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© Témoignage Bernard Veriter ©

N° 017

J'ai vécu durant la colonie belge au Congo.

La vie d'un adolescent européen dans la savane katangaise des années 1950

Ce récit est en actualisation permanente grâce aux échanges effectués sur la toile via Yahoo, MSN et Facebook

Préambule

En 1674 , le patriarche Martin VERITER meurt à Etalle en Belgique. Cinq générations après naîtra Nicolas Paulin VERITER en 1848, il va fonder la Brasserie VERITER qui disparaîtra après la seconde guerre. On peut découvrir les photos de la brasserie sur Google en tapant les mots « Brasserie Veriter «
J’ai retrouvé un sous verre de la brasserie Veriter et le numéro de téléphone était le 9.

Berthe l’une des filles du brasseur va épouser un lointain cousin qui porte le même nom qu’elle.

A cette époque, dans les grandes familles on donnait un enfant à l’Eglise et un autre à l’Armée.

Mon grand-père Georges fut donc officier de l’armée belge et par la suite, parait-il, il fut aide de camp du roi Albert 1°.

En 1906 mon grand-père Georges se met au service du roi Léopold II, qui a titre personnel, est propriétaire d’un immense territoire, l’Etat Indépendant du Congo, qui deviendra plus tard le Congo Belge.

Georges VERITER, était admis à l’Etat Indépendant du Congo en qualité de sous-lieutenant de la Force Publique, attaché au territoire de la Ruzizi Kivu. En 1907, il fut affecté au territoire de Beni en qualité de substitut suppléant. Promu capitaine de la force publique congolaise en 1910, il fut désigné pour commander la Compagnie du Bas Congo, il fut nommé commandant puis quitta le Congo en 1914, il a eu trois enfants en Afrique. De retour en Belgique il a eu des jumeaux en 1919 dont mon père.

Nicolas Paulin va décéder en 1926. Ce qu’une génération a construit la suivante va en profiter, il ne restera que des emprunts russes en héritage à mon père.

Papa écoutera avec émotion les récits d’aventures africaines de son père, aussi il rêve de partir également en Afrique.

En mars 1947 Papa ira seul au Congo il voyagera à bord du paquebot m/v Armand Grisar. Je le rejoindrai en mars 1948 avec maman à l’âge de 20 mois.

Le 23 mars 1948, Neptune, fils de Saturne, Dieu des Océans et des Cours d’eau me délivrera un certificat de baptême de l’équateur enregistré et délivré à bord du paquebot s/s TERVAETE par latitude 0 et longitude 03°38 Ouest. Le Tervaete est un cargo « Victory » de 7668 tonnes qui servit temporairement à transporter des passagers.

Le bateau tient son nom d’un hameau de Flandre occidentale où le régiment des grenadiers s’illustra lors de la bataille de l’Yser en octobre 1914.

Ma mère ne m'a jamais parlé de ce voyage, sauf pour me raconter un épisode un peu farfelu: j'aurais jeté mon nounours par dessus bord et le capitaine aurait arrêté le bateau pour le récupérer. Je ne crois pas à cet récit.

En visite chez Christabelle Demaeght, petite fille de Daniel j'ai trouvé les souvenirs d' Afrique d'un certain André Chauvaux qui explique ce voyage en bateau à bord d'un autre navire le M/V Charlesville le 22 septembre 1953.

André raconte que son bateau a été halé par deux remorqueurs puis lancé un rugissement de sirène et largué ses amarres pour s'écarter du quoi du port d'Anvers. André raconte comment il a été informé sur le bateau de sa destination finale et de son affectation de fonctionnaire en qualité d'administrateur territorial.

Le bateau a fait une escale technique à ténériffe pour mazouter comme a du le faire auparavant mon bateau le Tervaete. De cette escale il va rester 10 jours pour arriver en Angola. André va passer l'équateur au large du Gabon par 3°18 au lieu de 3°"38 pour moi.
Arrivé au port de Lobito en Angola nous avons du emprunter le chemin de fer de Benguela pour aller au Katanga . C'est un réseau ferroviaire exploité par le Caminho de Ferro de Benguela qui relie le port de Lobito sur l'Atlantique, en Angola, au réseau ferroviaire de la province du Katanga, en République démocratique du Congo, et à la Zambie.
Par sa liaison à travers la Zambie vers Beira et Dar es Salaam sur l'océan Indien , le chemin de fer de Benguela est un élément d'une ligne transcontinentale. Il est aussi raccordé, indirectement, au système ferroviaire d'Afrique du Sud.
En 1899, le gouvernement portugais commença la construction du chemin de fer pour accéder à l'arrière-pays et aux gisements minéraliers du Congo belge. En 1902, Sir Robert Williams, qui était l'ami de Cecil Rhodes, reprit la construction et acheva la liaison vers Luau à la frontière du Congo en 1929. La ligne se révéla très profitable. Après l'indépendance, la guerre civile angolaise entraîna l'arrêt de l'exploitation, et une grande partie de l'infrastructure fut endommagée ou détruite. En 2006, une société chinoise a annoncé la réabilitation du chemin de fer de Benguela, elle va rénover les 1 350 km de voies.
Lors de sa construction, la ligne a dû vaincre un dénivelé de quelque 1 800 mètres. 1 301 kilomètres de voie entre Lobito et la frontière de la RDC. Le trajet prenait à l'époque deux jours et deux nuits. Le projet initial voulait relier l'Angola au Mozambique, les deux principales colonies administrées par le Portugal. Mais dans les années 1980, quelques années après le départ des Portugais, en 1975, la guerre civile a fait sauter les ponts, détruit locomotives et wagons, ne laissant subsister de ce qui avait été l'un des plus importants couloirs ferroviaires du continent africain que ce petit train qui ne relie plus que Benguela à Lobito.
Les accidents de terrain avaient exigé le creusement de profondes percées, le remblayage de rampes gigantesques et le franchissement de gorges et de fleuves par 97 ouvrages d'art.

