Jos De Witte, de facteur à planteur.

Passé du Congo Belge

Congo 1960: bulletin periodique

Dans notre série : L’obscurité, le coeur noir de l’Afrique

Les ex coloniaux relatent leur fuite 25 ans après leur fuite en 1960. 16 témoignage rassembler par Gust Verwerft journalist dans la revue "De Post" et traduit du neerlandais a votre disposition pour qu'on oublie jamais le vécu des anciens et l'exode de tous les Belges!

Les témoignages de : Jean, Ann, Madeleine, Ernest, Jos, Jack, Gusta, Piet, Gil en Bernard, Theo, Frans, Albert, Louis, André , René, Jan


Jos De Witte, de facteur à planteur.

  • «Bwana, j’ai mangé les bouteilles ici. »
  • «Luxe ?Confort ? »
  • «Je n’ai jamais eu ni électricité ni eau courante.»
  • «Voler est une notion bien de chez nous, les noirs ne volent pas, ils prennent. »
  • « J’ai appris qu’un être humain peut tout faire ! » « Un pays dans l’emprise de la corruption.»
  • « Fourmies, serpents et Lumumbistes, l’un n’exclut pas l’autre. »
  • « A la proclamation de l’indépendance, la corruption faisait son entré.»

Jos de Witte

Avec le texte des chansons « Wijd en Zijd » et «Vers l’Avenir », utilisés comme slogans, on essayait d’attirer des Belges au Congo. La colonie avait besoin d’une classe moyenne, non seulement pour augmenter la consomption des produits mais aussi pour donner aux villages et villes une image Européenne. On avait surtout besoin de planteurs, comme colons. Des hommes aux connaissances agricoles, d’une santé robuste ayant des bras au corps, et munis d’un optimisme à tout casser, sachant se faire respecter. Sans ces qualités on ne pouvait rien faire de bon en tant que colon. Pas besoin d’argent de tout, seulement un courage inébranlable, pour quelque part dans la brousse, loin du monde habité, transformer des centaines d’hectares non défriché à des plantages florissants de thé, café ou cotton. Beaucoup de planteurs ont commencé en 1950. En moyenne on avait besoin de 5 à 6 ans avant de pouvoir penser à une première récolte. Après cette période la tempête destructive de l’indépendance allait traverser le Congo entier. Maureen et Jos De Witte de St Nicolas, formaient un couple entreprenant. En 1964 ils devaient admettre que le rêve Congolais touchait à sa fin. En août 1954, contre l’avis de leur famille, ils avaient quitté St Nicolas. Jos était facteur à Mortsel., Il démissionnait et reprit sa liberté pour suivre des cours de commerce, de langues dans l’école du dimanche, et de sciences agricoles le soir. Un jour le centre d’études Lodewijk Deraedt le mettait en contact avec les personnes bien placés pour remplir les documents nécessités pour un départ au Congo.

Jos De Witte dut tout abandonner en 1964 pour sauver sa vie ! Les ouvriers de son plantage prenaient sa défense mais les Lumumbistes s’acharnaient sur lui. Jos regrettait son départ, non pas pour l’argent, mais bien parce que il perdait une façon de vivre en toute liberté. Il a travaillé comme chef dans deux entreprises et a été gérant d’un thé room sur la place de St Nicolas. Depuis peu il est en retraite.

Congo Reis Mar Del PlataLa première année je suivais un écolage à Mushweshwe enter Bukavu et Goma. On était supposé à tout connaître de la faune et flore congolaise, le va et vient des noirs, l’organisation pratique d’une plantation. Les six premiers mois nos épouses restaient en Belgique. On se rendait très vite compte de la différence de mentalités entre blancs et noirs. Un soir on se rendait en groupe déguisé en fantôme, la tête couverte d’un drap blanc, au village des noirs ; une blague tout au plus. On semait la panique à travers le village et les environs. La direction de l’école nous démontra les conséquences de notre acte. En effet ; les jours suivants tous les travailleurs noirs manquaient à l’appel, des villages entiers étaient désertés. Notre directeur Mr. Hendrikxc a du se rendre en personne à la brousse pour convaincre les noirs que tout cela était seulement une blague. Seulement une semaine après les noirs revenaient en petit groupes. La méfiance envers nous est restée. A l’école on apprenait le Swahili. A la tête d’un groupe d’indigènes on faisait différents travauxdans la brousse. La direction de l’école ne savait pas que j’appliquais une méthode bien à moi ; quand mon équipe avait fait un travail dur, j’accordais une heure de repos. Un jour pendant une inspection inattendue le directeur avait remarqué cela et il était furieux. Il ordonna aux noirs de travailler une heure plus tard pour rattraper le temps perdu. Une fois partie, j’autorisais mon équipe à se rendre au village. Par la suite je me suis disputé avec mon directeur et c’est seulement long temps après que j’ai compris qu’il avait raison ! Donne au noir un doigt il vous prend le bras. Ne lui donne jamais quelque chose gratuitement car il se sent trompé ! Cette leçon était greffée dans ma mémoire et m’a bien servie plus tard quand je travaillais dans ma plantation.

