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Moise Rahmani

Shalom Bwana la saga des juifs du Congo

Prologue

Longtemps l'évocation, même fugace, d'Elisabethville, me fut amère. Arrivé du Caire en avril 1956, je l'ai fui en mai 1959. Durant ces trois années, ma mère, qu'elle repose en paix, malade, resta très longtemps - trop longtemps - hospitalisée. Elle s'est éteinte le 4 janvier 1959, en ce jour même qui vit aussi la fin d'une époque pour le Congo colonial.

Sans doute ai-je adopté la politique de l'autruche.

Durant quarante ans j'ai voulu éradiquer de ma mémoire le souvenir même d'Elisabethville. L'extirper, rendant la ville responsable de la maladie de Maman, coupable de m'avoir rendu orphelin. Je ne la revoyais même plus en pensée. Ses rues, notre maison, l'Athénée, ma synagogue. Je ne les revois toujours pas.

Et pourtant il me faut plonger dans le passé. Avec le temps, je le découvre, les souvenirs c'est comme l'huile que nous allumons la veille du Chabbat, vous savez, cette huile ajoutée à l'eau, dans laquelle plonge une mèche et qui illumine notre vendredi soir. L'huile reste à la surface, l'eau se tapit au fond. Les souvenirs sont comme cela. Les bons - je le découvre maintenant - sont pareils à l'huile. Ils remontent mais contrairement à l'huile qui se consume, les bons souvenirs ne s'évanouissent pas. Les mauvais, les douloureux sont tapis, en dessous.

Le Congo, pour moi, aujourd'hui, ce sont d'abord les amis que je me suis fait. Amitiés de quarante ans, toujours vivaces. J'ai surtout eu le bonheur de tomber amoureux de celle qui deviendrait mon épouse, d'y voir naître notre bohora, notre fille aînée, Daniela. J'ai eu la joie de rencontrer mon ami, mon frère, Méno, comme j'ai eu celle de connaître, Albert, David, Meïr, Rabeno, Elie, Ezra, Jojo, les Jacques de Cape Town, les Salomon de Bruxelles, Bella, Elyane, Esther, Léna, Malka, Monique, Rachel, Rica, Violette, et tous les autres. Et puis-je oublier le père spirituel de toute notre belle jeunesse juive, notre Rabbin Moïse Levy. Puis-je oublier tous ces autres camarades, moins présents dans ma vie actuelle, mais qui gardent une place de choix dans mon coeur, les Gérard, Pietro, Georgiou, Ajit, tous ces petits Belges, Grecs, Italiens, Hindous qui ont donné ce charme à Elisabethville et au Congo, qui ont aimé cette ville, leur ville, leur pays, dont certains sont morts pour lui tel Albert Mallel, assassiné à cinquante ans !

J'ai voulu oublier la douceur d'un matin succédant à une nuit assourdie par l'orage. J'ai voulu oublier le parfum de cette terre lavée par la pluie. J'ai voulu oublier l'odeur des jacarandas, la beauté des bougainvillées, la saveur des mangues dérobées, le goût des mûres du jardin derrière la synagogue et la fraîcheur des grenades. J'ai voulu oublier ce ciel toujours limpide. J'ai voulu...

Les souvenirs remontent. Parmi ceux-là, cette foule nous entourant et accompagnant, pour la dernière fois, Maman. Souvenir de ces centaines de gens venus nous soutenir par leur consolante présence. J'avais voulu oublier que cette terre abrite ma mère. Et c'est cela qui, enfin, me réconcilie avec Elisabethville, mon E'ville.

Table de matières

Préface d'André Chouraqui
Prologue
Quelques souvenirs
Des mangues pour le Roi Baudouin
Les Juifs au Katanga en 1931
Les raisons spéciales de l'immigration
La pépinière
Rhodes
Les conditions d'existence
Les Juifs et les Indigènes
Les Juifs, les Belges et la Belgique
Un pionnier du commerce
Le développement de la Communauté
Le lion d'Isahar
Les ménagères
Un premier ministre juif
Le mécène juif
On ne peut servir deux rois à la fois
L'italianité des Juifs
Fin de la Communauté mère
Au service de la France
Jacques, l'enfant caché
Orphelins le même jour
Un rescapé se souvient
La vie quotidienne
Ils étaient sept
Gioa
La dolce vita
Une déracinée
Il ne va pas à la messe
Wizéenne dans l'âme
Il recevait Lumumba à sa table
Le Congo est à moi
Pour appréhender un voleur, il viole la loi
Patron, il n'y a plus d'Aspro, il y a seulement du Coca
Le spaghetti « lux »
Acheteur de diamants
Dans le regard des autres
La vie religieuse
Les écoles
Les relations avec les Noirs
Le Rabbin et la Communauté
Par qui le scandale arrive
La fêlure
La Congrégation Cabalistique du Saint-Esprit
Le Congo et Israël
Quelques informations sur les Juifs du Congo Belge à travers la correspondance sioniste.
Des armes pour Israël
Les Juifs du Congo et Israë
Israël et le Congo
Ambassadeur en Israë
l Un Juif assassiné
Le commencement de la fin
Aujourd'hui
Les Juifs du Ruanda-Urundi
De marin à pionnier du trafic aérien
Les gardiens du cimetière
Liste des Juifs mentionnés dans le Congo Belge et ses Coloniaux
Remerciements
Liste des interviews filmées
Lexique
Anciens et nouveaux noms des localités congolaises
Bibliographie

