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Le « putsh » de Stanleyville © Par J.P. Sonck

 

 

La 3e Brigade de Watsa

Le général GilliaertEn octobre 1939, le général Hennequin fut remplacé à la tête de la Force publique par le colonel Auguste Gilliaert et le colonel Robert Mauroy le remplaça à la tête du 3e Groupement à Stanleyville. Cette situation créa un conflit latent entre ces deux officiers des troupes coloniales, car le colonel Mauroy se considérait comme plus ancien en grade et il avait la rancune tenace. En mai 1940, l’Etat Major de la Force publique réclama au gouverneur général Ryckmans la mobilisation de l’effectif complet des dix-huit bataillons d'Infanterie prévues pour former trois brigades en cas de conflit, mais Pierre Ryckmans s’en tint uniquement à la mobilisation de la défense du bas-fleuve. L’estuaire du fleuve Congo étant d’une importance primordiale pour l’économie de la Colonie. Les forces ennemies occupant l'Abyssinie (Ethiopie) étaient estimées à 250.000 hommes, 180 tanks légers et 220 avions ! Si l’armée du « Duce » avait envahi immédiatement l’est du Congo en traversant le

Soudan, le 3e Groupement commandé par le colonel Mauroy aurait disposé de …deux bataillons et d’une compagnie cycliste sur pieds de guerre pour barrer la route aux forces italiennes. A Stanleyville, le colonel Mauroy fut chargé de former les deux régiments de la 3e Brigade chargée de défendre le nord-est du pays. Selon l’ordre reçu du Quartier Général de la Force publique, il ne pouvait mobiliser en même temps les bataillons d'Infanterie du 3e Groupement, mais il devait agir par « phases successives » en commençant par les forces de couverture, une aberration militaire imposée par le colonel Gilliaert. A la réception de l’ordre de mobilisation, les 5e et 11e bataillons d'Infanterie formant le 5e régiment furent installés à Watsa avec l’Etat Major du régiment, le QG de la 3e Brigade, la 3e compagnie d’artillerie d’infanterie, la 3e compagnie de pionniers-pontonniers, la compagnie d’étapes et le centre de répartition de porteurs indigènes. La 3e compagnie d’artillerie d’infanterie disposait de canons Saint Chamond de 70 mm, dont les munitions dataient de 14-18 et de mortiers Stokes qui ne disposaient que de 100 coups par pièce. Les 6e et 12e bataillons d'Infanterie formant le 6e régiment furent installés par « phases successives » à Adranga et à Nioka avec l’Etat Major du régiment. Quant à la 3e compagnie cycliste, dont le rôle était la reconnaissance, elle fut envoyée en garnison à Aba à la frontière du Soudan. L’armement des unités d'Infanterie se composait de fusils Mauser modèle 1936, de fusils-mitrailleurs Browning FN.30 et de mitrailleuses Hotchkiss désuètes. Les 17e et 18e bataillons sans état major étaient disséminés dans les quarante territoires des provinces de Stanleyville et de Bukavu en tant que détachements en service territorial (la Force Publique était un mélange d’armée et de police). Le colonel Mauroy partagea son temps entre le QG de la 3e Brigade à Watsa et Stanleyville, où étaient cantonnées les troupes en réserve. Le chef-lieu de la province disposait de trois camps militaires, celui de la rive gauche, baptisé camp « Prince Charles », celui de la Tshopo baptisé camp « Prince Léopold » et celui de la route de Bafwaboli, non-loin du village des arabisés et de celui des Wagenia, baptisé camp « Sergent Ketele » en souvenir d’un Congolais qui avait donné sa vie pour la Belgique en 1916. Ce camp avait été inauguré en 1935 et abritait en temps de paix la 3e compagnie de pionniers-pontonniers, la 3e compagnie d’artillerie d’infanterie et la musique militaire du 3e Groupement. Un camp provisoire baptisé camp des Eléphants existait également à neuf kilomètres de la ville sur la route de Bafwasende. Il servait dix jours par an aux unités de Stanleyville pour une période de tirs et de manœuvres. Ce camp de huttes était insalubre, car il était situé dans un endroit déboisé de la forêt le long d’un ruisseau marécageux infesté de moustiques. On imagine sans peine le casse-tête représenté par le regroupement de ces unités sur le théâtre d’opération du nord-est pour faire face à une éventuelle offensive italienne quand on sait qu’il fallait réquisitionner le charroi des Vicicongo pour les transporter, le nombre de camions du STA mis à la disposition de la 3e Brigade étant insuffisant. Officier patriote, le colonel Mauroy rêvait d'en découdre avec les Italiens aux côtés des Anglais et il multipliait les déclarations en public pour exprimer son mépris du gouvernement belge de Londres et pour accuser le gouvernement colonial de tiédeur. L’exaltation patriotique du colonel Mauroy s’était communiquée à ses officiers, dont la majorité considérait le commandant en chef de la Force publique comme un défaitiste et un incapable. Une grande partie de la population européenne partageait cette opinion.

