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Opération DRAGON NOIR

Par Jean Pierre Sonck ©

 
Operation dragon rougeObjectif prioritaire 

Les discutions politiques sur les opérations Dragon Blanc ( Bunia), Dragon Vert ( Watsa) et Dragon Noir ( Paulis) commencèrent alors que l'opération Dragon Rouge était en cours d'exécution. A Bruxelles et à Washington, on était unanime : les otages occidentaux aux mains des Simba couraient les plus graves dangers, mais le président Johnson ne voulait pas s'engager plus avant dans la guerre civile au Congo et il n'autorisait qu'une seule opération supplémentaire. Le ministre belge des Affaires Etrangère P.H. Spaak voulait annuler toutes les opérations supplémentaires car il craignait les réactions des pays du tiers-monde et des républiques populaires, tandis que son chef de Cabinet, le vicomte Davignon, et le premier ministre Theo Lefévre étaient fermement convaincus que ces opérations étaient nécessaires. L'ambassadeur US à Léopoldville Mc Murtrie-Godley, soutenu par le général Adams d' USSTRICOM, était également partisan d'effectuer d'autres opérations car il connaissait la situation militaire et doutait que l'ANC fut capable d'engager des opérations de sauvetage dans ces localités. Les seules bonnes nouvelles étaient que la 5 e Brigade mécanisée avait occupé Stanleyville et que la colonne Ops Nord, organisée à Bumba par le major ATMB Génis avec des mercenaires belges et Sud Africains, des parachutistes congolais et des troupes katangaises, s'était emparée du port fluvial d' Aketi et se préparait à attaquer Buta. Le groupe para spécial du cpn Noddyn avait sauvé cent trente quatre Belges et dix Américains à Aketi, et les mercenaires belges exploraient les villages des alentours pour secourir d'autres otages. Les témoignages des otages sauvés dans les environs d' Aketi indiquaient clairement que la garnison de Simbas qui occupait Paulis était très menaçante envers les Occidentaux qui étaient entre leurs mains.

 
 

 

Toutes les régions conquises par la rébellion connaissaient la terreur rouge car Christophe Gbenye avait fait sien le premier vers du refrain de l’Internationale : « du passé faisons table rase». Ce marxiste pur et dur avait confié à ses fidèles : « Repartir à zéro, voilà ce que nous devons faire, voilà à quoi nous travaillons. Il faut détruire ce qui existait et qui n’est que des séquelles du colonialisme. Et pour faire ce que nous voulons faire, il faut repartir à zéro avec une masse ignare ». Une quarantaine d’Occidentaux étaient emprisonnés à la mission catholique des Dominicains et leur massacre débuta dans la soirée mardi 24 novembre lorsque le raid sur Stanleyville fut connu par le major Omari, commandant la garnison simba de Paulis. Dix otages furent tués de manière particulièrement barbare, dont le révérend américain Tucker, sept autres otages furent torturés le mercredi 25 novembre et 300 Congolais furent fusillés sur la place de Paulis devant le monument Lumumba. Dans la soirée du 24 novembre, le col Laurent réunit son Etat Major pour l'informer que Dragon Noir était prévu pour le 26 novembre.
  • Photo : Jeune Simba
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    Le 24 novembre 1964 à 16H30, le colonel Laurent, commandant du Régiment Paracommando, le col Vandewalle , commandant la 5e Brigade Mécanisée, le col Marlière du QG/ANC et le col Logiest de CAMAC, se réunirent au Poste de Commandement établi à l'aéroport de Stanleyville pour discuter des opérations sur Bunia, Watsa et Paulis. Au cours de cette réunion, le col BEM Vandewalle proposa au colonel Laurent des camions de sa brigade en cas d'une opération sur Bunia, mais le colonel Laurent émit certaines objections sur l'ordre des opérations prévues, proposant que Paulis deviennent l'objectif prioritaire en cas de déclenchement d'une nouvelle opération. Le chef-lieu de l'Uélé, province constituée après la chute du régime Gizenga en 1963, avait été épuré de ses éléments lumumbistes par l'administrateur en chef de la Sûreté Nationale Victor Nendaka. Avant l'indépendance, elle comptait 756 habitants européens, mais il en restait moins de la moitié. Le colonel rebelle Mathias Déo Yuma s'était emparé de la province de l'Uélé sans tirer un coup de feu car la garnison de Paulis était passée à la rébellion sans résistance suite au non-paiement de la solde. Lors de l'arrivée des Simba le 15 août 1964, la population congolaise avait payé très cher son attachement au pouvoir central de Léopoldville. Une répression féroce s'était abattue sur les habitants congolais jugés anti-lumumbistes et tous les matins, des membres du Radeco, le parti de l'ex-premier ministre Adoula, et tous les Congolais qui savaient lire ou écrire ou qui avaient été en contact avec la civilisation occidentale étaient amenés devant le monument Lumumba sur la place de Paulis pour y être exécutés de manière atroce. Le chiffre des victimes congolaises dépassa rapidement les quatre mille. Monsieur Mambaya, gouverneur de la province de l'Uélé, fut dépecé vif avec son secrétaire Tabolo. Les fonctionnaires, les enseignants, les policiers et les militaires gouvernementaux faits prisonniers furent systématiquement éliminés par les rebelles.

