Si tu ouvres la bouche,

tes paroles doivent valoir plus que ton silence

 Proverbe arabe.           

Je ne crois pas que l’histoire soit une science mais, comme le prétend Anatole France, qu’elle est plutôt un art influencé par l’imagination et, que par un vice de nature, elle est condamnée au mensonge. Paul Valéry est plus catégorique encore en prétextant qu’elle justifie ce qu’on veut et n’enseigne rigoureusement rien, que c’est la « science » des choses qui ne se répètent pas. Ernest Renan, qui parle du talent de l’histo-rien, précise que celui-ci consiste à créer un ensemble prétendu vrai au départ de traits qui ne sont vrais qu’à demi.

            Je crois que l’histoire est bien souvent, dans le chef de certains qui pratiquent cet art, une recherche arbitraire, rigoureusement malveillante et parfois vexatoire ; un arsenal d’épingles comme la définissent d’une manière plus imagée les frères Goncourt. Mais il y a plus, le confinement au mensonge dont on parle plus haut est influencé par la personnalité et par les motivations de celui qui écrit l’histoire mais aussi par la personnalité et les motivations de ceux qui, sans se douter de l’usage qui en sera fait, ont créé puis conservé les archives qui seront consultées et interprétées.

            Pour ceux qui doutent de mes propos, qu’ils lisent L’Histoire du colonialisme de l’historien italien Raimondo Luraghi et plus particulièrement le chapitre III consacré, en dix huit pages sur plus de 300, à la colonisation de l’Afrique, dont six pages au seul mérite de la colonisation … italienne ! La colonisation du Congo par les Belges y mérite néanmoins un peu plus d’une page, trente lignes pour les 30 ans de Congo léopoldien et trente et une pour les 52 années de colonie belge ; un réquisitoire essentiellement à charge dont je ne me priverai pas du plaisir de faire une analyse critique dans les lignes qui suivent.

            Dans la première partie, R. Luraghi ne répète que les lieux communs diffusés à l’époque par la presse anglo-saxonne agressive: gestion économique stérile, aucun séjour du roi, servitude cruelle, mutilations pires que l’esclavage, indignation publique internationale, dépouillement du pays, cession du Congo à la Belgique par testament ou obligation et enfin six lignes de louanges pour la colonisation anglaise en comparaison.

Pour la période du Congo belge, il souligne que les exactions ne cessent pas malgré une politique paternaliste assortie « paradoxalement » d‘une assistance sanitaire et d’une assistance agricole assez poussées. L’enseignement primaire et technique  généralisé vise surtout à ne pas former d’élites pour éviter que les Congolais n’accèdent à des rouages centraux. L’administration est basée sur la persistance du tribalisme avec l’aide de notables dociles. L’économie est totalement aux mains de grandes sociétés monopolistes, véritables états dans l’État, lesquelles concentrent, de force (esclavage moderne), une main d’œuvre paupérisée dans des cités indigènes ou des centres extra-coutumiers. Les services sociaux étaient assortis d’un conditionnement moral habile destiné à empêcher tout éveil politique.

Rien que çà ! Luraghi ne parle évidemment pas d’expérience personnelle.
Livre publié à Turin en 1964 (période propice) par un spécialiste de l’Histoire … du continent américain et traduit en 1967 en langue française !

            Je crois que c’est l’Histoire écrite de cette manière qui est paradoxale lorsqu’on trie et choisit les événements et les faits au tamis de sa propre opinion politique ou qu’on les analyse complaisamment avec les tendances ou les circonstances politiques du moment.

Reprenons de la hauteur !

La colonisation existe depuis que l’homme s’est sédentarisé et qu’il a la notion d’un territoire qui lui appartient et qu’il défend ;  ce n’est qu’une loi de la nature suivie par toutes les espèces vivantes, plantes et animaux. L’esclavage existe depuis la même époque ; la défense d’un territoire occasionne des combats dans lesquels certains combattants sont faits prisonniers. Ce peut être le cas des clans comme celui des peuples. C’est souvent la population la plus évoluée qui prend le dessus sur l’autre mais la loi du nombre et de la cruauté joue parfois. Les populations résultantes bénéficient dans la plupart des cas, des apports de toutes natures des deux belligérants.

À l’analyse, la colonisation est généralement source de progrès pour le pays colonisé, même si des bilans approfondis méritent encore d’être effectués.