Luxe ? Confort ? Je n’ai jamais eu ni électricité ni eau courante.

Après un an d’écolage et un examen difficile je pouvais partir avec ma femme et deux enfants au paradis terrestre Massisi située au nord du Kivu. La rivière Kihimba affluait ces terres. C’était également le nom du territoire désigné, 120 hectares. A l’origine les planteurs recevaient 300 à 400 hectares de terrain mais une grande partie n’était pas travaillé. De là les plus petites parcelles. On pouvait acquérir le territoire avec un bail hypothécaire, annuellement on payait un loyer jusqu’au jour du remboursement du prêt. Je me vois encore arriver avec ma petite camionnette, chargé de bois pour construire la maison, des bidons d’essence, un fusil, de quoi manger et du matériel de camping. Mon voisin le plus proche, un autre colon, était à 10 kilomètres. La ville Goma, se trouvait à 120 km. En voiture une demie journée par des chemins de terre, à peine digne de ce nom ! Un marais séparait la plantation de la piste.

Le marais était un lieu préféré de multiples insectes et animaux. Il me fallait plusieurs mois pour construire un petit chemin à l’aide de troncs d’arbres, c’était un travail de forçat ! Sans relâche je me suis battu contre la nature, contre la brousse au bord de la forêt tropicale. Selon les prospecteurs le coin était idéal pour la culture du café !

Erreur fatale …

Le brouillard ne se levait jamais sur le marais, avant 10 heures le matin. Résultat ma première récolte du café était un échec total. Dans la région il y avait très peu de noirs, seulement quelques villages avec des Balundi et des Babamdi. J’engageais des ouvriers et un capita, ensemble on engageait le combat avec le marais. Pour moi il n’y avait pas d’alternative, il fallait le mettre à sec ! On a travaillé comme des forcenés durant des mois. Avec un système de drainage, des tranchées creusées de 3 km on y est finalement parvenu. La plantation produisait un thé d’excellente qualité. Il fallait vivre très économiquement, le million emprunté à l’Etat fondait comme de la neige au soleil. Investir, toujours investir, dans l’espoir de temps meilleurs. Je n’ai jamais connu le luxe, ni l’électricité ni eau courante ! Nous n’avons jamais eu faim ni froid. Je vivais comme seul maître après Dieu dans ma plantation. Les noirs acceptaient notre attitude, ils se sentaient en sécurité chez le blanc qui s’occupait d’eux. Après avoir séché le marais, l’engrais naturel présent dans la terre, était à l’origine de récoltes florissantes de thé. Je le vendais au prince Sapia, noble Polonais, propriétaire d’une usine à thé à Goma. Après 1960 j’avais aussi des plans de construire une usine mais la situation incertaine me faisait abandonner cette idée. Les noirs habitaient chez nous dans la plantation, dans un camp. Ils étaient 200 cents mais à l’appel journalier environ 150. L’absentéisme est bien une invention noire, toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas travailler. Cela ne me posa aucun problème car ils étaient payés par jour. Pas de travail pas de salaire ! Après l’échec avec le café et dans l’entente de la floraison du thé il fallait bien gagner ma vie. De plus les travailleurs indigènes devaient être payés à temps, ainsi que les allocations familiales que le planteur devait régler. 15 ou 20 enfants c’était chose normale jamais ils n’oubliaient de déclarer une nouvelle naissance, mais souvent on ne mentionnait pas le décès ! Je vendais du bois, il y en avait assez au Congo. On coupait les arbres et fabriquait des planches qu’on vendait dans les villages envoisinant. Bientôt, derrière la plantation, un atelier de transformation de bois, fût construite. A part le thé et les planches, je pratiquais la chasse au gros gibier, je ne savais pas si c’était légal ou non mais je l’ai fais pendant toutes ces années. Par pour l’ivoire car il fallait le déclarer, mais uniquement pour la viande. La plantation Kihumba était un lieu gastronomique apprécié par des centaines de blancs de passage.

La volonté du planteur était la loi, mais une loi juste !