Ce premier voyage en Afrique a été effectué en compagnie de Paul Vannes qui avait quelques mois et moi 20 mois. Je l'ai retrouvé le 29 octobre 2010 au cours d'une réunion de l'association " Mémoires du Congo " qu'il préside avec brio.
Nous avons partagé une repas en commun au Musée de l' Afrique Centrale à Tervuren, où j'ai repris contact avec des anciens "coloniaux".

André raconte que le train voyage à une vitesse de 30 km/h de moyenne et donne tous les détails des haltes.

Arrivés dans les Marungus nous retrouvons mon père.
Daniel Demaeght l'avait devancé.
Le 31 mars 1946, Daniel reçut des instructions de son employeur pour rejoindre son poste au Congo.
Le 1° avril il est a Léopoldville arrivé avec un Douglas DC 4 .puis il part pour Stanleyville et ensuite Bukavu puis Uvira où il prend le train pour Albertville. De la il prend un bateau et arrive à Moba le 20 avril. Puis il prend un camion et arrive le lendemain à Pepa. Il arrive à Mulungusi où il n'y a pas de maison. Il dispose de 6 haches pour tailler des pierres, 2 barres à mines et 4 brouettes.

Nous aurons plus de chance, car nous allons occuper en mars 1948 la maison qu'il a construite.

Papa sera gérant d’un élevage dans les Marungus puis dans les Kundelungus. Le 11 juillet 1960, jour de mon anniversaire et de l’indépendance du Katanga, mes parents et des voisins effrayés par les nouvelles qu’ils avaient entendues à la radio, ont décidé d’évacuer les femmes et les enfants pour des raisons préventives de sécurité.

C’est ainsi que nous avons été évacués en Rhodésie du Nord ( actuellement Zambie ) dans une région située entre les lacs Tanganyika et Moero.

De cet endroit un avion militaire de la RAF nous a emmenés à Gwelo en Rhodésie du Sud ( actuellement Zimbabwe ). Après un séjour de quelques semaines nous fûmes rapatriés en Belgique.
Mon père étant resté au Katanga j’irai lui rendre visite avec mon frère pendant les vacances de l’année 1963.

Rentré définitivement en Belgique en 1965, mon père s’installera à Liège où il a trouvé un emploi.

De Liège j’irai au Luxembourg ou j’ai trouvé un emploi. En 1972 je rencontrerai Nicole, formateur dans une école d’assistantes sociales près de Metz. Nous aurons deux filles, Mireille née en 1975 et Maïlys en 1978. Je passerai au même moment un concours d’entrée à l’ Institut Régional d’ Administration et après 2 ans de formation je serais nommé attaché de préfecture.

Après un divorce en 1987, je rencontre Hilda, professeur de psychologie dans une université de Lima au Pérou. Nous aurons deux enfants, France en 1994 et Philippe en 1995. Hilda me quitte avec les enfants en novembre 2004, une longue procédure de divorce commence.

Le 25 juillet 2005 je rencontre Martine chez mon amie Raphaëlle WELTZ. Depuis nous vivons ensemble à Champigneulles.

Mes activités sociales :

J’ai commencé à militer dans une association de consommateurs, puis à la Ligue des Droits de l’ Homme, dans ce cadre je rédigeais des requêtes auprès des juridictions administratives pour le compte d’algériens, de turcs ou de congolais et angolais. J’ai eu la satisfaction d’obtenir le droit au séjour pour plusieurs étrangers et de faire évoluer la jurisprudence en la matière.

Ensuite je deviendrai conseiller juridique auprès du syndicat CFDT, et cette fois ci je rédigerai plusieurs dizaines de requêtes pour des fonctionnaires devant les juridictions administratives et même devant la Cour Européenne des Droits de l’ Homme.

Revenons au Katanga…

La maison est confortable et spacieuse, deux serviteurs africains ( appelés les boys ) assurent le service et la cuisine. Il n'y a pas d'électricité aussi tous les soirs c'est le même rituel, je vois mon père pomper les lampes Coleman afin de mettre de la pression sur le pétrole qui se diffuse dans un manchon et donne la luminosité d'une ampoule de 60 watts. Pour regagner ma chambre j'utilise une lampe tempête. Le pétrole sert aussi a faire fonctionner le réfrigérateur.

Le soir durant la saison sèche à 2000 mètres d'altitude la température peut exceptionnellement atteindre zéro degré, aussi un boy fait du feu dans la cheminée. Le jour le soleil fera remonter la température à 25 degrés.

La maison est isolée, mais entourée d'arbres et de jardins à la française. Il n'y a pas de voisins, le village africain est à 500 mètres et le plus proche européen à 40 km, pas de téléphone, pas de télévision ni radio mais un tourne disques à piles ou à manivelle. Pourtant je n'ai pas le souvenir de m'être ennuyé.

La journée je fais du vélo et je joue avec des enfants noirs qui confectionnent des voitures avec des plantes sauvages. Il nous est arrivé en saison des pluies de faire de la luge, c’est la boue qui remplace la neige et nous dévalons des pentes assis sur une caisse ou un sac de jute.

Il faut dire que la boue est très glissante, une route avec de la boue peut être aussi glissante qu’une route verglacée, j’en ferai hélas les frais, après un tête à queue sur une route boueuse, la voiture de papa ira dans le talus et je perdrais deux dents. Je visite aussi le village africain plein d'animations, les femmes pillent le maïs en rythme et en chantant puis profitent du vent ambiant pour séparer la farine des écorces et enfin préparer la bouillie du repas accompagnée de viande ou de haricots.

Un jour un administrateur est arrivé de la métropole et a demandé à mon père de construire des habitations en pierre pour les indigènes avec un toit en tôle d'aluminium et des fenêtres. De jolies petites maisons de deux pièces toutes blanches avec une cuisinière.