            Les colonisations s’effectuent par voie terrestre ou par voie maritime. Celle de l’Afrique, du chef des pays européens, a surtout été le fait de puissances maritimes qui commercent au début avec les peuplades côtières, qui y établissent ensuite des comptoirs puis des missions avant d’y imposer, éventuellement par la force, une administration. Ce sont ces mêmes puissances maritimes qui ont organisé la traite des Noirs au profit du développement agricole des colonies qu’elles possèdent sur le continent américain.

La traite des Noirs en Afrique du chef des pays arabes est aussi ancienne et s’effectue principalement par la mer rouge, au profit des pays d’Extrême Orient. Cette traite s’intensifie dans la seconde moitié du XIXe siècle.

L’esclavage et la traite débutent des siècles avant l’existence même de la Belgique qui, lorsque elle prend son indépendance en 1830, ne possède aucune flotte marchande ou militaire et dont le seul port important ne sera utilisable qu’après le rachat du péage de l’Escaut aux Hollandais en 1863 pour la somme de dix sept millions de florins des Pays-Bas, deux années avant le couronnement de Léopold II. La Belgique est donc condamnée à rester un petit pays d’autant plus que les 35 premières années de son existence furent socialement et politiquement pénibles : crise économique grave, famine, typhus, malaise social, pressions de la France puis de la Prusse

C’est la Grande Bretagne, le plus grand pays du monde à l’époque, qui garantira la neutralité du nouveau petit pays.

            Puisque la Belgique va devenir un pays colonisateur cinquante années après son indépendance, il me semble essentiel de faire un bref état des lieux au début du règne de Léopold II pour bien comprendre l’esprit de l’époque et la nature, la teneur et le poids des décisions qui vont être prises : 

Durant le règne de Léopold II, les pressions de la France et de la Prusse s’accentuent ; la Belgique crée l’École de guerre et, en 1870, elle mobilise 130.000 hommes pour défendre, contre ces deux pays, la neutralité de son territoire.
En 1878, à l’arrivée des tous premiers Belges au Congo, l’Université libre de Louvain inaugure un Institut agronomique tandis que l’État crée un Ministère de l’instruction publique et vote une loi organique de l’enseignement primaire (qui n’est toujours pas obligatoire) imposant aux 2.600 communes du royaume de créer chacune une école primaire neutre et laïque, ce qui provoqua une première guerre scolaire et amena, par une autre loi organique, le financement des écoles privées par l’état et l’enseignement primaire obligatoire jusqu’à l’âge de 14 ans.
  1. au point de vue social on constate la création du Parti Ouvrier Belge et des syndicats (1885, l’année de la naissance de l’État Indépendant du Congo), l’interdiction du payement des salaires en nature (1887), une législation restrictive pour le travail des femmes et des enfants (1889), la création d’un ministère du travail (1895), une assurance maladie et invalidité (1894-1898), la personnalité civile aux syndicats (1898), l’instauration d’une pension de vieillesse (1900),  réparation pour les accidents du travail (1903), le repos dominical (1905).
  2. Au point de vue électoral : en 1893, obtention du suffrage universel par étapes (25 ans et vote pluriel pour certains, notamment les chefs de famille ; seuls les hommes votent) ; en 1899 proportionnelle imposée pour la représentativité des partis au Parlement.
  3. en 1898, le flamand retrouve son rang de langue officielle ; 
  4. au point de vue militaire, le service devient obligatoire pour un fils par famille, vers 1908.
  5. Les progrès du machinisme, les applications des découvertes scientifiques à l’agriculture (les engrais), à l’industrie (Gramme : la dynamo 1871, Lenoir : les moteurs hydrocaloriques, atmosphériques, électriques puis ceux à gaz et à essence avec pour conséquence  l’invention d’un véhicule automoteur en 1862) et aux différents moyens de communication (télégraphe, téléphone 1884) et le dynamisme des barons d’entreprise (Solvay, Empain, Thys, Nagelmackers, Van de Poele, Jadot et beaucoup d’autres) modifièrent complètement les conditions de production et d’échange.

La Belgique, dont le nombre d’habitants avait doublé depuis l’indépendance au point de devenir le pays à la plus forte densité de population, devint une des principales puissances économiques mondiales (Troisième place, après les États-Unis et la Grande Bretagne).
Elle était indépendante depuis trois quarts de siècle à peine et l’importance du rôle joué par la Belgique en Europe dans  le dernier tiers du  XIXe siècle n’est pas suffisamment mise en lumière. (Sur 57 sociétés étrangères établies en Russie en 1900, 32 étaient belges).

