Le roi du Congo

Auteur Alain Berenboom

Une nouvelle enquête de Michel Van Loo, publiée en 2009, entraîne le détective bruxellois au Congo belge. Dans Le Roi du Congo (éditions Bernard Pascuito, réédité remaniée chez Genèse Editions en 2012), Michel Van Loo découvre la complexité de la colonie belge, prise entre la guerre que se livrent les grandes puissances autour de l'uranium et le réveil des mouvements indépendantistes. En se servant de l'arme de l'humour, Alain Berenboom retourne le racisme naïf de Tintin au Congo et en fait une lecture d'aujourd'hui. Ce roman a obtenu en 2010 le grand prix du roman, prix Bernheim, de l'Académie royale de Belgique.

Nombre de pages : 330
ISBN : 9782930585116
Format : 13,5 x 21
Format ePub : 12,99 €
Format Papier : 22,50 €
Format PDF : 15,75 €
Nationalité : Belgique
Né(e) à : Schaerbeek , le 8 janvier 1947

 

Resumé

Le détective Michel Van Loo, qui n'a jamais quitté Bruxelles, est brutalement transplanté au Congo Belge. Cerné par des coloniaux qui se méfient d'un flic venu de la métropole, des indigènes travaillés par les premiers mouvements de libération et des espions soviétiques qui lorgnent l'uranium du Katanga, Michel Van Loo se sent bien seul.
Seul ? C'est sans compter sur le renfort inattendu de trois affreux nains, d'une shampouineuse futée et d'une bande de pied Avec l'aide d'une shampouineuse futée et d'une bande de pieds nickelés congolais, Van Loo va affronter le mystérieux roi du Congo – héros national ou agent communiste ?- dont l'ombre menaçante plane sur le Katanga.

Après « Périls en ce Royaume », on retrouve Michel Van Loo dans un roman qui mêle exotisme et humour ravageur. Et offre une radiographie décapante d'une colonie au bord de l'implosion en pleine guerre froide.
« Rarement fiction aura réussi l'air de rien à rendre aussi clairement la complexité belge » écrivait Pierre Assouline à propos de « Périls en ce Royaume ». On en dira autant du « Roi du Congo » à propos de l'épopée coloniale belge.

Peu de romans ont traité de l'épopée coloniale belge. Celui-ci est un régal.

Biographie :

Né à Bruxelles d'un père venu d'une petite ville près de Varsovie en Pologne et d'une mère née à Vilno lorsque la ville était russe (actuellement Vilnius), Alain Berenboom est devenu un écrivain belge de langue française !
Sa culture cosmopolite explique sans doute que son œuvre romanesque promène le lecteur tout au long de la planète, même si ses héros (pour être juste des anti-héros souvent ambitieux mais qui n'ont pas les moyens de leurs aspirations) ont bien des traits dominants de l'art belge : l'auto-dérision, une soif de panache et de folie mêlée à une modestie excessive et un amour de la vie et de la sensualité.

Quelques Source :


Un extrait du livre voir le lien du site de Alain Berenboom
LE ROI DU CONGO – chapitre premier
3 avril 1948 – Bruxelles

3 avril 1948 – Bruxelles

L’Afrique, je croyais la connaître : j’avais dévoré les aventures de Tintin au Congo. Mais les trois Noirs assis devant moi eurent vite fait de me détromper. Où étaient passés les braves garçons en pagne, souriants et respectueux, qui s’inclinaient devant le petit reporter belge et son chien en l’appelant humblement bwana ? Depuis qu’ils avaient mis les pieds dans mon bureau, ces trois gaillards n’arrêtaient pas d’échanger des remarques désobligeantes en contemplant mon local d’un air consterné, et quand j’ouvrais la bouche, au lieu de m’écouter, ils s’interrogeaient ouvertement sur mes capacités de détective privé. Non, missié, ces gars-là ne ressemblaient en rien aux bons nèg’ de Tintin ! Oh, non ! Hergé avait-il trompé
ses lecteurs ou ne connaissait-il rien aux nains ? Car – ai-je oublié de le préciser ? – mes Noirs étaient des nains. Trois nains bavards et arrogants. Surtout le troisième, une femme, semble-t-il, mais je n’oserais le jurer.
« Quel est votre tarif ? » demanda-t-elle d’un ton suspicieux. Ma réponse la laissa perplexe. Son regard fit le tour de la pièce.
« Hé bien ! soupira-t-elle. À ce p’ix-là , je compwends que la clientèle soit rare…
– Disons que je n’investis pas ma fortune dans la décoration, si c’est ce qui vous préoccupe. »
Les nains secouèrent gravement la tête. Et ils se mirent à parler entre eux dans leur sabir, m’ignorant une fois de plus, ce qui me laissa un peu désemparé. Pourtant, des nains, j’en ai connu. Un clown de cirque m’a chargé de filer la femme obus et un petit banquier, d’espionner ses subordonnées pour vérifier s’ils se moquaient de lui. Mais, trois nains à la fois – et congolais – jamais. Non, jamais.
Pendant qu’ils palabraient, j’essayai de prendre un air dégagé. Détendu, sarcastique, un peu distant. Une attitude qui m’a toujours réussi avec les clients. Cette fois, mon expression puait la pose. À qui la faute ?