Congo Reis Mar Del Plata

Jos De Witte : au départ, ce qui vous semble être une horreur, ne vous fait plus peur après un certain temps. Le matin au lever du soleil, quand je me tapais les 5 km à pied jusque ma camionnette, je voyais dans le faisceau de la lumière de ma lampe à torche des dizaines de yeux, là plus part d’antilopes et autre gibier de nuit. Après quelques mois je n’y prêtais plus attention. Dans la littérature ou des films on faisait du planteur une caricature. Le plus agaçant c’est que le monde extérieur y croît, le patron qui bat son personnel, viole leur femme…Oublie cela ! Nous étions le seul recours des noirs, on les soignait ! Il est remarquable que, même au péril de leur vie, que le personnel défende le patron. Chez moi, aucun Lumumbiste a eut le courage de prêcher la désobéissance ou la révolte. Mes capitas les chassaient sans pitié. Ils jouaient un rôle capital, ils remplaçaient le blanc, commandaient le personnel. Il y avait entre eux, une certaine compétition. Pour obtenir une promotion il fallait se faire valoir. Quand un ne méritait pas la confiance accordée il fût licencié aussitôt. Une deuxième chance n’était jamais donnée ; aux yeux des noirs c’était un signe de faiblesse ! Les candidats se présentaient eux-mêmes. D’emblé on pouvait juger de leur compétence. En général ils avaient suivit des cours à l’école des missionnaires, et parlaient un peu de Français. Nous on parlait couramment le Swahili, donc il n’y avait pas de problèmes de communication.Quand, dans la plantation on ne respectait pas le règlement de travail c’était moi seul juge des sanctions. Généralement j’imposai une amende ! Un exemple, quand 2/3 du travail était fait je payais 2/3 du salaire. Quand un noir avait blessé ou battu un collègue, il payait 20 francs d’amendeDe cette manière j’ai résolu les problèmes jusqu’à la Dipenda.De cette manière j’ai résolu les problèmes jusqu’à la Dipenda. Après c’était plus compliqué car la jeunesse Lumumbiste prêchait la désobéissance et la révolte.

Pour prononcer un jugement je faisais alors appel au chef du village et à un capita, pour ne pas donner l’impression que c’était seulement moi le juge. Après la Dipenda, prononcer un jugement devenait de plus en plus précaire pour le blanc parce que des personnes extérieures à l’activité de la plantation s’en mêlaient. Je me rappelle d’un fait comme si c’était hier. Le jour de la Dipenda c’était la fête chez les noirs, la bière coulait à flot. Au village, un noir avait séduit la femme d’un autre. Avant la Dipenda on ne prêtait même pas attention à ce fait divers. Le mari trompé criait à haute voix son mécontentement et en plus prétendait que le séducteur de sa femme, lui avait volé tout son argent. Le chef du village installa un tribunal avec, accusateur, défendeur et témoins. Ils ont discutés toute une journée ! Le jugement fût prononcé ; le séducteur devait payer une amende de 50 francs au mari trompé. Ce dernier avait réclamé 100 francs mais comme sa femme était consentent il avait seulement reçu la moitié !

J’ai appris qu’un être humain pouvait tout faire !

Sur une plantation on était supposé tout faire, résoudre tous les problèmes. Docteurs ? Non il fallait se guérir soi même, prévenir la maladie. Pharmaciens ? Oui à Goma à 10 heures de voiture. Voiture en panne ? A tout prix il fallait le réparer sinon on restait dans la brousse ! A la longue le planteur était l’homme à tout faire. Le mot, impossible, je ne l’ai plus jamais prononcé. Là ou il y a des hommes tout devient possible.Chez moi, un bon cueilleur de thé gagnait 500 francs par mois.

Salaire dérisoire ?

Non plus qu’assez pour un noir. Chaque samedi il recevait une avance et le solde à la fin du mois. Si on lui payait tout en une fois, le lendemain il n’avait plus rien. On apportait de la ville du manioc, de huile et autres choses. Les noirs pouvaient acheter cela au prix d’achat. Plus tard, après la Dipenda, j’ai regretté cette attitude. Les Lumumbistes prétendaient que le blanc était devenu riche sur le dos des noirs. Je sais que la vérité était autre ; sans l’aide du blanc le noir aurait vécut dans la misère. L’évolution après la Dipenda en est la preuve ! Chaque noir dans la plantation avait un lopin de terre qu’il devait labourer pour cultiver de légumes. C’était la tache des femmes, elles le faisaient sans beaucoup d’enthousiasme. Les hommes travaillaient 6 jours sur 7. Après avoir reçu leur avance ou salaire ils retournaient au village pour faire la fête. Le planteur devait tenir le registre de l’état civil à jour. Une lettre m’était parvenu comme quoi je devais noter dans le carnet de travail de chaque ouvrier, le nom de sa femme, l’age et les enfants.

L’Age ?

Encore une invention des blancs ! Les noirs ne calculent jamais. Mon épouse et moi-même on estimait leur age et on prenait la moyenne des deux estimations. Ils étaient tous des grands adolescents. Je ne prétends pas de les connaître à fond, après tout ils étaient des gars sympathiques il m’était impossible d’être rancunier.

Voler, encore quelque chose des blancs, les noirs ne volent pas, ils prennent.