Un grand entrepreneur non belge de l’époque dira dans ses mémoires : On paraît méconnaître la vitalité industrielle de ce pays ;  la hardiesse des capitalistes belges présente maintes analogies avec celle des Américains de la même époque.            On ne peut évidemment écrire l’histoire de la présence belge au Congo durant l’État Indépendant qu’en s’imprégnant de l’esprit et du dynamisme de la métropole durant cette période dans tous les domaines que nous venons d’évoquer. C’est  l’esprit entreprenant de la Belgique de l’époque, adopté, protégé et stimulé par le roi, qui va conditionner l’esprit avec lequel le développement du Congo va être entrepris. Tout au long de la période coloniale, n’en déplaise à ses détracteurs, un des objectifs de la Belgique sera de créer, au Congo, progressivement et selon les circonstances et les moyens, les conditions du développement social qui règlent la vie de tous les jours en métropole. (enseignement de masse, caisse d’épargne, allocations familiales, médecine pour tous, pensions etc.)

            Lorsque la Grande Bretagne signifie à Stanley qu’elle n’est pas intéressée par ces terres d’Afrique centrale et lorsqu’elle refuse de faire partie de l’AIA (Association Internationale Africaine) pour continuer à faire cavalier seul, c’est le plus puissant et le plus riche pays du monde qui s’exprime. Il faudra beaucoup d’audace, de témérité, de ténacité ou même parfois de « folie » raisonnée pour s’intéresser à ce que le plus grand pays du monde dédaigne. Il faut également être très conscient de ce qu’étaient les Congo vers 1875. J’ai utilisé le pluriel à dessein. 200 langues, 200 manières d’être et de penser, de vivre, 200 peuples à des degrés différents de développement, avec lesquels le contact était très malaisé, dont on ne connaissait rien et qu’il fallait impérativement fédérer pour créer un pays viable.

            Une exception à ce tableau, le Bas Congo qui, parce qu’il est en bordure de mer, avait été en contact depuis des siècles avec des navigateurs et des marchands et dont les populations étaient, de ce fait, d’une approche plus facile. C’est d’ailleurs là que s’établiront dans un premier temps, les missions protestantes puis les missions catholiques et enfin l’administration.  

            Mises à part les techniques de pénétration par les voies fluviales, je suis frappé des similitudes qui existent entre  la colonisation du Congo  et celle des Gaules ;  mais peut être en est-il ainsi de toutes les colonisations ;  je peux difficilement l’affirmer, n’étant pas historien. Les populations colonisées elles-mêmes sont de nature semblable : des sociétés rurales de cultivateurs, de pasteurs, de chasseurs ou de pêcheurs organisées en clans et en villages, aux rivalités fréquentes confinant parfois à la cruauté dans leurs combats mortels ou dans le traitement des prisonniers. Semblables et différentes à  la fois selon qu’elles vivent en savane ou en forêt, en plaine, en montagne ou au bord des eaux.
            Comme le colonisateur romain, les Belges défrichent de grands domaines, acclimatent de nouvelles plantes, instaurent la monoculture, construisent d’autres types de bâtiments et des routes, concentrent le travail agricole autour de plantations grandes et petites qui possèdent des forges, des scieries etc. comme les villae rusticae, introduisent l’instruction et une langue moderne sans négliger pour autant les langues vernaculaires qu’ils  décryptent et écrivent, gardant également le droit coutumier sous l’autorité de chefs locaux, reconnus et protégés.
Lorsqu’on se pénètre de ces prémisses on comprend, bien mieux et parfois différemment, l’action des uns et les réactions des autres.
            Lorsque des Belges, puis la Belgique colonisent le Congo, ils n’ont aucune expérience de cette pratique, ils ont 300 années de retard sur les grands pays colonisateurs et se refusent à copier servilement les méthodes utilisées par ceux-ci mais initient leur propre méthode, ce qui leur vaudra d’ailleurs, des reproches véhéments ou des louanges dithyrambiques.
Mais on doit à la vérité de dire que leur colonisation débute de manière effective au moment où les autres colonisations s’étiolent et où quelques théoriciens donnent à cette pratique, motivée à leurs yeux par des raisons ethniques, économiques, morales ou politiques, un fondement intellectuel systématique qu’ils appellent colonialisme ; espèce d’impérialisme colonial dont les motivations multiples non formellement avouées seraient : d’assurer le prestige de la métropole, de contrôler les voies de communications ou de s’approprier les sources de matières premières en s’interdisant de manufacturer celles-ci sur place et en organisant des relations économiques protectionnistes et exclusives avec la métropole.