 

Un peu d'histoire.

Le premier homme blanc qui, historiquement, foula le sol du Congo fut le navigateur portugais, Diego Cam, en 1482. Il érigea à l'embouchure du fleuve, une « borne » ou il inscrivit la découverte de cette terre, faite au nom du roi du Portugal Jean II. En 1485, Diego Cam revint, remonta l'embouchure du fleuve jusqu'à l'actuelle Matadi et fit graver, sur des rochers, avec les armes du Portugal, un fier : « Ici accostèrent les vaisseaux du Roi Jean II du Portugal » et il signa « Diego Cao Pedro da Costa. Avait-il dans son équipage des Juifs ? Peut-être car, à l'époque, les meilleurs cartographes du monde l'étaient.

Nul ne peut affirmer, avec certitude, si des Juifs transitèrent par le Congo avant le début du siècle. Il est possible que des marranes portugais se soient installés dans quelques comptoirs, (qui sont des agences de commerce d'une nation en pays étranger, le long de l'Atlantique ou à l'intérieur des terres) que des Sépharades aient fait partie des Hollandais qui en établirent. Il n'existe cependant aucune trace historique de leur passage.

Si la présence juive permanente n'est attestée que dès le début du XXè siècle au Katanga, d'après la biographie du Grand Rabbin Levy : Moïse Levy, un Rabbin au Congo 1937- 1991 (Milantia Bourla Errera, éditions La Longue Vue-Consistoire Israélite de Belgique, Bruxelles, février 2000), des Juifs italiens pour la plupart, sont présents au Congo dès la fin des années 1880 tels Enrico Palombo, officier de la naissante Force Publique, ancêtre de l'armée congolaise, ou Amedeo Sacerdote. L'embryon des services sanitaires fut créé par des médecins juifs : Marco Levy, Carlo Ottolenghi, Angelo di Abramo, Ottorino Hoffner. Giuseppe Ferera fut le premier Juif à être enterré sur cette terre africaine, à Lisala, province de l'Equateur, au nord-ouest du pays, le 15 juillet 1879.

Les ingénieurs transalpins accourent : nous les trouverons à l'ouest du pays, construisant la voie de chemin de fer Léopoldville-Matadi : Camillo Cunio, Eymar Salomon, Ricardo Diena, Giorgio Nave. Giofredo Lattes, de la marine italienne, engagé par le Roi Léopold II est le premier Juif à fouler le sol du Katanga qu'il explore en 1903. Les Juifs commencent à arriver et s'installent à l'Etoile, sur le site de la mine fondée en 1902, dans le sud du pays, presque à la frontière avec la Zambie (l'ancienne Rhodésie du Nord). En effet des traces de cuivre sont découvertes fin 1892 par le géologue Jean Cornet, dans cette région qui prolonge le Copper Belt, la ceinture de cuivre qui entoure la Rhodésie. Elisabethville est fondée en 1910 sur la rivière Lubumbashi à l'endroit même où, paraît-il, le colonel Sharp, un prospecteur britannique, abattit un rhinocéros en 1909. Le premier train Ndola-Sakania arrive le 27 septembre 1910 ; il relie le Katanga au réseau anglais d'Afrique du Sud et des Rhodésie.

Si en 1904 l'Etoile n'est qu'un camp de toile, quelques années après une véritable ville sort de terre. Des aventuriers arrivent de l'Afrique anglaise, Afrique du Sud, Rhodésie du Nord et du Sud. Parmi eux quelques Juifs ashkénazes et un Sépharade, Max Ruda, important commerçant qui offrit une coupe à l'occasion du premier match de football. (Les Séphardim à Lubumbashi, Georges Weisman p. 10). Les premiers Juifs travaillant dans les mines de la Ruashi (mine de l'Etoile) sont Seal, Cecil Morris Cohen et Harris Aron Dobrin, employés par la Tanganika Concession Ltd (Milantia Bourla Errera, ouvrage cité). C'est à l'Etoile où les Juifs s'installent que se trouve le premier cimetière avec quatre tombes juives dont le nom est hélas impossible à déchiffrer, les pierres ayant été chaulées (à ma connaissance la plus ancienne pierre tombale d'un Sépharade du cimetière d'Elisabethville est celle d'Abraham Benatar, fils de Joseph, décédé le 14 février 1915).