    Toutes les régions conquises par la rébellion connaissaient la terreur rouge car Christophe Gbenye avait fait sien le premier vers du refrain de l'Internationale : « du passé faisons table rase». Ce marxiste pur et dur avait confié à ses fidèles : « Repartir à zéro, voilà ce que nous devons faire, voilà à quoi nous travaillons. Il faut détruire ce qui existait et qui n'est que des séquelles du colonialisme. Et pour faire ce que nous voulons faire, il faut repartir à zéro avec une masse ignare ». Une quarantaine d'Occidentaux étaient emprisonnés à la mission catholique des Dominicains et leur massacre débuta dans la soirée mardi 24 novembre lorsque le raid sur Stanleyville fut connu par le major Omari, commandant la garnison simba de Paulis. Dix otages furent tués de manière particulièrement barbare, dont le révérend américain Tucker, sept autres otages furent torturés le mercredi 25 novembre et 300 Congolais furent fusillés sur la place de Paulis devant le monument Lumumba. Dans la soirée du 24 novembre, le col Laurent réunit son Etat Major pour l'informer que Dragon Noir était prévu pour le 26 novembre. Il discuta avec le major Mine des effectifs nécessaires à l'opération. L'assaut aéroporté sur Paulis nécessitait deux compagnies au minimum et il fut décidé qu'il serait effectué par les 11e et 13e compagnie, les deux sections de reconnaissance du 1er bataillon parachutiste et les moniteurs de saut du major Ledant. Ces unités furent retirées du périmètre défensif et mises au repos. L'officier S2 avait réuni tous les renseignements possibles sur la ville, dont les photographies aériennes prises par le Boeing RC-97 de la mission « Running Bear », mais la seule carte disponible était une petite carte touristique. Le consul Nothomb et José Romnée, sauvés à Stanleyville, lui fournirent des informations supplémentaires sur la plane d'aviation, l'implantation des hôtels et des entreprises dispersés dans toute la ville, et sur le camp militaire de l'Armée Populaire de Libération, situé au nord-ouest de la ville sur la route de Poko, où vivaient 1200 Simba et leur famille.

    Préparatifs de l'opération

    En comptant les Lockheed C-130E de la « Joint Task Force », il y avait dix-sept appareils C-130 au Congo, mais cinq d'entre eux avaient besoin de réparations. L'équipe de maintenance que le col Gradwell avait amené d'Evreux travailla d'arrache-pied à Léopoldville avec l'aide des équipes d'entretien de la Sabena pour réparer les réservoirs de carburant percés par les balles et les dommages moins graves. Lors d'une conférence de planification qui se déroula le 25 novembre à 07H30 avec le colonel Laurent et son Etat Major, le col Isaacson, chef de la « Joint Task Force » de Léopoldville dépendant de l' USSTRICOM, informa le col Gradwell que l'opération nécessitait seulement sept C-130. Le major Mine avait prévu que les 11e et 13e compagnie parachutiste sauteraient de quatre C-130. Les parachutistes de la 13e compagnie devraient sécuriser la piste pour permettre l'atterrissage de trois C-130 chargés des sections de reconnaissance du bataillon, des jeeps radio, des AS-24 et du ravitaillement. La 12e compagnie commando et la compagnie Etat Major demeureraient en réserve à Stanleyville. Des C-130 supplémentaires étaient prévus pour l'évacuation de Paulis le jour suivant. Quant à l'appui aérien à l'opération, le col Laurent et le major Mine ne l'estimaient pas nécessaire. Le passage initial des B-26K sur Stanleyville n'avait fait qu'alerter les Simba et provoquer leurs tirs. Le colonel Isaacson et les équipages de l' USAF partageaient leur opinion, mais le général Adams insista pour inclure deux bimoteurs B-26K dans le plan opération de Dragon Noir. Le col Laurent et le major Mine décidèrent d'alléger au maximum l'équipement des troupes d'assaut pour accélérer le mouvement des troupes dans la ville et il donna pour instructions au commandant du 1er bataillon parachutiste de mettre immédiatement en action la 11 e compagnie du capitaine Peirlink dès qu'elle se serait regroupée à terre.