            Peut être y a-t-il dans la personne du roi et dans celles des principaux dirigeants la volonté d’assurer le prestige du pays en le portant au niveau des autres grandes puissances qui possèdent toutes des colonies ? Mais n’est-ce pas leur rôle et peut-on leur en tenir grief ? Comment pourrait-on les suspecter de vouloir s’approprier des matières premières alors qu’on ne connaît rien de ces pays, sinon qu’il y existe des rivières, des forêts, de l’ivoire en quantité inconnue, du cuivre quelque part, mais en quelle quantité et sous quelle forme ; et que de toutes manières l’enclavement du pays ne garantit pas une exploitation rentable ?  Peut-on les accuser ensuite de ne pas vouloir manufacturer ces produits sur place alors que la Belgique fut le premier pays possédant une colonie à avoir organisé, très tôt, de telles entreprises en Afrique (Utexleo, Marsavco etc.)  ? D’autre part, les premières grandes compagnies ont été créées avec des capitaux belges, anglais, américains et français et ce sont les flottes de ces derniers pays qui amènent et évacuent les produits; étonnante manière d’organiser uniquement à son profit, des relations économiques protectionnistes et exclusives. Faut-il ajouter comme preuve, que la gestion du Congo était totalement indépendante et séparée de celle de la Belgique ;  volonté du Parlement belge, ou encore que les Belges furent les seuls colonisateurs à protéger les structures tribales et le droit coutumier et à promouvoir, chez le colonisateur, l’apprentissage et l’utilisation des principales langues bantoues.

            Curieux colonialisme, qu’il faut avoir l’honnêteté de  reconnaître dans sa nature et dans sa teneur, avant  d’écrire quoi que ce soit sur cette période et sur les personnes qui y ont vécu.
On ne peut coloniser qu’avec des hommes volontaires et disponibles. Mais comment mettre sur pied un enseignement de masse efficace alors que tous les professionnels sont employés dans les centaines de nouvelles écoles communales créées, à l’époque, en métropole ? Tout simplement en demandant aux missions de s’en charger ! En Belgique, du reste, un enfant égale un enfant quel que soit le choix des parents quant au lieu de son instruction. Tous les réseaux d’enseignement sont financés par l’État.

Au vu des reproches, on doit constater que le modèle démocratique n’a pas le même contenu ni le même poids partout.

            Comment imaginer des services agricoles efficaces alors que les rares ingénieurs diplômés des deux jeunes Instituts agronomiques suffisent à peine à remplir, dans la métropole, les cadres du ministère nouvellement créé, ceux des stations de recherche et ceux de l’enseignement secondaire agricole naissant ? Évidemment en utilisant dans un premier temps ce qu’on a de compétence sous la main : des botanistes !
            Comment assurer l’administration des stations créées, avec un personnel jeune, audacieux, débrouillard et discipliné, sinon en faisant appel aux jeunes officiers et sous-officiers de l’armée pléthorique mise sur pied durant la guerre franco-allemande de 1870 et dont la nécessité n’est plus justifiée au pays ?

Et lorsqu’on ne trouvera pas chez les Belges le personnel compétent requis, il sera fait appel à ce personnel dans des pays amis, notamment les pays nordiques, où on ira chercher les marins, qu’on ne possède pas, pour mettre en activité la petite flotte qui vient d’être construite.

            Mais c’est surtout dans le domaine technique des services que la détermination des Belges peut être démontrée.
Si la Belgique eut un chemin de fer 5 ans après son indépendance, l’État indépendant du Congo en eut un, opérationnel et bien plus long, dans des circonstances de construction beaucoup plus difficiles et délicates, 13 années après sa naissance. Des analogies du même ordre peuvent être mises en évidence pour le télégraphe et pour la poste et également pour les transports par camions dans les régions du nord, où les voies fluviales n’étaient pas navigables. La colonie eut même une ligne aérienne très tôt (1920, LARA ligne aérienne roi Albert) après l’expérience de la première guerre mondiale au cours de laquelle des hydravions furent utilisés, avec des équipages belges, pour reprendre le contrôle du lac Tanganyika.
Et si le premier universitaire congolais est diplômé docteur en droit de l’université de Louvain en 1935, 27 années après le début de la colonisation belge, on oublie celui-ci, personne n’en parle car cela contrecarre les argumentations fallacieuses des détracteurs. Il deviendra d’ailleurs bâtonnier de l’ordre à l’indépendance du Congo.

