Concours Europoésie
UNICEF 2013

Awards THEME :
PROTECTION DE L'ENFANCE - Conte et Nouvelle
1er Prix RUSSO Albert
Vengeance par procuration

 

  Français   Anglais
Des Princes Et Des Dieux   Princes and Gods
Sang mêlé ou ton fils Léopold   Adopted by an American Homosexual in the Belgian Congo
Exils Africains   Eur-African Exiles
La tour shalom   I-sraeli Syndrome
Leodine L'africaine   Leodine From The Belgian Congo
L’Ancêtre noire    
Eclipse sur le lac Tanganiyaka    
Le cap des illusions    
Mémoire d'un Fils De Nazis    
Zapinette chez les Belges   Zapinette Baguette and Tagliatelle

Voir aussi deux liens vers you tube ci dessous

Ce film en anglais de 100 minutes correspond au livre : SANG MÊLÉ

Ce film en anglais de 90 minutes correspond au livre : EXILS AFRICAINS 

Zapinette Baguette and Tagliatelle by Albert Russo : Zapinette lives with her mother, a staunch ‘felinist’who owns a beauty parlor in Paris, as well as with Firmin, the latter’s boyfriend. The girl however feels much closer to her ‘Unky Berky’, in spite of the fact that he is “such a weirdo at times and can get on her bloomin nerves”. Through Firmin, ‘the vermin’, she learns that her beloved uncle is a ‘homey setchual’. They will travel to Italy tog..

… Allez voir aussi notre rubrique "thème Jeunesse" un livre pour les jeunes et grands de 13 a 113 ans - Zapinette chez les Belges du même auteur.

 


Biographie Albert Russo : Tout les livres sont disponible a la fnac demander les ou commander les avec le n°isbn du livre.

Biographie Albert Russo :

Auteur bilingue de nationalité belge (le français et l’anglais sont ses deux langues ‘maternelles’), publié sur les cinq continents, Albert Russo a obtenu de nombreux prix littéraires, tant pour sa prose que pour sa poésie, dont le Prix Colette, The American Society of Writers Fiction Award, The British Diversity Short Story Award, The National Library of Poetry Editor’s C hoice Award, des mentions honorables aux W.B. Yeats et Robert Penn Warren awards, divers New York Poetry Forum Awards, etc. Ses ouvrages ont été traduits dans une douzaine de langues, dont le grec, le turc et le polonais, et ont été diffusés par le Service Mondial de la BBC. Il est juré du Prix Européen (avec Ionesco, jusqu’à la mort de ce dernier) et a siégé au jury du prestigieux Neustadt International Prize for Literature, antichambre du Prix Nobel. Ses romans africains ont été comparés très favorablement avec l’oeuvre de V.S. Naipaul, Prix Nobel de Littérature. Son oeuvre a été reconnue et louée par des écrivains tels que Joseph Kessel, James Baldwin, Pierre Emmanuel, Paul Willems, Georges Sion, Douglas Parmee, Werner Lambersy, Edmund White et Gilles Perrault.

Dictionnaire biographique.

La migrance est de toute évidence une donnée essentielle dans la vie et dans l’œuvre d’Albert Russo. Cet écrivain singulier a en effet vécu dans plusieurs pays dispersés sur trois continents ; il écrit et publie en deux langues principales (le français et l’anglais) ; surtout, il a fait du déplacement géographique et du contact interculturel, au sens le plus large, l’une des composantes essentielles de son œuvre. Il est lui-même issu d’un double contexte migrant : celui de la diaspora italienne d’origine rhodiote et sépharade, et celui de la colonisation, vécue comme phase d’une globalisation moderne et urbaine. Il a connu ensuite l’expérience des études à l’étranger, puis celle de l’exil, d’abord en Italie puis en Belgique, loin des pays d’Afrique centrale où il avait vécu sa jeunesse ; enfin, il a suivi la trajectoire de nombreux écrivains belges en s’établissant à Paris où il a composé l’essentiel de son œuvre. Le mélange en est un aspect essentiel. Mélange des langues, y compris à l’intérieur d’un même livre comme dans Dans la nuit bleu-fauve / Futureyes (1992). Mélange des genres littéraires, dès son premier livre publié sous son nom : éclats de malachite (1971) ou sa première anthologie personnelle (Albert Russo Anthology, 1987). Mélange des expressions artistiques : beaucoup de ses livres sont illustrés par divers artistes et lui-même, à la fois comme photographe et écrivain, a publié une vingtaine d’albums consacrés notamment à divers lieux de la planète (Sri Lanka Serendib, 2005 ; Brussels Ride, 2006 ; Israel at heart, 2007, etc.). Métissage biologique et culturel des groupes humains, thématique essentielle de ses évocations de l’Afrique contemporaine, depuis La Pointe du diable (1973), roman anti-apartheid. Mélange des générations et des lieux, comme dans sa série des Zapinette, destinée à la jeunesse. Mélange des genres au sens sexuel, affirmé dans un titre comme L’Amant de mon père (2000). 

La France et Paris sont certes évoqués dans l’œuvre, notamment dans des albums photographiques récents : In France (2005), Saint-Malo with love (2006), Noël in Paris (2008), France : art, humour & nature (2008). Mais il s’agit là d’ouvrages publiés aux États-Unis, et ils sont minoritaires par rapport aux autres lieux évoqués par d’autres albums : ils thématisent moins la migrance en France qu’ils ne participent à la globalisation des discours. La migrance, on le voit, ne s’exprime pas particulièrement dans un rapport avec un pays d’accueil, mais dans une expérience contemporaine de la modernité mondiale. Paris est dès lors surtout une mégapole cosmopolite, traitée comme New York (Mosaïque new-yorkaise, 1975 ; Zapinette à New York, 2000) ou, auparavant, Bujumbura la capitale du Burundi, dans éclipse sur le Lac Tanganyka (1994). A. Russo affectionne la notion d’éclats, qui ne se retrouve pas par hasard dans deux de ses titres d’ouvrages : sa poétique est celle d’un monde à la fois uni parce que globalisé et ouvert au désir de tous, et diffracté en « mosaïque », en « kaléidoscope », deux autres mots-clés de son écriture. Si cette œuvre évoque à divers endroits la souffrance et l’injustice, l’humour et l’ironie y ont pris avec les années une dimension plus importante, en même temps que les évocations du corps : son Tour du monde de la poésie gay (2004) a ainsi pour sous-titre les Voyages facétieux d’Albert Russo.

