Partager cette page

SiteLock
L'Héritage des Banoko , avec mes remerciements a Mr. Pierre Van Bost
Les chemins du congo
congo 1957-1966 Témoignage
L'état indépendant du congo a la recherche de la vérité historique
Kasaï , rencontre avec le roi
Tussen vonk en omroep , draadloze communicatie in België en Congo
Leodine of the belgian Congo
Les éxilés d'Isangi
Guide Congo (Le petit futé)
Congo Ya Kalakala, avec mes remerciements a Mr Paul Daelman

ESSENCE DE VIE

Témoignage et souvenirs du temps passé

Auteur : Michel Primtan

Prix 13 €

En vente chez Lulu.com

Après le retour du Congo l'adaptation en Belgique n'est pas facile :

« Te voilà enfin ! Je me demandais où tu étais passé ! Il faut marcher un peu plus vite Michel ! Le repas refroidit ! »

Je regarde madame F. avec étonnement. Son visage exprime la surprise, l'interrogation et la réprobation.
Je ne réponds pas. Il n'y a rien à répondre. Mon pas est celui d'un légionnaire. Il s'est réglé pour toujours, semble-t-il, sur la cadence africaine imposée par le soleil à son zénith.
Je n'ai pas encore compris qu'il faut toujours courir. Pas seulement pour éviter de manquer le tram, mais aussi par principe, pour ressembler à tout le monde et faire plaisir à ceux qui ne supportent pas d'attendre. Le climat belge devrait sûrement me permettre d'accélérer l'allure sans transpirer et basculer aussitôt dans l'épuisement.
J'y arriverai…mais pas tout de suite. »

Nous avons tous connu, je crois, un temps d'adaptation parfois difficile au retour du Congo.

Je le raconte dans « Il était une fois la jeunesse », un récit autobiographique dont ce petit livre reprend de larges extraits. C'est la raison pour laquelle je le présente ici.

Dans mes « Essences de vie » on trouve aussi des extraits du livre précédent « Il était une fois le Congo » et quelques extraits amusants de « Il était une fois l'enfance ».


J'ai conçu ce livre de 163 pages un peu comme une vitrine, une sorte de press-book destiné à faire connaître mon genre d'écriture pour soutenir mon activité d'écrivain privé.

C'est la raison de son prix modeste en téléchargement : 6 €
Il est aussi disponible en version imprimée : 13 €

Visitez ma vitrine : http://stores.lulu.com/store.php?fAcctID=3044342

Visitez ma page Facebook consacrée au Congo et à l'écriture : taper Michel PRIMTAN
Vous pouvez aussi m'écrire directement à cette adresse : michelprimtan(at)voila.fr

Quelques mots sur moi.

Je suis né à Namur le 31 janvier 1944.
L'essentiel de mon enfance s'est déroulé à Bruxelles avant le départ pour le Congo en 1955. Au Collège Abert 1er de Léopoldville je ferai des humanités gréco-latines. Mon goût de l'écriture me vaudra déjà quelques ennuis puisque je me retrouverai « collé » pour avoir soi-disant fait rédiger mes rédactions par mes parents…
Après le retour du Congo en 1960 et la fin de ma scolarité secondaire, je m'inscrirai à l'Université Libre de Bruxelles dont je sortirai en 1969 avec un diplôme de docteur en droit en poche.
En raison de cette formation diversifiée, je me présente parfois comme un « humaniste chrétien libre penseur ».
J'attache en effet beaucoup de prix à l'attitude humaniste et à la liberté de pensée et d'expression.
Mon parcours professionnel de juriste me mènera en France, d'abord dans les Ardennes en 1973, ensuite dans le Vaucluse, pas très loin du mont Ventoux et enfin à Toulon et à Hyères dans le Var où je réside depuis 1990.
Maintenant à la retraite, je peux me consacrer à ma passion de l'écriture. Je participe à des ateliers d'écriture, apporte mon aide occasionnelle et bénévole en qualité d'écrivain public pour épauler des gens que l'illettrisme met en difficulté. J'offre aussi des services rémunérés en qualité d'écrivain privé pour toutes sortes d'écrits, dont les récits autobiographiques.
Mais en Provence le soleil brille et je n'oublie pas de m'aérer en jouant au golf le plus souvent possible.

ESSENCE DE VIE – APERCU DES PAGES - 62 – 63 – 64



N.B. Un autre aperçu, au format exact du livre, est accessible sur Lulu.com
http://www.lulu.com/content/livre-%c3%a0-couverture-souple/essence-de-vie/8558079

 

«Extrait de : « Il était une fois la jeunesse»


Il pleut encore. Il pleut toujours !

Parfois la pluie s'arrête mais l'atmosphère reste humide, le ciel gris et bas. Seule la douceur de l'air salin nous rappelle que nous sommes au cœur de l'été. Le sable mouillé, épais, frais et dense, ne présente guère d'attrait.

Quand il pleut à la côte belge, la plage est vide.

A marée basse, les chars à voile s'emparent de l'espace déserté par les vacanciers tandis que quelques amoureux enlacés, réchauffés par leur seule tendresse, bravent le vent et arpentent, en ciré luisant, l'étendue brune sur laquelle des rivières argentées composent une sorte de vitrail en clair et sombre.
A la lisière de la marée dont on ne sait si elle reflue ou remonte déjà, le ciel et la mer, seulement séparés par une ligne d'écume, se confondent en un même tableau vivant mais figé.
Parfois un pêcheur de crevettes grises, coiffé d'une capuche de marin, faite pour la tempête, longe ce bord de mer d'un pas régulier mais ralenti par ses immenses bottes.
A moins que le gros cheval flamand qui l'accompagne, traînant un filet qu'on devine gonflé, besogneux et brave dans sa lutte contre le courant et les vagues, ne soit la cause de cette difficile progression.
Une poignée de mouettes, audacieuses et bavardes comme des pies, tournicotent derrière cet étrange attelage, telles des mouches autour d'un coche.

