Zapinette chez les belges

Auteur Albert Russo

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Cela depuis plus de 10 ans déjà, que le temps passe vite!
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Biographie Albert Russo :

[video sandro’s notebook - eur-african exiles first chapter movie by albert russo]

Biographie Albert Russo :

Auteur bilingue de nationalité belge (le français et l’anglais sont ses deux langues ‘maternelles’), publié sur les cinq continents, Albert Russo a obtenu de nombreux prix littéraires, tant pour sa prose que pour sa poésie, dont le Prix Colette, The American Society of Writers Fiction Award, The British Diversity Short Story Award, The National Library of Poetry Editor’s C hoice Award, des mentions honorables aux W.B. Yeats et Robert Penn Warren awards, divers New York Poetry Forum Awards, etc. Ses ouvrages ont été traduits dans une douzaine de langues, dont le grec, le turc et le polonais, et ont été diffusés par le Service Mondial de la BBC. Il est juré du Prix Européen (avec Ionesco, jusqu’à la mort de ce dernier) et a siégé au jury du prestigieux Neustadt International Prize for Literature, antichambre du Prix Nobel. Ses romans africains ont été comparés très favorablement avec l’oeuvre de V.S. Naipaul, Prix Nobel de Littérature. Son oeuvre a été reconnue et louée par des écrivains tels que Joseph Kessel, James Baldwin, Pierre Emmanuel, Paul Willems, Georges Sion, Douglas Parmee, Werner Lambersy, Edmund White et Gilles Perrault. Liste des oeuvres d'Albert Russo


Albert Russo - Zapinette chez les Belges

Collection Jeunesse DE 13 À 113 ANS,  
Numero 2
Format 14cm x 18cm
Pagination 144
Date 2002-05-27
ISBN 2-910599-96-5
Prix

10 euros

Editeur Editions Hors Commerce Paris
Dans la même serie" Hors Bleu"
Zapinette a New York (1) et Zapinette Video
- 2018 Russo me mentionne les nouveaux livres jeunesse .. gros livre avec 6 épisodes de Zapinette : titré ; LES AVENTURES ROCAMBOLESQUES DE ZAPINETTE  ET DE SON TONTO HOMO, publié chez TG (Paris).
Vous pouvez l'obtenir sur Amazon et sur d'autres librairies en ligne: ou en livre broché :

“J'étais toute abasourdie lorsque notre hôtesse nous révéla où se trouvait le coffret renfermant le trésor de tonton Albéric. Et comme d'habitude, je sortis mon expression trousse de secours : ‘kekwakès, lâche ta caisse, sept, huit, neuf, c'est dans l'œuf.’ Germaine se demanda quelle mouche venait de me piquer. Remise de ses émotions, elle nous pria de la suivre. Elle avait gardé le coffret au fond du vieux panier en osier, coincé entre le buffet et la haute armoire à glace dont les portes grinçaient chaque fois qu'on les ouvrait, comme si une ribambelle de Draculons et de Draculettes allaient s'en échapper et te sauter au cou, à l'endroit de la grosse veine, pour mieux te sucer le sang. Berk et meuh ! Abracadabra, une loucherie et trois crachats.”

reviewed by Jean-Luc Breton in World Literature Today.  ISBN 2910 599965

PASSERELLES. Par Jean-Luc Breton.

 Jeannette Villiers, surnommée Zapinette pour son amour ‘invertébré’ des média, est, ses anciens lecteurs s'en souviendront, la narratrice et l’héroïne de deux romans d'Albert Russo, publiés chez le même éditeur, Zapinette Vidéo  et Zapinette à New York . La voici de retour, dans de nouvelles aventures, sous d’autres cieux. Après l'Italie et New York, elle visite la Belgique, toujours aussi intransigeante et tonique, toujours aussi amusée par les adultes, qu'elle regarde se livrer à leurs bizarreries “zoétriques” avec le même détachement critique et la même sévérité.