    La réunion se termina sur un accord avec les Américains et le major Mine prépara un ordre d'opérations, tandis que le colonel Isaacson retournait à Léopoldville. Lors de la planification du transport aérien pour Dragon Noir, le col Gradwell dut résoudre deux problèmes particulièrement importants : l'évacuation des otages de Stanleyville avait duré plus longtemps que prévu et les forces belges n'avaient pu être ramenées à Kamina Base. Il fallait les embarquer sur place, hors l'aéroport de Stanleyville était encombré d'avions. Il y avait plusieurs bimoteurs de transport et deux hélicoptères de la FATAC, des appareils d'Air Congo et dix avions d'appui tactique chargés de soutenir la 5 e brigde du col Vandewalle : deux B-26K et quatre T-28D pilotés par les Cubains du WIGMO et quatre T-6G de la 21 e escadrille d'appui tactique . L'autre problème concernait la navigation des appareils jusqu'à Paulis. Lors du raid sur Stanleyville, les aviateurs du col Gradwell avaient effectué une navigation parfaite, mais ils avaient été avantagés par la situation de Stanleyville au bord du fleuve du Congo. Paulis, en revanche, était situé en pleine forêt à environ 350 km à vol d'oiseau au nord-ouest de Stanleyville et son terrain d'aviation était entouré par la jungle. Les seuls points de repères de la ville se composaient d'un aéroport avec sa piste d'aviation de 1400 mètres de long et d'un chemin de fer qui traversait Paulis d'est en ouest. Il fallait une navigation très précise pour arriver sur l'objectif. Grâce aux photographies aériennes prises par la mission « Running Bear », on s'aperçut que la seule zone de saut possible était la piste d'atterrissage car la jungle entourait la ville. A la différence de Stanleyville, l'aéroport de Paulis était situé à l'intérieur de la localité et la piste était presque un prolongement de la rue principale.

    Embarquement à Stanleyville

    Les seules bonnes nouvelles étaient que la 5 e Brigade mécanisée avait occupé Stanleyville et que la colonne Ops Nord,  organisée à Bumba par le major ATMB Génis avec des mercenaires belges et Sud Africains, des parachutistes congolais et des troupes katangaises, s’était emparée du port fluvial d’Aketi et se préparait à attaquer Buta. Le groupe para spécial du cpn Noddyn avait sauvé cent trente quatre Belges et dix Américains à Aketi, et les mercenaires belges exploraient les villages des alentours pour secourir d’autres otages. Les témoignages des otages sauvés dans les environs d’Aketi indiquaient clairement que la garnison de Simbas qui occupait Paulis était très menaçante envers les Occidentaux qui étaient entre leurs mains.Le major Poore, officier d'opérations du col Gradwell, débarqua le 25 novembre à 22H00 du C-130 « Chalk 7 » et il fut conduit au centre d'opération belge par le major Hardenne. Mis au courant du briefing donné par le col Isaacson, le major Poore s'inquiéta car le chef de la Joint Task Force de Léopoldville était un pilote de chasse, pas un spécialiste du transport aérien et il n'avait aucune expérience dans les opérations aéroportées. Le planificateur de l'opération avait estimé que la piste de Stanleyville ne pourrait supporter que trois C-130 à la fois, mais le major Poore était persuadé que les sept appareils pouvaient stationner en même temps sur le terrain d'aviation si on lui laissait le temps de dégager les abords. Il expliqua au colonel Laurent la nécessité de libérer la piste pour accueillir la formation de C-130 qui se dirigeait vers Stanleyville. L'ordre d'exécution de Dragon Noir parvint au col Laurent le 25 novembre à 23H09 et le Lockheed du col Gradwell se posa à 02H45. Cinq autres C-130 atterrirent à quinze minutes d'intervalles, guidés dans le brouillard par l'appareillage d'approche et les parachutistes équipés de TAP 665 se préparèrent pour l'embarquement. Le charroi de Dragon Noir se composait de quatre jeeps blindées, quatre jeeps radio, sept AS-24 et le col LAURENT disposait du personnel nécessaire pour huit autres de ces Minerva blindées amenées de Belgique à Baka par avion Globemaster C-124. Il ne jugea pas nécessaire de les utiliser. La formation du col Gradwell mit le cap sur Paulis le 26 novembre à 05H00 du matin et en cours de vol, elle fut rejointe par l'appareil C-130 « Chalk 8 » de réserve.