Le livre-charnière de cette œuvre est sans doute Sang mêlé ou ton fils Léopold, roman paru aux éditions du Griot en 1990, mais dont une première version avait été publiée en anglais en 1985. Ce roman, très vite réédité par l’antenne belge de France-Loisirs, est le livre qui, en même temps, lui a permis une véritable entrée dans l’édition française et une sorte de retour en Belgique, pays avec lequel cependant il n’a pas beaucoup d’autres liens que celui de la mémoire congolaise, mais aussi de développer sa poétique du métissage. Il s’agit bien de savoir qui est le « fils de Léopold », – Léopold symbolisant le monde colonial ancien des « nations » et des « races » –, à dépasser dans une post-colonie hybride, ouverte, urbaine, où l’on peut se reconnaitre, dans toutes les langues et en tous lieux, une Ancêtre noire (2003) ou un Body glorious (2006). visiter le site d'Albert Russo


L’écriture élégante d’Albert Russo faite d’exubérance et de rigueur, de lyrisme et d’ironie, nous porte comme une vague et subitement nous immerge dans un récit ou passion et politique se mêlent étroitement chez des personnages issus de communautés variées : hutue et tutsie bien sûr, mais aussi grecque, italienne, belge, ismaélite, américaine… Tous cherchant à tirer profit des rivalités tribales et des enjeux d’un pouvoir colonial vacillant. Il y a Tobias, riche commerçant, et sa femme Damiana ; Oswald, le jeune aide-soignant ; Salim, brillant diplômé d’Oxford, rentré au pays pour se marier ; Dalila sa fiancée, amoureuse du prince tutsi Ruego, démiurge de l’indépendance burundaise, et qu’elle doit oublier parce qu’il est noir et qu’elle est pakistanaise et ismaélite…Princes and Gods

Albert Russo - Des Princes & Des Dieux

Albert Russo est né au Zaïre et a passé toute sa jeunesse en Afrique. Les ouvrages de cet auteur bilingue – le français et l’anglais sont ses deux langues maternelles – ont été traduits dans une douzaine de langues. Il a siégé au jury du prestigieux Neustadt International Prize for literature

Le Rwanda et le Burundi, en 1960, à la veille de l’indépendance.
Et déjà les Hutus se heurtent aux Tutsis…

L’écriture élégante d’Albert Russo faite d’exubérance et de rigueur, de lyrisme et d’ironie, nous porte comme une vague et subitement nous immerge dans un récit ou passion et politique se mêlent étroitement chez des personnages issus de communautés variées : hutue et tutsie bien sûr, mais aussi grecque, italienne, belge, ismaélite, américaine… Tous cherchant à tirer profit des rivalités tribales et des enjeux d’un pouvoir colonial vacillant. Il y a Tobias, riche commerçant, et sa femme Damiana ; Oswald, le jeune aide-soignant ; Salim, brillant diplômé d’Oxford, rentré au pays pour se marier ; Dalila sa fiancée, amoureuse du prince tutsi Ruego, démiurge de l’indépendance burundaise, et qu’elle doit oublier parce qu’il est noir et qu’elle est pakistanaise et ismaélite…
Et, bien sûr, Dimitri, personnage clef de ce roman. Dimitri Spiros qui a vraiment existé et qui sera exécuté le 30 juin 1962 pour avoir assassiné Ruego dont la mort déclenchera les premiers massacres ethniques.

Des Princes et des Dieux est basé sur des faits réels. Les senteurs, les couleurs, les relations humaines particulières à l’Afrique donnent une réalité charnelle aux nombreux personnages qui partagent des événements tragiques… Voix multiples nous livrant leurs différences et leurs visions d’un monde colonial à son crépuscule.

Extrait du roman DES PRINCES ET DES DIEUX:

Le Basket d’Argent revint aux athlètes du collège, tandis qu’à l’équipe de l’Athénée échut la Coupe de Volleyball. Et pour fêter ce double événement,
l’on organisa une amicale qui se prolongerait en soirée dansante à la Terrasse du Tanganyika.
         Épousant la courbe du restaurant, les tables étaient disposées de telle sorte qu’elles composaient un grand fer à cheval. Trois bols de punch, vastes comme des seaux, attendaient les invités.
         Garçons et filles de toutes races y trempèrent bientôt leurs coupes et d’une tournée à l’autre, aux sons de bruits de chaises et de tintements de verre, l’ambiance s’échauffa dans la bonne humeur. Entre les toasts réitérés et le rappel des moments les plus marquants des deux matchs, les coupes passèrent allègrement d’une main à l’autre, voire d’une bouche à l’autre, ce qui donnait lieu à des scènes cocasses et parfois embarrassantes.
         Comme cette blonde qui hésitait à tremper ses lèvres dans la flûte qu’on venait de lui tendre, parce qu’elle n’était pas sûre si l’un de ses voisins noirs n’y avait pas mis les siennes. Ou cette autre Indienne, longiligne, aux cheveux couleur de nuit lui ourlant la taille, qui ne cessait d’essuyer son assiette encore vide des postillons que lui envoyait le gaillard assis à sa gauche, un Flamand bien charpenté et plutôt remuant dont la poignée de mains avait failli lui écraser les cartilages. Et pour compléter le tableau, se tenait à sa droite un basketteur tutsi qui frisait les deux mètres et ne pipait mot, mais dont le passe-temps favori semblait être de la reluquer du coin de l’oeil. Elle ne savait, entre le sourire pincé et la feinte nonchalance, quelle attitude adopter. Puis il y avait ce garçon taciturne, à l’air méridional, secoué par un tic nerveux toutes les vingt secondes et qui engageait sa langue au point où la jeune Hutu lui faisant face crut, au début, qu’il la lui tirait en guise d’insulte.