La Ligue d’Action Patriotique

Les demandes de renforts du colonel Mauroy restaient sans effet et dans le courant du mois d’août 1940, il songea sérieusement à s’engager dans l’armée britannique et il donna sa démission au gouverneur général Ryckmans qui la refusa. De nombreuses fractions patriotiques de la population de la Colonie s’agitaient dans des Comités de défense, notamment à Stanleyville où un des responsables de l’effervescence patriotique était l’avocat Scharff. Au Kivu, le colon Charles Met Den Anckxt avait transformé l’Union Agricole en un Comité de défense prônant notamment l’intervention militaire aux côtés de l’Angleterre et la reconnaissance de l’état de guerre avec l’Italie. Son désir de combattre fut entendu et le 17 octobre, il reçut son ordre de mobilisation pour Watsa où il occupa la fonction de chef du 2e Bureau de l’état major de la 3e Brigade. A la date du 8 novembre 1940, de nombreux patriotes, membres de l’Association des Anciens Combattants de Léopoldville, fondèrent la Ligue d’Action Patriotique avec le soutien du colonel Robert Mauroy en déplacement dans la capitale. Le 9 novembre, le colonel Mauroy retourna à Stanleyville par avion et trois jours plus tard, il effectua un trajet de 710 km par la route pour regagner son PC de Watsa. Le moral des officiers de la 3e Brigade avait besoin d’action, mais le colonel Mauroy ne pouvait que leur exposer les résultats décevants de son passage dans la capitale. Il les informa que l’Etat Major de la Force publique était en ébullition et que des officiers étaient ouvertement opposés au commandant en chef. Le 15 novembre 1940, à l’issue d’un repas de corps réunissant quarante de ses officiers à l’occasion de la fête du Roi, un télégramme chiffré avec le code Sittler fut envoyé au gouverneur général Ryckmans à Léopoldville critiquant notamment l'attitude pusillanime de Léopoldville au point de vue militaire. La Sûreté Militaire dirigée par le cpn Janssens avait des informateurs à Stanleyville et elle informa l’Etat Major de la Force Publique des rumeurs faisant état d’une prise de pouvoir par le colonel Mauroy. Certains officiers de la garnison de Stanleyville et de Watsa étaient prêts à agir pour qu’il remplace le commandant en chef de la Force publique, tandis que la Ligue d’Action Patriotique prendrait le contrôle de l’administration locale. A partir de ce moment, les rumeurs d’un coup d’état commencèrent à circuler. Le commissaire provincial * les prit fort au sérieux et alarma ses supérieurs à Léopoldville par un appel au secours. L’exemple du colonel De Gaulle qui avait renversé le gouverneur de Brazzaville avait enflammé les esprits. Le col McKenzie, chef de la mission militaire anglaise à Léopoldville, était tenu informé par le lt Duncan Smith, chef de l’antenne du MI-5 (Military Intelligence) établie à Stanleyville. Les renforts tant attendus par Robert Mauroy arrivèrent sous la forme du 1er bataillon d'Infanterie du major Vuylsteke de Laps et du 4e bataillon d'Infanterie du major Coosemans venus de l’Equateur sans transiter par Stanleyville. Le 2e bataillon d'Infanterie du major Catoor et la 1ère compagnie cycliste du lt Heyndrickx venus de Luluabourg si ajoutèrent. Ce bataillon et la compagnie cycliste, partis fin octobre du Kasaï, avaient mis près de quinze jours pour arriver à Stanleyville. Ces deux unités étaient également désignées pour prendre position sur la frontière du nord-est. Le 2e bataillon d'Infanterie demeura trois jours au camp « Prince Charles » sur la rive gauche, avant d’être envoyé le 16 novembre au camp des Eléphants, dont il fallut remettre les huttes en état. Au même moment, la 3e compagnie du 17e bataillon d'Infanterie du lieutenant Legrand faisait mutation vers Buta et lors de son passage à Stanleyville, elle fut stationnée provisoirement au camp Ketele avant de rejoindre sa nouvelle garnison. La 1ère compagnie cycliste fut également cantonnée au camp Ketele. Le cadre européen de ces deux compagnies du camp Ketele fut mis au courant du complot et accepta d’y participer. La Sûreté Militaire fut informée du projet des comploteurs par ses informateurs et le cpn Janssens, qui le soutenait en sous-main, signala ces mouvements de troupes à ses supérieurs.