On redoute souvent qu'un créateur utilise l’écriture, ou le tournage de films, en série pour masquer le tarissement de ses capacités d'invention. Que les admirateurs de Zapinette se rassurent: il n'en est rien ici, et la tendre mégère n'a rien perdu de sa force ni de sa verve. Toujours flanquée de son Docteur Watson, l'oncle-caméléon Albéric (Alberico-Alberijk), la voici, les yeux toujours grand ouverts, occupée à noter de nouvelles différences, de nouveaux comportements “hors homme”. Ce calembour, nouveau me semble-t-il, s'applique parfaitement au premier volume, où notre héroïne découvrait I'homosexualité de son oncle. A New York, elle se retrouvait amoureuse d'un jeune Américain d'origine asiatique. Dans la même veine, Zapinette chez Les Belges  est une réflexion, extrêmement bienvenue, sur les relations entre les peuples ou les communautés linguistiques, en particulier à la lumière du passé colonial du pays, qui a dans le roman, un rôle fondamental. Cela n’étonnera pas qui connaît les romans africains d'Albert Russo, écrivain né au Congo Belge, très marqué par ses paysages d'enfance et I'harmonie édénique de I'Afrique Centrale dont, comme l’un des personnages de Zapinette chez les Belges , il se souvient:

“Il avait la nostalgie du bon vieux temps ... Figurez-vous que je connais des Congolais d'une plus jeune génération que la mienne, certains sont même nés après l'Indépendance, qui souhaiteraient revoir les Belges retourner là-bas, afin de mettre de l'ordre dans leur foutoir,  car les anciens continuent de leur répéter combien ils vivaient mieux à l’époque, sans guerre ni famine.”

En regard, on découvre un autre paradis, celui de la nature, qui séduit étrangement l’héroïne, qu'on croyait jusque là plutôt ennuyée par le voyage.
Elle qui à Venise n'avait vu que les chats et les crèmes glacées, la voici séduite et exaltée par I'Ardenne belge : “Après tout, c'est peut-être ici le paradis - te fous pas de ma poire, hein, t'as qu’à venir sur les lieux, et puis, si j'en ai envie, on discutera! [... ] Notre cousine avait emprunté le chemin de la réserve naturelle pour que nous puissions admirer  quelques uns des animaux sauvages d’origine, introduits dans le parc assez  récemment. C'était superbe.”

Comme on le voit, malgré ses brèves périodes contemplatives, notre écrivaine a la dent dure, à l’égard de ses lecteurs comme de son oncle (“il me les casse”), de leur complice, la cousine doublement Germaine, ou du reste du monde, avec une haine toute particulière pour ses confrères “pantalonesques”, les “vieux shnocks de l’édition, les critiques, “qui lisent avec trois paires de lunettes superposées sur leurs pifs en accordéon”, pour dénicher “la petite bête littéraire” et surtout sa cible favorite, les académiciens français, “loucheurs” et “rabougris”, qu'on devrait pousser “sous les moquettes”. Mais on lui pardonne beaucoup, parce que sa culture fine du calembour la rend une excellente détourneuse du sens, décoiffante certes mais avant tout tonique.

Zapinette paraît parfois naïve, mais on la soupçonne davantage de manipulation. Elle est très consciente que certains de ses tours et détours verbaux ont été appréciés de ses lecteurs (“depuis les belettes”, “grand du loquant “, “mot sessuel”, etc.), elle les livre donc sans vergogne ni explication. En revanche, elle n'hésite pas à soigner la présentation d'autres trouvailles (“un sot briquet, vraiment très sot!”, “une rougeur à faire pâmir même les betteraves, tellement il se biberonnait à la Mort subite”) ou à chercher avec ses lecteurs “des clins d'oeil à perdre à jamais le blanc de[s] yeux”, comme lorsqu'elle signale que, dans un tableau de Brueghel, “les gens faisaient leurs besoins devant leurs pairs (verts)”.

Face à la différence”sessuelle”, Zapinette se donne la même règle que le personnage de Diderot qui affirme “Tout ce qui est ne peut être ni contre nature ni hors de nature”. En toute occasion, elle lit le grand livre du monde et essaie de comprendre les attitudes “babouinesques” des hommes à la lumière de cet autre Eden. Dans son esprit, ce ne sont pas les animaux, mais les touristes qui sont des “bêtes”, et seul un homme pouvait se faire construire Saint Pierre de Rome dans son village natal de “Yakamassacrer”. En fait, c’est pour lutter contre la dépravation de la nature par I'homme que Zapinette se livre à son tour à la dépravation du langage des hommes. Evoquant Oscar Wilde et feignant de confondre, comme à son habitude, “mot” et “homo”, notre écrivaine a cette étonnante formule:   “A son époque, les mots étaient considérés comme des dépravés de la pire espèce.”