    Suite aux instructions données par le général Adams, le col Isaacson envoya deux B-26K en avant-garde, mais les Cubains s'égarèrent lors de la traversée d'orages tropicaux et ils rentrèrent à Stanleyville. Alors que les navigateurs de Gradwell s'approchaient de l'objectif à l'estime et au radar, ils s'aperçurent que le brouillard recouvrait la terre, rendant la visibilité pratiquement nulle. A 05H35, la lampe rouge s'alluma et les moniteurs de saut du major Ledant commencèrent les préparatifs de parachutage. Les pilotes de Gradwell descendirent à l'altitude de 600 pieds pour l'approche de Paulis et les 246 bérets rouges du col Laurent attendirent le feu vert. A 05H55, le capitaine Long, qui pilotait l'avion « Chalk 1 », repéra la piste, mais au même moment, il aperçut une arme automatique en train de tirer et des balles traçantes montèrent dans le ciel. Quatre projectiles touchèrent son appareil avant qu'il ait pu dégager et le col Gradwell avertit ses pilotes de ne pas parachuter au premier passage et d'éviter le survol des bâtiments proches de la piste d'atterrissage. La formation vira pour un deuxième passage et la lampe verte s'alluma à 06H02 dans les quatre C-130 prévus pour le parachutage. L'opération Dragon Noir commençait, mais cette fois, les bérets rouges ne bénéficiaient pas de la surprise. Les Simba défendant le terrain d'aviation de Paulis semblaient avertis de leur arrivée et ils ouvrirent le feu. Le brouillard avait un avantage car il rendait les parachutistes invisibles du sol. Trois des avions furent touchés et le sergent Rossinfosse, dernier de son stick à sortir du C-130 « Chalk 1 », fut atteint par un projectile qui cisailla la plaque de fond d'un de ses chargeurs placés dans la poche de son smoke. Dès son arrivée au sol, il se libéra de son parachute et réussit à traverser la piste en terre battue , mais il était sérieusement blessé. Le lieutenant Patte, s on commandant de compagnie, le fit évacuer par deux de ses camarades en bordure de piste et il reçut les premiers soins .

    La piste de Paulis était assez courte et les pilotes durent effectuer un troisième passage pour lâcher les sticks restants pendants que des parachutistes de la 13e compagnie, menés par Major Mine, s'emparaient de la tour de contrôle et capturaient la mitrailleuse qui avait touché le C-130 « Chalk 1 ». La mission de la 13e compagnie était de défendre le terrain d'aviation durant toute la durée de l'opération, de fournir un peloton de réserve pour des opérations de recherche et d'installer un barrage routier entre la ville et l'aérodrome. Les hommes du lt Patte dégagèrent les obstacles placés sur le terrain d'aviation pour permettre l'atterrissage des C-130 avec les véhicules et les approvisionnements et à 06H30, le major Hardenne signala par radio au col Gradwell que le terrain d'aviation de Paulis était dégagé. Dix minutes plus tard, le C-130 « Chalk 5 » se prépara à atterrir pour débarquer son chargement, mais lorsque le pilote survola l'extrémité ouest du champ d'aviation, son appareil fut soumis au tir intense de rebelles qui s'étaient infiltrés dans la forêt bordant le terrain. Le C-130 ne fut pas touché et roula sur la piste en direction de l'aérogare, mais le major Hardenne suspendit les atterrissages jusqu'à ce que l'ennemi fut repoussé. La section de reconnaissance du sergent Goris débarqua de « Chalk 5 » et les deux jeeps blindées armées de mitrailleuses Mag 7,62mm furent engagée contre les Simba avec le capitaine Huybrechts et cinq moniteurs de saut. L'ennemi fut mis en fuite par de courtes rafales et le 2e peloton de la 13e compagnie occupa l'extrémité ouest de la piste d'atterrissage. Le major Hardenne signala aux Lockheed C-130 que le danger était écarté et le capitaine Huybrechts retourna immédiatement à la tour de contrôle avec le sergent Goris pour la poursuite des opérations. Le sergent Rossinfosse fut évacué à bord du premier C130 qui s'était posé et le personnel Américain lui donna des soins à bord de l'appareil qui se dirigea vers Léopoldville. Il fut transporté en ambulance à hôpital de Lovanium pour être opéré à la cage thoracique. Le projectile, qui s'était logé dans la partie supérieure du poumon droit, avait provoqué une hémorragie interne.