C'est un roman à trois voix dans lequel trois destinées se rejoignent pour créer, le temps de voir grandir un enfant, un espace utopique, mulltiracial et plurilingue au coeur de l’Afrique coloniale des années 50. Qu'un jeune métis descendant d'un prestigieux chef de tribu congolais, soit adopté par un Américain déraciné et homosexuel, puis élevé de concert par une nounou Noire qui lui parle kiswahili et le soigne selon les recettes ancestrales, voilà qui permet un regard à la fois complice et ironique sur les petitesses et les préjugés des uns et des autres. Mais ces trois marginaux très symboliques qui cherchent désespérément à préserver ou à trouver leur identité dans un environnement hostile devront faire, en fin de compte, un constat d’échec. Le jeune Kitoko qui aurait préféré “être tout blanc ou tout noir” épousera une blonde Isabelle et s’installera aux Etats-Unis, patrie de son père adoptif. Mama Malkia, restée au Congo assistera pétrifiée et incrédule à la révolution et à l'indépendance de son pays dont son extravagant patron aura été l’innocente victime. This is a must-read text book, I exclaimed after reading the first pages of this fascinating novel. And the more I read, the more I was convinced, as a former Professor in several universities and a former Director of the Israeli School of Diplomats, that this great novel should be in the hands of students of History, of Africa, of Developing Countries and of Diplomacy. Any student interested in the history of Africa at the turn of this continent from colonial times to freedom and independence, would greatly benefit from reading this book. This intense, passionate novel, teaches us so much about Congo-Léopoldville, the present Congo-Kinshasa, also known as Zaire. (Moshe Liba Ambassador to 8 African countries and South America) and Professor, artist, essayist and poet)Albert Russo - Sang mêlé ou ton fils Léopold

C'est un roman à trois voix dans lequel trois destinées se rejoignent pour créer, le temps de voir grandir un enfant, un espace utopique, mulltiracial et plurilingue au coeur de l’Afrique coloniale des années 50. Qu'un jeune métis descendant d'un prestigieux chef de tribu congolais, soit adopté par un Américain déraciné et homosexuel, puis élevé de concert par une nounou Noire qui lui parle kiswahili et le soigne selon les recettes ancestrales, voilà qui permet un regard à la fois complice et ironique sur les petitesses et les préjugés des uns et des autres. Mais ces trois marginaux très symboliques qui cherchent désespérément à préserver ou à trouver leur identité dans un environnement hostile devront faire, en fin de compte, un constat d’échec. Le jeune Kitoko qui aurait préféré “être tout blanc ou tout noir” épousera une blonde Isabelle et s’installera aux Etats-Unis, patrie de son père adoptif. Mama Malkia, restée au Congo assistera pétrifiée et incrédule à la révolution et à l'indépendance de son pays dont son extravagant patron aura été l’innocente victime.
L'auteur mène le récit avec virtuosité et le lecteur s'identifie peu à peu, comme il le fait lui-même, à ces sympathiques transfuges de Candide pour lesquels les barrières raciales, nationales et linguistiques n'ont guère de sens. Mais la parabole s'achève dans le réalisme: le jardin de Candide ne sera qu’un prosaïque drugstore à Baltimore. Gageons que les enfants de Léopold ne comprendront plus rien à Harry Wilson, à Mama Malkia ... et au kiswhahili.
L’Afrique de la mémoire se présente ainsi comme un lieu privilégié qui fut le jardin d'enfance et que les tumultes de l'histoire ont condamné à disparaître. Sans doute fallait-il le quitter pour ne pas le perdre tout-à-fait.

On retiendra surtout du personnage du jeune Kitoko Léo une analyse particulièrement fine des problèmes de l'adolescence, une image inoubliable du Congo d’avant l’indépendance, des personnages hauts en couleur qui défient le temps, le goût et le parfum de l’Afrique dans ce qu’elle a de plus profond. 

A voir aussi sur You Tube : Ce film en anglais de 100 minutes correspond au livre publié par Ginkgo, Paris en français: SANG MÊLÉ

Extrait du roman SANG MÊLÉ:

Tout le monde parlait de L’Ève noire, la pièce que l’on donnait au stade de football de la cité indigène. Elle provoqua un véritable scandale parmi les Blancs, et resta un sujet de discussions animées longtemps après la dernière représentation. La pièce eut cependant beaucoup de succès, faisant l’objet d’un article élogieux qui parut dans L’Écho du Katanga.
C’était, je crois, la première fois qu’une pièce, dont les acteurs étaient tous africains, se jouait devant un public multiracial. J’étais allé la voir avec papa, Mama Malkia et Ishaya. Le stade était déjà comble quand nous arrivâmes, avec une proportion d’environ cinq Congolais pour un Européen. Jamais je n’avais vu autant de monde, sauf pour le défilé de la Force publique sur la place principale d’Élisabethville, le jour anniversaire de l’Armistice ou de la Fête du roi.
         Un silence religieux et un peu pesant s’installa au début du premier acte. Mais, au fur et à mesure que se déroulait l’action, des gloussements se firent entendre ici et là, ponctués de ah ! ah ! et de yo ! yo ! Avant l’entracte, il y eut à plusieurs reprises des éclats de rire. On poussa des cris pour exprimer son incrédulité lorsque le serpent se mit à parler à Ève. Mama Malkia retint sa respiration un instant, puis, quand elle eut l’assurance que le nyoka n’avait pas l’intention de mordre la femme, elle ulula de soulagement et se tapa la cuisse.
Désormais détendus, les Congolais prenaient un plaisir évident à regarder le spectacle. C’était si étrange et tellement drôle de se démener ainsi sur la scène. Ces Européens
avaient parfois de bien bonnes idées. Ishaya me donna un coup de coude dans les côtes. Ève, qui jusqu’alors était revêtue d’un maillot de bain marron foncé, se déshabilla soudain complètement. Dans les rangs des spectateurs blancs, on entendit des exclamations
consternées, d’ailleurs vite étouffées par les rires des Congolais. Ceux-ci se trémoussaient joyeusement. Deux Européennes assises derrière nous s’écrièrent en choeur :
– Quelle honte !
Celle qui fumait un cigarillo dit d’une voix rauque :
– C’est de la pure provocation. Où allons-nous ! Bientôt ils trouveront normal de traiter les Européennes comme leurs mwanamuke. Le type qui a monté cette abomination devrait être chassé du pays. Sur ces paroles, elle se leva, fit signe à son amie de la suivre et quitta le stade en tirant son mari par la manche.
Ainsi se manifestaient les critères moraux de certains Européens
         dès lors que leur prétendue supériorité se trouvait mise en cause. Personne n’avait toutefois à redire quand les Congolaises allaient seins nus, le long des chemins à l’Intérieur, portant leur fardeau sur leur tête, ou quand les jeunes Européennes se doraient au soleil en Bikini sur la pelouse du Lido.
         Resongeant à l’attitude outrée des deux femmes assises derrière nous, je comprends à quel point ç’avait été audacieux de la part de papa de nous emmener, Ishaya et moi, à ce spectacle. Après tout, nous venions à peine d’avoir treize ans. Si Ève avait été une Européenne, nous n’aurions pas été admis dans la salle. Une Blanche, s’exhiber de la sorte, en Afrique ! L’idée même en était inconcevable. Mais qu’une Congolaise joue nue devant un public mélangé, aussi choquant que cela eût pu paraître, était un signe des temps.
         À Saint-François, nos professeurs commentèrent la pièce entre eux, à voix basse, y faisant des allusions pendant le catéchisme. Sur ce point, ils semblaient s’être concertés. Monsieur Rombout parlait sans cesse du péché originel dont on offrait une représentation indécente à la cité indigène. Quel
contraste avec la réaction des Congolais qui, tout comme Mama Malkia, avaient trouvé la pièce époustouflante de drôlerie !
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Ce livre raconte l'enfance et l'adolescence de Léodine, fille de colons. Née au Congo Belge au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle apprend adolescente que dans ses veines coule du sang noir, celui de son arrière grand-mère, esclave en Louisiane. Cela va changer sa perception du monde. Mais peut-on changer «qui l'on est» ?Leodine of the belgian congoAlbert Russo - Leodine l'Africaine

Ce livre raconte l'enfance et l'adolescence de Léodine, fille de colons.