On comprend mieux sans doute pourquoi Zapinette se trouve si à I'aise en Belgique: c'est que la créativité linguistique du pays, “zoétrique”, “mastroiannique”, “boulimique”, fait écho à la sienne. Voici notre jeune parisienne blasée désormais séduite, au point qu'elle cite longuement, à la dernière page du roman, “la chanson du kipkap national”, et son:

Ils ne bouffent jamais des boîtes américaines
Ils n’ont jamais fourré dans leur bedaine
Que le bloempanch et I'kipkap national.

C'est d'une vraie prise de conscience culturelle qu'il s'agit, en fait. Dans ce troisième volet de ses aventures, la charmante héroïne d'Albert Russo passe du candide “Où il est ce paradis, à Disneyland peut-être?” à une réflexion vague mais troublée sur les “sataneries” du cinéma et les dangers du Coca-Cola: “Très mauvais pour les dents, [... ] ça donne plein de caries, mais là aussi, tu t'habitueras. Avant de pouvoir donner des leçons aux autres, il faut d'abord s'améliorer.”

L’auteur de cette transformation est un vieux fétiche africain du musée de Tervuren, entré en communication “télé-pattique” avec Zapinette. Et cela est d'une importance capitale. Plus encore que le plurilinguisme du royaume, ce qui aide l’héroïne du roman  à grandir, c'est la rencontre du passé colonial belge. La cohabitation harmonieuse des hommes et des races lui apparaît possible, sans doute pour la première fois de sa courte vie, “à condition, bien sûr,” selon les derniers mots du roman, “que tu ne te moques plus de tes copains de classe et que tu cesses de traiter qui tu sais de sale cochon.”


 

Recensé dans: Europe Plurilingue (France), World Literature Today (USA), etc

ZAPINETTE VIDEO - ZAPINETTE A NEW-YORK - ZAPINETTE CHEZ LES BELGES ( chez Hors Commerce.)
ZAPINETTE VIDEO et ZAPINETTE A NEW YORK paraissent conjointement aux Etats-Unis, dans la version américaine de l’auteur, chez Xlibris et Domhan Books, respectivement. 

Zapinette est une drôle de petite fille, une sorte d'ouragan de la famille de la Zazie de Raymond Queneau et de la Marie-Marie de Frédéric Dard. Un rêve d'écrivain! Un personnage trublion qui, du haut de ses douze ans, nous décrit le monde dans lequel, sérieux et naphtalinés dans nos conventions, nous évoluons. Zapinette, les conventions, elle les dynamite! Avec toute la justesse de vue des enfants et cette logique qui nous paraît bizarre parce qu'absolue, sans concession. En fait, c’est nous qui l’avons perdu de vue la logique. Malgré notre rationalisme, nos maximes et nos règles de vie (qui s’y conforme réellement, totalement?). Zapinette observe nos entorses, nos grands-écarts, nos contorsions pour tâcher de retomber sur nos pieds, oublier qu’une fois de plus, nous venons de nous trahir. De trahir I’enfant qui est en nous et que nous ne voulons plus connaître. Au nom de notre statut d'adulte. Zapinette possède des armes. Un jugement foudroyant, une intelligence des gens, une capacité d'indignation et de colère qui pulvérise l’adversaire. Et quand l’énergie est trop forte, qu'elle est au bord de l'implosion, elle se toume vers son paratonnerre:Tonton. Ah son Tonton! Comme elle I'aime. Tout en illustrant avec constance le proverbe “Qui aime bien châtie bien”. Car il en voit de toutes les couleurs, le brave homme. C’est qu'il n’est pas habitué aux enfants, il n’en a pas. Et qu'il a beau représenter le monde des adultes, il est depuis toujours dans la marge, dans la lune, hors de tout. Et puis, lui aussi il I'aime, sa Zapinette. On peut même dire que sans en avoir I’air, il lui donnerait quelque chose qui ressemblerait à une éducation. Une éducation solide, faite de liberté, de fantaisie et de culture. Qu'il comblerait le vide de ces papas que maman n’arrive pas à garder. Ou ne veut pas garder. Zapinette le sait bien, même si la “féministe” qu’elle est le houspille souvent. Trop mou, trop ci, pas assez ça.
Albert Russo nous offre un personnage jubilatoire, avec un coeur énorme (à la mesure de ses colères, et elles sont nombreuses). Avec talent, il nous le montre à travers les yeux sans complaisance d'une enfant. Et c’est une réussite. Car le regard est bien celui, recréé, d'une gamine qui ne comprend pas toujours ce qui se passe. Ce n'est pas de son âge, dans le sens où ça ne fait pas partie de ses préoccupations. Et pourtant, se dessinent devant nous des portraits d'une grande finesse, des personnages riches (Tonton encore une fois, Maman si humaine dont la quête d'amour touche - et la description de la condition féminine est si bien écrite, etc ... ).
Et puis il y a le langage. Du grand art. Albert Russo joue des mots en virtuose. Comme pour dénoncer (avec humour) les travers de notre société, Zapinette est un vecteur (je n’ose imaginer ce que Zapinefte me lancerait au visage comme insulte si elle découvrait que je I’ai appelée “vecteur”!) idéal. Elle ose tout. Tord le vocabulaire, invente des mots. Mais jamais de manière gratuite. C’est qu'elle traque leur “substantifique moelle”. Avec une créativité bouillonnante.
Les aventures de Zapinette sont censées être écrites pour des lecteurs de 10 à 14 ans (de 10 à114 ans, hurle notre petite diablesse). Franchement, c’est tellement drôle, tellement bien écrit, avec plusieurs degrés de lecture, qu'on peut s'en régaler à tout âge. Ce serait vraiment dommage de s’en priver.
La Nef des FousEric Tessier