    L'occupation du quartier européen

    Deux jeeps blindées supplémentaires, sept AS-24 et des munitions furent déchargés des C-130 « Chalk 6 » et « Chalk 7 ». Ce charroi permit aux moniteurs de saut du major Ledant d'effectuer des recherches d'otages à travers la ville. Pendant ce temps, les trois pelotons de la 11e compagnie, qui s'étaient immédiatement regroupés sur la zone de saut, progressèrent séparément dans Paulis à la recherche d'otages. Le 1er peloton du lieutenant Witteman se dirigea au pas de course vers la mission catholique des Dominicains, le 2e peloton du lt Hardy prit la route du camp militaire et le 3e peloton du lt Mertens traversa le quartier européen de Paulis en direction du sud. Sur le chemin de la mission, les bérets rouges recueillirent plusieurs réfugiés qui les accompagnèrent jusqu'à la mission qui fut occupée à 07H00. Le peloton du lieutenant Witteman y découvrit une cinquantaine de missionnaires catholiques et des Protestants, dont les enfants de sexe masculin étaient également retenus en otage. Les épouses des missionnaires protestants et leurs enfants de sexe féminin étaient internées dans une autre habitation. Tandis que les parachutistes du lt Witteman poursuivaient les recherches pour localiser des réfugiés, un camion non identifié arriva à la mission. Il était conduit par le consul hollandais Slegers, propriétaire de la brasserie Makasi proche de l'aérodrome. Peu auparavant, il s'était présenté au terrain d'aviation pour proposer son aide au major Mine et il lui avait annoncé que les Simbas détenaient un important groupe d'otages à la mission et qu'ils risquaient de les massacrer. Il disposait de deux camions de transport de bière qui seraient fort utiles pour rassembler les réfugiés à la plaine d'aviation. Tandis que lieutenant Kovilic maintenait des positions de défense autour de la tour de contrôle et aux deux extrémités de la piste, le colonel Laurent avait ordonné aux capitaines Vanderperre et Lauwers et aux moniteurs de saut Vermeulen, Gillet, Hassewer, Wouters, Peeters, et Decuyper de nettoyer une vingtaine de bâtiments proches du terrain d'aviation. Cette opération de nettoyage se déroula entre 07H15 et 09H45 et deux rebelles furent tués et quatre autres capturés.

    Le major Mine saisit immédiatement l'opportunité d'agrandir le périmètre de défense de la 13e compagnie en y incluant la brasserie Makasi et il ordonna au lieutenant Bourgeois d'occuper les bâtiments avec une section de son peloton et de les mettre en état de défense. Ensuite, le major Mine envoya le consul Slegers, le caporal Nihoul et le soldat milicien André vers la mission, mais il avertit le consul hollandais de s'approcher avec précaution et de s'identifier car il n'avait pas eu le temps de marquer les camions avec les croix jaunes. Comme le craignait le major Mine, le conducteur ne respecta pas les consignes et les hommes du lt Witteman ouvrirent le feu, blessant les trois hommes qui occupaient la cabine, heureusement, les blessures n'étaient pas mortelles. Les otages de sexe masculin sauvés à la mission collaborèrent étroitement avec le commandant Holvoet pour lui indiquer les endroits où se cachaient leur famille. Pendant que le peloton du lt Witteman occupait la mission, le 2e peloton du lieutenant Hardy s'était dirigé vers le camp militaire par l'itinéraire le plus direct, coupant à travers la brousse entourant la piste pour aboutir à l'avenue qui se dirigeait vers la route de Poko. Comme le lt Witteman, il avait fait progresser ses hommes au pas de course et ils avaient balayé plusieurs points de résistance rebelles avant d'atteindre les abords du camp militaire au nord-ouest de Paulis à 07H12. Le camp de l'armée populaire ne fut pas occupé, mais le lieutenant Hardy établit immédiatement un barrage pour stopper l'arrivée d'éventuels renforts rebelles. Il défendit cette position jusqu'au retour de la 11e compagnie à l'aéroport et le soldat milicien Vandersteen fut blessé lors d'un accrochage avec les Simba. Pendant ce temps, les bérets rouges du 3e peloton atteignait l'hôtel Mangreth en parcourant rapidement les avenues du centre de Paulis. A chaque intersection, les parachutistes durent éliminer des points de résistance. Selon le consul Slegers, des femmes étaient tenues en otage dans cet hôtel, mais il était vide.