Née au Congo Belge au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle apprend adolescente que dans ses veines coule du sang noir, celui de son arrière grand-mère, esclave en Louisiane. Cela va changer sa perception du monde. Mais peut-on changer «qui l'on est» ?

Albert Russo est l'écrivain par excellence du métissage. Nous allons du Noir au Blanc, de l'homme à la femme, de l'Afrique à l'Amérique du Nord. Il nous fait réfléchir sur nos origines.

La description qu'il fait du Rwanda et de la région des Grands Lacs incitent à la réflexion. Nous la connaissons surtout aujourd'hui pour les massacres qui ont eu lieu entre Hutus et Tutsis.

Russo nous parle d'un paradis perdu, là où nous nous souvenons de l'enfer. Toute la beauté du Congo dans un tourbillon d'odeurs, de jeux de lumière, de sensualités qui vous entraînent avec une force incompréhensible pour celui qui n'a jamais foulé le continent africain.

Avec Léodine l'Africaine, Albert Russo revient sur le terrain de son enfance et nous livre une très belle réflexion sur l'Afrique des années 50 et sur le sens des origines.

A voir aussi sur You Tube : Ce film  en anglais de 100 minutes correspond au livre publié par Ginkgo, Paris en français: SANG MÊLÉ : 

Extrait du roman LÉODINE L’AFRICAINE:

         Astrid et Léodine chéries,
         Cette missive, je voudrais que vous l’ayiez le plus tard possible, car je compte bien veiller sur vous deux et sur tes futurs frères et soeurs, Léodine, encore très très longtemps, mais on ne sait jamais quel destin se prépare pour les uns et les autres. De cette dernière guerre horrible, je suis sorti indemne, Dieu soit loué. Sa main protectrice plane sur moi, j’en suis convaincu. Néanmoins, j’ai chargé ma famille de vous remettre cette lettre au cas où je viendrais à disparaître avant les êtres qui me sont le plus chers. Drôle de précaution, penserez vous, pour quelqu’un qui mord la vie à pleines dents et qui entend vous faire participer à toutes ses joies au moins jusqu’à la fin de ce siècle. Voyez, je suis un optimiste invétéré.
         Mais je me devais de vous révéler un détail qui, s’il n’est pas apparent chez ma petite fille adorée, le sera peut-être, chez mes petits-enfants, car les gènes ont une manière de se manifester assez capricieusement. Ceci, pour vous apprendre que mon arrière-grand-mère était noire. Elle avait la peau claire pour une personne d’origine africaine et c’est à la fois sa beauté et ses qualités humaines qui avaient séduit mon ancêtre, au point où, pour l’épouser, il lui fallut brouiller les pistes de l’administration en lui inventant une identité d’aristocrate anglo-caribéenne.
         Pour des raisons égoïstes et sans doute un peu lâches, je n’ai jamais voulu t’en parler, Astrid. J’ai été fou de toi dès le moment où mes yeux se sont posés sur ton visage, et il n’était pas question que tu m’échappes. Si tes parents avaient su, ils ne m’auraient certainement pas accepté comme beau-fils. Les Blancs, qu’ils habitent l’Amérique, l’Europe, et surtout l’Afrique, répugnent à se mélanger à d’autres races, comme si en le faisant, ils perdraient plus que leur honneur. Et je ne me réfère pas spécialement aux nazis, ni au Ku Klux Klan, qui est de la même engeance. Il faudra à l’humanité des générations pour accepter les différences, et de surcroît, celles ayant trait à la couleur de la peau, alors que nous provenons tous de la même source. Etant donné que la société n’est toujours pas prête, je me suis dit qu’il serait futile de mener un combat personnel, ce qui explique mon omission voulue. Me pardonnerez-vous? Non pas d’hériter de mes gènes - car je n’en ai pas honte - mais de vous l’avoir caché, pour nous protéger contre cette plaie ambiante qu’est la discrimination?
         Voilà, mes chéries, le maillon qu’il manquait à notre histoire familiale.
         Avec mon affection et mon indéfectible amour, quoiqu’il arrive,              
                                                                                              votre Greg

         Me voyant toujours aussi perturbée, ma mère décida de me lire cette lettre quelques jours après que je lui avais dit, sans toutefois le dénoncer, la nouvelle queTonton Jeff m’avait relayée sur mes origines. Elle pensait clore ainsi ce chapitre douloureux, une fois pour toutes. N’avais-je pas la preuve de sa bonne foi, puisqu’elle aussi, comme mon pauvre père, voulait m’épargner toute souffrance inutile.
         Elle maudissait, sans parvenir à étouffer son immense déception, ce qu’elle crut être un mauvais tour du sort, qui avait fait que j’en prisse connaissance, car, me répéta-t-elle, elle aurait au moins attendu l’âge de mes fiançailles avant de m’en parler.
         Ce fut après ce deuxième choc, celui de devoir camoufler mes nouvelles appréhensions, au regard de ma génitrice, que je me rendis compte qu’il fallait que je me rapproche de quelqu’un d’autre, sinon j’exploserais.