Un jour de la bière avait disparu de ma camionnette. J’avais des soupçons sur la personne mais je voulais en avoir la certitude, cela ne pouvait pas rester impuni. Une fois le suspect interpellé il se défendait en disant : Patron je ne peu pas vous montrer la bouteille car j’ai mangé le ver. Je lui ordonnais de manger une autre bouteille. Non Bwana, ce n’est pas possible, le ver de cette bouteille est plus dur que celle-ci ! On se dévisageaient quelques instants, ensuite on éclataient en rire…L’incident fût clos. Non pour lui ce n’était pas du vol, il avait prit quelque chose, il voulait simplement me montrer qu’il était plus malin que moi. Ce sont des gaillards sympathiques ! Dommage que des faux prophètes les ont tellement influencés. Aux plantations on avait aussi une équipe de foot, le dimanche on jouait l’un contre l’autre. Les noirs défendaient les couleurs de leur patron, ce dernier regardait. Une fois le match terminé on cassait la croûte. En vu de l’indépendance on a fait croire au joueurs qu’ils jouaient pour le plaisir des blancs et ils auraient du recevoir des primes. On étaient tellement ahuri qu’on a supprimé les matchs de foot et remplacés le terrain par des courts de tennis. Contrairement à ce que le ministre Van Hemelryck prétendait il ne fallait jamais être familier avec les noirs, il fallait garder sa distance ! C’est ainsi que les négociateurs blancs à la conférence de la table ronde se sont fait avoir. Pendant les matchs de foot o pouvait reconnaître des signes précurseurs ce que le Congo allait devenir une fois indépendant. Sur le terrain, une petite tribune en bois était érigée, non pas pour les hommes blancs mais pour les épouses et enfants qui n’aimaient pas s’asseoir dans l’herbe. Jamais un noir n’y aurait prit place. C’était une habitude, c’était ainsi sans plus. Un jour la tribune entière était occupé par les noirs Un colon voulait discuter avec eux, il avait tort ! Des noirs, en groupe, sont intraitables et on pouvait facilement s’imaginer comment la « Grande finale » allait se dérouler ! Dans ma plantation l’indépendance était une grande désillusion pour les noirs. Le jour même de la Dipenda, c’était la fête, la bière coulait à flots. Ils croyaient que le lendemain la plantation deviendrait leur propriété, qu’ils allaient habiter dans la maison du blanc. Personne n’a jamais réfléchit que la maison ne pouvait pas abriter 500 personnes ! Le jour suivant ils constataient que le blanc était toujours là et comprenaient, qu’il fallait travailler comme dans le passé, s’ils ne voulaient pas mourir de faim. Les capitas étaient malin assez pour saisir la vérité mais ils avaient perdu leur prise sur les ouvriers. La seule différence pour le noir : avant l’indépendance il savait tout acheter, maintenant il n’avait plus rien de tout. La corruption était générale même dans la distribution des biens. On frappa sans cesse à la porte du blanc pour obtenir son aide. Le noir ne pense jamais au lendemain, il vit de jour en jour. Souvent on me demandait une avance, j’en connaissais la raison. L’homme voulait acheter une femme à son futur beau père et il fallait régler la dote. Ils achètent une femme comme nous une voiture à crédit. C’est ainsi qu’il y avait parfois plusieurs beaux-pères sur ma parcelle pour réclamer l’argent. Si on ne réglait pas il reprenait sa fille et les enfants, et retournait avec eux dans son clan. Les plantations ont étés les dernières parcelles de territoire appartenant aux belges. Les agents territoriaux, les fonctionnaires, militaires et le personnel des entreprises privées étaient retournés en Belgique. Les colons continuaient à travailler. La Dipenda était passé sans trop de problèmes. De plus les récoltes étaient prometteuses après de longues années d’efforts soutenus. Aussitôt que les plantations, subissaient la loi du terreur, la période post coloniale touchait à sa fin. Jos De Witte : Dans le Congo colonial il n’y avait aucune corruption. Après l’indépendance le matabich faisait son entré. L’administration noire fonctionnait seulement après le don d’un matabich. Un document officiel coûtait toujours 30 francs mais pour obtenir le tampon nécessaire il fallait payer jusqu’à dix fois cette somme. Des agents de police arrêtèrent des passants et ouvriers sans raison. On pouvait acheter sa tranquillité, sa liberté. Les premiers blancs refusant d’obéir à ce chantage, furent mal traités, mêmes tués. Tout cela se passait sous le contrôle des Lumumbistes, qui prétendaient que le matabich était un droit obtenu pour l’exploitation des noirs par les blancs. Des militaires, mutins ou non, des agents de police, vrai ou faux étaient champions dans la pratique du matabich.

