Congo 1960

La Campagne d'Abessynie des troupes coloniale belges.

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La Campagne d'Abessynie des troupes coloniale belges.

Bulletin Otraco N° 10 de l'anée 1978

Un peu d'histoire de notre colonie belge et des soldats congolais en 1941 dans la Campagne d'Abessynie des troupes coloniale belges

Cette campagne, aujourd'hui presque oubliée, fut cependant le premier fait d'armes qui marqua la rentrée en guerre de la Belgique après l'invasion de 1940. C'est, dirons nous, sur la pointe des pieds que le gouvernement général de la Colonie se décida a répondre aux appels de nos alliés Britanniques, dont les forces échelonnées entre le Nil et la frontière d'Abyssinie, depuis Juba jusque Karthoum, n'auraient certainement pas été en mesure de contenir le reflux d'une armée italienne forte de 75.000 hommes, prise dans un étau se resserant du Nord, de l'Est et du Sud !

Il faut toutefois souligner ici, a la décharge de notre ministre des Colonies, Monsieur de Vleeschouwer et de Monsieur Pierre Ryckmans, gouverneur général, que la présence d'une commission d'armistice allemande opérant a Brazzaville, de l'autre côté du fleuve, donnait fortement a réfléchir quant aux represailles possibles...

Congo Reis Mar Del PlataQuoi qu'il en soit, a la suite d'un revirement dans les plans stratégiques allemands et aussi d'actes d'hostilité caractérisés de la flotte italienne contre des unités de la marine marchande belge, l'intervention d'une Force Publique « new look » devenue « Troupes Coloniales Belges » se métamorphosant début 1941 en B.C.S. (Belgian Corps of Sudan) fut enfin décidée.

C'est le 6 février 1941, a O h. 30, que l'ordre de départ fut donné par le Colonel Edmond VANDERMERSCH, commandant du 5e R.l., au XIe Bataillon des Troupes Coloniales Belges, sous les ordres du Commandant Isidore HERBIET (Iske). Ainsi, environ 9 mois après l'agression nazie, la Belgique relevait le gant...

Lentement, la colonne de camions quittant Faradje, s'engage sur le pont de la Dungu, en direction de Juba via Aba. Un observateur dissimulé dans la brousse voisine aurait pu lire sur les portières des véhicules, les noms de nombreuses firmes du Congo Belge que le camouflage n'avait pas encore effacé, manifestant ainsi leur participation matérielle a la cause du monde libre.

Le premier engagement du B.C.S. 2, qui fut aussi sa première victoire, se termina par la prise d'ASOSA, aussi appelée BARIKOSSA, le 11 mars 1941.

C'est précisément ce fait d'armes, tout a l'honneur d'un seul bataillon belgo-congolais assisté de quelques cinq cents porteurs que je voudrais faire revivre ici.

Le 7 mars 1941, nos troupes prenaient position a la frontière éthiopienne, sur les flancs du Djebel Belatoma

Inutile de rappeler l'importance du « trek » de près de 3.000 km qui, par les moyens de transport les plus variés, avait fini par les mener la !

Dés l'aube le lendemain, s'amorçait le mouvement qui, en Ie portant a 1.800 mètres d'altitude, devait permettre au corps expéditionnaire belgo-congolais de prendre a revers la garnison ennemie d'Asosa.

Compte tenu des difficultés de l'itinéraire, la manoeuvre devait s'exécuter en trois étapes. L'ascension, par des sentiers rocailleux surplombant parfois de vertigineux précipices offrait le grand avantage tactique de s'exécuter a l'abri des vues ennemies. Mais, au prix de quels efforts physiques ! Cette escalade effectuée avec un armement lourd et des charges parfois supérieures a 25 kg restera une des plus remarquables performances.

Le 10 mars, en fin d'après-midi, les premiers éclaireurs débouchaient enfin sur les hauts plateaux abyssins.

Cette offensive éclatant ainsi sur les arrières de l'ennemi provoqua la plus complète surprise qui se traduisit bientôt en véritable panique...

A la tombée du jour, nos troupes, harassées par la dernière étape de montagne, durent engager le combat avec un détachement ayant pour mission d'entra ver leur avance et de protéger en même temps la retraite des unités de la garnison italienne.

Après un premier flottement, la contre-offensive s'amorça et, grâce a une manoeuvre de débordement exécutée par la 2/X1, compagnie soutenue par un feu nourri de mitrailleuses, la flanc-garde ennemie fut bousculée sans trop de pertes.

Entretemps, la nuit était tombée. Le Bataillon s'organisa en défensive, remettant au lendemain la reprise de la progression.

Nuit glaciale ! Plus d'un se mit a regretter la fournaise vécue au Soudan... Au milieu de la nuit, un tir de harcèlement fit sursauter les hommes qui veillaient auprès des armes automatiques, tandis que les guetteurs crispaient le doigt sur la détente. Ce fut le dernier adieu de la garnison d'Asosa. ,

Se voyant sur le point d'être enfermée dans l'étau formé par nos unités, d'une part, et, d'autre part, par les troupes britanniques motorisées venant d'Afodu, cette garnison se replia précipitamment vers Mendi et Addis Abeba. Elle comprenait en ordre principal : les 286, 556 et 1876 Bataillons Coloniaux, les 106 et 866 Batteries d'Artillerie et Ie 46 groupe de Bandas frontières !

Le lendemain, nous faisions notre entrée dans ASOSA en flammes. Dés Ie surlendemain, nos élé-ments avances, postés sur l'itinéraire d'AFODU réalisaient la jonction prévue.

Cette victoire libérait la totalité de la province des Beni-Shangul et, par le fait même, réduisait encore l'espace où l'ennemi pouvait espérer organiser une résistance efficace.

Dés l'annonce de la réussite de cette première expédition, le général WAVELL, alors Commandant en Chef de l'armée du Moyen-Orient, fit transmettre ses félicitations au contingent belgo-congolais en ces termes : « Je vous félicite pour l'admirable ardeur et l'allant dont vous avez fait preuve au cours de votre premier combat a Asosa en coopération avec les troupes impériales britanniques ».

La réussite de l'offensive sur Asosa nous avait valu la confiance du commandement britannique. Cette confiance devait nous valoir aussi le périlleux honneur de participer, è bref délai, aux opérations de GAM-BELA, porte du GALLA-SIDAMO, dans un combat meurtrier que l'ennemi lui-même appellera plus tard : « La Tragédie de Gambela ! ». C'était le 23 mars 1941.

Commandant e.r. Philippe Brousmiche

Bulletin d'OTRACO N° 10 - auteur Commandant o.r. Philippe Brousmiche

Sur l'internet on retrouve quelques article sur la campagne d'Abssinie

Lien d'une ancienne du Congo parlant de la campagne

www.mil.be

Atlas historique

 
Livre de l'Auteur Brousmiche  
Le 6 février 1941 à 3h30, le colonel Edmond Van der Mersch, commandant le 5e régiment des troupes belgo-congolaises, venait de donner le signal de départ du premier contingent. Le XIe bataillon d'infanterie devait rejoindre les forces britanniques échelonnées le long du Nil entre Juba et Khartoum. L'auteur nous plonge dans son journal de campagne, raconte les péripéties journalières des troupes belgo-congolaises. Ce récit africain aboutit à la première victoire alliée sur les forces de l'Axe.