         Au début, je pensai logiquement à mon oncle, et plus d’une fois je fus sur le point de lui téléphoner. Mais quelque chose m’empêchait d’agir. Etait-ce parce qu’il s’agissait d’un garçon, presque un homme, et que le tabou s’installait entre nous, maintenant que j’allais avoir mes premières règles? Ma mère m’en avait avertie, une semaine auparavant, avec beaucoup de tact et de sollicitude, afin que je ne m’alarme pas. Et je me demandai quelle corrélation il pouvait y avoir entre le fait d’être une sang-mêlé et la partie la plus intime de mon corps. Puis, je conclus que les deux m’entacheraient jusqu’à la fin de mes jours. Bien sûr, j’ignorais encore la notion de ménopause, encore moins quand elle aurait lieu; à l’époque c’était quelque chose que l’on n’évoquait même pas, voire dont beaucoup de femmes étaient ignorantes. Lire plus


Remontant dans ses souvenirs, Albert Russo se livre à une autobiographie romancée à trois voix. Sandro et Florence, le couple, et David-Kanza, le fils adoptif. Ils prennent la parole tour à tour et les trois récits s'emboîtent tels des poupées gigognes. Le romancier disparaît derrière les protagonistes. Il change le nom de son père, de sa mère, et fait apparaître un troisième personnage, ceux-ci parlent tous à la première personne. La complexité de la relation entre l'écrivain et le narrateur, alors qu'il est l'auteur, sont autant de facettes de l'écrivain lui-même. Chacun se raconte mais n'est-ce pas Albert Russo qui se raconte lui-même ? L'écrivain se souvient bel et bien de son enfance, de sa jeunesse en Afrique, des exils et des migrances. Eur African Exiles
Albert Russo - Exils Africains et il y eut David-Kanza

Remontant dans ses souvenirs, Albert Russo se livre à une autobiographie romancée à trois voix. Sandro et Florence, le couple, et David-Kanza, le fils adoptif. Ils prennent la parole tour à tour et les trois récits s'emboîtent tels des poupées gigognes. Le romancier disparaît derrière les protagonistes. Il change le nom de son père, de sa mère, et fait apparaître un troisième personnage, ceux-ci parlent tous à la première personne. La complexité de la relation entre l'écrivain et le narrateur, alors qu'il est l'auteur, sont autant de facettes de l'écrivain lui-même. Chacun se raconte mais n'est-ce pas Albert Russo qui se raconte lui-même ? L'écrivain se souvient bel et bien de son enfance, de sa jeunesse en Afrique, des exils et des migrances.
Le livre commence par l'histoire de Sandro, l'époux et le père, originaire de l'île de Rhodes alors sous domination italienne. Il quitte l'île pour le Congo belge en raison des difficultés financières éprouvées par sa famille. Premiers contacts avec l'Afrique, sa vie et ses paysages. Il parcourt le continent. Il fait venir sa soeur et ses frères. Puis éclate la deuxième guerre mondiale. Sandro ravitaille les troupes sud-africaines et rhodésiennes. Le citoyen italien qu'il était fournissant les troupes alliées, décida donc de demander la nationalité belge et de renoncer à la nationalité italienne. C'est à ce moment-là qu'il fit la connaissance d'une jeune anglaise du nom de Florence, sa future femme, qui vivait à Salisbury en Rhodésie du Sud et passait ses vacances au Congo belge. Fiançailles. Mais il y avait un lourd secret que Sandro se devait de révéler à sa bien-aimée : « Et il y eut David-Kanza », le fils de son meilleur ami Daniel et d'une africaine adopté par le futur époux de la ravissante jeune anglaise. Cette divulgation provoque une rupture-momentanée des fiançailles. Le mariage aura bien lieu et ce sera un voyage à travers une partie du Congo et le début d'une vie de couple avec la naissance d'une petite fille prénommée Sarah-Astrid puis quelques temps plus tard d'une autre appelée Myriam-Dalia. Le jeune David-Kanza viendra alors rejoindre la famille. recécent de Brigitte Gabbaï

A voir aussi sur You Tube : Ce film en anglais de 90 minutes correspond au livre publié par Ginkgo, Paris en français: EXILS AFRICAINS 

Extrait du roman EXILS AFRICAINS:

Je suis né au début des années quarante dans un village de la province du Kivu, perché sur une colline, à une cinquantaine de kilomètres de Bukavu, la jolie capitale provinciale.
Mon père biologique, je ne l’appris en fait qu’à la mort de ce dernier, était un ami d’enfance de Sandro Romano-Livi mais, comme, pour des raisons qui me furent expliquées ultérieurement, il ne pouvait ou ne voulait pas me reconnaître, Sandro Romano-Livi décida de m’adopter, assumant vis-à-vis de moi la responsabilité d’un père véritable.

À la suite de leurs entretiens, après moult palabres dont certaines assez houleuses, mes grands-parents maternels lui avaient imposé comme condition que je reste au village jusqu’à mon initiation – celle où tout jeune adolescent se faisait circoncire, comme le voulait la tradition bantoue. En contrepartie mon père adoptif pouvait quand il le désirait venir nous rendre visite, à moi, Mama Shumani et la famille, ou m’emmener chez lui pendant les vacances scolaires. De son côté papa Sandro avait insisté pour que je fréquente l’école de la mission catholique proche du village afin que j’apprenne, en dehors du kiswahili, ma langue maternelle, le français, le calcul et les sciences. Par la suite je dus aussi y ajouter le néerlandais, obligatoire dans les grandes classes, même à la colonie. Les Congolais récalcitrants s’en souvinrent au moment de l’Indépendance du pays, lorsque les Belges et les autres Européens furent obligés de fuir le pays, de peur d’être massacrés par les mutins de la Force Publique. Avant d’atteindre le ferry qui devait les convoyer de Léopoldville à Brazza, vers la sécurité, de l’autre côté du fleuve Congo, certains de ces mutins firent la différence entre les francophones et les Flamands et des scènes eurent lieu, aussi pénibles que loufoques. Et l’on entendait des Congolais insulter ces derniers tout en les frappant : “Vous, sales macaques de Flamingants, attendez derrière, potferdek de nom de Dieu !”

Et les malheureux, entre pleurs et soupirs, avant de monter à bord se faisaient rudoyer et extorquer le peu d’économies qu’ils possédaient. Je ne parle évidemment pas de ces pauvres gens qui ont été dépouillés puis assassinés dans leurs fermes ou en brousse ni des femmes, voire des fillettes et même des nonnes, violées et laissées pour mortes. Les plus chanceux – et il y en eut partout où des luttes tribales ressurgirent, près d’un demi-siècle plus tard – furent sauvés grâce au courage de leurs loyaux serviteurs africains qui risquaient de se faire tuer eux aussi.