Albert RUSSO - Zapinette chez les Belges,
Nadine Dormoy - EUROPE PLURILINGUE

Voici deux ans que Zapinette est revenue de New York en compagnie de son oncle Albéric, après avoir fait en sa compagnie un voyage inoubliable en Italie. La voilà aujourd'hui chez les Belges, toujours à I'affût du détail qui dérange, toujours prête à la répartie, toujours fidèle à son tonton Albéric dont le véritable nom flamand - puisque telles sont ses origines - est devenu Alberijk van den Bins. Qu'à cela ne tienne, “à partir de maintenant je I'appellerai Tintin Bins, déclare la sauvageonne à la langue pointue, ça lui apprendra, il n'avait qu'à pas aller fouiller dans ses archivesgynécologiques ”!

Le ton est donné, nous retrouvons le langage fleuri et acidulé de I'adolescente qui n'en finit pas de faire mûrir son âge ingrat. La raison de ce nouveau voyage hors de I'Hexagone est que le cher tonton Albéric vient d'avoir 45 ans, âge auquel il est destiné par testament à recevoir un coffret ayant appartenu à son arrière grand-père flamand. Voilà bien de quoi éveiller la curiosité des jeunes amateurs d'aventures auxquels est destiné ce récit. Et puis nos amis belges sont, bien sûr, un sujet en or. Source inépuisable de surprises et d'amusement, le pays du Chat et de Tintin est un paradis pour les linguistes. Le lieu invite à l'humour - c'est la meilleure défense des faibles contre les forts - ainsi qu'aux jeux de mots, puisque I'apport flamand est un ingrédient essentiel de l'histoire et de la culture du plat pays. Albert Russo connaît parfaitement le patois bruxellois - qui compense avec bonheur celui des technocrates du lieu - ainsi que le flamand, ce qui lui inspire mille calembours à mettre dans la bouche de Zapinette et de son oncle, avec une aisance absolue doublée d'une imagination jubilatoire. A  Knokke-le-Zoute, Zapinette devient Zapinette-ke. Elle devient aussi la légataire de I'arrière grand-père, son oncle n'ayant pas de descendance. S'imaginant déjà propriétaire d'un château, elle ne tarde pas à déchanter. Le fameux trésor n'est autre qu'un fétiche africain rapporté du Congo, et qui a d'ailleurs disparu. Il incombe désormais à cette lointaine héritière de le retrouver. Mais pour en savoir plus, Zapinette devra se résoudre à faire toumer les tables et à entrer directement en contact avec ce cachottier d'arrière grand-père.

Nous n'en dirons pas plus sur les péripéties de cette chasse au trésor qui passiomera sûrement les jeunes lecteurs. Nous constaterons sirnplement que le véritable trésor que nous offre ce livre - jeunes et vieux confondus - c'est une langue succulente pleine d'invention, d'esprit et de poésie, renforcée en fin de volume par un savoureux lexique qui nous permet de la déguster à loisir. En réalité, point n'est besoin, la plupart du temps, d'un lexique pour reconnaître, ou deviner, le bijoutier Van Clips & Trapèze , un personnage grand du loquant , mot sessuel  ou métérosessuel , qui est pusi-minime  de surcroît, discutant du chaud biz , du péché d'insecte , de Sans son et Dalida  ou bien encore de Bernadette la Spirou . En voilà des sots briquets rock en burlesques ! Pour les lecteurs plus avertis, on reconnaîtra Gaspigrassouille  (Gallimard, Le Seuil, Grasset), Fifi Ambre-Solaire  (Philippe Sollers) ou encore Bébert du Pont-levis  (Bernard-Henri Lévy).

