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Témoignage de Gabriel Rahier

N° 005

Indépendance du Congo Belge

1960, poste Doko Kilo Moto

Comme la situation y était explosive, l'indépendance de ce pays s'annonçant à grands pas, notre père décida de nous apprendre à conduire la voiture (une Ford).

Cette leçon de "conduite pratique" nous pris toute une après-midi.   Ce soir-là, papa nous avoua se sentir un peu plus soulagé, car il craignait être blessé, au pire tué, nous pouvions dès lors, Claudy ou moi,  prendre le volant pour fuir tous les quatre vers Juba....

Et voici les circonstances particulières dans lesquelles nous avons appris à conduire...

Evacuation

WS2010GabrielRahierN°5

Mais dés le lendemain de notre arrivée, on parlait d’évacuer tout le monde car le bruit courait que la garnison de Watsa s’était révoltée et ce jour là, enfants et  parents, nous avons passé notre temps à recharger les fusils que l'armée avait distribué aux blancs pour se défendre.   Au soir du troisième jour, nous recevions l'ordre impératif de plier bagages sur l'heure et de nous rassembler au club.   Nous formons alors un convoi en respectant un écart de 50 mètres entre chaque voiture...   Le soir venu, la caravane se met en branle-bàs...   Ce fut la nuit la plus longue de ma vie...    Dans chaque village  que nous traversions nous étions accueillis par des jets de pierres.   Nous n'étions pas rassuré du tout et nous avions très peur mais heureusement ils n’avaient pas pensé à bloquer les routes, si cela avait été le cas nous nous serions défendus avec acharnement car toutes les voitures étaient lourdement armées...   Le pénible trajet terminé nous arrivons enfin à la frontière que nous ne pouvions franchir qu'à la seule condition d'avoir déposé les armes chez le marchand Grec ou elles  resteront en dépôt en espérant que nos parents puissent les récupérer après nous avoir évacués...

Nous passerons la frontière en étant contrôlés tous les deux kilomètres par l'armée congolaise et enfin nous arrivons à JUBA...   Nous étions sauvés!!!

Les réfugiés de Doko,Watsa, et autres postes de Kilo Moto à JUBA. WS2010GabrielRahierN°5

 

Sauvés, mais nos problèmes n'étaient pas pour autant terminés.   

L'ambassade de Belgique prend contact avec tous les évacués et nous sommes rassemblés au champ d'aviation de Juba.   Là, l'ambassadeur, que je considère encore aujourd'hui comme un crétin et un salopard, profitant du désarroi des réfugiés, distribua des feuilles qu'ils fallait signer...   Dans la confusion générale, beaucoup les signeront sans en avoir pris connaissance...

C'est alors que l'un nos compatriotes, s'étant rendu compte de l'infâme supercherie, s'insurgea, se hissa sur une table, interpella violemment l'ambassadeur et somma celui-ci de restituer tous les papiers signés...   Dans un premier temps, le malhonnête homme refusa d'obtempérer mais devant la foule qui devenait de plus en plus menaçante il fini par se soumettre...   Dans la cohue de l'évacuation, nous étions partis sans un sous en poche et nous avions tout perdu, nous étions ruinés, malgré cela, sur les papiers litigieux, le gouvernement belge obligeait les réfugiés à rembourser le prix des hôtels ainsi que le prix du billet d'avion pour le retour vers la Belgique.   Sans l'intervention judicieuse et courageuse de notre compatriote, nous parents se seraient retrouvés dans la misère...  Mais cela se termina bien et je crois que personne ne dû débourser le moindre franc...     

   Journal et articles Soudanais de l’époque    

WS2010GabrielRahierN°5<==

The Sudan Daily  13 juillet 1960

Des réfugiés du Congo  arrivent à KHARTOUM

Hier à 12 heures un avion des Ethiopian  Airlines a atterri à Khartoum avec à son bord 40 réfugiés belges an provenance de JUBA, il y avait un homme ,18 femmes et 21 enfants et bébés.

Ils ont été reçus par les autorités policières et les représentants de l’ambassade de Belgique.