Je suis, je le reconnais, un des privilégiés du système colonial, ce qui n’empêche pas que j’ai souffert du racisme de part et d’autre, certains autochtones me considérant comme un traître à la solde du colonisateur et les Blancs comme un ‘impur’ qui ne ferait jamais partie de leur ‘caste’ supérieure, celle qui se targuait d’être venue en Afrique pour apporter la civilisation. Le mot métis ou mulâtre avait toujours une connotation négative et sentait le péché de luxure et, plus que le simple adultère, elle évoquait le fait de l’Européen qui s’était abaissé à coucher avec une négresse, donc avec une femme sensée être primitive, avec laquelle la notion de relations amoureuses était exclue car elle ne pouvait servir que d’exutoire sexuel. Elle comptait même moins qu’une prostituée européenne.
Mais j’ai su, par ma propre expérience durant toute mon enfance, que Mama Shumani échappait à cette ‘règle’ sinistre. Si mon père n’était pas amoureux d’elle, du moins la considérait-il avec affection et respect, lui offrant, à chacune de ses visites parmi nous, des cadeaux qu’elle appréciait. Lorsqu’il venait au village pour me voir, il prenait son temps car, une fois les politesses d’usage échangées, il s’asseyait à l’africaine pour palabrer avec tous les membres de la famille. Il parlait couramment le kiswahili, ce qui le rapprochait encore un peu plus de mes grands-parents maternels.
Quelquefois, durant la saison des pluies, lorsqu’un orage éclatait et que la route devenait impraticable, papa Sandro était invité à passer la nuit chez nous. Il dormait alors dans une hutte avec moi, tandis que Mama Shumani rejoignait l’une de ses sœurs.
C’est ainsi qu’il a assisté à nos réunions nocturnes autour du feu et qu’il a appris ce qu’étaient les chantefables, joli nom qui désigne les contes romanesques entrecoupés de cantilènes. Ce sont des complaintes dont l’auditoire reprend les refrains. Ces chantefables, qui mêlent prose et poésie, en appellent au merveilleux et s’insèrent dans le cours de la vie quotidienne, leur but étant d’apaiser les âmes après une longue et harassante journée de labeur, mais aussi de charmer les jeunes filles. Cette coutume se retrouve dans toute la région des Grands Lacs, tant au Rwanda et au Burundi, qu’au Kivu tout proche, d’où je suis originaire.
J’aime en particulier l’un de ces poèmes, une berceuse en réalité, que ma mère me chantait lorsque j’étais petit.
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Zapinette est une drôle de petite fille, une sorte d'ouragan de la famille de la Zazie de Raymond Queneau et de la Marie-Marie de Frédéric Dard. Un rêve d'écrivain! Un personnage trublion qui, du haut de ses douze ans, nous décrit le monde dans lequel, sérieux et naphtalinés dans nos conventions, nous évoluons. Zapinette, les conventions, elle les dynamite! Avec toute la justesse de vue des enfants et cette logique qui nous paraît bizarre parce qu'absolue, sans concession. En fait, c’est nous qui l’avons perdu de vue la logique. Malgré notre rationalisme, nos maximes et nos règles de vie (qui s’y conforme réellement, totalement?). Zapinette observe nos entorses, nos grands-écarts, nos contorsions pour tâcher de retomber sur nos pieds, oublier qu’une fois de plus, nous venons de nous trahir. De trahir I’enfant qui est en nous et que nous ne voulons plus connaître. Au nom de notre statut d'adulte. Zapinette possède des armes. Un jugement foudroyant, une intelligence des gens, une capacité d'indignation et de colère qui pulvérise l’adversaire. Et quand l’énergie est trop forte, qu'elle est au bord de l'implosion, elle se toume vers son paratonnerre:Tonton. Ah son Tonton! Comme elle I'aime. Tout en illustrant avec constance le proverbe “Qui aime bien châtie bien”. Car il en voit de toutes les couleurs, le brave homme. C’est qu'il n’est pas habitué aux enfants, il n’en a pas. Et qu'il a beau représenter le monde des adultes, il est depuis toujours dans la marge, dans la lune, hors de tout. Et puis, lui aussi il l'aime, sa Zapinette. On peut même dire que sans en avoir l’air, il lui donnerait quelque chose qui ressemblerait à une éducation. Une éducation solide, faite de liberté, de fantaisie et de culture. Qu'il comblerait le vide de ces papas que maman n’arrive pas à garder. Ou ne veut pas garder. Zapinette le sait bien, même si la “féministe” qu’elle est le houspille souvent. Trop mou, trop ci, pas assez ça.
Albert Russo - Zapinette chez les Belges

Zapinette est une drôle de petite fille, une sorte d'ouragan de la famille de la Zazie de Raymond Queneau et de la Marie-Marie de Frédéric Dard. Un rêve d'écrivain! Un personnage trublion qui, du haut de ses douze ans, nous décrit le monde dans lequel, sérieux et naphtalinés dans nos conventions, nous évoluons. Zapinette, les conventions, elle les dynamite! Avec toute la justesse de vue des enfants et cette logique qui nous paraît bizarre parce qu'absolue, sans concession. En fait, c’est nous qui l’avons perdu de vue la logique. Malgré notre rationalisme, nos maximes et nos règles de vie (qui s’y conforme réellement, totalement?). Zapinette observe nos entorses, nos grands-écarts, nos contorsions pour tâcher de retomber sur nos pieds, oublier qu’une fois de plus, nous venons de nous trahir. De trahir I’enfant qui est en nous et que nous ne voulons plus connaître. Au nom de notre statut d'adulte. Zapinette possède des armes. Un jugement foudroyant, une intelligence des gens, une capacité d'indignation et de colère qui pulvérise l’adversaire. Et quand l’énergie est trop forte, qu'elle est au bord de l'implosion, elle se toume vers son paratonnerre:Tonton. Ah son Tonton! Comme elle I'aime. Tout en illustrant avec constance le proverbe “Qui aime bien châtie bien”. Car il en voit de toutes les couleurs, le brave homme. C’est qu'il n’est pas habitué aux enfants, il n’en a pas. Et qu'il a beau représenter le monde des adultes, il est depuis toujours dans la marge, dans la lune, hors de tout. Et puis, lui aussi il l'aime, sa Zapinette. On peut même dire que sans en avoir l’air, il lui donnerait quelque chose qui ressemblerait à une éducation. Une éducation solide, faite de liberté, de fantaisie et de culture. Qu'il comblerait le vide de ces papas que maman n’arrive pas à garder. Ou ne veut pas garder. Zapinette le sait bien, même si la “féministe” qu’elle est le houspille souvent. Trop mou, trop ci, pas assez ça.
Albert Russo nous offre un personnage jubilatoire, avec un coeur énorme (à la mesure de ses colères, et elles sont nombreuses). Avec talent, il nous le montre à travers les yeux sans complaisance d'une enfant. Et c’est une réussite. Car le regard est bien celui, recréé, d'une gamine qui ne comprend pas toujours ce qui se passe. Ce n'est pas de son âge, dans le sens où ça ne fait pas partie de ses préoccupations. Et pourtant, se dessinent devant nous des portraits d'une grande finesse, des personnages riches (Tonton encore une fois, Maman si humaine dont la quête d'amour touche - et la description de la condition féminine est si bien écrite, etc ... ).
Et puis il y a le langage. Du grand art. Albert Russo joue des mots en virtuose. Comme pour dénoncer (avec humour) les travers de notre société, Zapinette est un vecteur (je n’ose imaginer ce que Zapinefte me lancerait au visage comme insulte si elle découvrait que je I’ai appelée “vecteur”!) idéal. Elle ose tout. Tord le vocabulaire, invente des mots. Mais jamais de manière gratuite. C’est qu'elle traque leur “substantifique moelle”. Avec une créativité bouillonnante.
Les aventures de Zapinette sont censées être écrites pour des lecteurs de 10 à 14 ans (de 10 à114 ans, hurle notre petite diablesse). Franchement, c’est tellement drôle, tellement bien écrit, avec plusieurs degrés de lecture, qu'on peut s'en régaler à tout âge. Ce serait vraiment dommage de s’en priver.
La Nef des FousRecensé par : Eric Tessier