Même s’il s'adresse en priorité aux lecteurs de 10-14 ans, ce livre sera entendu des 10-94 ans sans aucune réserve, tant la langue est riche, inventive et parfaitement maîtrisée, tant le texte, si rocambolesque soit-il, regorge de renseignements et d'enseignements utiles. Il pourrait servir dans bien des classes dites difficiles afin de bousculer un peu l'ennui du quotidien et faire rêver les gamins à un voyage possible, plus intéressant peut-être que la Belgique, à la découverte d'un pouvoir somme toute à la portée de tous, celui de l'imaginaire comme aussi celui du rire libérateur. Ce monde parallèle à plusieurs niveaux, dont I'absurde et le merveilleux peuvent nous aider à mieux survivre, pourrait bien faire l'objet un jour d'une thèse de linguistique en Sorbonne aux côtés de Queneau et de Prévert. C'est une réussite parfaite en son genre, un genre nouveau, un conte de fées pour notre temps.
Christine Desroches Noblecourt, sur Zapinette chez les Belges - historienne de réputation internationale, ancienne directrice du département des Antiquités égyptiennes au Louvre et fondatrice du concept de patrimoine mondial.  Elle a aussi été à l’origine du sauvetage des temples de Nubie et a publié de nombreux ouvrages, dont “L’art égyptien”, “Un siècle de fouilles françaises en Egypte”, “Ramsès II”, et “La Reine mystérieuse - Hatshepsout”, son dernier bestseller historique.

“En lisant les aventures belges de cette nouvelle Zazie, j’ai eu la délectation de retrouver la richesse d’une langue complémentaire de celle des ancêtres de l’Académie Française et l’humour du bon Belge, beaucoup plus léger qu’on ne le pense. Mais à travers ces expériences que le Tonton veut faire vivre à sa chère Zapinette, la richesse de la pensée de l’écrivain donne, sous couvert d’une bonne blague, une agréable leçon de sagesse et un sens aigu de l’observation.”


 

débat sur zabel:


1) Que fait Zapinette chez les Belges, en pleine vacance scolaire?

Après avoir été en Italie et à New York, Zapinette est propulsée, cette fois, en Belgique, avec son loufoque de tonton.  Au début elle est furieuse et en veut à ce dernier, car si elle se retrouve dans le plat pays, c’est parce que son oncle a trop tardé à leur réserver une chambre au Club de los Schtroumpfos, sur la Costa Brava. Mais les aventures qu’elle y vivra seront plus rocambolesques et fantasques que jamais. D’abord, le tonton, qui s’est découvert des racines flamandes, est à la recherche d’un héritage que lui aurait légué son arrière grand-père, Popol. La quête de ce ‘trésor’ mènera nos deux touristes-pas-comme-les-autres de Bruxelles en Flandre, puis en Ardenne, ce qui donnera au lecteur l’occasion de parcourir un petit pays au grand coeur et aux insolubles problèmes linguistiques. En compagnie de la cousine Germaine, ils vont aller de surprise en surprise. Un après-midi, tonton Albéric disparaîtra dans une galerie d’africaniste, et Zapinette, affolée, fera tout pour retrouver son oncle.  Elle ira jusqu’à se mettre en rapport avec le fantôme de leur ancêtre et  fera appel à un sorcier congolais. Elle devra même consulter un masque afin de pouvoir obtenir la libération de son oncle.

2) Dans quelle mesure l’héritage flamand du tonton intervient-il dans ce livre?

Zapinette chez Les Belges  est une réflexion sur les relations entre les peuples ou les communautés linguistiques, entre Flamands et Wallons, à la lumière du passé colonial du pays, qui a dans le roman, un rôle fondamental. Zapinette est toujours à l'affût du détail qui dérange, toujours prête à la répartie, toujours fidèle à son tonton Albéric dont le véritable nom flamand - puisque telles sont ses origines - est devenu Alberijk van den Bins. Qu'à cela ne tienne, “à partir de maintenant je I'appellerai Tintin Bins, déclare la sauvageonne à la langue pointue, ça lui apprendra, il n'avait qu'à pas aller fouiller dans ses archivesgynécologiques ”!