Ils ont été bien accueillis dans le restaurant  de l’aéroport où des rafraichissements leur ont été offerts.

Des dispositions ont été prises aussi rapidement que possible pour les installer à Khartoum jusqu’à ce que avion de la compagnie SABENA vienne les prendre pour les rapatrier vers Bruxelles.

Plus tard  dans la journée 76 réfugiés sont encore arrivés.

Les réfugiés racontent qu’ils ont quitté Watsa, à 700 miles de Stanleyville et près de la frontière Soudano-Congolaise, dimanche dernier via le poste frontière d’ABA et qu’ils ont eu seulement 45 minutes pour préparer leur départ.

Ils ont l’air en bonne santé et tous expriment leur gratitude pour l’aide que le gouvernement soudanais leurs a apportée tant à Juba qu’a Khartoum

Khartoum 11 juillet 1960,

Plusieurs convois supplémentaires de voitures transportant des refugiés en provenance du Congo ont continués à  arriver tout au long de la journée à JUBA et environ 500 personnes  , en provenance  par route de YAMBO et de MERIDI sont attendues  et devraient arriver durant la nuit.

La route d’ABA, à la frontière Congolaise vers Yei a été fermée car le pont qui relie ABA vers l’intérieur du  Congo a été endommagé et la sortie vers le Soudan a été fermée.

Le seul accès vers le Soudan se fait maintenant via MERIDI et YAMBO.

Les autorités locales à JUBA ont rendu accessible toutes les ressources possibles dans la ville pour les réfugiés

Les derniers arrivants à JUBA ne rapportent aucunes violences des les districts voisins du Congo d’où qu’ils viennent.

Léopoldville, 12 juillet 1960

Le désastre poursuit la République du Congo âgée seulement de 12 jours. En effet, aujourd’hui la province du KATANGA à décidé de faire sécession. Sécession et Indépendance  totale, ont été annoncées à la radio la nuit dernière depuis Elisabethville , la capitale provinciale, par Mr Moïse Thsombé , premier ministre du Katanga.

Il offre à la Belgique, qui avait transférér le pouvoir du Congo au Gouvernement  de Mr Patrice LUMUBA, la chance de faire un arrangement économique avec le Katanga et lui demande de poursuivre son aide, militaire financière et technique.

Si la Belgique refuse de reconnaitre le Katanga  ‘comme pays libre et indépendant ‘ il pourrait faire appel au reste du monde libre pour qu’il reconnaisse le droit du peuple katangais à la liberté de choix à ajouté Monsieur Thsombé.

Il déclare que le règne de terreur au Congo, où les soldats africains mutinés de la Force Publique continuent leurs activités   aujourd’hui  a été  délibérément  établie par le nouveau Gouvernent Central.

Il accuse également Monsieur LUMUMBA d’essayer de casser l’administration existante en essayant de mettre en place un ruineux et com………. (suite manquante)

Avant de partir il appelle les services des spécialistes des Nations Unies pour qu’ils  aident à réorganiser la Force publique mutinée.

Plus tard, Monsieur Thsombé déclare, que quand Monsieur LUMUMBA est arrivé à Elisabethville, il a envoyé trois ministres pour le prévenir de la sécession Katangaise et lui demander de partir immédiatement.

Monsieur Thsombé a nommé le major WEBER des para-commandos   comme officier coordinateur en charge des forces armées et de la police katangaises. Avec le pouvoir ‘d’agir en mon nom’

Il a ajouté que les troupes belges resteront au Katanga. En fait il a demandé que les troupes soient envoyées depuis KAMINA, la grande base belge  à environ 20miles de la capitale vers Elisabethville.

Durant l’après-midi Monsieur  Thsombé à décidé avec le Major Weber d’envoyer des troupes vers JADOTVILLE, après que les représentants de l’église grecque aient rapportés des pillages dans la ville.

Léopoldville elle-même est calme, mais notre correspondant spécial sur place, dit qu’il existe un état de ‘pré- panique’ à Elisabethville et qu’un réfugié rapporte qu’une grande usine textile serait en feu là-bas.