Le général Gilliaert

 

L’échec des comploteurs

Le télégramme de Watsa fut décodé à Léopoldville Kalina et remis dans la soirée du 16 novembre au gouverneur général qui en prit connaissance. Il n’avait rien d’outrageant pour le destinataire, sauf les quatre derniers mots ajoutés par Charles Met Den Anckxt « Ils attendent une réponse ». Le lendemain, Pierre Ryckmans ordonna au commandant en chef de la Force publique de se rendre à Stanleyville en avion pour enquêter sur place. Il devait remettre personnellement au colonel Mauroy la commission le déchargeant de son commandement et désignant son remplaçant. Pendant ce temps, la 3e compagnie du 17e bataillon cantonnée au camp Ketele était mise sur pied de guerre sous prétexte d’inspection. Les hommes reçurent une nouvelle tenue et des munitions furent distribuées. Son chef, le lieutenant Legrand avait été averti par le capitaine-commandant Janne que la date du complot était fixée au 19 novembre. Il en informa le lt Heyndrickx, chef de la 1ère compagnie cycliste qui était également cantonnée au camp Ketele. Une quinzaine d’officiers de Watsa s’étaient déplacés à Stanleyville avec un certificat médical ou un document officiel pour justifier leur absence. Le colonel Mauroy avait quitté également Watsa avec le capitaine-commandant Met Den Anckxt le 18 novembre et ils étaient en route pour Stanleyville. Ils y parvinrent tard dans la soirée, mais Charles Met Den Anckxt dut s’aliter à cause d’une crise de malaria. Alors que le colonel Mauroy se rendait à l’hôtel des Chutes pour dîner, il fut abordé par le lieutenant Duncan Smith, chef de l’antenne du MI-5 établie à Stanleyville, qui lui confirma l’arrivée prochaine du chef de la Mission Militaire Britannique qui voulait le rencontrer. Il lui demanda de ne rien tenter avant d’avoir vu le colonel Mac Kenzie. Après dîner, Robert Mauroy se rendit avec les capitaines-commandants Janne et De Wolf prendre un verre dans un café sur la route d’Irumu. Pendant ce temps, le lieutenant Dieu informait par radio le Quartier Général de la Force publique à Léopoldville que le putsh était prévu pour le surlendemain. Le lieutenant Duncan Smith informa le colonel Mac Kenzie par télégramme que le colonel Gilliaert serait mis aux arrêts à sa descente d’avion et que le col Mauroy prendrait le pouvoir. Prévenu, le commandant en chef de la Force publique décida de prendre les comploteurs de vitesse et un avion de la Sabena fut demandé pour le lendemain à l’aube. Il décolla de Ndolo en direction de Stanleyville via Bumba avec le colonel Gilliaert, le colonel Mac Kenzie et le capitaine-commandant Van Inthout de l’Etat Major de la Force Publique. Dans la matinée, Radio Léopoldville diffusa la déclaration très importante « Appel à l’union » du gouverneur général qui annonçait l’entrée militaire du Congo dans la guerre et une collaboration plus étroite avec l’Angleterre. Il ajoutait : « Le colonel Mac Kenzie m’autorise à dire qu’il souscrit sans réserve à cette déclaration ». Pierre Ryckmans rendait hommage à la Ligue d’Action Patriotique et désamorçait les velléités de putsh du colonel Mauroy qui écouta cette déclaration avec satisfaction. Robert Mauroy ignorait que le gouverneur général avait télégraphié au commissaire provincial * pour lui donner l’ordre de le mettre aux arrêts, ce que le commissaire provincial s’était bien gardé de faire. Peu après, alors qu’il déjeunait à l’hôtel des Chutes, il apprit l’arrivée du colonel Gilliaert à Stanleyville. L’avion de la Sabena s’était posé en fin de matinée et le colonel Gilliaert avait été accueilli par le capitaine-commandant De Wolf qui aurait dû normalement l’arrêter, mais le Colonel Mac Kenzie était descendu le premier de l’avion et rien ne s’était produit. Le colonel Gilliaert eut un entretien orageux avec le commandant de la 3ème Brigade mais sans conséquences immédiates.