Autour de la plantation un régime de terreur s’installait. Des policiers arrêtèrent mes ouvriers et prenaient leur carnet de travail. Moyennent 200 francs ils pouvaient racheter le carnet. Tout le temps on me demandait de prêter de l’argent pour récupérer le kilabo codi, le carnet de travail. Cet argent était perdu pour moi et la situation devenait intolérable ; un jour tous mes ouvriers étaient dé menu de leur carnet de travail. Il fallait réagir sans tarder, sans quoi j’allais perdre toute autorité ! Le capita m’informait du lieu ou les policiers avaient l’habitude de se rendre, chez Mukuturi, un bordel ou on se sou lait et fumait des herbes. Accompagné de mon capita je me rendais sur place, forçait la porte fermée et voyait deux policiers assis, l’un tenant plusieurs carnets de travail dans ses mains, l’autre une liasse de billets de banque ! Sans dire un seul mot j’arrachais le tout hors de leur portée et me dirigeais sans me retourner vers la sortie. Voilà, mon prestige était intact. Une fois de retour à la plantation je commençais à réfléchir aux conséquences possibles de mon action. Sur qu’on me cherchera et que ma vie est peut-être en danger ! A ma très grande surprise je n’attendais plus rien de cette histoire, les agents ne sont jamais revenus. Preuve flagrante que les noirs ont du respect pour quelqu’un qui a de la bravoure. Le Congo entier était empoisonné par la corruption. En 1960, début 1961 j’étais persuadé qu’on pouvait continuer le travail entamé mais le virus du matabich était bien présent et impossible à détruire !

Manger grassement !

Congo Reis Mar Del Plata

En Belgique, quand on parlait des colons, on pense au film « Chassé par le vent ». On y voit des palais d’une blancheur immaculée ou les colons mangeaient tous les jours grassement. On pensait aussi au livre : »La case de l’oncle Tom », relatant la misère des noirs et les punitions et cruautés subies par les blancs. La réalité congolaise était tout autre ! Je me répète, ni eau courante ni l’électricité, ma maison était construite en bois. Tous les colons ont subies les sept déluges de l’Egypte. Serpents, fourmis, les animaux sauvages et finalement le fléau des Lumumbistes.

Les fourmis, des fourmis rouges, un véritable supplice ! Des colonnes géantes dévoraient tout sur leur passage, des millions, peut-être des dizaines de millions, ni la rivière ni le feu les arrêtent. J’ai une fois essayé en mettant le feu à la colonne. Ils se jetaient par des milliers sur les flammes qui éteignaient faute d’oxygène. Durant la première année d’écolage on nous avaient mis en garde ; ils rentraient par la porte de devant pour disparaître dans la brousse par la porte de derrière.Le seul moyen de dévier le trajet c’était l’odeur du pétrole. Dans la nature ils mangèrent toutes les insectes et petits animaux se trouvant sur leur chemin.Mon plus jeune fils André de trois ans, fût attaqué un jour par une colonne pareille.

Moins d’une minute son corps était entièrement couvert, on a du l’arracher à la colonne et enduire le corps de pétrole. Une fois il a été mordu par un serpent vert très venimeux. Soudainement on l’entendait crier en Swahili, sous un bananier, derrière la maison, un serpent, un serpent ! Il avait été mordu dans un orteil, déjà bien gonflé. J’ai coupé à vif dans l’orteil, le gonflement provoqué par la morsure diminuait tout de suite, mon fils était sauvé. Une autre fois il est tombé, hors d’une petite embarcation, dans le lac du Kivu. Quand je le sortais de l’eau, on pensait qu’il était mort. Il en a gardé un trauma jusqu’à ce jour. Les dernières années on gagnait de l’argent mais chaque jour on étaient confronté avec la peur de la mort. Des serpents ! Comme tous les blancs j’ai eu à faire avec eux. Il est remarquable que les noirs réagissent tranquillement à cette présence, le blanc était traumatisé instinctivement. Pendant la première année de construction de ma plantation j’ai trouvé un grand, beau spécimen. J’avais ordonné le boy de pendre la peau à sécher sur la terrasse. Il me disait : » attention, un autre serpent viendra le chercher. » Je négligeais l’avertissement, mais deux heures plus tard, un exemplaire identique se faufilait dans notre maison. Encore une chance que le sol était cimenté, ainsi la bête attirait notre attention. On grimpait sur les chaises, je prenais mon fusil mais avant de pouvoir tirer, le serpent avait disparut, et resta introuvable. Dans nos plantations de thé il y avait beaucoup de serpents verts. Quand je voyais u arbuste donc les feuilles n’étaient pas cueillies par les noirs je savais qu’il s’y trouvait un serpent. Juste devant la plantation coulait la rivière Kihimba, j’y avais construit un pont en bois, véritable nid de serpents, enroulés se chauffant au soleil tropical. Pour mettre fin à cette invasion je promettais aux noirs une prime pour chaque cadavre qu’on m’apporterait. Ainsi ils pouvaient gagner un extra. Mais non, un noir ne réfléchit pas de cette façon. Quand il m’apporta un cadavre je lui payais un jour de salaire, raison suffisante pour ne pas travailler ce jour !