 

RAPPORT des PROVINCES

 

Stanleyville : Une situation explosive avec des villageois africains qui sont à la recherche d’armes et dévalisent les banques. YANGA à 100 miles de Stanleyville : une radio amateur informe que les européens sont encerclés et attaqués.

LULUABOURG  3 européens tués après que les paras soient arrivés.

 Port de MATADI  Les troupes belges sont en action contre les mutins des troupes congolaises.

Rapport de tirs dans différents endroits de la province du Katanga et Elisabethville fait savoir que les vivres manquent déjà pour ses 170.000 habitants africains

Sir ROY WELENSKY, le 1er ministre Rhodésien, déclare la nuit dernière depuis Salisbury, qu’aucune troupe Fédérale n’est entrée en République du Congo suite à la demande de Monsieur Thsombé

Il déclare cependant, que le gouvernement fédéral se réserve le droit d’utiliser la force dans tous les cas qui pourraient servir les intérêts des populations de la Fédération..

Après l’intervention du 10 juillet des troupes belges au Congo, la Chambre des Députés et le Senat se sont rassemblés le 11 juillet pour écouter une déclaration du Premier Ministre.

Le Premier Ministre a rappelé le développement des évènements depuis le 5 juillet.

La situation s’est détériorée jour après jour suite à la mutinerie de l’armée Congolaise. Les rebelles ont effectués des actions violentes  contre les citoyens  dans de nombreuses régions du Congo.

Les mutins ont attaqué de femmes européennes et des enfants tout spécialement à Léopoldville.

Depuis l’indépendance les autorités congolaises n’ont pas pris les mesures nécessaires  pour assurer l’ordre et la sécurité.

La Belgique est dès lors confrontée  a un choix difficile  entre le respect de l’indépendance du Congo et la l’obligation morale internationale de sauvegarder la vie des européens.

Conscient de ses responsabilités le Gouvernement Belge a, le 7 juillet ordonné le renforcement de la sécurité. Les troupes Belges sont parties pour le Congo le 8 juillet. L’intervention des troupes Belges ne peuvent être effectives que si certaines conditions politiques et militaires sont remplies.

Les interventions ont démarré tôt le matin du 10 juillet et l’ordre a été rétabli sans effusion de sang.

Les para commandos belges sont venus en aide à la réserve des troupes qui était présente sur place effectuant leurs missions dans des très délicates circonstances.

Le gouvernement belge a également prit les mesures nécessaires pour l’évacuation des femmes et des enfants.

Le Premier Ministre a invité les responsables belges a rester sur place au Congo pour coopérer avec le gouvernement Congolais.

Il  assure le Gouvernement Congolais  que l’indépendance du Congo est un fait et qu’il sera respecté par le gouvernement Belge. Il l’assure également de l’aide et de la collaboration de la Belgique.

La déclaration est restée vague et insuffisante selon les assemblées. Pas de mention  spécifique n’a été faite par le Premier Ministre au sujet de la demande d’intervention par le gouvernement Congolais. Le gouvernement Belge a été amèrement critiqué durant les trois derniers  jours pour son hésitation pour la décision de  l’intervention des troupes pour protéger les civils Belges.

Plus de 20.000 manifestants ont défilés à Bruxelles ce dimanche demandant l’intervention et le retour au Congo du General Janssens l’ex- Commandant en Chef Belge qui avait été forcé de démissionner par les mutins  et était revenu à Bruxelles

Aux dernières nouvelles il serait en route pour le Congo

Le calme est revenu à Bruxelles après l’annonce des interventions des forces Belges

Les européens du Congo sont entrain d’être évacués rapidement. Plus de 3000 réfugiés, pour la plupart des  femmes et des enfants sont arrivés à Bruxelles.

Tous les services de la SABENA sont maintenant tous dédicacés au transport des européens du Congo vers Bruxelles et le transport des troupes vers le Congo.

La situation est toujours très confuse

 

 

En Belgique, nous étions considérés comme des étrangers, des nègres blancs, des bougnoules ou des  bamboulas!   Maintes fois je me suis pris ces insultes en pleine figure à l'école ou encore ceci...   