L'utilisation de ses maisonnettes ferait mourir de rire un spécialiste de sociologie africaine. L'intérieur des maisons fut induit de suie, car nos protégés n'aiment pas la couleur blanche, ni la luminosité et la fenêtre fut obstruée.
La pièce qui aurait du servir de chambre fut transformée en poulailler, dans l'autre pièce notre cuisinière n'avait aucune utilité car les ustensiles de cuisine de forme ronde pour être posés sur trois pierres auraient basculé sur le fond plat de ce fourneau.
Quant au toit en aluminium il n'avait pas l'inertie thermique du toit en chaume ou de paille locale, il apportait chaleur excessive le jour et froid la nuit. Cette paille avait d'autres fonctions c'est là que notre boy cachait certains objets et cela servait de table de nuit.
Vouloir réglementer la vie africaine depuis un bureau de Bruxelles même avec les meilleures intentions n'était pas une bonne chose.

Quittons les commodités africaines pour la recherche de notre confort avec les moyens locaux. Tout le mobilier était de conception locale, papa avait formé un menuisier. Le sommier du lit était constitué de lamelles croisées en peau de vache et le matelas avec de la laine de mouton.

Nous avions l'eau courante grâce aux courageux porteurs qui allaient chercher l'eau à la rivière pour remplir les réservoirs, l'un de ses réservoirs était situé au dessus d'une cheminée, il suffisait de faire du feu pour avoir de l'eau courante chaude.

Une fois par mois arrivait un camion qui apportait des victuailles et le courrier de Belgique et Paris Match pour avoir des nouvelles du monde. Une fois par mois arrivait également un médecin pour soigner les cas graves, car les cas bénins étaient traités par papa qui faisait fonction d'infirmier avec des consultations une demi-journée par semaine. Après le soin des corps venait le soin des âmes avec la visite du missionnaire. Nous allions à la mission située à 60 ou 70 km que pour les grandes fêtes catholiques, ce qui nous permettait de rencontrer les autres européens de la région.

Sur place nous avions un jardinier qui cultivait toute l'année des légumes courants, nous avions des fraises presque toute l'année. Les fruits locaux étaient les bananes et nous avions des physalis ou groseilles du cap ou amour en cage, avec lesquelles maman faisait de bonnes tartes et de la confiture.

Ce récit ne laisse pas apparaître l'activité principale de mon père qui est l'élevage de gros bétail, en effet les troupeaux sont dans des pâturages dans un rayon de 20 km autour de la maison. Accompagner mon père en visite dans ces pâturages est un plaisir pour moi, je découvre de nouveaux paysages et parfois une tribu qui n'avaient jamais vu d'homme blanc ( c'est arrivé une fois ).
L'activité la plus intéressante pour moi est le " dip ", les bestiaux attrapaient des parasites qu'il fallait éliminer par des produits chimiques. Pour réaliser cette opération une fosse avait été construite et remplie de liquide toxique, il fallait amener les bovins a sauter individuellement dans cette fosse et nager sur une longueur de 5 mètres. Faire passer environ mille vaches dans ce bain ce n'était pas une mince affaire, il fallait canaliser les troupeaux et aider les veaux avec de longues perches.

Après le dip le bétail se dirigeait vers des mangeoires ou il mangeait du sel mélangé de sulfate de cuivre, comme cure anti-verminose. Cette opération avait lieu tous les quinze jours.
Ce traitement était délicat, papa devait prélever une solution du produit et l’analyser car un bain trop faible est une opération inutile. Par contre un bain trop concentré peut brûler et empoisonner le bétail.

Durant la saison des pluies ce genre de promenade n'était pas sans risques, en effet les ponts étaient en bois et à la moindre crue ils étaient emportés, il fallait reconstruire le pont pour pouvoir rentrer.

Mais revenons à l'année 2002, le site de Myriam Dormal m'a permis d'être contacté par le dernier administrateur des élevages des Marungus, le sympathique M. Parbhoo qui a quitté la région en 1998, il y avait encore 40 000 bovins, mais depuis il y a eu la guerre l'arrivée des ruandais et au départ des troupes du Rwanda fin septembre 2002 il restait 2000 bêtes.

L’élevage Van Gysel des Marungu était en 1960 un des élevages les plus importants d’Afrique avec 45 000 têtes de bétail sur 200 000 hectares. Soit 2000 kilomètres carrés c’est à dire un peu moins que le Grand Duché de Luxembourg. On peut imaginer un carré avec 45 kilomètres de coté.

Historique de l’élevage des Marungu

Une visite chez Daniel DEMAEGHT m’a permis de récupérer une étude réalisée par le Docteur MORI, vétérinaire et directeur de l’élevage.

C’est en 1919 que Monsieur Jean VAN GIJSEL déployât ses premiers efforts pour implanter un élevage sur les plateaux des Marungu. Les premières bêtes arrivèrent de Zambie, elles étaient du type zébu amélioré par des taureaux Shorton.

 En 1948 fut constituée la société Jean VAN GIJSEL qui se transforma en ELGYMA en 1961 et en 1974 elle fut nationalisée et reprise par la Société CELZA. A ce moment là il y avait 45 017 bovins, 2130 ovins, 112 ânes et 61 chevaux.

 

Les Marungus

Les Marungu sont un massif situé au sud ouest du lac Tanganyika. La caractéristique de ces plateaux est l’absence de végétation arborescente, à l’exception du bord des rivières ou les acacias sont particulièrement bien représentés . L’altitude varie entre 1400 et 2300 mètres avec le mont Lusale qui culmine à 2452 mètres. C’est cette altitude qui empêchait les moustiques et le bétail ainsi que les humains n’étaient pas incommodés.
Le climat : la pluviométrie moyenne est de 1400 mm soit le double de celle de la France. En saison sèche, les gelées blanches sont fréquentes et c’est début juillet que les températures sont les plus basses.