Des hordes entières de noirs !

De plantage tijdens de belgische kolonieJos De Witte : Si tu travaille nuit et jour pendant 6 ans pour enfin constater que ta plantation est rentable on n’est pas prêt à quitter les lieux. Pendant 7 ans on n’a pas été en Belgique ni pris des vacances, c’est seulement la septième année qu’on a prit un peu de vacances. Déjà en 1961 on savait qu’on risquait la vie en restant au Congo, nos enfants étaient restés en Belgique dans un internat. Jusqu’en 1964 on faisait la navette entre Bruxelles et Léopoldville, attirés par les gains fabuleux de nos plantations et effrayé par la terreur des noirs envers les blancs. Les villes étaient seulement reliées aux plantations par des petits sentiers de brousse. Impossible d’échapper aux hordes noires, ils barraient les sentiers vous obligeaient d’arrêter. On était à leur merci ! C’est dans cette période que j’ai tenu un agenda, que j’ai écris des dizaines de lettres à ma belle sœur pour exprimer mes sentiments sur la situation dangereuse. Plus tard je me rendais compte, en relisant les lettres, des risques endurés, mais je n’étais pas le seul. Le Congo était un paradis sur terre. Un an de Congo en vaut dix en Belgique.

Aucun de mes ouvriers m’a trompé une seule fois. Je suis persuadé que tous les colons avaient d’excellents rapports avec leur personnel. Pourquoi fallait-il détruire tout cela ? On avait une radio sur batteries, tous les jours on écoutait radio Léo et radio Usumbura. Les reporteurs nous racontaient en long et large les événements du pays, les émeutes, les discours de haine envers les blancs etc… Je me demandais sincèrement si on n’exagérait pas. N’oubliez pas que les et mauvais noirs écoutaient les nouvelles. L’UNO avait rapatrié des clans entiers de Tutsis au Kivu parce que les Hutsis les massacraient ! Moi-même j’ai engagé 30 de ces expatriés. De retour de la Belgique ils avaient été assassinés. Jamais j’ai su pourquoi ni comment.

Quand il y avait des émeutes les missionnaires étaient la première victime. Pourquoi ? Parce que ils avaient ignorés une règle fondamentale, ne donne jamais rien gratuitement au noir ! Il ne l’apprécie pas bien au contraire. Dans les plantations la notion gratuité n’existait pas. Des boîtes de conserves vides des emballages en carton, furent échangées contre des œufs ou des fruits. Donne leur quelque chose gratuitement et ils vous regardent comme s’ils étaient trompés. Pour eux c’était un honneur d’avoir vendu et marchandé auprès du blanc.

L’Onu distribuait des grandes boîtes de lait en poudre, le lendemain on nous les vendait. Bwana combien tu donne ? Ils recevaient cela gratuitement pour leur femme et enfants mais le vendaient pour quelques francs. Actuellement des actions pareilles se font encore, c’est tout à fait inutile et à déconseiller. Ceux connaissant bien cette mentalité se rendent compte de l’erreur fondamentale à la conférence de la table ronde tenue à Bruxelles. On leur a offert gratuitement l’indépendance !

Une fois définitivement de retour en Belgique mes planteurs m’ont écrit de nombreuses lettres, expliquant la situation précaire de la plantation, de leur famille, les nombreux morts par manque de nourriture, la terreur…On me demandait de revenir. Je suis resté longtemps, on ne fait pas des adieux définitifs si facilement. La production du thé était bonne mais la vente difficile. Il n’y avait plus de matériel mobile, il y avait la terreur sur les chemins. Mais je n’abandonnais pas, je m’étais même procuré des pierres pour batir une autre maison et une usine. Hélas en 1961 c’était déjà le chaos ; avant je pouvais transférer l’argent en Belgique sans problème, maintenant les comptes étaient bloqués et parfois les banques n’avaient plus de liquide. Chaque fois que je rentrais en Belgique un autre blanc me remplaça durant mon absence. Durant ces périodes je perdais de l’argent.

Un para tué et défiguré !