A la recherche du trésor que son tonton doit retrouver, Zapinette et son oncle visiteront les Flandres, en commençant par Knokke le Zoute et Bruges. Ensuite, ils partiront en Ardenne, chez leur cousine Germaine. Source inépuisable de surprises et d'amusement, le pays du Chat et de Tintin est un paradis pour les linguistes. Le lieu invite à I'humour - c'est la meilleure défense des faibles contre les forts - ainsi qu'aux jeux de mots, puisque I'apport flamand est un ingrédient essentiel de I'histoire et de la culture du plat pays, ce qui inspire à l’auteur mille calembours à mettre dans la bouche de Zapinette. Quelques exemples: le bijoutier Van Clips & Trapèze , un personnage grand du loquant , mot sessuel  ou métérosessuel , qui est pusi-minime  de surcroît, discutant du chaud biz , du péché d'insecte , de Samson et Dalida  ou bien encore de Bernadette la Spirou . En voilà des sots briquets rock en burlesques ! A  Knokke-le-Zoute, Zapinette devient Zapinette-ke.

Même s’il s'adresse en priorité aux lecteurs de 10-14 ans, ce livre sera entendu des 10-94 ans. Il pourrait servir dans bien des classes afin de bousculer un peu l'ennui du quotidien et faire rêver les gamins à un voyage possible, à la découverte d'un pouvoir somme toute à la portée de tous, celui de l'imaginaire comme aussi celui du rire.
 
3) Quelle est l’importance du langage dans ce livre?

Zapinette paraît parfois naïve, mais en réalité, elle est très consciente que certains de ses tours et détours verbaux ont été appréciés des lecteurs de ses romans précédents (“depuis les belettes”, “grand du loquant “, “mot sessuel”, etc.), elle les livre donc sans vergogne ni explication. En revanche, elle n'hésite pas à soigner la présentation d'autres trouvailles (“un sot briquet, vraiment très sot!”, “une rougeur à faire pâmir même les betteraves, tellement il se biberonnait à la Mort subite”) ou à chercher avec ses lecteurs “des clins d'oeil à perdre à jamais le blanc des yeux”, comme lorsqu'elle signale que, dans un tableau de Brueghel, “les gens faisaient leurs besoins devant leurs pairs (verts)”.

Face à la différence”sessuelle”, Zapinette se donne la même règle que le personnage de Diderot qui affirme “Tout ce qui est ne peut être ni contre nature ni hors de nature”. En toute occasion, elle lit le grand livre du monde et essaie de comprendre les attitudes “babouinesques” des hommes à la lumière de cet autre Eden. Dans son esprit, ce ne sont pas les animaux, mais les touristes qui sont des “bêtes”.

On comprend mieux sans doute pourquoi Zapinette se trouve si à l'aise en Belgique: c'est que la créativité linguistique du pays, “zoétrique”, “mastroiannique”, “boulimique”, fait écho à la sienne. Voici notre jeune parisienne blasée désormais séduite, au point qu'elle cite longuement, à la dernière page du roman, “la chanson du kipkap national”, et son:

            Ils ne bouffent jamais des boîtes américaines
            Ils n’ont jamais fourré dans leur bedaine
            Que le bloempanch et I'kipkap national.

C'est d'une vraie prise de conscience culturelle qu'il s'agit, en fait. Dans ce troisième volet de ses aventures, Zapinette passe du candide “Où il est ce paradis, à Disneyland peut-être?” à une réflexion vague mais troublée sur les “sataneries” du cinéma et les dangers du Coca-Cola: “Très mauvais pour les dents, [... ] ça donne plein de caries, mais là aussi, tu t'habitueras. Avant de pouvoir donner des leçons aux autres, il faut d'abord s'améliorer.”

L’auteur de cette transformation est un vieux fétiche africain du musée de Tervuren, entré en communication “télé-pattique” avec Zapinette. Et cela est d'une importance capitale. Plus encore que le plurilinguisme du royaume, ce qui aide l’héroïne du roman  à grandir, c'est la rencontre du passé colonial belge. La cohabitation harmonieuse des hommes et des races lui apparaît possible, sans doute pour la première fois de sa courte vie, “à condition, bien sûr,” selon les derniers mots du roman, “que tu ne te moques plus de tes copains de classe et que tu cesses de traiter qui tu sais de sale cochon.”