Selon l'Institut de Botanique de l'Université de Coimbra

Il y aurait des plantes rares dans les Marungus du type Helichrysum odoratissimum (L.) Less.: près de Kamipini, versant S.du vallon de la Lunangwa, steppe plus ou moins rudéralisée,alt. 1650 m
des MONOCOTYLEDONES Liliaceae Smilax goetzeana Engl.
: au N. de Kasiki, galerie forestière au bord de la rivière Lufuko, ait. 2250 m à l'W. de Kasiki, frange forestière marécageuse au bord de la rivière Lunangwa, alt. 2300 m,
Senecio chiovendeanus Muschler
 Luonde, bord route, ait. env.1900 m,
Plantes rares ou nouvelles pour la flore du Katanga 243
Asparagus asparagoides
Kampilikwe, petit «bois», tête de vallon, à G?. de la route Baudouinville-Pepa, ait. 2100 m, à l'W. de Kasiki, frange forestière marécageuse au bord de la rivière Lunangwa, ait. 2300 m,
Dracaena steudneri
: à 3 km au S. S. E. de Luonde, forêt de ravin d'un affluent de la Kasia, ait. 1920 m, nov.
SYMOENS, J. J.
1955 Les monts Marungu se distinguent nettement, par leur
flore d'affinité afro-orientale, des autres hauts plateaux
katangais. Thèse-annexe, Univ. Libre Brüx.

Au poste ou était situé mon père il devait s'occuper d'un élevage qui selon les endroits variait entre 4000 et 8000 têtes de bétail, s'il y avait beaucoup de vaches limousines, il y avait aussi quelques zébus. Le nombre de travailleurs indigènes était de 400 environ selon mes souvenirs.

Le poids moyen des bœufs à 5 ans était de 500 Kg. En 1950 la société importa des taureaux et génisses de race brune des Alpes puis de race Limousine. Des taureaux furent également importés du Texas et du Pakistan  pour améliorer la rusticité du bétail.
Au poste de Kieruzi nous avions également des moutons et il me semble que l'unique utilité de ces moutons soit de fournir des peaux d'astrakan. En effet, dès que naissait un agneau noir bouclé il était tué et sa peau était prélevée.

Viande boucanée : souvent quand il fallait abattre une bête sa viande était boucanée, c'est à dire fumée sur un grillage couvert d'herbes ou feuille de bananier. Ensuite cette viande était distribuée le samedi aux épouses des travailleurs africains au cours d'un processus de distribution qui s'appelait le pocho.

Le pocho :  Au même moment mon père s'occupait de distribuer du maïs, de l'huile de palme et d'autres produits, cela constituait un salaire en nature.

Cette forme de rémunération était préférable au salaire en espèces car dès la paie de nombreux hommes faisaient la fête et étaient indisponibles pendant plusieurs jours et l'épouse comptait sur le pocho pour nourrir ses enfants.

Les moyens de locomotion :

Nous avions une voiture pour nos déplacements dans l'élevage et à Baudouinville ou Moba, plus rarement à Albertville. Pour rejoindre Elisabethville où était située l'école nous prenions le bateau à Moba puis après 2 jours de navigation sur le lac Tanganyika nous arrivions à Albertville ou nous prenions un avion DC 3 pour rejoindre Elisabethville après environ 3 heures de vol.

Le 17 août 1957 ouverture d'une piste d'aviation à Kamipini par Daniel Demaeght. Il aménage ensuite un aérogare et un bureau de poste.

A partir de 1958 un avion se posait à l'élevage de Kamipini.

L'avion qui atterrissait était un petit Cessna 310, bimoteur de la Cie Sobelair. avec des réservoirs en bout d'aile, comme fret on amenait des carcasses de veau réfrigérées.

Ces voyages en avion au-dessus des lacs Tanganyika et Moero et de la savane présentent pour moi un caractère inoubliable. Le pilote descendait parfois pour nous faire admirer la faune.

Histoire de crocodiles et ses rebondissements

En janvier 2006 au cours d’un échange sur la messagerie MSN avec Mme Marie Paule VILAIN au sujet de notre enfance elle me raconte garder un excellent souvenir des voyages en bateau sur le lac Tanganyika aussi je lui fait part de mes souvenirs tels qu’ils subsistent 50 années plus tard.

Marie Paule,

Peux me raconter en quelques lignes tes souvenirs du voyage en bateau de Moba à Albertville.
Y avait-il des crocodiles dans le lac, car je me souviens que l'on m'avait dit de ne pas jeter des pièces dans le lac car les petits noirs plongeaient pour aller les chercher et risquaient d'être dévorés.


Marie Paule  me répond :

 Les crocos, je n'en ai jamais vu, mais on me disait aussi qu'il y en avait beaucoup. Quant aux pièces jetées dans le lac je n'ai jamais entendu ni vu qu'on le faisait.
Au début, le quai appelé "pier" (Si l'orthographe est bonne" ) n'existait pas, aussi nous montions dans des pirogues et les noirs ramaient jusqu'au bateau qui était amarré à quelque 200 m du rivage. Par la suite, le "pier"  et même un  deuxième bien longtemps après, fut construit et le bateau accostait régulièrement, sauf par gros temps.

Car cela arrivait de temps en temps qu'il y avait une grosse tempête sur le lac, mais cela ne durait pas longtemps. Nous grimpions par un petit strapontin et le commandant (Le capitaine) qui je me souviens encore s'appelait Van Malcotte, qui nous connaissait bien. nous désignait notre cabine, donnant sur le pont.

Je n’ai jamais connu ce mode d’embarcation , Marie Paule est plus âgée que moi ce qui explique des souvenirs antérieurs. Elle continue :
 La cabine était assez petite, elle renfermait deux lits superposés et un petit lavabo.  Le restaurant se trouvait à l'avant du bateau. L'air y était brassé par 3 ou 4 ventilateurs fixés au plafond.
Il se composait de deux ou trois tables rondes fixées au sol et d'un grand bar sur l'avant.

Je me souviens bien de ce détail des tables fixées au sol mais par contre les assiettes n’étaient pas fixées et par forte tempête elle voyageaient d’un bout à l’autre de la table et cela m’amusait.

Souvent on entendait meugler le bétail que deux ou trois gardiens poussaient devant eux en vociférant et en lançant des coups de bâton ici ou là sur ces malheureuses bêtes, affolées dont l'une ou l'autre tombait parfois à l'eau et regagnait la rive en nageant tant bien que mal.  Au bout du "peer" une grue à la proue du bateau déployait un grand filet que l'on glissait sous le ventre du quadrupède et que l'on hissait et déposait dans la cale du bateau.  Les noirs et surtout beaucoup de femmes noires montaient avec leur gros baluchon les enfants calés sur leur dos avec un grand "mutambala" (si je me souviens du mot)  et s'installaient soit tout à fait à l'avant du bateau ou sous le pont. Lorsque nous partions, les enfants piaillaient, les vaches meuglaient dans la cale. Tout doucement tout se calmait et nous entendions le bruit régulier des machines.

