SiteLock
Livre du mois Le Petit futé Kinshasa 14,95 € Communiqué de presseGuide Kinshasa 2017 (petit futé)Neocity
Boek van de maand Zoon in Congo 15% korting + gratis verzending Zoon in Congo Lanoo Uitgeverij
   Webmasters Delcol Martine Eddy Van Zaelen De webmaster Delcol MartineEddy Van Zaelen
  Helpt U mee en stuur je ons uw boeken in ruil voor een publicatie op de site  Sponsor Site
Kasai Rencontre avec le roi des Lele Kasaï , rencontre avec le roi Prix exclusif Grâce a Congo-1960 Sans limite de temps 29.80 € frais de port inclus  -Editeur Husson
L'état indépendant du congo a la recherche de la vérité historiquecongo 1957-1966 TémoignageLes chemins du congoTussen vonk en omroep , draadloze communicatie in België en CongoLeodine of the belgian CongoLes éxilés d'IsangiGuide Congo (Le petit futé)Congo Ya Kalakala, avec mes remerciements a Mr Paul DaelmanCongo L'autre histoire, avec mes remerciements a Charles LéonardL'Héritage des Banoko , avec mes remerciements a Mr. Pierre Van BostL'année du Dragon avec mes remerciements a Mr Eddy Hoedt et Mr Peeters Baudoin

 

 

AFRICA ou l'évolution d'un continent

Vue des volcans du Kivu par le Prince de Ligne.

May 26, 2015 (voici un livre qui me tombe dans la main via mon beau frère qui l'a trouvé pour quelques sous)

Préface de Charles d'Ydewalle , Librairie générale edition 1961

Photo Le prince de Ligne -1925 - Bain des élapahnts - Buta Province de Stanleyville

 

Par cet ouvrage posthume le Prince Eugène de Ligne ne nous a pas seulement laissé une part importante de ses souvenirs africains. Il y apparaît aussi dans la lignée des grands chroniqueurs.

Diplomate de qualité, qui, au fil d'une carrière féconde séjourna - et combien activement ! - dans les capitales de trois continents, de Washington à la Nouvelle-Delhi, il voulut, en 1915, accomplir dans l'ancien Congo Belge son rêve de pionnier.

Le Prince Eugène de Ligne, qui connut le Congo à l'heure où se préparait son destin, ce sportif qui, en un temps où pareille aventure ne pouvait pas se courir sans risque traversa le désert en automobile a lié son nom au Kivu et, plus particulièrement à cette île IDJWI où il réalisa son plan audacieux de culture et d'exploitation Cette œuvre il l'a évoquée dans « Africa ou l'Évolution d'un continent vue des volcans du Kivu". Ces pages, par leur substance tiennent de l'épopée, mais elles ont la sobre simplicité de leur auteur qui a préféré à l'accent épique et grave celui du narrateur qui raconte aux siens ce qu'il a vécu.

Ce livre contient presque toute l'histoire de l'œuvre colonisatrice, avec ses personnages les plus marquants, avec les « Grands Commis , avec ceux qui soutinrent de leur confiance et de leurs capitaux cette magnifique aventure sans négliger l'anecdote quotidienne qui rend cet ouvrage si humain: surprises de voyage depuis l'Afrique du Sud, découvertes des traditions noires, et la lutte de tous les jours. Ces éléments aussi bien que l'évocation, par contrastes, des petits postes du début et, quelques années plus tard, des centres actifs et peuplés marquant le rapide essor du Congo Belge, font de ce livre un ouvrage à la fois du plus vif intérêt, un témoignage prenant et un document singulièrement attachant. Ce n'est pas, enfin, sans émotion qu'on peut lire les réflexions de l'auteur sur l'avenir du Congo auquel il ne cessa pas de penser jusqu'à la veille de cette indépendance dont Ie désolant spectacle lui fut- par la mort hélas ! - épargné. Le Prince Eugène de Ligne fut enlevé aux siens quelques jours à peine avant le 10 iuin 1960.

Adrien Jans.