Petit mots de la webmaster,
je viens de découvrir les livres pour petit et grand .. ? cela ma l'air marrant et amusant et me donne envie d'acheter et de rencontrer cette  Zapinette !! Merci Albert je viens de découvrir un livre qui me plairas beaucoup. (Martine Delcol)


Alexis est un sang mêlé, fils d’un père juif italien et d’une très belle métisse. Parvenu à l’âge adulte, le jeune homme ressent de manière complexe sa triple identité - africaine, judaïque, catholique - et décide de partir à la recherche de son ”tiers juif” en séjournant en Israël avec sa femme.Albert Russo - La Tour Shalom

Alexis est un sang mêlé, fils d’un père juif italien et d’une très belle métisse. Parvenu à l’âge adulte, le jeune homme ressent de manière complexe sa triple identité - africaine, judaïque, catholique - et décide de partir à la recherche de son ”tiers juif” en séjournant en Israël avec sa femme.

Là, le passé resurgit, éclats de souvenirs aux odeurs et couleurs de l’Afrique et de l’Italie, mêlé à l’étrange et dangereuse beauté de Tel Aviv et des territoires environnants. La richesse, la diversité des rencontres, la gentillesse de leur logeuse à Ashkelon (une ville près de la frontière de Gaza), laissent cependant Alexis dans un état second, d’absence à lui-même et à son couple, qui se découvre en pleine crise.

Un roman poignant et bariolé, construit sur la rupture des sens et du rythme, riche en images fortes et en émotion

Shalom Tower Syndrome in English ==> was also a Finalist in the "Fiction & Literature"category at  The National Best Books 2007 Awards. It was also released in 2008 in Italian by Edizioni Fabio Croce

 

 

 

 

 

 


Tutsis et Hutus y préfigurent la grande catastrophe déclenchée il y a peu. Passions érotiques et politiques s'y mêlent chez des personnages issus de communautés diverses: grecque, italienne, belge, ismaélite, américaine, cherchant à profiter des rivalités tribales et des enjeux du pouvoir. Le personnage principal en est un certain Dimitri Spiros qui fut, en réalité, exécuté le 30 juin 1962 pour avoir assassiné, sur ordre, le prince tutsi Ruego. Les tenants et les aboutissants de cette intrigue picaresque sur fond de lutte pour l'indépendance au Rwanda et au Burundi se dévoilent par une maîtrise parfaite de l'art de la narration. Les senteurs, les couleurs, les paysages, les relations humaines particulières à l'Afrique donnent une réalité charnelle aux nombreux personnages qui partagent avec le lecteur les sensations fortes et les amères réflexions.
Albert Russo - Eclipse sur le lac Tanganyika

'... Tutsis et Hutus y préfigurent la grande catastrophe déclenchée il y a peu. Passions érotiques et politiques s'y mêlent chez des personnages issus de communautés diverses: grecque, italienne, belge, ismaélite, américaine, cherchant à profiter des rivalités tribales et des enjeux du pouvoir. Le personnage principal en est un certain Dimitri Spiros qui fut, en réalité, exécuté le 30 juin 1962 pour avoir assassiné, sur ordre, le prince tutsi Ruego. Les tenants et les aboutissants de cette intrigue picaresque sur fond de lutte pour l'indépendance au Rwanda et au Burundi se dévoilent par une maîtrise parfaite de l'art de la narration. Les senteurs, les couleurs, les paysages, les relations humaines particulières à l'Afrique donnent une réalité charnelle aux nombreux personnages qui partagent avec le lecteur les sensations fortes et les amères réflexions. La vérité des situations, le naturel des dialogues, l'élégance, l'humour, la sensualité des tableaux qui se succèdent, mais aussi la pertinence des questions soulevées. ''Nous ne pouvons qu'être universalistes, ou ne pas être du tout; c'est la seule alternative pour l'avenir'', se plaît à dire le jeune Salim, brillant diplômé d'Oxford, rentré au pays pour son mariage. Mais sa fiancée, Dalila, est amoureuse du prince Ruego, démiurge de l'indépendance burundaise, Ruego auquel elle doit renoncer parce qu'il est Noir et qu'elle est ismaélite... Reste une pleine réussite au plan littéraire dont la marque distinctive est avant tout un style. Style fait de rigueur et de naturel, d'exubérance et de netteté, de lyrisme et d'ironie, style parfaitement harmonieux qui coule de source et qui vous porte comme une vague.''
Revue du Club des Lecteurs d'Expression française, publiée avec le Concours de la Coopération et du Développement et du Ministère des Affaires étrangères, Paris.