On voyait le paysage et les hautes montagnes de Moba s'estomper doucement dans la brune. Dans la nuit, le bateau s'arrêtait

Nous étions arrivés à Mpala. Les pirogues s'approchaient de notre bateau. Certains descendaient dans les pirogues, d'autres montaient dans le bateau. Les enfants réveillés recommençaient à crier. Dans les pirogues, certains noirs essayaient vendre leurs marchandises : mangues, bananes, petites statuettes en bois, manioc. Après une heure ou deux d'escale,  nous reprenions notre voyage. Nous arrivions alors à Albertville le lendemain vers dix, onze heures (Si je me souviens bien) et nous apercevions parcheminés sur les collines toutes les jolies maisons blanches d'Albertville. C'était un vrai enchantement.

Sur Facebook je sympathise avec une ancienne élève de l'Institut Marie Josée, l'école des filles voisine du collège des garçons que j'ai fréquenté à Elisabathville. Cette amie Bernadette Deserranno, qui a deux reprises a refusé de me rencontrer lors de mes passages en Belgique, a une amie Sonia WILKIN qui réside à Durban en Afrique du Sud.


Sonia qui a lu le présent récit m'a mis en relation avec Jean Louis auquel j'ai adressé le message suivant :
De : Bernard Veriter
À : CFL BWJEAN
Envoyé le : Mer 20 octobre 2010, 23h 07min 35s
Objet : sonia wilkin
Bonsoir,
Sonia m’a donné vos coordonnées car je suis un nostalgique des “croisières” sur le lac Tanganiyka .
Bernard Veriter


Et voici la réponse de Jean Louis
Bonsoir,

Voici un récit bien passionnant qui m'a fait revivre les vacances que je passais chez Marcel Van Heck .Nous fréquentions l'athénée d'Albertville où ce dernier était pensionnaire. Ses parents avec son frère Edmond et sa sœur Jacqueline habitaient Moba. En + des deux fermes qu'ils géraient à 1200 et 1600 m, Edmond était transporteur dans la région et Jacqueline gérait un bar indigène qu'elle dirigeait avec fermeté. Récemment j'ai obtenu leurs coordonnées. Il ne me reste qu'à les contacter.

Lors de la rédaction (toujours en cours) de mes souvenirs je décris ces beaux jours dans les Marungu. Votre récit apporte les détails précieux  de cette vie et le travail des colons dans les élevages sur les plateaux congolais. Si vous me le permettez, j'aimerais ajouter sur mes pages en vous citant, les quelques lignes qui décrivent si bien ce témoignage vivant de votre enfance. 

Pour ma part je reste imprégné de cette existence sur le Lualaba. De Bukama à Congolo; de Kindu à Ponthierville. Une existence isolée de ces "villes européennes" en terre  africaine ! Mais aussi, je ne peux passer sous silence la vie au large sur le Tanganyika. J'ai laissé sur le site www.marinebelge.be dans la rubrique Congo CFL un descriptif de l'exploitation de ces lignes de navigation par la C% des Grands Lacs. Je crois que votre correspondante y retrouveras les clichés qu'elle en a gardé ...

Les crocos demeuraient un danger permanent sur le lac comme sur le fleuve (voir photo en attache). 

Quant aux pièces que l'on jetait aux petits noirs du pont du bateau cela était une tradition au port de Kigoma (Belbase) dans l'ex Tanganyika Territory, Tanzanie actuelle. Jamais de crocos n'avaient été signalé dans les parages des quais installés sur les rivages de cette immense baie.
L'eau était d'une pureté cristaline où l'on voyait les fonds à + de 10 mètres. Un autre divertissement attirait l'attention des passagers. Les déchets de nourriture jeté par dessus bord attiraient de grandes tortues à la surface de l'eau ...

Le premier membre de la famille arrivé au Congo y a laissé la vie en 1898 sur les rives du Lac à Moliro. Il était géologue dans l'expédition du Cdt Lemaire.  A 22 ans, assistant à l'Université de Gand, suite à une forte tempête comme le lac en avait la réputation, le naufrage de son embarcation mettait fin à une carrière qui n'était qu'à ses débuts. Jean Dewindt était mon grand-oncle, (frère de ma grand-mère paternelle). Il figure parmi les pionnier d'Afrique au musée de Tervuren.
De nombreux membres de ma famille tant paternelle que maternelle ont fait carrière en Afrique. Outre mon grand-oncle, mon grand père maternel y est arrivé en 1922; Mon oncle en 1925 (qui deviendra après la guerre commissaire de district à Kamina); Mon père en 1928 et sommes 5 enfants a y être nés.

Dans un premiers temps vous trouverez en attache quelques photos.
Je vous remercie de m'avoir contacter et souhaite vivement de poursuivre notre correspondance car il y a encore bien des évocations de ce passé à mettre au jour.
A vous lire, bien amicalement

JLG (Jean-Louis Gabriel)


Bernard Veriter 29 octobre, à 22:42

Réunion de Mémoire du Congo - On a dégusté une bonne moambre. Bu de la bière africaine dans un verre Primus et j'ai pensé à toi car le pousse café était une liqueur sud africaine.
Bises (at)+

Sonia Wilkin 29 octobre, à 23:21 Signaler
Oh les salauds!!
Une moambe, une Primus et probablement de l'Amarula comme pouce-café.. Et tout ça, sans moi!!?
Mais c'est un crime!! :-)
As-tu vu Jean-Louis Gabriel?
As-tu retrouvé des connaissances?
Envoyé via Facebook Mobile




2Bernard Veriter 29 octobre, à 23:26
Je n'ai pas vu Jean Louis. Mais j'ai revu des connaissances . Paul Vannès qui était sur le même bateau que moi en mars 1948. J'ai montré les photos de Jean Louis à toute l'assistance et ils ont été impressionnés par l'énorme crocodile !