À l’école, on nous avait tout appris sur le Congo : l’oeuvre civilisatrice de Léopold II, l’audace de Stanley, mélange de brutalité et d’extrême politesse (« Mr Livingstone, I presume ? »), les extraordinaires richesses de la colonie que Dieu nous a données pour notre bien-être et celui des sauvages, les bienfaits de nos missions, dispensaires, écoles et tout ça.
Mais personne n’a songé à m’enseigner la façon de m’adresser aux indigènes. Face à des Noirs, comment se comporter ? Les fixer droit dans les yeux ou détourner le regard ? Prendre un ton sérieux ou risquer une petite plaisanterie ? Parler blanc ou petit-noir ? Les appeler « monsieur » (malgré la dame – qui n’en était peut-être pas une) ou les tutoyer ?
Sur ces entrefaites, Anne poussa la porte. Ma future fiancée (j’avais du mal à me déclarer) travaillait au rez-de-chaussée, dans le salon de coiffure de monsieur Federico, le propriétaire de l’immeuble. Federico, l’art du cheveu, proclamait l’enseigne qui barrait la façade, écrasant ma petite plaque de simili-cuivre Michel Van Loo, détective privé ( difficile de se plaindre avec quelques loyers en retard.)
« Pardon, je ne savais pas… – Tu ne déranges pas. Au contraire. Entre ! Une des mes meilleures collaboratrices », annonçai-je avec un soupir de soulagement. Si je croyais avoir trouvé enfin le moyen de les impressionner, je fus vite détrompé.
« Alors, comme ça, c’est vous la fameuse Anne ? » s’écria la naine.
On savait donc tout de moi au centre de l’Afrique ? Mes enquêtes, mon tarif, ma vie privée ? Prise au dépourvu, Anne éclata de rire. Un grand sourire illumina la face de la petite Noire, découvrant des canines sciées façon vampire.
« M’sieur Jacques et M’dame Louise nous ont beaucoup pawlé de vous.
– Oui. Pa’aît qu’à l’agence, c’est vous qui powtez la culotte ! intervint l’un des nains en rigolant comme un bossu. Ah, ça ! On est sac’ément content de vous ’encont’er !
– Sac’ément ! » renchérit l’autre, un petit renfrogné qui portait des lunettes d’écaille noires du même modèle que celles du prince héritier Baudouin.
Tandis qu’ils se fendaient la pipe, je tendis à Anne la lettre de notre ami Jacques Van Tieghem. À l’époque où nous l’avions connu, Jacques travaillait à la police de Bruxelles. Le meilleur des hommes, sans doute trop idéaliste pour ce boulot qui le déprimait. Quand l’administration avait créé un département de la Sûreté nationale dans la colonie, il avait sauté sur l’occasion, tout plaqué sans hésiter. Et, avec Louise, sa femme, rêvant comme lui d’aventures, ils avaient quitté la
métropole qui les étouffait, son atmosphère délétère et les règlements de comptes de la Libération. Depuis, nous étions sans nouvelles d’eux ou presque. Une carte à Noël, une autre pour notre anniversaire. À peine quelques mots pour expliquer que le travail les absorbait tant qu’ils ne trouvaient pas le temps d’explorer le pays et qu’ils nous raconteraient « tout ça » plus tard. Un « plus tard » sans cesse remis jusqu’à l’arrivée des trois guignols. Dans sa courte lettre, Jacques me proposait

Lire plus sur le site de Mr Bereboom http://www.berenboom.com

 

 

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