Et si on faisait un voyage dans le Congo de Léopold II

Voyage entre 1900 et 1908 situé entre Banana et Albertville

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Préambule.

L’AIC (Association Internationale du Congo) est une espèce d’ONG dont le roi de Belges est le président. Cette association qui seule est présente dans le haut bassin du Congo depuis 1879 avec une bonne centaine d’employés de différentes nationalités sous le commandement de Stanley, reçoit, à la Conférence de Berlin en 1885, la gestion de ces territoires où elle a déjà établi quelques stations et mis en activité cinq petits steamers. Seuls 29 expatriés ont déjà été au Stanley-Pool. Dans la région du Bas fleuve existent déjà différentes factoreries et différentes missions et les populations locales qui y sont en contact avec les bateaux européens depuis 4 siècles ont établi des échanges commerciaux.

La traite des Noirs abolie officiellement au traité de Vienne a été stoppée dans le Bas fleuve depuis quelques années mais est toujours active dans le Haut fleuve au départ de trafiquants de la côte Est de l’Afrique et de l’Angola voisin.

La façon la plus logique de gérer ces territoires, c’est d’en faire un état libre, pouvant discuter d’égal à égal avec ses voisins, puisqu’il n’existe aucun pays tuteur comme c’est le cas dans les colonies, mais cela exige de déterminer et de fixer des frontières et de fédérer en une seule nation toutes les ethnies et les clans englobés dans ces frontières. Un grand défi, un immense travail qui s’apparente, mais avec des moyens dérisoires, dans son ampleur et dans sa complexité, à la création de la Communauté européenne un siècle plus tard.

Le roi, qui possède l’expérience de l’état et une fortune personnelle va relever le défi. Ce sera plus coûteux et plus complexe que prévu ; les collaborateurs ne seront pas tous exemplaires, des états vautours s’agiteront autour du projet et des imprévus tragiques (les endémies) viendront le contrecarrer. En 28 ans d’existence, environ 12000 expatriés européens de 19 nationalités différentes (une croissance linéaire de 105 par an) et 30000 expatriés africains (généralement des coastmen, clercs, ouvriers ou soldats) participeront activement au projet. Le roi comprit très vite que, dans ces conditions, le choix de l’état libre, n’était pas idéal et en 1889 Il fit un testament en faveur de l’état belge mais c’est en 1908, une année avant son décès, que l’EIC deviendra une colonie belge.

Mais qu’est-ce que l’EIC a légué à l’état belge ? En 2007, j’ai publié un livre (L’héritage de la Congolie) résumant ce legs et tout le travail effectué durant les 23 ans d’existence de l’EIC en soulignant la période d’exploration jusqu’en 1900 et le début de la mise en valeur après 1900. Depuis 2012, j’ai mis en photothèque de nombreuses photos d’époque et j’ai trouvé qu’au-delà des mots et des descriptions bien souvent réducteurs, il serait avantageux de partager ces images avec ceux que cette époque intéresse. Encore fallait-il trouver un fil rouge pour présenter ces photographies de manière agréable. J’ai donc imaginé un voyage (fictif) entre Banana et Albertville durant la période 1900-1908 en essayant de couvrir au mieux le voyage du consul Casement et celui de la Commission royale. Ce que je présente, c’est ce qu’ils ont vu. Dans ces deux rapports, on trouve d’ailleurs deux lignes d’éloges timides pour le développement du nouveau pays.

Les photos soulignent un développement très différent entre le Bas et le Haut Congo. Les chiffres entre parenthèses après les noms des postes, représentent le nombre d’européens dans le poste en 1900. Cinq districts n’ont pas été visités : celui de l’Ubangi, celui de l’Uele et l’enclave de Redjaf, celui du Kwango, du Kasai et celui du Katanga. Peut-être fer ont-ils l’objet d’autres voyages.

AB ERGO


Voyage dans l’État Indépendant du Congo au seuil du XXe siècle.

Nous sommes entre 1898 et 1908. Quoi de mieux, pour découvrir et connaître l’État Indépendant du Congo, que d’aller y faire un tour à l’aube de vingtième siècle, lorsque les explorations du pays sont terminées et que l’état existe depuis une quinzaine d’années, et de regarder ce qui y a été réalisé. Voyage classique de Banana à Stanleyville et même peut-être plus loin puisque depuis peu de temps le Maniema n’est plus occupé par les esclavagistes et qu’on trouve, en place au Katanga, un embryon d’organisation.

Qu’on le veuille ou non, à l’époque, on arrive toujours à l’embouchure du Congo par voie de mer, après un voyage plus ou moins long, que l’on choisisse pour y aller, un caboteur aux nombreux arrêts (parfois une soixantaine de jours) ou une ligne plus directe (18 à 20 jours). Quel texte peut le mieux exprimer cette arrivée à l’embouchure du fleuve que celui de Charles Jeannest arrivant au Congo à bord d’un voilier, quelque trente années plus tôt, pour rejoindre son lieu de travail dans une factorerie française : …la terre n’était pas encore visible, mais nous nous attendions à chaque minute à la voir émerger au sein des flots, à l’horizon. La mer, qu’un large courant traversait, était couverte d’îles flottantes formées de paille et d’arbustes soutenus droits par leurs racines entrelacées. En cette saison des pluies, le courant charriait des buissons et des troncs d’arbres ; ses eaux jaunes, sales et boueuses tranchaient avec la teinte bleue qu’avait conservée la mer. Ce courant était tellement fort qu’il faisait le bruit d’un torrent bondissant à travers les rochers. Puis quelqu’un cria : la terre ! Ce mot fit passer dans tout notre être un frisson d’émotion et une curiosité avide et bien naturelle s’empara de nos esprits. Bientôt nous aperçûmes la cime des plus grands arbres puis, ces points se multipliant, s’élargissant, formèrent autant d’îlots, se réunissant ensuite dessinèrent une ligne noire à l’horizon. C’était la terre, le Congo, le but de notre voyage

Impressionnant, le fleuve Congo a une largeur de 10 km à son embouchure et son débit varie, selon les saisons, de 29.000m³ à 75.000m³ par second

BANANA.

Premier visage du Congo, au départ village de pêcheurs bien à l’abri dans une crique des flots puissants du fleuve. Quand les premiers membres de l’AIC y arrivent en 1878 ils y ont trouvé les postes principaux de 4 factoreries, deux françaises, une britannique et une hollandaise, mais au terme de l’EIC le village s’est considérablement développé et est devenu un chef-lieu de district, avec l’école de formation de la marine nationale. La Croix rouge de Boma y a fait construire un hôpital sanatorium où les agents malades peuvent se refaire une santé en bord de mer. Créé le 18 septembre 1885, le bureau de poste est un des 4 bureaux de perception de l’EIC, il est en charge du service postal d’Outre-Mer pour la côte occidentale. Ce bureau a pris la suite d’une poste portugaise ouverte vers 1870-1875 (?). On y trouve également un poste fiscal, un bureau d’étatcivil, un office notarial et une population européenne de 35 unités. En 1898, le district de Banana comptait au total 95 Européens répartis dans 25 localités ; quant aux autochtones ils sont en contact avec des Européens depuis 4 siècles.

 

Ce voyage continue via 4 document pdf en 4 partie et qui nous est présenter par L'auteur A.-B. ERGO

  1. Le Bas Congo

  2. Le Haut Congo 1ière partie

  3. Le Haut Congo 2ième partie

  4. Photographies


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