Préface du livre :

Officier, diplomate, voyageur, explorateur et, à ses heures de loisir, humaniste et connaisseur averti des plus beaux trésors de l'art ancien et moderne, Eugène, Prince de Ligne, a vécu cinq ou six vies différentes et parallèles. En toutes choses égal à lui-même, c'est-à-dire idéaliste passionné. En 1914, à 2l ans, portant le dolman vert bouteille et le pantalon amarante du premier régiment de Guides, sortant de l'école de cavalerie d'Ypres, il était le sous-lieutenant frotté de deux années de philosophie à Saint Louis, I’ humaniste à la guerre, la guerre  à 2l ans. Quatre années sur l'Yser firent de lui I'homme dur à lui-même et indulgent à autrui, que toujours en lui nous connûmes. Que pouvait faire un Prince de Ligne après une guerre, sinon de Ia diplomatie ?

Comme tout le monde, il se soumit à toutes les rigueurs de tous les concours et de tous les examens. Comme tout Ie monde, il étudia d'innombrables et massifs dossiers et, dans le sillage des grands, fut simple attaché, simple secréraire et simple spécialiste des grands problèmes d'économie politique. A Londres, à Bucarest, à Madrid, à Paris, avec la Princesse de Ligne, née Noailles, il connut les affres d'une Europe en cruelle métamorphose et ce grand seigneur se soumit au rituel d'un temps qui, allègrement, renonçait au bon vieux temps.

En 1925, touché par la grâce, il découvre au cours d'une randonnée à travers l'Afrique, un lac adorable nommé Kivu, à peine inscrit sur les cartes depuis vingt ans et où  d'Uvira il parvint en caravane. C'était à l'époque ou l'avion n'avait pas encore exploré la grande forêt et où Ia Princesse de Ligne avec son mari mettaient huit jours de marche à pied d'Usumbura à Bukavu.

De ce Kivu, avec son paysage pour lune de miel, f idéaliste passionné voulut faire une Louisiane ou une Martinique du XXe siècle. Le roi Albert le comprit, les plus grands financiers du royaume le comprirent. Au Kivu, on parla de café et de thé et la jeunesse ardente de Bruxelles y donna des planteurs qui à l'époque étaient simplement des pionniers. Le temps passa et à travers les crises économiques, à travers la guerre de 1940-1945, le Kivu devenait une grande réussite agricole, un jardin ou les savants du monde entier venaient rassembler leurs observations. Au milieu du lac, dans l'île Idjwi, le Prince et ses amis, réunissant quelques capitaux, exploitaient une concession importante. Rien d'humain ne lui étant étranger, le Prince de Ligne tenait à s'occuper d'abord des hommes, toujours des hommes. Dispensaires et l'hôpital furent ses premières réalisations.

Ambassadeur à la Nouvelle Delhi et plus tard à Madrid, notre auteur renonçant à terminer dans les chancelleries sa carrière de diplomate, s'en fut une dernière fois vers ce cher Kivu qu'il ne quitta qu'au printemps de 1960. Il mourut à Belœil le 26 juin de cette même année, deux semaines avant le grand cataclysme qui, d'une colonie paisible, fit brusquement un état libre mais destiné à des lendemains orageux.

Telle est la carrière de l'homme. IIL  serait bien plus agréable de refaire le portrait de l'homme lui même. Tout ce que le charme d'une civilisation trois fois séculaire a pu accumuler en nous depuis Pascal et Molière, le Prince de Ligne le représentait au maximum. Sa culture très variée lui permettait d'aborder mille sujets. N{ais toujours l’approche sentimentale était bien celle du Prince de Ligne.

Qu'il s'agît de rétablissement des relations diplomatiques avec Moscou ou plus tard d'une arrivée solennelle dans les carrosses vitrés et dorés du général Franco à Madrid, qu'il fût question de littérature et de Beaux-arts, voire aussi de controverses religieuses, il était bien l'honnête homme au sens où on l'entend au temps de Louis XIV. La politesse chez lui n'allant jamais sans une pointe d'espièglerie qu'il savait doser le moment venu, cette politesse n'en avait que plus de prix. On eût difficilement trouvé en notre temps un personnage plus spontanément Grand Siècle et en même temps plus passionné d'aviation, d'automobile, de découvertes scientifiques et par-dessus tout de ces instruments qui nous permettent de franchir l'espace. De l’avion vers le Cap de Bonne Espérance, ou de la télévision dans sa petite bibliothèque de Belœil, il lui tardait d'absorber les milliers de kilomètres. Très spontanément, il faisait comme l'illustre aïeul, le maréchal dont le tricorne frédéricien préside si heureusement aux jardins du palais d'Egmont de Bruxelles et au village de Belœil, il allait d'une capitale à l'autre, mais au lieu de postières pommelées traînant, tous grelots sonnants, un carrosse, il lui fallait le Boeing. Rarement connûmes-nous personnage à la fois aussi audacieusement  «  avancé » et anachronique. Un Prince de Ligne, qui détestait confier sa Torpédo grand sport à un chauffeur et ne croyait qu'à la vitesse maîtrisée par lui. Un Prince de Ligne qui jamais ne voulait être le dernier à rouler carrosse mais qui toujours voulait être le premier à établir des relations aériennes entre Bruxelles et New Delhi.

