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PAUVRE PEUPLE, PEUPLE TOUJOURS PAUVRE ! Tiguy Elebe

Il y a peu, le train de vie des congolais s’est apparenté à un compte de fée. Pour cause, la campagne électorale, moment des tous les enjeux, moment des ambitions des plus mesurées aux plus démesurées. Tous les moyens ont été mis à contribution pourvue d’atteindre les objectifs assignés. Les deux parties légendaires à toute élection étaient en lisse ; les candidats d’une part et la population d’autre part.

De leur côté, les candidats, pour la plupart des hommes politiques, souvent presque toujours incrédules et inaccessibles, ont curieusement très vite intériorisé, avec une foie pleine d’ardeur, le grand principe biblique selon lequel : « l’humilité précède la gloire ».
Dans tous les cas, ce ne sont pas les audiences qui ont manquées, encore moins les réunions marathons. Les solides portes des bureaux et des villas, d’habitudes excessivement surveillés, sont restées ouvertes, mais alors grandement ouvertes. Elles ne le sont que très rarement d’habitudes. « Politique de proximité » a –t-on rétorqué aux détracteurs peu convoités de notre acabit. En revanche, il n’est pas possible de garantir qu’elles le resteront toujours. Il suffisait donc de le désirer pour voir le chef. Et lorsqu’on ne le désirait pas, on se faisait facilement désirer. Le peuple était devenue la coqueluche, la perle rare tant convoitée…

 

Quels malins de politiciens ! Pour une fois, leurs bureaux feutrés et climatisés ne leur convenaient guerre. Seul comptait désormais pour eux la souffrance de la population, leurs problèmes de santé, d’éducation, d’adduction d’eau, de chômage, d’électricité, des routes…

 

Rien d’étonnant ! Quand on sait que ventre affamé n’a point d’oreilles, on peut alors aisément imaginer la suite. Et ça, ils l’ont tous compris.
Que vive la Skol et la Primus, bières locales de chez nous ! On festoyait avec des bols de riz, poissons chinchards dits thomsons. Mais pour aller fêter, il fallait tout de même bien s’habiller.
Il suffisait d’y penser ! Des polos, des pagnes, des casquettes, des montres à leurs effigies, distribuées à longueurs de journées à qui le voulait sans considération de la conviction politique et idéologique de chacun. Bien mieux, n’oublions pas la prime de participation, de motivation, de « branchement », de transport, de risque, dans tous les cas, c’est selon que ces expressions étaient utilisées, qui oscillait entre 500 et 1000 Francs congolais.
Oui, il y avait de tout pour enchanter et séduire. Mais était-ce suffisant pour rassasier, mieux enrichir le peuple ?

 

Pauvre peuple congolais !
Peuple malheureusement toujours pauvre hier méprisé et aujourd’hui convoité et presque adulé.

 

De son côté, ce n’est pas à cette population à qui l’on peut reprocher d’avoir manqué d’imagination. Des groupements des sportifs, des artistes, des commerçants, en passant par des mutuelles, des associations sans but lucratifs des organisations non gouvernementales… toutes ces structures n’auraient pour rien au monde raté l’occasion de saisir la balle au bond. A vrai dire, l’occasion a fait ses larrons. Des larrons qui devenaient exigeants, parfois même trop exigeants  au point de troquer carrément leurs voix contre quelques faveurs éphémères.
Le peuple s’est malheureusement mêlé à ce jeu sordide. Les beaux discours, les projets de sociétés solides, la vision claire pour le pays importaient peu. Il y avait un intérêt manifestement plus important qui attirait les foules. Peut-être le sentiment d’une vengeance, peut-être l’idée illusoire d’enrichissement.
Dans tous les cas, à son tour, la population qu’on a souvent traitée d’analphabète, peu instruite et peu mature, a intériorisé avec un ingénieux talent un grand principe des relations internationales : « pas d’actions, pas d’intérêt ». Quel drôle de renversement de situation !

 

Malheureusement, le temps passé ne revient plus et aujourd’hui est une autre réalité. Le compte de fée n’aura duré que l’ombre de quelques jours. La triste et dure réalité de la vie quotidienne des congolais semble refaire surface : misère, famine, chômage, absence de routes, sous éducation, malnutrition… A vrai dire, rien n’a véritablement changé !

 

Pauvre peuple, peuple toujours pauvre !
S’il est vrai que l’expérience enseigne, corrige et répare il est venu le temps de se poser les questions essentielles. Il est possible de changer l’histoire de ce pays mais à condition de faire de son vote une responsabilité à la fois personnelle et collective. Cette responsabilité implique de bannir le spectacle honteux et insultant auquel nous avons assistés tout au long de la campagne dont seul le peuple reste en définitive le plus grand perdant. Le bonheur d’un peuple ne peut se résumer en quelques faveurs éphémères et ridicules. Par contre, le bonheur de ce peuple peut se résumer dans le choix des hommes du destin à la moralité éprouvée, à la compétence avérée et à la vision claire pour le pays. De ce fait, aller aux urnes aux prochaines échéances devra désormais signifier la volonté de changer l’histoire de son pays.

 

Qu’on se le rappelle, il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
A bon entendeur…

 

 Auteur : Tiguy ELEBE