Moïse Rahmani

«Juifs du Congo La confiance et l'espoir»

A Clément Israël, qui a jeté les bases de la communauté juive de Kinshasa
initiée en 1962 par Maurice Alhadeff z"l, et qui lui a  insufflé avec enthousiasme vie et  dynamisme. Sans son aide et la mise à disposition de sa documentation, ce livre n’aurait pu voir le jour.

A ceux qui l’ont épaulé, à ceux qui lui ont succédé, aux Juifs du Congo et aux Congolais, mes amis.

Auteur : Moïse Rahmani

Prix 60 €

Livre a se procuer via Moïse Rahmani

Moïse Rahmani est un auteur italien séfarade. Il a écrit de nombreux ouvrages tels que Rhodes, un pan de notre mémoire, Shalom Bwana, la saga des Juifs du Congo, Les Juifs du soleil, portraits de Sépharades de Belgique (Rhodes, Un pan de notre Mémoire, est un hommage au berceau de sa grand-mère paternelle).

Parmi ses autres livres, on peut trouver L'Exode Oublie, Juifs des pays arabes, Lettre à un frère ; La réponse de Noa ; Juifs du Congo, la Confiance et l'espoir, Tu choisiras Le Rire, Juifs en Terre d'Islam, Une minorité opprimée...

Rahmani est né au Caire, en Égypte dans une famille juive. Cet ancien courtier en diamants ancien parle plusieurs langues dont le judéo-espagnol. Il y a deux décennies, il a lancé la revue trimestrielle Los Muestros (www.sefarad.org) qui publie des nouvelles de la communauté séfarade du monde entier. Rahmani a fait des recherches et écrit de nombreuses publications sur les communautés juives du Congo belge, beaucoup de ceux qui, comme sa famille, ont quitté leur maison ancestrale de l'île Rhodes pour l'ancienne colonie belge du Congo

 

En 2002, je publiais  Shalom Bwana, la saga des Juifs du Congo  (éditions Romillat, Paris).  Je contais l’épopée extraordinaire d’une poignée de jeunes Juifs, venus principalement de Rhodes, cette île merveilleuse, baignant dans la mer Egée. Ils avaient tenté l’aventure africaine et découvert une nouvelle « terre promise » qu’ils avaient faite leur.

Je les avais suivis de leur terre natale au Katanga. Certes, tous n’étaient pas du Dodécanèse, certains arrivaient d’Egypte, de Turquie, de Palestine et d’Europe et les premiers Juifs à fouler le sol katangais étaient des Ashkénazes, débarqués à la fin du XIXe siècle, d’Afrique du Sud, mais la grande majorité de ceux qui ancrèrent cette communauté venaient de l’Ile des Roses.

En quelques décennies, rejoints par un frère, un cousin, un parent proche ou éloigné, ils avaient implanté une communauté vivante, active, dynamique. A sa tête le Grand rabbin Moïse M. Levy.

Ils avaient participé à l’essor économique de la colonie belge, contribuant à en faire le fleuron, non seulement de la Belgique, mais  de tout le continent africain. Début des années 1950, le livre          

Le Congo Belge et ses coloniaux  (éditions Stanley, Léopoldville, 1953), leur rendait hommage puisque sur deux mille cinq cents noms recensés, moins de deux pour cent des cent trente mille habitants européens, figuraient cent quatre-vingts Juifs, près de dix pour cent de la communauté israélite (rappelons qu’elle ne constituait que moins d’un pour cent et demi de la population non africaine).

Mon père  avait contribué à cet essor entre 1929 et 1934. Puis il était rentré en Egypte. La vengeance du gouvernement égyptien après ses défaites contre Israël s’étant tournée contre les Juifs de ce pays, en 1956, voici cinquante ans, je débarquais à Elisabethville. Je me souviens, aujourd’hui encore, de l’escale à Stanleyville et de l’annonce du pilote, plus tard, nous informant que nous avions le lac Moero à la gauche du DC6. Le lac Moero ! Rien que le nom faisait rêver…

La décolonisation ne s'est pas faite sans douleur. Impréparation ? Sans doute. Lutte d'influence entre les deux grands blocs idéologiques : l'occident capitaliste et le monde communiste ? Certainement. Appétit des grandes puissances désireuses de mettre la main sur les richesses de ce pays ? Incontestablement. Comme l’a dit un prospecteur belge à la fin du XIXe siècle, le Congo est un scandale géologique et a de quoi exciter la convoitise de certains pays et non des moindres.

Après la naissance de notre bohora, de notre aînée, Inès-Daniela, nous avons quitté cette terre africaine en octobre 1969. J’avais arrêté cette saga aux années 1960 et mon livre se terminait sur une note triste car, après les tragiques événements et les pillages des années 1990 qui eurent pour conséquence la disparition de pratiquement toute présence étrangère, je pensais la vie juive au Congo presque éteinte.