"<- Retourne dans ton pays.>  

Cela me chagrinait mais en même temps je me forgeait un certain caractère.....

C'est avec un avion anglais que nous sommes rentrés, ma mère, mon frère et moi, en Belgique.   Dans cet avion se trouvaient également Stéphane Lubitz, sa maman et sa soeur.

Au débarquement de l'avion, à Bruxelles-Zaventem, le roi Baudoin nous attendait...   Celui-ci se dirigea vers moi et voulu me serrer la main...   J'ai dénié ce geste, car, pour moi, il était responsable de tout ce qui se passait au Congo...   Cependant, une chaîne de solidarité s'était développée dans tout le pays.   A Zaventem, des personnes venues de tous les coins de la Belgique nous attendaient également nous proposant de nous reconduire gracieusement à nos domiciles respectifs.   Je remercie la présence et la gentillesse de toutes ces personnes... 

 

Mon père restera à Juba et parcouru un long périple avant de rentrer à Doko.

Notre mère ira le rejoindre et ils resteront au Congo de 1960 à 1965 dans différents postes.

 

1964 Les Gillis .

 

WS2010GabrielRahierN°5WS2010GabrielRahierN°5

 

Mr. et Mme GILLIS furent les meilleurs amis de notre famille… Ils étaient toujours de très bonne humeur.   Souriants, blagueurs, ils avaient "le cœur sur la main" et n'hésitaient pas à aider les indigènes.  

Mr. Gillis était garagiste, son plaisir était d'entraîner les locaux à jouer au foot, quant à Mme. Gillis, elle apprenait volontiers aux négresses le tricot ainsi que beaucoup d'autres choses… 

Nous passions des soirées entières à jouer aux cartes et aux jeux de sociétés. Par exemple, Je me souviens très bien de ce jeu avec les petits chevaux qu'il nous fallait déplacer en fonction du résultat du chiffre des dés que nous laissions tomber sur la table… 

Nous avions baptisé un de ces petits chevaux " MINOROUS"    C'était le préféré de Mme. Gillis……..  

Lorsqu'il pouvait démarrer celui-là, Mme Gillis ne savait plus se contenir, elle prenait sa chaise pour un cheval et se mettait à imiter une cavalière déchaînée, elle était bien prise par ce jeu!!!!!!!!!!!!!!!    OUI MAIS!!!   Les chaises en prenaient un coup, elle nous les démantibulait à chaque fois.

 

Malgré toute leur gaieté et leur bonté, ces fidèles amis furent lâchement assassinés au cours des rebellions en 1964.  

 Lorsqu' arrivèrent les mercenaires et les soldats de l'ANC pour constater les résultats de ces massacres, ils ne trouvèrent aucunes traces de ces personnes…….

Après avoir interrogés les indigènes, ils apprirent que Mr. et Mme. Gillis avaient été massacrés dans de très cruelles conditions.   Leurs corps, encore en vie, furent découpés et éparpillés un peu partout, quelques uns de leur membres ont été retrouvé en forêt, d'autres parties ont régalé les cannibales qui prirent grand soin de conserver certains   restes dans un frigo afin d'assumer leurs repas à venir……….   Ce fut une grande peine pour nous lorsque nous avons pris connaissance de tout cela……..   Nous avons été consternés et avons ressenti un  très grand sentiment d'impuissance devant de tels faits!!!!

 

Les martyres de la rivière

 

Nepoko à Andudu en 1964.

 

Lors des terribles événements de 64, les blancs qui se trouvaient encore à Watsa ont été pris par une bande de révoltés, sans doute sous l'effet de drogues, boissons ou discours incendiaires de meneurs insensés. On les a "gentiment" invités à les suivre. Ils ont marché jusqu'à un certain pont. Ce devait êtrre déjà la nuit. C'était dans la forêt. Et là, on leur a dit d'arrêter et on a commencer à les ligoter. Madame Turlot a remarqué que la corde qui lui serrait les mains derrière le dos était très lâchement attachée, mais elle n'a rien dit. Un jeune homme blanc (Serge Deppe) a sauté dans la rivière au début pour s'échapper et fut emporté par le courant. Cette fugue a mis en colère les Indigènes. Et c'est sans doute cela qui a provoqué la suite. On les attachait, les mains derrière le dos, pour les noyer. Madame Turlot était là avec son mari et son jeune fils Marc (Marc jeté vivant bras et jambes cassée dans la rivière ) .