Echec du complot

Le général GilliaertLe commandant en chef fut conduit à la Résidence où il fut accueilli par le commissaire provincial *. Il se promettait de rétablir la discipline et de punir les factieux. Après un bref repos, il convoqua tous les officiers de la garnison à 16h00 dans la salle de conférence du QG du 3e Groupement à Stanleyville. La réunion fut tumultueuse, car le colonel Mauroy était soutenu par plusieurs de ses subalternes. Le colonel Gilliaert déclara : « Il serait criminel d’attaquer (les forces italiennes) alors que nous ne sommes pas équipés. Nous défendrons le Congo avec des frondes et des bâtons si nécessaire ». Le commandant en chef fit lever la séance et vers 16h30, il convoqua le colonel Mauroy chez le commissaire provincial * pour lui remettre la commission n° 88 le déchargeant de son commandement. Le colonel Gilliaert ajouta : « Vous serez dirigé sur Thysville en attendant en attendant d’être envoyé en Grande Bretagne ». Craignant qu’il ne soit arrêté, le capitaine-commandant Met Den Anckxt se rendit au camp Ketele pour alerter le lieutenant Legrand qui rassembla la 3e compagnie du 17e bataillon. La colonne de soldats quitta le camp au pas cadencé en direction de Stanleyville et après avoir traversé le quartier hindou, elle parvint au pont traversant la rivière à quelques kilomètres de la ville. Le cdt Met Den Anckxt et le lieutenant Legrand furent interceptés avant le pont par le colonel Mauroy qui arrivait en voiture avec d’autres officiers. Il demanda au cdt Met Den Anckxt où ils allaient et celui-ci répondit : « Nous allons vous défendre ». Le colonel lui répondit qu’il n’en avait pas besoin et il donna l’ordre au lieutenant Legrand de regagner le camp Ketele. Bien que le colonel Mauroy soit intervenu personnellement pour renvoyer la troupe dans son cantonnement et pour calmer ses officiers, le colonel Gilliaert estimait que les putshistes étaient encore capables de déclencher le complot. Au cours de la nuit, il réquisitionna trois camions de la Vicicongo qu’il envoya vers trois heures du matin au camp des Eléphants avec le chef du secrétariat provincial Alderweireldt et le commissaire de Police Pirloot. La mission de ces deux fonctionnaires coloniaux était de porter un Ordre « personnel et secret » au capitaine-commandant Cleeren, chef de la compagnie de mitrailleurs du 2e bataillon d'Infanterie. Il y était écrit : « La compagnie du 2e bataillon au camp des Eléphants se portera dès 05h00 par camions sur le terre-plein de la prison avec armes et munitions ». Le cdt Cleeren, remplaçant le major Catoor, fit sonner l’alerte et rassembla les effectifs. La 3e compagnie du capitaine-commandant Dandoy n’était pas disponible, car elle avait l’ordre de rejoindre Irumu avec neuf camions Vicicongo. La colonne de véhicules du cdt Cleeren rejoignit la ville après un bref arrêt devant le camp Ketele où un cheval de frise gardé par une sentinelle barrait la route. Il fut conduit par les deux civils à la petite Résidence où logeaient