Mon livre, entamé en 2000, s’achevait dans la désespérance. Durant les quarante ans qui nous séparaient de l’indépendance du pays, le 30 juin 1960, bien des tragédies s’étaient passées et  d’abord pour le peuple congolais, première et malheureuse victime.

Les troubles de 1960, les diverses sécessions, les rébellions, les mutineries, les attaques avaient balayé le labeur des hommes qui s’étaient accrochés à cette terre africaine. Beaucoup étaient partis. D’autres, demeurés sur place, avaient reconstruit, mais la zaïrisation les avait spoliés. Quelques années après, devant la situation économique désastreuse, le gouvernement  décidait de faire marche arrière et restituait les biens. Mais,  à l’exception des immeubles, les affaires commerciales et industrielles n’étaient plus que coquilles vides. Pourtant, certains reconstruisaient à nouveau.  Les pillages de 1991 et de 1993, la guerre de Laurent-Désiré Kabila contre Mobutu, l’exil de ce dernier, l’assassinat de Kabila, le Mzee, le vieux, les diverses rébellions  qui suivirent, eurent raison des plus audacieux.

Lors de l’écriture de Shalom Bwana, la saga des Juifs du Congo, la population juive du pays oscillait entre trente et cinquante personnes, faisant des allers retours avec l’Europe. Elle se composait d’acheteurs de diamants et d’enfants ou de petits-enfants des pionniers.

La plupart de mes amis étaient rentrés en Europe, ceux qui tentaient de renouer avec le pays, de redémarrer une activité commerciale, désespéraient, la situation économique étant extrêmement difficile.

J’avais écrit ce livre pensant que la communauté ne se redresserait pas, mais disparaîtrait, à l’exemple de celle de Lubumbashi où seuls quatre Juifs résident encore.

Je ne pensais plus revoir cette terre qui nous était si chère, tant à Manuela, mon épouse, qu’à moi. Je ne pensais plus revoir l’endroit où reposait ma mère ; mon livre s’achevait par ces lignes :  Les morts, nos morts, Maman, sont désespérément tout seuls désormais… 

Et puis, en 2004, je rencontrais Aslan Piha. Et Aslan me parlait avec fougue et  passion de cette communauté qui se réveillait d’un long sommeil, qui sortait de sa léthargie. Et Aslan m’a fait part de ses projets, de ses ambitions, de ses désirs, de ses rêves. Et Aslan m’invitait à Kinshasa pour donner une conférence. Je croyais rêver : bibliothèque, revues, conférences…

Et j’y suis allé. Et j’ai vu. Et j’ai constaté. Et surtout, j’ai aimé.

Lorsque j’habitais Kinshasa, jusqu’en 1969, à l’exception d’une vie religieuse se limitant au service du vendredi soir, vie religieuse due en grande partie aux efforts d’un groupe de syro-libanais, dont mon cher ami Élie K., il y avait peu de vie communautaire.

Certes, Maurice Alhadeff, un homme d’affaires installé depuis des lustres à Kinshasa, réunissait les quelques Juifs lors de la visite d’un envoyé d’Israël en quête de fonds. Chez lui, j’ai eu le privilège de croiser André Chouraqui, maire-adjoint de Jérusalem, un de mes maîtres. Pour les fêtes de Roch Hachana et de Yom Kippour les Juifs se réunissaient chez Jacob Mayo.

Quelques fêtes enfantines étaient organisées par la Wizo à Pourim, à Hanoukka. Mais à part les maisons des uns et des autres, il n’y avait pas d’endroit où se réunir, il n’y avait pas de local à la disposition de tous, il n’existait  pas de synagogue.

Et j’ai su qu’un homme, animé d’une volonté farouche de créer, ex nihilo, avec l’aide d’un comité dévoué et efficace, une vie communautaire, avait réussi la gageure, l’exploit, de fonder une communauté là où il n’y avait pas de structures. Tous m’ont confirmé que sans cet homme, sans Clément Israël, jamais il n’y aurait eu de vie juive organisée, ni de rabbin, ni de  synagogue à Kinshasa. Je l’avais déjà vu à l’oeuvre, en 1967, à la création du premier cercle juif de Kinshasa.

Après mon bref séjour, j’ai voulu rendre hommage à toutes celles et à tous ceux qui, des années durant, entre 1960 et aujourd’hui, ont perpétué  cette mémoire juive, ont continué cette saga, ont œuvré afin que cette communauté, née dans les années 1900, atteigne et dépasse son centenaire. S’il y a encore, aujourd’hui, une vie juive au Congo, si dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ou dans cent ans il subsiste, je le souhaite et l’espère, une vie juive dans ce pays, c’est à Clément Israël et à son comité que nous la devrons. Quelle meilleure preuve d’admiration et de respect sinon de raconter leur histoire et, à travers elle, la pérennité de cette présence juive dans ce qui fut pour nos grands-parents, nos parents et pour nous-mêmes une nouvelle terre promise, cette seconde patrie, le Congo, notre Congo.