En 1904 on recense quatre autres Juifs au Katanga, des commerçants, Barnett Smith, venu de Rhodésie du Nord à travers la forêt vierge en chariot tiré par des boeufs, Ruben Glasstone d'Angleterre, Isaac et Morris Pieters d'Afrique du Sud.

Le Katanga fait partie du Royaume Indépendant du Congo, propriété du Roi Léopold II suivant la Conférence de Berlin de 1885. Le pays, bordé aujourd'hui par neuf pays : l'Angola, le Congo-Brazzaville, la République Centrafricaine, le Soudan, l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et la Zambie, avec, à Moanda, une petite fenêtre sur l'Océan Atlantique, ne sera cédé à la Belgique que le 15 novembre 1908.

En 1909 les Juifs semblent en nombre suffisamment important pour former un minyan, le quorum de dix hommes nécessaire à la prière. Quelques-uns achètent, 44 avenue Leman, une parcelle de terrain abattent les murs mitoyens de deux magasins et érigent un oratoire, le premier. Ils n'ont aucun mal à trouver un ministre-officiant. La plupart d'entre eux, sont originaires de Pologne, de Tchécoslovaquie, de Roumanie, de Russie et même de Jérusalem. Ils ont fait leurs études dans des yeshivot (des écoles religieuses) et connaissent donc les prières. La Communauté Israélite du Katanga est née. Elle déposera ses statuts en 1911. Georges Weisman signale qu'au 31 décembre 1910 l'Union Minière comptait soixante-dix agents européens, belges et anglais, et que ceux-ci représentait la quasi-totalité de la population. Un rapport du 1er janvier 1911, donné aux Chambres belges, Sénat et Parlement, estime la population européenne totale d'Elisabethville à 360 habitants européens alors que Boma en comptait 390 et Léopoldville 231. La seconde hypothèse est la plus plausible puisque des établissements commerciaux et bancaires étaient installés en ville.

L'année 1908, Barnett Smith quitte l'Etoile pour Kambove, à environ cent cinquante kilomètres. Il y fondera l'Elakat, Elevage Katangais et ouvrira bientôt la première boucherie, toujours en activité.

Le 28 octobre 1909, Vital Mathieu ouvre, dans une case, la première banque belge d'Elisabethville, la Banque du Congo Belge. Pour tout mobilier : une table, une malle. Celle- ci, protégée par des plaques de tôles posées dessus faisait un bruit d'enfer lorsqu'on la déplaçait et servait de coffre fort... Cette hutte de deux pièces sera sa maison et son bureau.

Les premiers comptes sont ouverts au nom de l'Union Minière, société exploitant la mine de l'Etoile et de l'Intertropical Anglo-Belgian Company, une entreprise commerciale belge. Barnett Smith sera un des premiers à avoir son compte avec trois commerçants venus de Rhodésie dont Ullman, un nom à consonance juive, les deux autres s'appelant Dubbin et Barman. Ils sont vite rejoints par deux Sépharades, Salomon Benatar et Maurice J. Alhadeff. (cf livre du Jubilé de la Banque du Congo Belge 1909-1959, p. 77)

Salomon Benatar est le premier Juif de Rhodes qui débarqua - d'après l'aîné de ses petits-fils qui porte son nom, Salomon «Solly» - en 1905, (le Rabbin Moïse Levy cite la date de 1910). Né dans l'île des Roses, alors ottomane, c'est un homme au destin déjà extraordinaire . Il quitte son île natale en 1895, comme passager clandestin pour Ismaïliya en Egypte, ville à l'entrée du Canal de Suez en voie d'achèvement. Selon les uns il a douze ans, quatorze pour Solly Benatar. Bien que d'une famille relativement aisée, il veut vivre sa vie et cherche l'aventure. Sur les berges du Canal, il commence par vendre des cigarettes à la pièce, puis ouvre un des ces kiosques si typiquement méditerranéens où l'on fait négoce de tout : tabac, bonbons, produits de beauté. Il fait venir son frère Moussa (Moïse) et, toujours comme passager clandestin, il s'embarque pour Beira, au Mozambique. Il a entendu parler d'or et de diamant.

Dans ce port portugais il ouvre le premier magasin pour Européens. Sa situation financière incite le gouvernement portugais à lui octroyer pour cinq ans la concession d'un pont à l'endroit même où le Zambèze et la rivière Luangwa (elle s'appelle Aruângwa du côté portugais) se rejoignent, à la frontière entre Zumbo au Mozambique et Feira en Rhodésie.