 


http://culture-et-debats.over-blog.com/article-282081.html
Zapinette chez les Belges, Albert Russo Ed. Hors Commerce, 2002

Voici Zapinette propulsée en Belgique avec son loufoque tonton homosexuel ("mots sessuels") dénommé Albéric et surnommé par l'infernale gamine "Tintin Bins".. Elle aurait préféré le club de Los Schtroumpfos sur la Costa Brava, mais les aventures qu'elle y vivra seront plus rocambolesques et fantasques que jamais. Son tonton, est à la recherche d'un trésor que lui aurait légué son arrière-grand-père, Popol.

Zapinette est guidée dans cette chasse au trésor par un Esprit qui a choisi d'entrer en communication avec elle. Et lorsque son tonton Albéric disparaît mystérieusement dans une galerie d'africaniste, Zapinette ira jusqu'à se mettre en rapport avec le fantôme de leur ancêtre et fera appel à un sorcier congolais. Elle devra même consulter un masque afin de pouvoir obtenir la libération de son oncle.
Ce voyage, drôle et insolite, est aussi une balade instructive : le lecteur parcourt un petit pays au grand cœur et aux insolubles problèmes linguistiques, en découvre les particularismes et l'histoire au centre d'un récit où le rire et le mystérieux ont décidé de se donner la main pour une nouvelle aventure de Zapinette.

Zapinette est une drôle de petite fille, une sorte d'ouragan de la famille de Zazie de Raymond Queneau. Un rêve d'écrivain ! Un personnage trublion qui, du haut de ses douze ans, nous décrit le monde dans lequel, sérieux et naphtalines dans nos conventions, nous évoluons.

Zapinette, les conventions, elle les dynamite ! Avec toute la justesse de vue des enfants et cette logique qui nous paraît bizarre parce qu 'absolue, sans concession. En fait, c'est nous qui l'avons perdue de vue, la logique. Malgré notre rationalisme, nos maximes et nos règles de vie (qui s 'y conforme réellement, totalement ?). Zapinette observe nos entorses, nos grands-écarts, nos contorsions pour tâcher de retomber sur nos pieds, oublier qu'une fois de plus, nous venons de nous trahir. De trahir l'enfant qui est en nous et que nous ne voulons plus connaître. Au nom de notre statut d'adulte. Zapinette possède des armes. Un jugement foudroyant, une intelligence des gens, une capacité d'indignation et de colère qui pulvérise l'adversaire. Et quand l'énergie est trop forte, qu'elle est au bord de l'implosion, elle se tourne vers son paratonnerre : Tonton.

Ah, son Tonton ! Comme elle l'aime ! Tout en illustrant avec constance le proverbe : "Qui aime bien châtie bien". Car il en voit de toutes les couleurs, le brave homme. C'est qu 'il n 'est pas habitué aux enfants, il n 'en a pas. Et qu 'il a beau représenter le monde des adultes, il est depuis toujours dans la marge, dans la lune, hors de tout. Et puis, lui aussi, il l'aime, sa Zapinette. On peut même dire que, sans en avoir l'air, il lui donnerait quelque chose qui ressemble à une éducation. Une éducation solide, faite de liberté, de fantaisie et de culture. Qu 'il comblerait le vide de ces papas que maman n'arrive pas à garder. Ou ne veut pas garder. Zapinette le sait bien, même si la "féministe " qu 'elle est le houspille souvent... Albert Russo nous offre un personnage jubilatoire, avec un cœur énorme (à la mesure de ses colères, et elles sont nombreuses). Avec talent, il nous le montre à travers les yeux sans complaisance d'une enfant. Et c 'est une réussite. Car le regard est bien celui, recréé, d'une gamine qui ne comprend pas toujours ce qui se passe. Ce n 'est pas de son âge, dans le sens où ça ne fait pas partie de ses préoccupations. Et pourtant, se dessinent devant nous des portraits d'une grande finesse, des personnages riches... Et puis, il y a le langage. Du grand art. Albert Russo joue des mots en virtuose. Comme pour dénoncer, avec humour, les travers de notre société. Elle ose tout. Tord le vocabulaire, invente des mots. Mais jamais de manière gratuite. C'est qu 'elle traque leur "substantifique moelle ". Avec une créativité bouillonnante. Les aventures de Zapinette sont censées être écrites pour des lecteurs de 10 à 14 ans. Franchement, c 'est tellement drôle, tellement bien écrit, avec plusieurs degrés de lecture, qu 'on peut s'en régaler à tout âge. Ce serait vraiment dommage de s'en priver. Jubilatoire !