En relatant l’histoire de quelques-uns c’est celle de tous que je veux raconter et  j’entends, avec ce témoignage, leur rendre justice et leur faire honneur.  

Moïse Rahmani


Table des matières

Message du Président Shimon Pérès

Avant-propos 

Quelques éléments d'histoire
L'humanité a-t-elle vu le jour en Afrique ?
Les langues 
Quelques dates repères
Les gouverneurs qui se sont succédé au Congo de 1885 à 1960 
Une légende au service de la science 

De 1960 à 2005
L'indépendance du Pays 

Les fondateurs
Le temps des pionniers
Il entre dans la légende de son vivant 
Il bâtit une communauté 
Épouse de Président 

La communauté
La vie communautaire 
Pour la première fois dans l'histoire, une femme
préside une communauté traditionnelle 
Un président à la hauteur
Un des rares de notre génération né à Rhodes 
Président à vingt-huit ans 
Lubumbashi aujourd'hui 
Perpétuer la mémoire de Moïse M. Lévy 
La bibliothèque Abner et Bertha Hasson 105 

La vie religieuse
La vie religieuse 
Les frères Kattan démarrent la vie religieuse 
Le Grand rabbin Moïse Levy 
Le Jubilé du Grand rabbin
Première pierre de la synagogue Beit Yaacov 

Congolais de père juif

Congolais juifs
Moïse Katumbi Soriano 
Le clan Mulongo Finkelstein
Cathy Mpinga Naama Benyaïr
Hélène Khadija Esabu Gottselig
Victor Ngezayo Prigogine 
Willy Ngoie Juster 

Congolais et Juifs


Les Kushites  Congolais de naissance, il fonde une synagogue à Paris 

Comme un enfant dans le berceau 179

Léon Kengo, un Premier ministre pas comme les autres 183

Un Congolais organise, à la synagogue, le jubilé du Grand rabbin du Congo 187

Je suis noire et belle, filles de Jérusalem 191

Le Congo et IsraëlLes Juifs du Congo et Israël 195

Je me souviens 197

En rétablissant les relations avec Israël, il cause un quiproquo diplomatique 201

Un homme tranquille 205

«Full ambassador» de Laurent-Désiré Kabila 211

Rendu à la terre d'Israël vingt-neuf ans après 217

Les Juifs et les affaires Solbena : 1910 – 1988 221

Le groupe Amato Frères 229

Le groupe Hasson Frère 237

Un quartier du marché de Kinshasa pérennise Simis 239

Juif français, fait de glaise tunisienne 245

Les successeurs

Le développement du trafic aérien 251

De coiffeur à avionneur 253

Il se lance dans l'aviation 257

D'enfant caché à transporteur aérien 261

Au service du secteur médical 263

La première banque juive du Congo 267

D'enfant caché à Bordeaux à homme d'affaires au Congo 269

D'enfant caché à gestionnaire d'entreprise 273

Le volontaire pour une mission suicide : un pas en avant 279

Un touche-à-tout fidèle à ses premières amours 283

Les Juifs d'après 1960

Acheteur de diamants 287

A bâtons rompus dans le cockpit 289

Au service du social 291

La presse juive au Congo

«Kadima», (en avant) un journal digne des plus grands 297

Un regard extérieur sur les Juifs du Congo 299

Je ne voulais pas Au temps où un homme était un homme, et une livre était une livre 303

Ceux qui y dorment Nos disparus, en Gan Eden ke sean... 307

Le cimetière d'Elisabethville 309

Et un homme s'est levé 310

Liste de ceux qui reposent à Lubumbashi 313

Ceux qui se sont succédé à la tête de la Communauté Liste des présidents 323

 

Les communautés issues ou renforcées de celles du Congo

La Communauté sépharade de Bruxelles 327

De vice-président à Kinshasa à président à Cape Town 331

Rhodes, la boucle est bouclée 335

Anciens et nouveaux noms 338

Identités juives et racines africaines 339 

Les Africains juifs 345

Les joies de la table 357

Un dico amusant 363

Quelques proverbes 369

Le mot de la fin 371

Lexique 373

Bibliographie 377

Remerciements 379

Tabula gratulatoria 384

 

Info

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Een auteur van een programma kan de namaker van zijn werk strafrechtelijk laten vervolgen, maar dat kan alleen als het namaken kwaadwillig of bedrieglijk is gebeurd. Niet alleen de namaker is strafbaar, ook wie namaakprogramma's voor handelsdoeleinden verkoopt, in voorraad heeft voor verkoop of invoert in België, overtreedt het auteursrecht.
Delcol Martine