Nous traînons sur la digue en quête de bonne fortune, garçons et filles que l'ennui du jour rassemble pêle-mêle en une même errance, unis et réunis par un même destin éphémère et provisoire.
Les terrasses des cafés sont vides et nous en avons marre du garage exposé à tous les vents où, malgré la relative douceur de l'air, on se les gèle !Alors il faut trouver un abri pour notre jeunesse, de préférence chaud et douillet, avec de la musique et de tendres baisers.

Heureusement nous avons une adresse qui ne nous sera accessible qu'en bravant l'interdit.
Dans la Belgique de 1960 on ne plaisante pas avec l'interdit !

Prenant des airs de voleurs, surveillant nos arrières, nous pénétrons dans un café très quelconque. Le patron nous dénombre rapidement, jetant d'un œil blanc des regards furtifs et inquiets en direction de la digue et de la mer, comme s'il redoutait un débarquement.

Rapidement nous nous dirigeons vers le fond de l'établissement où nous disparaissons derrière une porte dérobée. Un escalier étroit, entre deux murs de briques, s'enfonce dans les profondeurs de la terre et nous avale à la queue leu leu, pour nous dégorger aussitôt dans une grande salle sombre et basse de plafond que quelques pâles cierges électriques éclairent faiblement.

Il y a partout de longues et profondes banquettes rouges. Les tables basses sont garnies de bougies qui forment sur les cadavres de bouteilles mates, certainement exquises en leur temps de gloire, des stalactites colorées, superposées en strates inégales et perlées, comme des coulées de lave.

Contre le mur du fond un magnifique juke-box jette, sans fausse pudeur, des lueurs racoleuses.
Un vrai claque !

Le patron nous prévient : au moindre signal de sa part, il faudra fuir par la porte du fond qui donne sur une cour. Nous savons qu'il n'a pas le droit d'accueillir dans un tel endroit des jeunes de moins de seize ans et de leur servir n'importe quoi à boire, notamment de la bière.

Nous n'avons pas tous seize ans. Les filles sont pour la plupart d'assez jeunes poulettes et nous buvons volontiers de la bière.

Nous ressentons le frisson de l'aventure, restant longuement blottis les uns contre les autres tandis qu'on nous sert à boire, avant d'oser nous aventurer sur la piste pour danser sur nos rythmes préférés.
Les jours de pluie ont parfois du bon. Le patron anxieux, qui compte ses sous, ne dira pas le contraire.
Nous non plus.

La police des mœurs tant redoutée n'aura rien su (ça existait à en ce temps-là, hé oui !).
Personne ne finira la journée au poste et le secret de notre bonne adresse sera bien gardé.

 

Un vent de sud-ouest inconfortable pousse, dans le ciel encombré, de gros nuages menaçants. De temps à autre, un pâle rayon de soleil filtre d'entre les nuées, réchauffant l'atmosphère et nos jeunes os en quête de vitamines.

C'est exactement le genre de temps qui nous agace car il n'est pas question de plage et l'on ne veut pas non plus s'enfermer, les jours de pluie sont assez nombreux pour ça. Alors, guettée par l'ennui, la bande se traîne, se pose au creux d'une dune, à l'abri de hautes herbes, reprend son errance, se pose à nouveau, cherche comment passer le temps.

Nos pas nous ont conduits aujourd'hui de l'autre côté de la nationale où quelques zones inhabitées subsistent.

Blottis au creux des dunes, lassés sans doute d'embrasser nos copines, nous inventons un nouveau jeu.Il s'agit de déterminer laquelle des filles a le plus de succès avec les automobilistes.
Excitées, les filles ne sont pas les dernières à se porter volontaires pour ce jeu stupide.
Tour à tour, elles se postent au bord de la route, le pouce en l'air, déhanchées et court vêtues, avec un sourire racoleur. Tout le reste de la bande se dissimule derrière le talus qui borde la chaussée. Couchés sur le ventre, comme une rangée de Touaregs guettant leur butin, nous observons le manège en retenant nos rires mais pas nos commentaires.Nous comptons le nombre de voitures qui passent, apportant à la performance de l'auto-stoppeuse son score du jour.

Il ne faut pas attendre très longtemps.

Invariablement, un automobiliste naïf s'arrête, aimable et réjoui, flairant l'aubaine. Alors d'un coup nous sortons du bois avec des rires et des sifflets, nous entourons la voiture et crions à tue-tête, en les scandant, ces terribles mots :
« vicieux, vicieux, vicieux ! ».

Généralement l'automobiliste ne demande pas son reste et démarre en râlant ou en nous traitant de petits cons.Plus rarement un conducteur fair-play rigole de la bonne farce dont il a été la victime. Alors nous l'acclamons sans retenue, ajoutant une joie juvénile à notre hilarité débridée.
Contents de nos exploits, nous pouvons ensuite railler sans ménagement celles des filles qui se croyaient les plus belles et n'ont obtenu qu'un résultat médiocre.

Les automobilistes auraient-ils peur des jolies filles ?
En tout cas, les filles les moins sexy ont eu leur revanche…
Mais, soyons honnêtes, toutes furent en position de se faire embarquer rapidement !