Elle aurait dit à son fils : "Quand tu seras dans l'eau respire un bon coup et ce sera fini tout de suite".. Puis ils les ont jetés un par un. Elle a vu mourir ainsi son mari et son fils et plusieurs autres. Puis quand ce fut son tour, à peine arrivée dans l'eau, elle s'est débattue et ses liens se sont relâchés, la corde s'est détachée. Elle qui ne savait pas nager, elle battait des bras dans l'eau et elle a senti un peu plus loin dans les flots, qu'on la tirait par les cheveux. Elle a ainsi été sauvée de l'eau. C'est vrai qu'elle avait les cheveux longs, elle était forte aussi, très sensible et très artiste. Elle a vu alors, dans la brousse Serge Deppe qui avait pu s'échapper plus tôt. C'est lui qui l'a ainsi sauvée. Et ils sont restés cachés une semaine dans la forêt tous les deux. Elle raconte que comme il lui avait sauvé la vie et comme elle n'avait vraiment plus le goût de vivre, elle avait pris la décision de goûter avant lui toutes les racines et les fruits qu'ils ont mangés pour survivre ainsi. Peu à peu, ils ont quitté cet endroit de malheur et après une huitaine de jours sont revenus ailleurs à la civilisation et elle fut embarquée pour la Belgique le plus tôt possible.

Je me souviens avoir entendu raconter en partie ces événements par Madame Turlot elle même. Mais nous n'osions pas trop l'interroger, tant elle était perturbée et on craignait vraiment pour sa santé mentale. On avait envie de poser mille questions, mais on se taisait, se disant : on l'apprendra par d'autres plus tard. Je n'ai jamais voulu en savoir plus.

 

 

Les atrocités des SIMBAS…..

 

Les actes de barbarie des SIMBAS étaient sans limites.  

Il me doit d'en parler, bien que cela ne me soit pas facile, mais il faut que les gens se rendent bien compte avec quelle férocité ces sauvages rendus incontrôlables par l'absorption démesurées de drogues et d'alcool très puissants n'avaient aucune pitié…!!! Ils faisaient subir aux hommes et aux femmes les pires supplices que l'on puisse imaginer… 

Je vous en donne quelques exemples parmi bien d'autres… 

-Les femmes étaient violées par plusieurs d'entre eux, chacun satisfaisant tour à tour leurs instincts bestiaux à la file indienne… -Ils éventraient celles qui étaient enceintes, arrachaient les bébés du ventre de leur mère pour finir par les massacrer…   

 

-Ils leurs coupaient les seins de manière à ce qu'elles ne puissent plus allaiter leurs futures progénitures…

-Ils coupaient les bras et les jambes des personnes, les laissant se vider de leur sang et mourir exsangues.

-Ils coupaient les parties génitales des hommes,  leur enfonçaient dans la bouche pour que ceux-ci meurent étouffés.  

-Ils obstruaient les orifices anaux de leurs victimes ainsi que le vagin des femmes en y engouffrant des morceaux de bois, ensuite, non satisfaits de leurs actes de cruautés, ils les achevaient à la machette, les arrosaient d'essence bien que celles-ci étaient encore en vie, et puis y mettait le feux……….   

 

La vue de l'immense souffrance que subissaient ces personnes se tordant de douleurs ne faisait qu' attiser leur joie devant ces corps agonisants dans des souffrances indescriptibles …    Malgré toutes ces horribles tortures, certains étaient encore en vie, mais le cannibalisme faisait surface, les SIMBAS leurs ouvraient alors leurs entrailles pour pouvoir en extraire leur foie qu'ils dégustaient joyeusement.   Ensuite, ils leurs attachaient les mains et les pieds, si du moins il en restait,  et les jetaient aux crocodiles qui n'en faisaient évidemment qu'une bouchée…

Voilà ce qu'étaient les SIMBAS….