le colonel Gilliaert et le cdt Van Inthout et il se présenta aux deux officiers qui paraissaient inquiets. Il leur annonça que la 1ère compagnie avait débarqué sur le terre-plein de la prison et que la compagnie de mitrailleurs arriverait par la prochaine navette de camions, mais que le major Catoor était absent (il avait rejoint Irumu pour éviter d’être mêlé au complot). Le capitaine-commandant Cleeren reçut l’ordre d’occuper militairement la place de Stanleyville et de défendre l’entrée de la ville à toute troupe extérieure, si nécessaire par la force. Il installa son poste de commandement à la prison et le chef du secrétariat provincial Alderweireldt l’accompagna pour désigner les accès à la ville, particulièrement ceux conduisant au camp Ketele et au camp Léopold de la Tshopo occupé par une compagnie du11e bataillon d'Infanterie et l’état major du bataillon (capitaine-commandant Bonnier). L’armement des hommes du capitaine-commandant Cleeren se composait de six mitrailleuses Hotchkiss, de dix-huit fusils mitrailleurs Browning FN.30 et de 180 fusils Mauser modèle 1936. Les armes automatiques furent mises en batterie à chaque carrefour et toute circulation automobile fut interdite pendant 24 heures. Le lendemain, les habitants constatèrent que la ville était en état de siège. Les autorités militaires envoyées de Léopoldville et le commissaire provincial * craignaient un ultime sursaut des putshistes et le 2e bataillon d'Infanterie resta en position durant toute la journée du 20 novembre. Après un copieux déjeuner à l’hôtel des Chutes, le colonel Gilliaert se rendit avec le cdt Van Inthout au QG du 3e Groupement et il y convoqua le colonel Mauroy pour lui confirmer les sanctions disciplinaires prisent à son encontre. Dans l’après-midi, le commandant Cleeren fut convoqué à la Résidence et en présence du commissaire provincial *, le colonel Gilliaert lui donna l’ordre de lever l’occupation du poste et de regagner le camp des Eléphants avec la troupe. Il devait néanmoins demeurer à la disposition du commissaire provincial et agir selon les circonstances pour maintenir l’ordre dans la ville. Le 26 novembre 1940, « L’Echo de Stan » publia un article annonçant : « Deux officiers ont tenté de provoquer un mouvement d’insubordination à Stanleyville. Ils espéraient entraîner leurs camarades de la garnison, mais ils n’ont pas été suivi et se trouvent aux arrêts. Une enquête est ouverte sur leurs agissements ». Un mois plus tard, Robert Mauroy fut mis en disponibilité par mesure disciplinaire et envoyé en Angleterre par le premier avion. Le 1er janvier 1941, le lieutenant général Ermens, qui avait quitté l’armée coloniale en 1930, reprit le commandement de la Force publique et le colonel Gilliaert, promu général major, reçut le commandement des troupes en opération dans le nord-est du Congo. Il partit en congé en Afrique du Sud.

Avec nos remerciement à Mr JP Sonck pour sa contribution au site congo-1960

Fin

 

 

 

 

 

Le général Gilliaert

Le général Gilliaert