Les événements se précipitaient, des blancs furent assassinés et ces crimes restaient impunis. Pour Jos De Witte, un des derniers colons cela devenait trop dangereux. Goma appartenait au territoire Congolais et était le lieu de rencontre de centaines de blancs. Quelques kilomètres plus loin il y avait Guenye en territoire du Rwanda-Burundi protectorat de la Belgique. Ma femme et enfants y habitaient depuis peu de temps vu la situation dangereuse au Kivu. Moi aussi j’y avais pris ma résidence mais je retournais régulièrement à la plantation pour sauver ce qu’on pouvait sauver. Un jour j’avais pris de l’argent à la banque de Goma pour payer le salaire de mes ouvriers. Il n’y avait plus de billets et on me remettait un gros sac de pièces pour la valeur totale de 50.000 francs. A peine quittée la banque des policiers noirs m’arrêtèrent pour m’interroger. Ils trouvèrent le sac et m’accusaient de frauder de l’argent hors du pays. On allait me conduire au camp militaire ! Je comprenais que cela pouvait me coûter la vie ! Heureusement une patrouille de l’UNO, des Indonésiens parlant le Néerlandais, me prenait sous leur protection. Les policiers furieux refusèrent de me laisser partir et après des longues palabres on décida d’aller au camp de l’UNO, moi dans ma VW, un policier armé à coté, la voiture des policiers derrière moi et ensuite la patrouille de l’UNO. Le camp de l’UNO et de l’ANC se trouvait dans la même rue. Le camp de l’UNO en vu je donnais plein gaz pour me mettre à l’abri. Malheureusement pour moi, la voiture des policiers, plus rapide que la mienne, me bloqua le chemin. Des palabres, des menaces entre les policiers et la patrouille, je sortais de la voiture et me mis à courir les cinquante mètres restants, j’étais sauvé du moins pour l’instant.

Une grande partie de la nuit on a discuté pour trouver un compromis, au lever du soleil on allait se rendre à la plantation situé à 150 km pour vérifier sur place si l’argent était bien destiné à payer mes ouvriers. Le cortège se mit de nouveau en route, moi dans ma VW, les policiers noirs derrière moi et ensuite un camion de militaires de l’UNO et de l’ANC. Cette colonne allait faire une journée entière sur le trajet aller et retour. Tout se passait bien et une fois de retour au camp de l’UNO j’ai donné mon fusil cadeau à l’officier qui m’a sauvé la vie. Dans mon agenda je notais : Au lieutenant Harisman en reconnaissance pour ma libération des mains des Lumumbistes. Le 4.2.1961. Les événements se précipitaient, des blancs furent assassinés et ces crimes restaient impunis. Pour Jos De Witte, un des derniers colons cela devenait trop dangereux. Goma appartenait au territoire Congolais et était le lieu de rencontre de centaines de blancs. Quelques kilomètres plus loin il y avait Guenye en territoire du Rwanda-Burundi protectorat de la Belgique. Ma femme et enfants y habitaient depuis peu de temps vu la situation dangereuse au Kivu. Moi aussi j’y avais pris ma résidence mais je retournais régulièrement à la plantation pour sauver ce qu’on pouvait sauver. Un jour j’avais pris de l’argent à la banque de Goma pour payer le salaire de mes ouvriers. Il n’y avait plus de billets et on me remettait un gros sac de pièces pour la valeur totale de 50.000 francs. A peine quittée la banque des policiers noirs m’arrêtèrent pour m’interroger. Ils trouvèrent le sac et m’accusaient de frauder de l’argent hors du pays. On allait me conduire au camp militaire ! Je comprenais que cela pouvait me coûter la vie ! Heureusement une patrouille de l’UNO, des Indonésiens parlant le Néerlandais, me prenait sous leur protection. Les policiers furieux refusèrent de me laisser partir et après des longues palabres on décida d’aller au camp de l’UNO, moi dans ma VW, un policier armé à coté, la voiture des policiers derrière moi et ensuite la patrouille de l’UNO. Le camp de l’UNO et de l’ANC se trouvait dans la même rue. Le camp de l’UNO en vu je donnais plein gaz pour me mettre à l’abri. Malheureusement pour moi, la voiture des policiers, plus rapide que la mienne, me bloqua le chemin. Des palabres, des menaces entre les policiers et la patrouille, je sortais de la voiture et me mis à courir les cinquante mètres restants, j’étais sauvé du moins pour l’instant. Une grande partie de la nuit on a discuté pour trouver un compromis, au lever du soleil on allait se rendre à la plantation situé à 150 km pour vérifier sur place si l’argent était bien destiné à payer mes ouvriers. Le cortège se mit de nouveau en route, moi dans ma VW, les policiers noirs derrière moi et ensuite un camion de militaires de l’UNO et de l’ANC. Cette colonne allait faire une journée entière sur le trajet aller et retour. Tout se passait bien et une fois de retour au camp de l’UNO j’ai donné mon fusil cadeau à l’officier qui m’a sauvé la vie. Dans mon agenda je notais : Au lieutenant Harisman en reconnaissance pour ma libération des mains des Lumumbistes. Le 4.2.1961. Le Rwanda-Burundi devenait aussi indépendant. Pour les blancs c’était la fin, plus moyen de s’échapper ! On essayait quand même via la brousse et le lac Kivu. Durant cette période je restais plusieurs jours en route pour éviter les patrouilles de l’ANC. C’était l’époque qu’on a assassiné et défiguré le para Renard, officiellement le seul militaire tué au Rwanda. Selon la coutume noire on a dénudé le militaire, massacré et défiguré avant de le tuer. Personne ne croyait que les noirs avaient tué dans la brousse un para blanc, on pensait à moi, hors du circuit depuis plusieurs jours. La dernière fois que j’avais été arrêté par les noirs j’avais juré de ne pas rester une seconde plus longtemps au Congo. Une fois encore je retournais, après avoir cherché de l’argent pour payer mon personnel. Sur le chemin donnant sur ma plantation il y avait un barrage. Je ralentissais, ne voyais personne et sortait pour ouvrir le barrage, quand soudainement j’étais entouré par des policiers et menacé d’une mitraillette. Mon épouse a eu le réflexe de fermer la voiture et de rester immobile. On me traîna jusqu’à un gite, une petite maison de la brousse. Le commissaire et quelques agents se soûlaient avec de la bière. 500 francs d’amende me criaient le commissaire sur un ton bien brutal. Bon je paye, mais tu dois me signer un reçu. Des insultes, des menaces me firent comprendre que je devais changer de tactique, je commençais à les flatter, je pensais aux trois blancs coupés en pièces quelques jours auparavant et à ma femme dans la voiture. Je buvais avec eux de la bière tiède dans un ver dégouttant, payais le matabich et trinquait sur la fraternité. Une fois dans la voiture, je mettais plein gaz et disais à ma femme, la gorge serrée, maintenant c’en est de trop, rien ne nous retiendra encore. De retour à la plantation j’ai rassemblé tout le personnel et annoncé notre départ définitif. Je les incitais à continuer le travail et laissait tout derrière moi, la maison, le garage, le matériel, l’atelier du bois… Plus tard j’ai reçu des bons du fonds Belgo-Congolais, sans aucune valeur. J’ai seulement pu récupérer un petit pourcentage. Attention, je ne reproche rien à personne, nous sommes partis de notre propre initiative à nos risques et périls. On ne cherche aucun dédommagement. Malgré tout ce qui s’est passé je prétends encore aujourd’hui que la période passée au Congo est la plus belle de ma vie !