En 1899 la Guerre des Boers commence. Les Boers sont les descendants des premiers colons hollandais d'Afrique du Sud, venus au XVIè et au XVIIè siècles dans la région du Cap à la pointe sud du continent. De l'or et du diamant ont été découverts dans les régions de Johannesburg et de Pretoria et les Anglais entendent mettre la main dessus. Le Général Paul Kruger, Président du Transvaal, déclare la guerre à l'Angleterre. Près de trois cents Juifs figurent parmi les combattants. Ce conflit durera jusqu'en 1902 date à laquelle le pays, épuisé mais invaincu, accepte l'annexion et entre, en 1910, dans l'Union Sud-Africaine.

Mais nous n'en sommes pas là et, en 1899, afin d'éviter un détour de plusieurs centaines de kilomètres (le Zambèze est infranchissable), les Anglais doivent acheminer, par ce pont, troupes, munitions et artillerie afin de combattre les Sud-Africains.

La fortune de Salomon Benatar s'accroît, il cède sa concession au bout de trois ans, juste avant la fin du conflit. Il ouvre un magasin à Umtali, ville rhodésienne à la frontière du Mozambique. Il appelle d'Egypte son frère Moussa afin que celui-ci gère l'affaire en son absence car il veut fonder famille.

Il rentre à Rhodes et épouse Rachèle Notrica. Son petit-fils m'a confié qu'il dispose alors d'un capital de mille livres or ce qui, pour l'époque, est considérable. (Ytzhak Minerbi, ancien ambassadeur d'Israël en Belgique dans les années 1975 et qui a connu les fils de Salomon nous cite le chiffre de cinquante mille livres or). Salomon emmène Rachèle au Caire. Ils ouvrent un magasin de meubles. L'affaire ne fonctionne pas trop bien et, au bout de trois ans, il la cède. Son épouse ne supportant pas le climat africain, il la renvoie à Rhodes et retourne à Umtali où son frère a entre-temps a établi son foyer.

L'affaire ne peut pas faire vivre deux familles. L'esprit toujours aventureux, Salomon Benatar s'élance vers le Congo. A la tête d'une petite troupe armée, il parcourt près de huit cents kilomètres à pied, vers le nord, vers le Katanga,

Le Lieutenant-Colonel Wangermée, premier Gouverneur du Katanga, trace les plans de la nouvelle ville, Elisabethville. Des cordes délimitent les futurs emplacements : la gare, la poste, la résidence du gouverneur, le tribunal etc... Essayant d'attirer des commerçants - il n'y a pas de ville possible sans commerce et les gens doivent pouvoir dépenser leur argent - il offre un terrain à Salomon Benatar (devenu anglais grâce à son passage par la Rhodésie, il a anglicisé son prénom en Solomon). Celui-ci demande où se trouve la future poste et la future gare. Il choisit un terrain entre les deux : ce sera le siège de son futur magasin, le siège social de la Maison Solbena, Solomon Benatar.

Salomon Benatar fait venir son frère Moussa, quelques cousins et deux de ses neveux Joseph- Elie Benatar et Marco Habib, en 1912. Maurice J. Alhadeff a débarqué en 1911 ainsi qu'Ezra et Semah Franco.

Tous ces jeunes délaissent Rhodes pour aider leurs familles ; la vie y est difficile. Les conditions économiques sont déplorables. Jeunes et moins jeunes n'ont pas de travail ; ils doivent impérativement émigrer, sinon c'est la misère qui les attend. Ils partent, enfants encore. Ils ont quinze, seize ans, ils sentent encore le lait maternel. Ils voyagent en groupe, on se soutient mieux, on est plus courageux ensemble. On ne pleure que la nuit, seul sur sa couche. Ils vont effectuer un long voyage, de près de deux mois, qui les emmènera de Rhodes vers Brindisi, puis pour certains vers Gênes, le Cap de Bonne Espérance et encore le train (sept à huit jours) jusqu'à Elisabethville. D'autres, tel Yaïr Pizante, iront à Bruxelles puis embarqueront à Southampton à bord de l'Armada Castle. Yaïr part en compagnie de Shimon Israël, Eliakim Hasson, Hillel et Joseph Franco. Ils auront de la chance, un adulte, Ruben Franco, vieux routier du Congo venu rendre visite à sa famille, est du voyage.

Certains traversent le Canal de Suez et débarquent à Beira, au Mozambique. Et de là ils se dirigent vers le Congo. Périple de plusieurs milliers de kilomètres ; quelques-uns en feront une partie à pied.

L'immigration rodeslie se tasse un peu pour reprendre en 1920-1922. Les Juifs installés développent leurs activités commerciales, certains appellent leurs frères, cousins, neveux.