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Sonia Wilkin 29 octobre, à 23:41 Signaler
C'est le croco qui a tué le petit Mario Rotta (10 ans), ami de mon frère.. On a vu l'accident!
Mario Pereira (avec le croco) était le meilleur ami de mon Père! Les 2 familles, nous nous connaissions depuis le berceau! Ce croco était une femelle de... 7m de long!!  C'est mon père qui l'a chassée toute la nuit avec 2 policiers sur son bateau.. Ils ont lutté toute la nuit puis, les vagues se sont levées et le croco, épuisé, a lâché le corps abîmé du p'ti (1 bras & 1 jambe manquaient).. Ils l'ont mis dans le bateau puis ont achevé cette sale bête! Ils ont trouvé l'annulaire & alliance d'une femme Africaine disparue 1semaine plus tôt!


From: nadine evrard
Sent: Saturday, October 30, 2010 8:09 AM
To: bernard veriter
Il y a au sujet de crocodile géant un autre monstre du même genre, dans le  Tanganyika aussi, qui a été surnommé "Gustave" et qui a donné pas mal de fil à  retordre à plusieurs équipe qui ont essayé de le capturer.   Il aurait déjà  attaqué et tué 300 personnes d'après les histoires racontées sur place. Voir sur internet, "crocodile Tanganyika, Gustave"

Gustave. Le Crocodile Géant d’Afrique

C’est au Burundi, sur les rives du lac Tanganyika et à proximité, qu’un crocodile géant a semé la terreur pendant 10 ans.
Ce crocodile du Nil, surnommé Gustave par les scientifiques, aurait tué environ 300 personnes.
Un documentaire diffusé sur France 3 nous a permis de découvrir ce monstre qui n’a pu d’ailleurs être capturé et est probablement mort aujourd’hui.
Cette émission bien qu’intéressante ne nous délivre quasiment aucune information scientifique sur ce crocodile. S’agit-il d’un crocodile du Nil hors norme, de la même manière que certaines personnes ont des mensurations supérieures au standard ? Possède t-il des caractéristiques particulières qui en feraient un crocodile d’une espèce non répertoriée ? En comparant les images tournées au Burundi et celles de crocodiles du Nil, nous pourrons peut-être répondre à ces questions.

Gustave est-il un crocodile exceptionnel ?
D’après les trois scientifiques qui ont essayé de capturer ce crocodile, Gustave mesurait environ 7,50 m pour un poids évalué à une tonne. Dans le documentaire, on peut entendre : « Ces chiffres sont exceptionnels car un crocodile du Nil atteint rarement 5 m pour un poids de 500 kg ».
Un autre point important est l’âge estimé de Gustave. Quand le crocodile ouvre la gueule, la scientifique remarque qu’il possède une dentition parfaite. Pourtant, d’après sa taille, elle fait la remarque suivante : « Il doit être centenaire et pourtant d’après sa dentition, il a environ 60 ans ».

6Gustave, le crocodile géant (© France 3)

Une remarque, malheureusement très brève, est faite concernant deux crêtes osseuses que ce crocodile a de chaque côté de la tête.
Par ailleurs, on peut observer Gustave dans son élément naturel. On le voit à plusieurs reprises prendre des bains de soleil sur des bancs de sable. A un moment donné, il est au milieu d’un petit groupe de crocodiles et ne leur montre aucune agressivité ce qui prouve d’ailleurs que ce ne sont que des femelles.

Les transmissions :
Pour communiquer avec le poste central de Pepa et nos voisins nous utilisions des porteurs de messages comme le faisait les Incas. Ces messagers parcouraient à pied des distances de 40 km environ, même la nuit en cas d'urgence.

La chasse :

C'est dans l'élevage des Kundelungus que mon père tua le plus de lions afin de protéger le bétail. On ne chassait jamais le léopard car c'était un animal plus dangereux que le lion.
Mon père m'a expliqué que si le lion chargeait, le léopard lui attaquait généralement par ruse ou surprise. On m'a raconté l'histoire d'un européen qui ayant visé un léopard avait vu ce dernier s'immobiliser et croyant l'animal tué il s'était approché sans crainte et c'est alors que le fauve sauta sur lui. La nuit quand on fixait les yeux d'un léopard avec une lampe il fermait les yeux et formait un cercle pour vous surprendre par derrière. Nous attrapions les léopards avec des pièges.

Différentes sortes de pièges étaient utilisés, l'appât était un animal quand le fauve touchait ce dernier il actionnait une décharge. Il existait aussi le piège à mâchoires qui immobilisait la patte. Un jour mon père prévenu qu'un fauve avait été pris au piège alla sans crainte voir la prise, qu'elle ne fut pas sa surprise de constater que l'animal piégé terminait de ronger sa patte pour se libérer et constituer ainsi un danger.

Petites cachotteries de chasseurs de lions

Je me souviens être parti un jour à la chasse au lion avec papa, il me reste un souvenir d’une grande et profonde peur, ces souvenirs remontent à 50 ans environ, il y avait de grandes herbes et on avait entendu le lion rugir, aussi j’avais extrêmement peur de le voir sortir d’une touffe d’herbes. Je n’ai pas vu le lion et je n’ai plus voulu y retourner.

Avant de continuer je voudrais vous poser une devinette : pourquoi les chasseurs partaient-ils parfois avec des bouteilles vides ?  Vous trouverez la réponse un peu plus loin dans le récit.

La chasse avait lieu souvent la nuit aussi papa avait une lampe au dessus de la tête et un serviteur noir l’accompagnait pour tenir la batterie, un moment ils aperçurent le lion, le noir eu une frousse bleue qu’il lâchât la batterie et papa se retrouva dans le noir, il tira et blessa le lion qui disparut. Dorénavant mes parents décidèrent d’aller chasser ensemble. Ils partaient toujours avec plusieurs fusils chargés.