Le Rwanda-Burundi devenait aussi indépendant. Pour les blancs c’était la fin, plus moyen de s’échapper ! On essayait quand même via la brousse et le lac Kivu. Durant cette période je restais plusieurs jours en route pour éviter les patrouilles de l’ANC. C’était l’époque qu’on a assassiné et défiguré le para Renard, officiellement le seul militaire tué au Rwanda. Selon la coutume noire on a dénudé le militaire, massacré et défiguré avant de le tuer. Personne ne croyait que les noirs avaient tué dans la brousse un para blanc, on pensait à moi, hors du circuit depuis plusieurs jours.

La dernière fois que j’avais été arrêté par les noirs j’avais juré de ne pas rester une seconde plus longtemps au Congo. Une fois encore je retournais, après avoir cherché de l’argent pour payer mon personnel. Sur le chemin donnant sur ma plantation il y avait un barrage. Je ralentissais, ne voyais personne et sortait pour ouvrir le barrage, quand soudainement j’étais entouré par des policiers et menacé d’une mitraillette. Mon épouse a eu le réflexe de fermer la voiture et de rester immobile. On me traîna jusqu’à un gite, une petite maison de la brousse. Le commissaire et quelques agents se soûlaient avec de la bière. 500 francs d’amende me criaient le commissaire sur un ton bien brutal. Bon je paye, mais tu dois me signer un reçu. Des insultes, des menaces me firent comprendre que je devais changer de tactique, je commençais à les flatter, je pensais aux trois blancs coupés en pièces quelques jours auparavant et à ma femme dans la voiture. Je buvais avec eux de la bière tiède dans un ver dégouttant, payais le matabich et trinquait sur la fraternité.

Une fois dans la voiture, je mettais plein gaz et disais à ma femme, la gorge serrée, maintenant c’en est de trop, rien ne nous retiendra encore. De retour à la plantation j’ai rassemblé tout le personnel et annoncé notre départ définitif. Je les incitais à continuer le travail et laissait tout derrière moi, la maison, le garage, le matériel, l’atelier du bois…

Plus tard j’ai reçu des bons du fonds Belgo-Congolais, sans aucune valeur. J’ai seulement pu récupérer un petit pourcentage. Attention, je ne reproche rien à personne, nous sommes partis de notre propre initiative à nos risques et périls. On ne cherche aucun dédommagement. Malgré tout ce qui s’est passé je prétends encore aujourd’hui que la période passée au Congo est la plus belle de ma vie !

 

© 2002 Gust Verwerft - Congo-1960

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Een auteur van een programma kan de namaker van zijn werk strafrechtelijk laten vervolgen, maar dat kan alleen als het namaken kwaadwillig of bedrieglijk is gebeurd. Niet alleen de namaker is strafbaar, ook wie namaakprogramma's voor handelsdoeleinden verkoopt, in voorraad heeft voor verkoop of invoert in België, overtreedt het auteursrecht.
Delcol Martine