    Le lt Mertens demanda des instructions et reçut l' odre de mettre des hommes en position au rond-point principal. Comme son peloton remontait vers le nord-ouest, il rencontra une forte résistance près des ateliers du Vicicongo (chemin de fer vicinaux du Congo) et à 07H45, un tir provenant de la maison occupée par le major Omari, chef de la garnison de Simba, toucha mortellement le caporal Welvaert, servant d'une mitrailleuse Mag. Son pourvoyeur, le milicien Vanderstappen fut également blessé. Le lt Mertens désigna une équipe pour les évacuer immédiatement vers l'aéroport. Le capora Welvaert avait suivi à la lettre les consignes du major Mine d'alléger l'équipement au maximum, mais il transportait quarante kilos de munitions en bandes de cent cartouches de 7,62 mm. Après avoir installé un périmètre défensif autour du rond-point principal, le lt Mertens envoya ses hommes à la recherche des réfugiés qui se cachaient dans les habitations du quartier européen. Le major Mine envoya une section de la 13e compagnie dans la ville pour aider la 11e compagnie à rechercher des réfugiés. Grâce à l'expérience acquise à Stanleyville, l'évacuation des réfugiés se fit de manière plus organisée et sous bonne escorte et le C-130 « Chalk 7 » évacua 83 personnes. Lorsque le capitaine de l' USAF James Hunt, qui survolait Paulis aux commandes du C-130 de réserve « Chalk 8 », aperçut l'appareil « Chalk 7 » décoller, il appela le col Gradwell par radio pour demander des instructions. Le col Gradwell entra en contact avec le lieutenant colonel Cailleau de « Dragon Control » et lui demanda s'il y avait d'autres personnes à évacuer. Le ltcol Cailleau répondit par l'affirmative et le capitaine James Hunt se posa pour embarquer soixante réfugiés et les paras blessés. Les informations sur les endroits pouvant abriter d'autres réfugiés furent immédiatement exploitées par le commandant Holvoet et des patrouilles de parachutistes furent envoyées pour les secourir. A 08H50, plus de 200 personnes avaient été conduites à l'aérogare pour être évacuées après avoir été interrogées par le commandant Holvoet et ses hommes.

    Patrouilles de recherche

    Le Colonel Laurent, le major Hardenne et le capitaine Huyberechts commandèrent personnellement des patrouilles de recherche qui se composaient en majorité des moniteurs de saut du major Ledant. La première patrouille commandée par le major Hardenne quitta l'aéroport à 08H30 avec deux jeeps blindées du sergent Goris escortant un des camions de la brasserie occupé par quatre parachutistes du 3 e peloton du lieutenant Mertens. Cette patrouille remonta vers le nord de la ville et fut attaquée au même endroit où le sergent Welvaert avait été tué, mais les six mitrailleuses Mag des jeeps blindées balayèrent les rebelles et quatre Européens furent retrouvés vivants. A 10H00, le major Hardenne fut de retour au terrain d'aviation pour une nouvelle mission. Entre temps, le capitaine Huyberechts et des moniteurs de saut étaient engagés dans des recherches avec trois tricycles AS -24. Ils parcoururent plusieurs artères des quartiers où résidaient des Européens isolés, mais leurs tricycles connurent des problèmes techniques et ils retournèrent au champ d'aviation pour emprunter les jeeps blindées du sergent Spillebeen et une Volkswagen récupérée sur place. Lors de son dernier voyage, le cpn Huyberechts ramena le corps d'une jeune femme massacrée peu avant leur arrivée dans une villa. Pendant que ce groupe retournait à la plaine d'aviation, celui du major Hardenne effectuait sa deuxième mission et il trouva huit femmes, deux enfants et un homme dans une villa de la périphérie méridionale de la ville. Il repartit à 11H00, en direction de la ferme de la Societé Costituri, située à huit kilomètres à l'ouest de la ville. Une fois de plus, les jeeps blindées du sergent Goris ouvrirent la route à la colonne et détruisirent trois barrages rebelles en traversant le quartier indigène. A leur arrivé à la ferme, les hommes du major Hardenne furent étonnés de trouver les ouvriers agricoles congolais occupés à travailler dans les champs. Ils furent plus étonnés encore quand 29 réfugiés sortirent calmement de leur cachette pour embarquer sur les véhicules. Ce groupe de rescapés fut conduit au terrain d'aviation vers 13H00.

    Après avoir ramené le corps de la morte au terrain d'aviation, le cpn Huyberechts repartit pour sa deuxième mission de recherche avec une section de parachutistes. Il patrouilla à neuf kilomètres au sud de Paulis le long de la route de Wamba qui menait à Stanleyville. Les jeeps blindées de la section de reconnaissance éliminaient chaque barrage de Simba rencontré le long de la route à coups de rafales de mitrailleuses et vers midi, la patrouille du cpn Huyberechts ramena huit réfugiés supplémentaires à la tour de contrôle. La recherche d'otages se poursuivit dans l'après-midi du 26 novembre et le major Hardenne fit encore quatre voyages, tandis que le cpn Huyberechts en effectuait deux. La patrouille la plus lointaine fut organisée par le commandant Holvoet et le capitaine Vanderperre qui sauvèrent sept réfugiés à quarante kilomètres à l'ouest de Paulis. Ils retournèrent à Paulis après le coucher du soleil. Au total, septante Occidentaux furent secourus par des patrouilles aux environs de Paulis. Pendant ce temps, les quartiers européens étaient fouillés maison par maison et vers 16H00, la 11 e compagnie du capitaine Pierlinck rejoignit la plaine d'aviation avec les derniers otages qu'elle avait trouvé.