Les lions sont parfois des animaux paisibles, un jour papa et maman étaient  partis à la chasse et ne trouvaient pas le fauve, maman ouvrit la fenêtre et y passa son bras et senti une fourrure …hélas je ne connais plus la suite de cette histoire. Au début de notre arrivée dans la brousse les fauves n’avaient pas encore été chassés par la civilisation, aussi papa montait la garde lorsque maman allait aux toilettes situées à l’extérieur. Par la suite nos maisons furent mieux équipées.

Voici l’utilité des bouteilles vides que papa prenait lorsque des européens de la ville venaient voir ou chasser le lion avec lui. Quand un lion saute sur la capot, on a peur qu’il casse le pare brise d’un coup de patte et il vous prend alors une envie irrésistible d’uriner, d’où d’utilité des bouteilles.

Les singes

C’était une plaie car ces animaux aux apparences charmantes pouvaient difficilement cohabiter avec les hommes. Mis à part l’aspect danger à cause des morsures, c’étaient des grands chapardeurs et maman me racontait qu’ils étaient rusés. Ils remarquaient où vous mettiez la clé d’une armoire pour à leur tour essayer de l’ouvrir en votre absence. C’était difficile de jardiner avec eux, ils passaient derrière le jardinier pour récolter les graines qui avaient été semées.

On pouvait difficilement s’en débarrasser, les tirer au fusil présentait un inconvénient insupportable aux âmes sensibles. Quand ils étaient blessés il arrivait qu’ils ramassent leurs tripes et s’enfuient en criant avec des sons proches d’un humain.

Les lapins

Quand maman voulait manger du lapin, papa attendait le soir et sortait la voiture après quelques kilomètres un lapin se mettait sur la piste entre les phares de la voiture, il couraient vite ces lapins. Il suffisait d’accélérer au bon moment pour assommer le lapin avec le pare choc de la voiture. Ensuite demi tour pour le récupérer. Ce n’était pas toujours aussi facile que je l’écris, car il suffisait d’un tournant pour que notre lapin quitte la piste. Bon, il y en avait d’autres. Un soir j’ai pris le lapin sur mes genoux pour le caresser, quand il s’est réveillé il a du avoir peur car il s’il s’est soulagé et j’étais tout mouillé.

Les insectes

J’ai un peu honte de raconter cette histoire, car avec mes camarades africains on faisait souffrir les insectes.

On enlevait les ailes des sauterelles puis on jouait avec elles sur un petit circuit que nous avions aménagé, avec un pont au dessus d’un petite flaque d’eau, des enclos etc. …Nous faisions aussi souffrir des bourdons qui avaient creusé des trous dans des arbres, nous étions à plusieurs et les bâtons introduits dans les trous faisaient chanter les bourdons à notre rythme. Ces petits jeux d’enfants n’étaient rien à coté de la souffrance que pouvaient infliger les bouviers qui tuaient une vache entravée avec un couteau, je me souviendrais toute ma vie de ses litres de sang qui sortaient de sa gorge. Eh oui, il y a aussi des mauvais souvenirs.

Les grenouilles

Mon père était gérant d’un élevage pour une société qui s’appelait Van Gijsel et qui était propriétaire des magasins Sarma.
 Dans les Marungus il y avait plusieurs postes et selon les années mon père était affecté dans un poste et tantôt dans un autres. Notre situation matérielle était donc variable en fonction des lieux d’affectation. A des endroits, les porteurs d’eau étaient nécessaires pour notre alimentation en eau, mais nous étions parfois situés à proximité d’un cours d’eau. Alors là à certaines époques on ne pouvait dormir la nuit à cause du croassement des crapauds. Puis la journée c’était une joie de se baigner car celui qui avait fait l’installation d’eau en prise directe avec la rivière avait omis de poser un filtre. C’est ainsi que lorsque l’on ouvrait le robinet de la baignoire, il s’écoulait des dizaines de têtards, c’était pour moi enfant un plaisir de prendre un bain.

Les serpents

C’était la hantise de mes grands parents restés en Belgique mais je ne me souviens pas en avoir vu. C’est vrai que je jouais avec des enfants noirs qui connaissaient les endroits où il ne fallait pas mettre les pieds, puis ils m’expliquaient que les serpents étaient peureux et qu’ils piquaient souvent par réflexe, aussi à certains endroits on frappait du pied sur le sol quand on marchait pour faire fuir les serpents, c’est ainsi que je n’ai jamais vu de serpent. Ce que je trouvais de temps en temps c’était des peaux de serpents qui avaient fait la mue.

Un autre chapitre ou l'épilogue de mes aventures africaines

Mes retrouvailles avec Serge

Au Congo je me souviens qu’il y avait des rivalités entre ceux d’Elisabethville et ceux de Léopoldville. De retour en Belgique il y en a avait entre les colons et les métropolitains. Et au Katanga je me souviens de remarques de mes parents au sujet d’européens qui venaient en touristes faire un tour en brousse.

Car entre la vie en brousse et la vie en ville il n'y a pas beaucoup de choses en commun, c’est pourquoi je fus heureux de retrouver Serge en 2003, après l’avoir quitté en 1959. Serge et moi nous avions été internes au collège.

Depuis plusieurs années Serge cherchait à me retrouver, dans les annuaires d’anciens élèves, dans l’annuaire téléphonique. Peine perdue car j’avais quitté la Belgique en 1969.

En 2002 il alla surfer sur le site Elisabethville de Myriam DORMAL et il y trouva une photo d’un groupe d’enfants du Chiro sur laquelle Serge était à coté de moi. C’est ainsi que nous avons rétabli le contact grâce à la magie d’internet. Nous nous sommes revus le 15 août 2003.

Mon épouse Hilda rendait visite à une amie chilienne habitant Lille aussi ce n’était pas un grand détour de passer chez Serge.

Quel excellent accueil nous avons reçu, l’épouse de Serge avait décoré la table de motifs africains. Serge avait fait venir ses deux filles avec époux et enfants.

Nous avons passé plusieurs heures a discuter et nous nous sommes trouvés de nombreux points communs. Quelle chance que nous avons, d’avoir évolué dans une même direction, après 45 ans de séparation, il aurait pu devenir témoin de Jehova, mais non il est devenu anti-clérical. Cela se comprend, à force de nous obliger de fréquenter l’église tous les jours, les salésiens nous ont donné une overdose de religion. Le dimanche nous allions d’abord à une première messe, puis à la grande messe puis le soir au salut.