Par le langage, il n'était ni belge, ni cosmopolite, ni princier, ni précieux, ni négligé, ni soigné. IL était simple, avec une justesse dans le choix du vocable et dans la diction que seule peut donner l'éducation maternelle toute angevine. Lui parlant un jour du chanoine Mugnier, il me répondit simplement : «  C'est lui qui m'a préparé à ma première communion ». Si d'aventure on lui parlait de danger à la guerre ou de danger en avion ou en voiture, il répondait par un sourire de bonne compagnie, car en cet homme passionné de bibelots, de beaux livres et de tableaux inappréciables, le danger physique paraissait une aventure infiniment amusante.

AVANT-PROPOS

« Africa » est le titre d'un livre flétrissant l'esclavage, ;et dédicacé à mon arrière grand-père Eugène par le baron Descamps qui devait lui succéder à la présidence de la Haute Assemblée. Ayant mis La main sur cet ouvrage, l'idée m'est venue d'évoquer le chemin parcouru au cours d'une vingtaine de voyages dont f itinéraire sillonne ;la carte de l'Afrique.

Ils aboutissaient invariablement au Kivu ou mes amis et moi, nous nous sommes efforcés d'apporter une modeste contribution à l'œuvre sociale et économiqueréalisée par nos contemporains. Pour un Congolais, l'Afrique commence au sud du Sahara.

A l'époque où le désert s'ouvrait au transport automobile, Oran, Alger et Tunis prônaient respectivement. le choix de leur cité comme tête de pont. il était intéressant de comparer les voies d'accès vers le Congo. Sans courir de risques, l'âge de la découverte étant révolu, de puissantes voitures américaines nous permirent de franchir sans difficulté les étapes de nos devanciers. Nous n'avions aucun mérite à cela. La croisière noire avec ses Citroën à chenilles, les six-roues Renault, Georges Estienne, et bien d'autres encore, se guidaient à la boussole.

Nous avons connu le temps où l'essence s'envoyait à dos de chameau, à 750 krn de la base. "Personne ne vous la prendra, disait le représentant de la Transsaharienne, les points d'eau sont gardés".

La piste du Hoggar, celle du Tanezrouft avec son fameux Bidon V, vous menaient en direction du Tchad, de l'Afrique occidentale et équatoriale, ces parentes pauvres dont l'intérêt cédait alors le pas au magnifique effort accompli par la France en .Afrique du Nord, en Indochine et à Madagascar. Le Niger et le Nigéria évoluaient vers leur destin. Des méthodes différentes allaient aboutir aux mêmes résultats.

d'une politique d'expansion, a créé l ‘État Indépendant du Congo. L'étoile d'or décorant son drapeau est un symbole de foi dans l'avenir. J'ai assisté en 1908 à la séance mémorable au cours de laquelle la Chambre des représentants eut à se prononcer sur la reprise du Congo par la Belgique. Les annales parlementaires ont enregistré le peu d'empressement que mettaient certains députés à accepter ce qu'ils appelaient « un éléphant sans ivoire ».

L'idéal social mis en avant par le Roi Fondateur fut inlassablement suivi par ses successeurs. Albert Ier commanda l'armée dont les officiers détachés en Afrique allaient hisser le drapeau belge à Tabora.

Léopold III, le Roi « humain » par excellence, tout en préconisant, à l'orée de son règne, la sage politique du « paysannat » indigène, poursuivit l'œuvre scientifique inaugurée par son auguste père.

L'attitude réaliste et amicale adoptée par le Roi Baudouin à l'égard des Congolais, Lui a conquis leur estime. N'est-ce pas d'elle que naîtra la meilleure forme d'union entre la Belgique et le Congo ?

C'est de l'île Idjwi que j'écris ces lignes, en un paysage de rêve générateur de sérénité. Cette qualité vous incline à méditer l'axiome : «  On n'emporte avec soi que ce que l'on a donné ! »