    Le major Mine fit son rapport au col Laurent qui lui ordonna de regrouper son bataillon sur l'aérodrome où 150 réfugiés devaient passer la nuit en attendant leur évacuation. Les 11e et 13e compagnies établirent un périmètre de sécurité autour du champ d'aviation et le colonel Laurent réunit son état-major pour mettre au point l'évacuation finale de Paulis. Il dev ait faire face à une décision difficile car la ville avait été ratissée de long en large et il n'avait plus reçu d'informations sur les endroits où pouvaient se trouver des réfugiés. Des renforts de Simba se dirigeaient vers Paulis et les patrouilles risquaient de tomber dans une embuscade. En tant que responsable militaire de Dragon Noir, il ne pouvait pas risquer de pertes inutiles car il avait déjà un mort et cinq blessés. L'évacuation par les C-130 du col Gradwell devait se dérouler le jour suivant vers la mi-journée et cela lui laissait seulement six heures de clarté pour mener à bien les préparatifs. Le col Laurent décida cependant d'exécuter une dernière patrouille avant d'évacuer la ville et le m ajor Mine conçut le plan d'évacuation en se basant sur le plan d'opération qui avait abouti à l'occupation de l'aérodrome. La 13e compagnie du lt Patte conservait la mission de défendre le terrain d'aviation, pendant que la 11e compagnie du cpn Pairlinck regrouperait les otages libérés sur la piste pour les faire embarquer dans les C-130. Après le départ des réfugiés, la 11e compagnie se chargerait d'embarquer le matériel et les véhicules, puis elle embarquerait à son tour dans les appareils du col Gradwell. Le départ de la 11e compagnie serait suivi par celui des moniteurs de saut du major Ledant et des officiers de l' état-major par étapes successives. La 13e compagnie du lt Patte et le personnel de commandement embarqueraient pendant que.le lieutenant Henrot, officier en second de la 13e compagnie, occuperait l'extrémité est de la piste jusqu'à ce que le dernier C-130 ait atterri, ensuite, il se retirerait à son extrémité ouest pour y embarquer.

    L'évacuation finale

    A Bruxelles et à Washington, on était unanime : les otages occidentaux aux mains des Simba couraient les plus graves dangers, mais le président Johnson ne voulait pas s’engager plus avant dans la guerre civile au Congo et il n’autorisait qu’une seule opération supplémentaire. Le ministre belge des Affaires Etrangère P.H. Spaak voulait annuler toutes les opérations supplémentaires car il craignait les réactions des pays du tiers-monde et des républiques populaires, tandis que son chef de Cabinet, le vicomte Davignon, et le premier ministre Theo Lefévre étaient fermement convaincus que ces opérations étaient nécessaires Le col Laurent et le m ajor Mine insistèrent auprès de leurs subordonnés pour faire un compte précis de leurs hommes avant le départ du dernier avion. Le cauchemar du responsable de Dragon Noir était d'oublier un soldat sur place car les Simbas ne faisaient pas de prisonniers et torturaient leurs captifs avec un sadisme inimaginable. Après une nuit relativement calme, les hommes du col Laurent furent debout à 07H00 et les majors Hardenne et Rousseaux partirent pour effectuer la dernière patrouille avec les jeeps blindées. Ils rejoignirent l'aéroport avec cinq réfugiés. Le m ajor Hardenne voulut faire une ultime tentative car ils lui avaient appris la présence d'autres otages à environ quarante kilomètres de Paulis. Il supplia le col Laurent d'autoriser cette dernière patrouille, mais le commandant de Dragon Noir refusa à contre-cœur de risquer la vie de ses hommes. La formation du col Gradwell survola Paulis dans les délais prévus et à 12H00, le C-130 « Chalk 1 » se posa en premier. L'atterrissage à sur la petite piste de Paulis était délicat et les aviateurs américains s'étaient basés sur leur expérience de la veille pour alléger leur appareil et remplir les réservoirs avec un minimum de carburant. Le Colonel Isaacson se posa avec le C-130 « Chalk 2 » pour discuter avec le col Laurent de son plan d'évacuation. Il avait apporté deux lots de simulateurs de tirs que les paras belges pourraient employer pour couvrir leur retraite avec le dernier avion. Le col Laurent hésitait de s'en servir car il craignait que les bérets rouges du lieutenant Henrot, en particulier le mitrailleur installé dans la tour de contrôle, pourraient réagir impulsivement au bruit des simulateurs et ouvrir le feu.