 

WS2010GabrielRahierN°5 En parler me retourne à chaque fois le cœur ainsi que celui des personnes qui ont vécu ces évènements affreux,  inscrits à tout jamais dans nos mémoires……………………

 

Tout faire exploser

 

Au poste de Durba ???   Le chef des rebelles qui s'était pris d'amitié pour un français travaillant pour Kilo Moto le prévint qu'il ne pouvait plus retenir "ses hommes" et que ceux-ci s'apprêtaient à massacrer tout les "blancs" du poste.

Apres avoir été arrêté et emprisonné plusieurs fois par les simbas, mon père et les autres agents commencèrent à s'interroger sur leur avenir au Congo, suite aux nombreuses exactions commises par les Simbas envers les blancs et les indigènes.   Il ne leurs restait plus dès lors,  qu'à sauver leur vie et celle de leur famille devant la gravité de la situation.

  C est pourquoi ils décidèrent tous de se réfugier dans la mine en ayant pris bien soin auparavant de la truffer d'explosifs. Plutôt mourir que de tomber dans les mains de ces assassins.

Tout le monde était résolu à l'idée de TOUT faire exploser si cela pouvait éviter un probable massacre… 

Heureusement, les mercenaires (Les CODOKI Commandos du Kivu 64-65)  arrivés en premiers sur les lieux,

Nous embarquèrent tous dans des camions pour échapper au carnage…

Notre père nous raconte que sur le parcours interminable il n'y avait que des cadavres de rebelles, et qu'ils firent ce qu'ils purent pour éviter les tirs de ces sadiques…Ils prirent les armes et sauvaire leurs peaux

Merci aux mercenaires (Les CODOKI Commandos du Kivu 64-65) qui ont délivré nos parents et les autres personnes du poste de Durba qui s'étaient réfugiées dans la mine.

Site sur les  CODOKY   http://kisimba.skynetblogs.be/

 

Les CODOKIS

 

WS2010GabrielRahierN°5Notre père et ma mère resteront en Afrique jusqu'en 1965. C'est alors qu'ils mirent fin au carnet de brousse de la famille Rahier. 

C'est à partir de ce moment que nous avons compris, mon frère et moi que notre rêve Africain était définitivement terminé et que nous garderions, au plus profond de nos entrailles, une immense et éternelle nostalgie pour ce magnifique pays qui charma notre enfance et notre jeunesse , LE CONGO.  Cette terre qui fut aussi la nôtre, L'AFRIQUE !!!

C'est le cœur déchiré que nos parents rentrèrent en Belgique…   Résignés, ils trouvèrent cependant chacun un emploi dans la région Liégeoise.   Papa au démergement en qualité de conducteur de travaux et ensuite à la Serésienne en occupant la même fonction jusqu'à l'âge de sa pension.   Maman, de son côté, dénicha un travail de gérance dans un building.   Mais la vie n'était plus la même…   Ici, en Belgique, le climat était triste, morose…   Mais qui pouvait comprendre ce sentiment de "manque" que nous ressentions???   Il eu fallu pour cela y avoir goûté, y avoir vécu, dans cette Afrique profonde…

Il nous manquait à tous cette " douce et incomparable atmosphère africaine"…   Là-bas, en Afrique, il y avait le soleil, la chaleur, parfois étouffante, les pluies orageuses, quelquefois violentes mais certes bienvenues et rafraîchissantes.   La brousse aussi…vaste… avec ses herbes roussies… peuplée de ses animaux sauvages et majestueux…    et les indigènes, indolents, arborant un sourire éclatant…Le paradis sur terre……

 

L'Afrique de mon enfance….( Ou nostalgie )

De Gaby Rahier et Myriam Houbion.

