Congo 1960

Passé et Evolution du Congo

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LE LIVRE QUE LES BELGES N'OSENT PAS EDITER

Dédié aux millions d'enfants congolais morts depuis que la Belgique a quitté le Congo.

Par Mario Spandre †, Ancien du Katanga.
(Paru dans "Kisugulu" 3/2005 et dans le bulletin de l'otraco 02/2006)

La Belgique a honte de son passé colonial, alors que la création du Congo est la plus remarquable et la plus grandiose de ses réalisations depuis 175 ans qu'elle existe. En 1860, au coeur du continent africain s'étalait, encerclé par un puissant fleuve, un immense territoire dont on ne savait rien, sauf qu'à longueur d'années les marchands arabes en extrayaient d'interminables colonnes d'esclaves.

Cent ans après, grâce au génie de son plus grand Roi et au "labor improbus" de quelques dizaines de milliers d'Européens aidés par ces Africains que Léopold II a affranchi de l'esclavage, la Belgique a construit un pays couvert de champs, industrialisé et avec une population saine et instruite. Malheureusement, avant d'avoir achevé son oeuvre, la Belgique a dû la livrer aux Nations Unies et au monde. A cause des idées fausses qui régnaient, ce pays est aujourd'hui complètement détruit.

Paradoxalement, depuis quelques années, par des expositions, des livres, des films, des conférences, l'intelligentsia belge, souvent financée par les deniers publics, tente de montrer combien nous étions cruels envers les Africains, combien nous les exploitions et chaque petite impureté de l'immense travail que fut la colonisation est examinée au microscope pour l'exhiber au monde, en omettant de montrer l'oeuvre qui a été réalisée.

Les pouvoirs publics et les organismes semi-publics, comme la "Fondation Roi Baudouin", n'ont jamais songé à financer le "livre" qui devrait être publié sur le Congo Belge et qui montrerait le pays développé et moderne que la Belgique a créé. Il pourrait s'intituler "Le Congo que la Belgique a créé et que les idées fausses ont détruit" ! Ce serait un livre de photographies avec de brèves légendes. On y verrait non pas un adolescent aux mains coupées, des cases en pisé, des porteurs qui ne sont pas les images du Congo construit par les Belges mais, par exemple, le réacteur atomique installé dans le laboratoire de physique de l'Université de LOVANIUM, le mieux équipé et le plus avancé de toute l'Afrique... A cela s'ajouteraient les photos de certains bâtiments des Universités d'Elisabeth- ville et de Stanleyville. Ces universités regroupaient, dans une mixité totale de noirs et de blancs, plusieurs centaines d'étudiants, formés grâce à des écoles de standard européen. Les étudiants universitaires étaient, au 29 juin 1960 plus nombreux que dans n'importe quel autre pays d'Afrique centrale, pourtant colonisés bien avant le Congo.

Des photos des écoles primaires, établies sur tout le territoire, montreraient qu'elles avaient permis de scolariser plus de 90 % de la population en âge d'école. Ce pourcentage. même aujourd'hui, n'est atteint dans aucun autre pays africain.

Ceux qui dirigeaient le Congo, à l'époque, pensaient que pour avoir une démocratie, il faut un peuple instruit. Contrairement à l'opinion générale, ils estimaient que quelques universitaires ou militaires éduqués dans des universités étrangères et ayant perdu le contact avec le peuple, ne conduiraient, sauf rares exceptions, qu'au despotisme et à la corruption. L'état désastreux dans lequel se trouvent aujourd'hui les pays d'Afrique noire démontre qu'ils avaient raison.

Ils ont tort ces grands benêts qui croient qu'il suffit, avec l'argent récolté en montrant des enfants affamés on morts, de bâtir l'une ou l'autre école en brousse (en se laissant complaisamment filmer) et de distribuer quelques manuels scolaires pour instruire un peuple et l'amener à la démocratie. Il faut, pour cela, bâtir des écoles sur tout le territoire, former les élèves des primaires, avant ceux des humanités et ceux-ci avant les universitaires. Cela n'est pas gratuit, il faut générer des capitaux et des ressources et, pour cela, planter, cultiver, récolter et apprendre à ce peuple ce qu'est l'agriculture, l'artisanat l'industrie. Tout ce système ne peut fonctionner que grâce à une industrie qui rapporte.