4e de couverture

Revoilà Zapinette propulsée, cette fois, en Belgique, avec son loufoque de tonton.  Au début elle est furieuse et en veut à ce dernier, car si elle se retrouve dans le plat pays, c’est parce que son oncle a trop tardé à leur réserver une chambre au Club de los Schtroumpfos, sur la Costa Brava. Mais les aventures qu’elle y vivra seront plus rocambolesques et fantasques que jamais. D’abord, le tonton, qui s’est découvert des racines flamandes, est à la recherche d’un héritage que lui aurait légué son arrière grand-père, Popol. La quête de ce ‘trésor’ mènera nos deux touristes-pas-comme-les-autres de Bruxelles en Flandre, puis en Ardenne, ce qui donnera au lecteur l’occasion de parcourir un petit pays au grand coeur et aux insolubles problèmes linguistiques. En compagnie de la cousine Germaine, ils vont aller de surprise en surprise. Un après-midi, tonton Albéric disparaîtra dans une galerie d’africaniste, et Zapinette, affolée, fera tout pour retrouver son oncle.  Elle ira jusqu’à se mettre en rapport avec le fantôme de leur ancêtre et  fera appel à un sorcier congolais. Elle devra même consulter un masque afin de pouvoir obtenir la libération de son oncle.

Panorama succinct et zapinesque de la Belgique
Bruxelles, avec sa fastueuse Grand-Place et ses quartiers populaires, comme les Marolles ou le quartier de la Gare du Midi, sa forêt de Soigne et son Manneken Pis. Bruxelles et ses restaurants, où coulent les meilleures bières du monde et où l’on peut déguster du ‘filet américain’, du waterzooi, et les toujours succulentes moules à la crème fraîche. Il y a aussi le Centre de la Bande Dessinée, où flotte l’ombre de Hergé, le génial créateur de Tintin, et, à quelques kilomètres de la capitale, l’extraordinaire musée de Tervuren, avec ses trésors de l’Afrique centrale. Au pied de l’Atomium se trouve le parc Mini-Europe, avec les monuments en miniature du Vieux continent. Ne pas manquer le Wellington Museum, à Waterloo, près du fameux Lion, où le pôv Napoléon s’est fait battre à platte couture par les Anglais.
Puis l’on passe en Flandre, avec Bruges, la sérénissime, ses canaux et ses salons de thé, où les pralines faites maison et les pâtisseries vous feront mourir de plaisir, ou encore Knokke le Zoute, la perle du littoral belge, avec son Kursaal et son Zwin, la réserve naturelle d’oiseaux.
Nous partons ensuite en Wallonie découvrir l’Ardenne belge, avec ses forêts touffues où peuvent se rencontrer chevreuils et chevaux sauvages, ainsi que quelques braconniers. On visite Dinant, puis Han-sur-Lesse, avec ses grottes si vastes que l’on peut y écouter des concerts, sous une voûte constellée de lucioles, que l’on prendrait pour des étoiles.
Et en parallèle, à toutes ces merveilles, il y a la découverte du parler belge, français mâtiné de flamand, avec ses expressions truculentes et quelques chansons populaires.

 

Palmarès du Concours Europoésie
UNICEF 2013

Awards THEME :
PROTECTION DE L'ENFANCE - Conte et Nouvelle
1er Prix RUSSO Albert
Vengeance par procuration

Français Anglais
Des Princes Et Des Dieux Princes and Gods
Sang mêlé ou ton fils Léopold Adopted by an American Homosexual in the Belgian Congo
Exils Africains Eur-African Exiles
La tour shalom I-sraeli Syndrome
Leodine L'africaine Leodine From The Belgian Congo
L’Ancêtre noire  
Eclipse sur le lac Tanganiyaka  
Le cap des illusions  
Mémoire d'un Fils De Nazis  
Zapinette chez les Belges Zapinette Baguette and Tagliatelle

Voir aussi deux liens vers you tube ci dessous

Ce film en anglais de 100 minutes
correspond au livre : SANG MÊLÉ

Ce film en anglais de 90 minutes correspond au livre :
EXILS AFRICAINS
 

 

Info

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Een auteur van een programma kan de namaker van zijn werk strafrechtelijk laten vervolgen, maar dat kan alleen als het namaken kwaadwillig of bedrieglijk is gebeurd. Niet alleen de namaker is strafbaar, ook wie namaakprogramma's voor handelsdoeleinden verkoopt, in voorraad heeft voor verkoop of invoert in België, overtreedt het auteursrecht.
Delcol Martine