            Mais revenons à Raimondo Luraghi et à l’histoire des colonisations au moment où le Congo accède à l’indépendance et où l’historien vilipende les résultats de l’impéritie belge dans sa colonie. Les mots sont tellement durs et exagérés que je suspecte fort « l’historien » d’avoir mal digéré le fait, plaie d’amour propre encore ouverte en 1960, que 2.000 soldats congolais, mal encadrés par des officiers belges et des sous officiers belges et autochtones, mal armés, mal nourris, mal équipés, malades, ont, aux frontières de l’Éthiopie, battus et faits prisonniers, durant la seconde guerre mondiale, près de 20.000 soldats des troupes coloniales italiennes, y compris des chemises noires,  avec toutes leurs armes et tout leur matériel.

En fait d’impéritie, il y a donc pire.

            Un des grands reproches fait à la Belgique est la carence en élites politiques et  en universitaires autochtones au moment de l’indépendance. Pour peu qu’on s’informe et qu’on y réfléchisse, la première fois qu’on fait mention d’un enseignement universitaire au Congo date des années vingt (la colonie est âgée de 15 ans) à l’initiative d’un ingénieur agronome jésuite, le Père Hyacinthe Vanderyst. Malheureusement, la crise économique des années trente et les mesures prises dans la colonie pour résoudre la récession qui suivit, occulteront ces propositions jusqu’à l’initiative des ingénieurs belges du Katanga en 1944 qui créeront à Élisabethville une première candidature universitaire, boycotée dès 1945 par les autorités métropolitaines. Des faits de portée historique qu’on ignore ou qu’on tait trop facilement.
D’autre part, les Belges sont conscients qu’on ne peut créer un sentiment d’appartenance nationale, au départ de 200 peuplades, qu’avec le temps ; que l’existence de ce sentiment est indispensable pour que le peuple uni s’ouvre à la démocratie et que des élites émergent d’elles-mêmes de la masse ;  de la masse suffisamment instruite,  que pour pouvoir les contrôler.

Vaste programme politique qui a subi les aléas de la politique internationale et les coups de boutoir de certains pays à l’ONU, qui n’est pas abouti au moment de l’indépendance et qui est en retrait par rapport aux programmes économique, social et culturel. Ce sont surtout les populations rurales qui montrent un retard par rapport aux populations citadines ;  dès 1958, la Belgique avait envisagé de réduire ce retard en mettant à l’étude un vaste et audacieux programme décennal axé essentiellement sur l’évolution des zones rurales, programme qui devait prendre effet dès 1961 et qui ne verra jamais le jour.
                                                                                                                      ABE, 01/2010.           

         

Colonisation de l’Espagne par les Arabes par exemple ou celle de la Gaule par les Romains et la création de Carthage par les Phéniciens.
  L’Université d’État de Gand deviendra flamande après la première guerre mondiale, en 1920.
  En 1856, Léopold II, alors duc de Brabant, déclarait : “ Une sage politique nous enseigne qu’un peuple, jaloux de son existence indépendante, doit tenir à posséder une pensée à lui, à la revêtir d’une forme qui lui soit propre, et qu’en un mot, la gloire littéraire est le couronnement de tout édifice national ”.
Il y eut ainsi six département ministériels : Intérieur,  Justice, Finances, Travaux publics, Instruction publique et Affaires étrangères.
Pour gérer l’État Indépendant du Congo, il n’y eut que trois départements à Bruxelles et 8 directions sur place.
La vérité foncière dont vit la nation belge, c’est la liberté. L’entière liberté accordée aux cultes, à l’enseignement, à la presse, aux langues, aux partis, aux industries et aux négoces. (Albert Counson. Jeunesse Nouvelle.)
Organisation administrative et militaire, organisation économique, sociale, judiciaire, religieuse et même culturelle.

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Een auteur van een programma kan de namaker van zijn werk strafrechtelijk laten vervolgen, maar dat kan alleen als het namaken kwaadwillig of bedrieglijk is gebeurd. Niet alleen de namaker is strafbaar, ook wie namaakprogramma's voor handelsdoeleinden verkoopt, in voorraad heeft voor verkoop of invoert in België, overtreedt het auteursrecht.
Delcol Martine