Quelle plus belle photo à montrer que celle de l'usine d'électrolyse de la Luilu, avec ses milliers de bacs à perte de vue, où "mûrissait" le cuivre le plus pur du monde. L'autre jour, le Premier Secrétaire de l'Ambassade du Chili m'a rappelé, qu'à l'époque, le Congo produisait plus de cuivre que son pays qui en exporte aujourd'hui un million de tonnes par an. Au Congo, aujourd'hui, grâce à "l'indépendance" et aux idées fausses, on en produit moins de 25 mille tonnes par an!

Comme le cuivre n'était pas le seul métal exploité, on verrait aussi les mines et raffineries de zinc, d'étain, d'or, de diamant, etc. Sans parler des ports, des bateaux sur les fleuves et les lacs, les liaisons aériennes, les trains (les premiers électrifiés en Afrique centrale). Quant à l'agriculture, des photos relatives à l'introduction du riz dans les régions pauvres, des champs de palmes et de coton (et les huileries et les usines de tourteaux qui en dérivent, etc.) ou mieux encore, de caféiers et de théiers (des millions d'hectares d'espèces qui n'existaient pas au Congo avant l'arrivée des Belges), grâce à quoi des centaines de milliers de familles qui aujourd'hui meurent de faim, vivaient. Tout cela fut réalisé notamment grâce an jardin botanique de Kisantu et au Centre de recherches agricoles de Yangambi le plus avancé du monde dans le domaine des cultures tropicales - et à son école pour agriculteurs.

Les auteurs du livre que la Belgique n'édite pas n'auraient que l'embarras pour choisir les photos des industries induites par les activités minières et agricoles, du chantier naval à la tréfilerie, de la filature à l'usine de chocolat, etc. Le bien-être sanitaire des populations noires et blanches c'était, par exemple,qu'en 1960 les hôpitaux et dispensaires avaient à leur disposition 86.000 lits, soit un lit médical pour 160 habitants.

Ce livre pourrait se clore par un magnifique graphique montrant que le taux de croissance économique du Congo de 1935 à 1960 était supérieur à celui de la Chine aujourd'hui.

Le refus d'éditer un livre qui montrerait le Congo moderne que les Belges ont créé s'inscrit dans le mouvement de paresse mentale qui nous environne. Il est tellement facile de ne pas penser et de s'insérer dans le flux des idées reçues, fussent-elles fausses, mais politiquement correctes. L'anti-colonialisme étant à la mode et rapportant, l'intelligentsia est donc anti- coloniale. Or, l'image produite par ce refus de penser par soi-même, ne résiste pas à l'examen des faits. Sous le système colonial, les Congolais mangeaient à leur faim, étaient instruits et le pays se développait comme aucun autre pays africain ne s'est développé en un temps aussi bref.

Depuis que l'indépendance est là, le Pays est retourné quasi à l'état dans lequel les Belges l'ont trouvé et ses habitants meurent par millions.

Ces évidences devraient interpeller cette intelligentsia qui publie, parie à la télévision, organise des expositions et produit des films en montrant des photos du Congo de 1890 à 1914. Mais cela, impliquerait d'avoir une pensée et des raisonnements originaux fondé sur les faits et non sur la pensée politiquement correcte. Il est plus facile, pour obtenir de l'argent des politiciens de s'insérer dans le système de pensée dominant. Le problème de la vision que l'Europe a sur son passé colonial relève d'ailleurs de l'abandon conceptuel auquel elle se laisse aller.

Comme le dit Pascal Bruckner "depuis un demi siècle en effet l'Europe est irréconciliée, habitée par les tourments du repentir. Ruminant ses crimes passés, l'esclavage, le colonialisme, le fascisme, le communisme, elle ne voit dans sa longue histoire qu'une continuité de tueries et de pillages. Spontanément, elle donne raison à ses ennemis dans le jugement qu'elle porte .sur elle-même. L'Europe vit toute entière dans la honte de .son propre passé. Nous .sommes devenus les rentiers de l'auto dénonciation, des experts de la repentance en vrac... L'attention obsessionnelle aux abominations d'autrefois nous rend aveugles à celles du présent" (Le Monde 26.07.05).