 

 

 

 


L’ancêtre noire nous raconte l’histoire de Léodine, une fillette blanche du Katanga se découvrant des origines noires dans la société coloniale Belge de l’après deuxième guerre mondiale, juste avant l’indépendance. C’est une des constantes des romans africains d’Albert Russo que de nous interroger sur ce qui constitue l’identité d’une personne.Albert Russo - L'Ancêtre Noire

L’ancêtre noire nous raconte l’histoire de Léodine, une fillette blanche du Katanga se découvrant des origines noires dans la société coloniale Belge de l’après deuxième guerre mondiale, juste avant l’indépendance. C’est une des constantes des romans africains d’Albert Russo que de nous interroger sur ce qui constitue l’identité d’une personne.
De nationalité Belge, né d’un père italien et d’une mère anglaise, francophone et anglophone de langues parentales, écrivant d’ailleurs dans l’une ou l’autre langue sans exclusive, Albert Russo pourrait être un des héros de ses romans. Soyons franc, il l’est. La problématique qu’il développe est simple : dans un monde binaire, ou l’on doit être A ou B, noir ou blanc, comment appréhender les différentes nuances du spectre de la vie ?
Comment être noir ou blanc quand on est noir et blanc ? Il ne s’agit pas ici de jouer sur les mots. La question qui vient d’être posée pourrait paraître banale, tant elle s’intègre dans le discours lénifiant et moralisateur dans lequel nous baignons. Mais nous vivons une époque où les mots ne sont que des mots, les idées des idées, les deux étant confinés dans l’abstraction, comme si le fait de les énoncer suffisait à régler la question. L’élément absent d’une telle vision est l’action. Ainsi, plutôt que d’agir, on change les mots pour escamoter ce qui nous gêne. Qu’est-ce qu’un noir devenu black ? Un arabe rebeu. Nous sommes en présence d’une peur viscérale du réel et cette solution n’est qu’un leurre, une lâcheté qui consiste à mettre le plus de distance entre soi et le monde, qui ne contentent que les autruches du politiquement correct et de la bonne conscience dégoulinante. Appeler un aveugle un non voyant ne lui rendra pas la vue. Appeler un paraplégique une personne à mobilité réduite ne lui rendra pas la faculté de marcher. Il vaudrait mieux construire la ville de façon à ce que chacun puisse y évoluer en fonction de ses capacités. Mais là, nous serions dans l’action, et l’action fait peur aux impuissants !

 

 

 


'En Afrique du Sud, dans les années soixante, les Debeer, famille d'Afrikaner (colons blancs d'origine hollandaise ou huguenotte), se trouvent brusquement 'déclassés', passant du statut de Blancs à celui de Métis. Prudence, soupçonnée lors de la rentrée des classes d'avoir du sang noir, doit passer devant une commission médicale. Là, un simulacre de procès aux conclusions pseudo-scientifiques (analyse des ongles, de la chevelure, etc.), permet à la Commission de décider que la famille Debeer n'est pas blanche, et que, par conséquent, elle doit être déclassée.
Albert Russo - Le Cap Des Illusions

'En Afrique du Sud, dans les années soixante, les Debeer, famille d'Afrikaner (colons blancs d'origine hollandaise ou huguenotte), se trouvent brusquement 'déclassés', passant du statut de Blancs à celui de Métis. Prudence, soupçonnée lors de la rentrée des classes d'avoir du sang noir, doit passer devant une commission médicale. Là, un simulacre de procès aux conclusions pseudo-scientifiques (analyse des ongles, de la chevelure, etc.), permet à la Commission de décider que la famille Debeer n'est pas blanche, et que, par conséquent, elle doit être déclassée.

En vertu des lois sur l'apartheid, ceux-ci doivent changer de domicile, pour s'installer dans le ghetto sur les versants de Devil's Peak, non loin du Cap dit de Bonne Espérance. Ce roman, basé sur des faits réels, nous conte l'histoire de cette brusque et tragique déchirure. L'autre aspect du récit est la vision de la société sud-africaine et de l'histoire des Debeer, telle que nous la raconte Michaël, jeune Anglais venu passer ses vacances chez son oncle au Cap.

Michaël s'éprend de Prudence, mais à cause de la loi sur l'Immoralité, l'amour des deux jeunes gens de couleur différente est imposible, car interdit.

 

 

 

 

 

 


Je suis né en 1937. Mon père, duquel je me souviens si peu, à part cette image où je le vois me prenant dans ses bras et me soulevant très haut dans les airs, est mort dans un accident de voiture quelques mois avant la déclaration de la guerre. Petit, il paraît que je ne cessais de le réclamer lorsqu’il était au travail, ma mère, elle, en était très fière, car il comptait parmi les hautes autorités du Parti, faisant de nous une famille respectée. Cette famille qui porte une culpabilité monstrueuse et qui s’est déteinte sur moi, en laissant une cicatrice indélébile. Mais j’ai aussi connu les joies et les plaisirs de la légèreté, comme tout un chacun, et je ne peux m’en plaindre. Après tout, aucun enfant ne choisit son destin.Albert Russo - Memoire d'Un Fils De Nazis
 

Je suis né en 1937. Mon père, duquel je me souviens si peu, à part cette image où je le vois me prenant dans ses bras et me soulevant très haut dans les airs, est mort dans un accident de voiture quelques mois avant la déclaration de la guerre. Petit, il paraît que je ne cessais de le réclamer lorsqu’il était au travail, ma mère, elle, en était très fière, car il comptait parmi les hautes autorités du Parti, faisant de nous une famille respectée. Cette famille qui porte une culpabilité monstrueuse et qui s’est déteinte sur moi, en laissant une cicatrice indélébile. Mais j’ai aussi connu les joies et les plaisirs de la légèreté, comme tout un chacun, et je ne peux m’en plaindre. Après tout, aucun enfant ne choisit son destin.

    En introduction à mon récit, je vous soumets, chers lecteurs, ce journal sous différentes formes, selon les événements qui se succéderont, et dont j’ai intitulé le premier chapitre ‘Fabio, mon obsession’. Fabio est ce petit Juif vénitien que j’ai entrevu, enfant, en compagnie de mon oncle Ludwig, ce cher oncle SS qui me disait le protéger, mais qui, en réalité, avait abusé de lui, cela je ne le comprendrai que beaucoup plus tard. J’ai côtoyé ce garçon, qui avait mon âge, l’espace d’à peine quelques minutes, au moment le plus fragile de mon enfance, mais dont le souvenir m’accompagnera jusqu’à la fin de mes jours, car, l’un et l’autre, nous avons eu le coup de foudre, et savions déjà, par ce mystérieux et ineffable lien, que nous nous retrouverions, ici-bas ou dans l’au-delà.

    Je vous raconterai mes longs séjours en Amérique, en Italie et au Mexique, puis, de retour en Allemagne, mon mariage avec une artiste américaine, rencontrée à l’université; nous aurons un fils, ce fils que je prénommerai Fabian. Et quand je ne supporterai plus le trop-plein d’émotion, je continuerai de me raconter avec les mêmes outils, toujours en évoquant le Fabio ‘sacré’ de mon enfance.
Après tout, la vie est un parcours tortueux, plein d’imprévus, alors, pourquoi donc cette histoire serait-elle lisse ou linéaire?


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