Mes réveils à cette époque étaient magiques…

Avant de m'échapper de mes draps douillets, je m'étirais le corps en écarquillant mes yeux engourdis… Je n'avais que l'envie, à ce moment bien précis, de sauter hors de mon lit pour me rendre vers la fenêtre… J'écartais en vitesse les rideaux, ouvrais les battants pour me poser enfin sur l'appui… Et là, quelle merveille!!!

Aux parfums des jardins très fleuris qui me titillaient les narines s'ajoutaient les gazouillis subtils et mélodieux des oiseaux aux plumages très colorés m'enchantant agréablement les oreilles…

De superbes papillons étaient déjà à l'œuvre, butinant et virevoltant de tous côtés…

Des enfants s'agitaient déjà sous les arbres en dansant, en jouant tout en frappant dans leurs mains au rythme de leurs chants joyeux. Leurs jeux étaient d'une telle simplicité!!!!!

En portant le regard plus au loin, on apercevait de magnifiques plantations de café aux baies rouges ou vertes, de très beaux bananiers ainsi que d'autres arbres fruitiers nous offrant leurs fruits délicieux, des champs de maïs savoureux, des champs de cannes à sucre aussi…

Encore bien plus loin, pour celui qui avait l'oreille fine et l'œil subtil, on pouvait apercevoir de la fumée qui se dégageait dans le ciel, on pouvait y entendre les femmes des villages se partageant fastidieusement les différentes tâches du repas quotidien avec cette allégresse nonchalante et bon enfant!!!!!!! Elles "discutaient" beaucoup tout en agrémentant leurs paroles par de grands et lents mouvements de leurs mains, sans agressivité…

 

Patiemment, elles préparaient cette nourriture, sans contraintes, sur un feu de bois, pour leurs progénitures et leurs époux partisà la chasse… Tout ceci en chantant, bien évidemment… (J'adorais manger avec elles parce que l'on pouvait manger avec les doigts……………………!) Les tissus de leurs toilettes multicolores, accentués par les rayons du soleil me fascinaient!

Et puis vint la tourmente.

 Nous étions désemparés. Du bonheur, nous passions à la désolation et la tristesse… Tout devint gris. Les yeux rougis et humides, le cœur déchiré, nous dûmes être rapatriés…

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Que reste-il aujourd'hui de ce beau pays, si ce n'est que les enfants ne jouent plus, qu'ils ne portent plus sur leur visage ce sourire éclatant… Leur regard s'est assombrit…

Ils n'ont plus à présent que des armes dans leurs mains et un regard interrogatif sur le présent... et l'avenir. Les fleurs ne dégagent plus le même parfum, le chant des oiseaux est devenu monotone, les papillons ont perdus leur orientation.

Les femmes tremblent…et ne chantent plus, elles se cachent... 

Tout a disparu….

Aurions-nous rêvé????

NON!!! Nous sommes trop nombreux à avoir vécu ces moments…..

A nos parents. Papa, maman, très chers parents, nous vous remercions, Colody et moi, pour nous avoir emportés dans cette aventure magnifique pleine de précieuses découvertes…   Toi, papa, pour nous avoir appris à grandir et à être devenu les hommes que nous sommes aujourd'hui et toi, chère maman, pour ta tendresse, ta bonté et ta joie de vivre contre toutes épreuves…

Que de bons souvenirs nous avons partagés…!!!....   Souvenirs indélébiles qui nous fendent encore le cœur aujourd'hui… Papa, tu n'es plus parmi nous aujourd'hui, tu as rejoints les cieux, un autre paradis, pour y retrouver tes proches et tes "vieux copains d'Afrique" partis rejoindre, eux aussi, la béatitude…

Nous savons, ici-bas, que tu veilles sur nous, tu nous regardes, tu nous entends, tu nous comprends et tu te dis…

Mes chers enfants, je suis fier de vous et de ce que vous êtes à présent tout comme je me sens serein lorsque je pense au cheminement de ma vie en vous ayant transmis toutes ces richesses du cœur….

Un jour, on se retrouvera, et nous repartirons dans une nouvelle aventure, qui sera belle, elle aussi, certainement…

Vos deux  fils Claude et Gabriel. 

FIN : De Gabriel Rahier dit Bwana Cheka

 

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