Le présent, ce sont les millions d'enfants qui ne survivent pas à la famine. Du temps des Belges au Congo, ces enfants mangeaient à leur faim, étaient soignés et fréquentaient les écoles du lundi matin au samedi midi.

Au Congo, le système colonial réalisait. L'auto flagellation actuelle, ce sont des pleureuses professionnelles derrière des corbillards débordant de victimes d'idées fausses. La croyance générale qu'il faut attribuer tous les maux de l'Afrique au système colonial "refoule à la périphérie, comme épiphénomènes, tout ce que qui vient contredire ou contester la croyance". (Edgar Morin). Cette croyance a tué et tue encore.

Les peuples qui ont honte de leur passé n'ont pas d'avenir. Est-ce un symptôme de la maladie dont souffre aujourd'hui la Belgique ?
Mario Spandre, Ancien du Katanga

Lettre de Mario Spandre †

L'avocat Mario Spandre est un enfant du Congo, fils d'un colon qui avait créé et exploité une ferme prospère à Lumumbashi.

Intime de Tschombé et auteur du célèbre " L' Etat COUPABLE "

en rapport avec la politique africaine de la Belgique.


Quelques réponse reçus via mail

Dominique Bidoir à écrit le 19-03-2008:
Pour avoir visité le Musée de Tervuren en 2006, indiscutablement très riche en récolte matérielle ethnologique, botanique etc ... (et heureusement compte-tenu des destructions des guerres fraticides congolaises), je partage le sentiment de JP Maindiaux qui déplore cette vision insistante donnée du Congo des années 1920-30, impression que j'attribuais alors à l'organisation temporaire du Musée pendant des travaux de refection, alors que j'ai en mémoire des souvenirs (d'enfant certes) de Léopold'ville et de Matadi, sur la voie de l'avantgardisme avec ses premiers buildings, ce qui contrastait évidemment avec les belles constructions coloniales du passé moins nombreuses que l'habitat européen "de brousse" aux portes des villes "blanches". Quant au(x) génocide(s)... et atrocités (dont les blancs sont, hélas, aussi capables), n'évoquant pour ma part que ceux qui ont eu lieu pendant et après l\'Indépendance ... "il y a des chiffres qui mériteraient la comparaison " voulant dire pour mieux me faire comprendre : qu'il me semble invérifiable, en l'absence de recensement précis à l'époque léopoldienne puis à la Belgique d'avant-guerres (14 et 39), d'affirmer (au moins?) dix millions de morts imputables aux cruautés de la colonisation. (En Europe, les conditions de la classe ouvrière étaient-elles plus enviables ?). Par contre, le documentaire statistique de la colonie belge devenant depuis la fin de la seconde guerre mondiale plus détaillé et fiable, on ne peut ignorer la descente aux enfers et la mort en cinquante ans d'Indépendance, marquée de guerres fraticides, inter-ethniques et de pauvreté entretenue, de millions de congolais ... ( Dominique à un site (voir son site svp) patienter un petit temps pour l'ouverture cela vaut la peine

JP Maindiaux à écrit le 15-03-2008:
Utopie que ce livre ! De même qu'une récente exposition du musée de Tervuren donnait dans un fascicule d'information des images faisant penser que le Congo était resté aux années 30 avec ses ateliers aux longues courroies de transmission vers des machines vétustes. Des Missions, pas un mot. Une voisine américaine m'a dit, l'autre jour : C'est dommage, ce génocide de votre roi au Congo. J'ai appris à l'université que votre roi avait exterminé 10 millions de noirs. Nos politiciens socialistes, ignorant tout et n'ayant rien à répondre, s'en tiennent à un sentiment de culpabilité. Il en est de même du musée de Tervuren qui est depuis longtemps la chasse gardée de l'ULB.

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