Si je peux me permettre une image, c’est comme le caviar, si on en mange tous les jours et trois fois le dimanche, on finit par ne plus l’apprécier.

Je suis devenu non pratiquant. Toutefois, j’ai accepté que mon épouse Hilda mette nos enfants dans une école privée catholique, cela me coûte 120 € par mois pour les deux. De plus France fait partie des petits chanteurs de la Cathédrale ou plus exactement du chœur préparatoire de la maîtrise de la Cathédrale de Metz.

Il y a un point sur lequel je ne suivrai pas Serge, je n’irai pas le rechercher dans un bois la nuit avec une boussole. J’aime les promenades en forêt mais je suis plutôt un adepte du GPS de jour.

Serge m’a envoyé des photos de moi que je n’avais jamais vues comme par exemple une photo de communiants sur les marches de l’église du collège sur laquelle j’étais déguisé en enfant de cœur.

Les Marungus vus par d’autres

La revue TAM-TAM dans son bulletin N°95 de 2004 publie un article de Claude SPITAELS  «  J’étais pilote au Zaïre «  l’auteur évoque son passage dans les Marungus voici quelques extraits : Avec un Islander il doit se rendre à Pepa à un peu plus de 500 km de Lubumbashi et deux heures et demie de vol.

« Le paysage est somptueux. Je survol l’immense plateau du massif des Kundelungu bordé de falaises à pic de 700 à 800 mètres de hauteur. Il est recouvert d’une savane herbeuses où la faune abonde : lions, éléphants, zèbres, antilopes… Sur ma droite, se dessinent maintenant les rives du lac Moero aux eaux peu profondes. Ce lac constitue la plus orientale des sources qui donneront naissance au majestueux fleuve Zaïre. J’arrive à la verticale de Pweto sur la rive nord ouest du lac. Pweto est un des plus anciens postes du Katanga …l’endroit où le lac se déverse dans la rivière Luvua …Cette bande herbeuse plus claire doit être la piste de Pepa,…une bâche est déroulée sur le plancher de l’appareil afin de protéger celui-ci des coulées de sang. L’appareil sera chargé de 800 kg de viande, charge maximale autorisée au niveau de la mer or Pepa est à 2000 m d’altitude.

La revue Kisugulu prête également ses colonnes à Eric Henckaerts qui séjourna dans les Marungus en 1949

L’indépendance du Congo

Sur la pression des grandes puissance la Belgique décide de donner l’indépendance au Congo, mais la gestion paternaliste de la Belgique n’a pas permis la formation de cadres congolais et l’indépendance est prématurée.

Par ailleurs, les richesses minières du Katanga, qui a fourni l’uranium pour la bombe d’Hiroshima, attirent bien des convoitises, il en résulte une guerre civile qui dure encore en 2004.

Le 11 juillet 1960 le Katanga déclare son indépendance et nous entendons de bien mauvaises nouvelles du reste du Congo, comme le viol de religieuses blanches. Par précaution les hommes évacuent les femmes et les enfants en Rhodésie du Nord, actuellement Zambie, puis retournent dans les Marungus pour gérer les élevages. De Zambie un avion militaire de la RAF nous évacue en Rhodésie du Sud, actuellement Zimbabwe. Nous sommes recueillis quelques mois par une famille anglaise de Gwelo, près de Bulawayo, dans le sud de ce magnifique pays, qui est une ruine actuellement suite à la gestion désastreuse de Mugabé.

Le retour en Belgique

Il est difficile pour notre famille habituée a vivre sous les tropiques dans une certaine aisance. J’ai été pensionnaire chez les Salésiens, mais le régime était beaucoup plus doux que dans des institutions religieuses similaires en Europe.

Bien entendu nous n’échappions pas à la messe quotidienne, mais un boy (serviteur noir) viendra faire nos lits et ranger notre chambre individuelle. Nous avions une piscine au sein de l’école, dans la cour de récréation il y avait des palmiers, des manguiers et des bougainvilliers. En Belgique je connaîtrai les dortoirs des frères Maristes de Arlon, une horreur pour moi et mon frère, nous ne supportons pas ce régime et nous aurons droit à une chambre pour nous deux. Mes parents vont me mettre en pension chez les Aumôniers du Travail à Pierrard Virton.

L’ultime retour au Katanga

En 1963 je rejoindrai seul avec mon frère  mes parents au Congo. Je garde un bon souvenir de ce voyage nous étions tous des jeunes qui retournaient voir leurs parents en Afrique. On chahutait dans l’avion, de manière inconsciente, car on avait décidé de changer de place tous ensemble d’un seul coup d’un coté à l’autre de l’avion pour voir la réaction. Arrivé à Athènes, l’avion est en panne du fait d’un bec d’oiseau qui aurait abîmé l’aile. Chouette on va s’amuser à Athènes.

Ce 26 août 2010 j'ai appelé Camille GREVISSE un ancien collègue de mon père au Katanga, il comprenait encore bien le Swahili. Il m'a passé ensuite sa fille Anne qui se souvient ce voyage en avion en 1963, elle avait 7 ans environ.

Arrivé à Elisabethville j’y trouve les troupes de l’ONU qui occupent la ville, comme je fais des bêtises, j’ai 17 ans, Papa envoie un avion me chercher pour m’emmener dans l’élevage au nord de la province. Après les vacances Maman rentre avec nous en Europe et laisse papa seul dans l’élevage.

Papa ne souhaite plus de rester seul en Afrique, il démissionne en 1965 et rentre définitivement en Belgique. Ayant trouvé un emploi à Liège, il vend sa maison de Arlon et achète une maison à Liège c’est ainsi que je deviens un citoyen Liégeois. En Belgique on appelle Liège la cité ardente, il y a dans cette ville quelques partisans du rattachement de la Wallonie à la France, sans toutefois devenir département français. Les collectivités belges ayant acquis certaines libertés, elles ne voudraient pas le joug d’une France centralisatrice et jacobine