    L'embarquement des réfugiés commença immédiatement et dix minutes plus tard, « Chalk 1 » prenait son envol vers Léopoldville. Il s'effectuait graduellement et prenait moins de vingt minutes pour chaque appareil. Les parachutistes défendant les extrémités est et ouest de la piste s'étaient mis en position de tir, genoux à terre et faisaient face au Nord et au Sud du périmètre pour protéger le décollage des C-130 avec l'appui du servant de mitrailleuse en position dans la tour de contrôle. Le col Laurent embarqua dans le C-130 du col Gradwell qui orbita autour du terrain pour leur permettre de superviser l'opération du haut des airs. Dès que l'embarquement d'un appareil était terminé, son pilote fonçait à plein régime pour prendre l'air en évitant un énorme palmier à l'extrémité ouest de la piste. A 16H00, il restait seulement le major Mine, le major Ledant et les hommes du lt Henrot qui étaient en position à chaque extrémité du terrain. Le major Hildebrand, pilote du C-130 « Chalk 11 » se posa le dernier et le lieutenant Henrot déclencha les simulateurs de tirs avant de courir vers l'avion avec ses hommes, accompagnés du major Mine et du major Ledant. La pétarade des simulateurs inquiéta le major Hildebrand qui annonça par radio : "Mon Dieu, ils tirent à l'autre extrémité de la piste!". Le col Gradwell le rassura et le pilote abaissa la rampe du C-130 pour embarquer les derniers défenseurs. L'appareil décolla à 16H10. Cette évacuation menée de main de maître fut l'ultime réussite de l'opération Dragon Noir qui avait permis le sauvetage de 375 réfugiés en péril de mort. Les insurgés réoccupèrent Paulis après le départ des parachutistes et pour se venger de leur défaite, ils exercèrent des représailles contre les Occidentaux tombés entre leurs mains, notamment à Wamba.

    Le 1 er décembre 1964, le général Mobutu demanda à son conseiller le col BEM Marlière de se rendre à Buta pour relancer l'offensive du secteur « Ops Nord » vers Paulis. Il tenait a cueillir quelques lauriers après l'occupation de Stanleyville par la 5 e Brigade Mécanisée du col BEM Vandewalle. Pendant que le major Génis et le lt Glorieux préparaient la colonne de combat, le ltcol Itambo profitait de l'occasion pour rejoindre Léopoldville et « faire son rapport » au QG. Les forces de son secteur étaient peu importantes : le groupe de mercenaires du cpn Robert Noddyn recruté en Belgique, deux compagnies d'anciens gendarmes katangais dont celle du lt Ferreira, le peloton de l'adjudant Gérard Madwa (1 er Bn parachutiste congolais) et le 52 e peloton du 5 e bataillon commando sud-africain. Alors qu'il progressait vers Paulis, le major Génis apprit que les Simba avaient repris Buta. Dix soldats noirs avaient été tués et le reste avait prit la fuite. La compagnie d'anciens gendarmes katangais du lt Ferreira recueillit les survivants de la 7 e compagnie et ils poursuivirent leur progression en traversant les villages de Poko, Ango et Dakwa à la recherche d'otages. Septante Occidentaux furent sauvé dans ces localités et une trentaine d'autres furent libérés à Niangara le 8 décembre suivant. Le lendemain, la colonne quitta Dungu à l'aube et progressa rapidement vers son objectif, mais l'équipe logistique « Ops Nord » tomba dans une embuscade à Wamba Moke et le lt Glorieux fut tué, tandis que le major Génis et le lt Passagez étaient blessés. L'hélicoptère H21B du cdt Brokken se posa pour les évacuer, mais le major Génis succomba à ses blessures durant le vol. Il fut remplacé à la tête de l'équipe logistique par le cpn Defreyne. Le 9 décembre 1964 vers 17h00, Léopoldville fut averti par radio que la plaine d'aviation de Paulis était dégagée de ses obstacles et que l'évacuation des otages libérés pendant leur progression pouvait commencer. Malgré les massacres, la majorité de la population noire était restée fidèle au gouvernement central et elle se mit sous la protection de l'ANC. Quant au major rebelle Omari, il fut tué lors des combats.

    SOURCES :

    Dragon Operations - Hostage Rescues in the Congo (1964-1965) by Major Thomas P. Odom of the Combat Studies Institute

    Vandewalle , Frederic J. L. A. L' Ommengang: Odyssée et Reconquête de Stanleyville, 1964. Bruxelles, Belgique - Le Livre Africain, Collection Témoinage Africain, 1970.

    Avec nos remerciement à Mr JP Sonck pour sa contribution au site congo-1960