Témoignage de Moncarey Michel.

A Bunia il a exercé avec passion son métier de docteur au Congo Belge.

Moncarey a bunia

Seul un aveugle ne pouvait pas voir que l’enfer allait s’emparer du Congo-Belge.

  • J’entends toujours la voix du noir diffusé par le haut parleur placé sur le toit de la voiture roulant devant notre portail.
  • Mon Mari était traité de bourreau, meurtrier et cannibale.
  • Faute de vouloir comprendre la situation on se mentait mutuellement.

Pour une série d’articles, La Poste, allait trouver Madeleine Moncarey, résidant à Anvers, veuve du médecin Michel Moncarey. Michel était une personne bien aimée dans les milieux des mines d’or de Kilo-Moto. Il était médecin privé à Bunia, situé dans la province de l’Est. Un hommage se termine par des menaces de mort.

congo 1960 image foto sans titre

Photoghraphe P.Cox, s’occupait dans la région des photos les plus diffusée dans la région : La visite de la reine Elisabeth à Bunia, ou les coloniaux (avec la droite Mr et Mme Moncarey) sur La tribune d’honneur etais assis extrêmement à côté de l’évolués noir..

Médecin, Michel, d’origine d’Ypres, survécut seulement trois ans l’Indépendance, il mourait en 1963 à Anvers. Son cœur était plein de désespoir. Durant quarante ans il exerçait son métier avec passion au Congo-Belge. Ayant vécu sur place pendant toutes ces années, il se voyait enterré sur une des nombreuses cimetières minuscules réservées aux blancs.

Les tombeaux étaient ornés d’une croix blanche, symbole d’une colonisation qui durait depuis des décennies.

Ces cimetières entourant les communautés blanches, étaient peu visitées, pour ne pas dire désertes. La nature avait reprit ses droits. Michel Moncarey travaillait au Congo-Belge depuis 1920. Il y avait à peine 10.000 belges dans cet endroit de l’Afrique dont le climat était hostile au blanc. Toutes sortes de maladies inconnues décimaient la population. Seul les plus forts pouvaient survivre. A l’époque Michel comptait 28 printemps quand il fut engagé par la direction des mines d’or de Kilo-Moto, dans la région de Bambu. Quarante ans plus tard, l’amicale flamande de Bunia, rendait hommage à Michel l’ors d’une réception et petite fête organisée en sa faveur. Il avait 68 ans et n’avait pas perdu sa vigueur et confiance dans la vie. Quand il y avait une urgence il sautait hors de son lit pour se précipiter auprès de ceux qui avaient besoin de son aide. Ce sont les paroles de sa veuve Madeleine, avec laquelle Michel avait reprit un nouveau départ après la deuxième guerre mondiale. La Belgique lointaine était une vague notion. Retourner ? Peut-être, quand on sera vieux. Mais on ne se sentait pas vieux. Au Congo cela était impossible! Le soleil, la nature flamboyante, la liberté, le manque de stress, tout cela garantissait une vie heureuse. Depuis 1947 on avait déménagé, quittant Kilo-Moto, territoire aussi grand que la Belgique, destination Bunia, 90 km plus loin. Michel allait ouvrir un cabinet privé. Bunia était le paradis sur terre, flanqué de multiples collines et montagnes. De ma chambre je pouvais admirer le lac Albert et la rivière Ruwenzori qui séparait l’ Uganda et le Congo-Belge. La célébration organisée en honneur de mon mari était chargée d’inquiétude. On sentait un certain désarroi et une peur cachée. Tout le monde se voulait rassuré malgré des signes prédicateurs. Aucune personne ne mentionnait le reçu de lettres menaçantes trouvées dans la boite au lettres ou sur le bureau. On ignorait les slogans à la chaux sur les murs. Le tout était signé par ; « Le Peuple. »

Dans Bunia, la patrie semble être lointain , Pourtant ici ils règle toujours le cérémonial commémoré des vétérans d’ aussi bien de 1914-18 que de 1940-45 avec.

Madame Madeleine Moncarey, habite un appartement charmant, agréablement décoré. Depuis le jour ou une maladie tenace s’est emparée d’elle, elle quitte ces lieux rarement. Les souvenirs du Congo reviennent comme si s’était hier. Elle s’explique : « On y résiste parce que cela fait mal. Mais c’est plus fort que moi-même, les souvenirs oppressent votre esprit, elles sont gravées dans la mémoire. Au retour, dans mon appartement, je retrouve sous la porte, une feuille avec des menaces. Je lisais : « Monsieur, vous savez quelle a été votre conduite dans cette région. Votre conscience le dit bien. Ou trouverez vous la détente morale ? Signé Le Peuple.»

congo 1960 image foto sans titreSept jours après l'indépendance le chaos dans Congo est total. L'armée nationale maintient plus ou moins l'ordre dans « la ville de Léopold.

Dans la voiture d’un belge colonial, ont recherche des  armes.

Mon époux était forcé d’admettre que c’était la première fois que lui ou un de ses patients avaient reçu pareilles notes. Il prétendait qu’on devait ignorer ces menaces et ne pas chercher à trouver les auteurs. Un expert avait vérifié les claviers des machines à écrire utilisées chez Kilo-Moto. Il avait répéré la machine en question et pouvait donc retracé l’auteur…L’un ou l’autre évolué était à l’origine de tout cela. Les vieux colons ne croyaient pas à une révolte noire. Ils ne pouvaient pas s’imaginer un seul instant que toute une vie de travail serait détruite en une poignée de mains. Les jeunes coloniaux voyaient la situation sous un angle différent. Ces lettres et slogans sur les murs étaient incontestablement des signes de mauvais augure, d’une période proche de troubles et d’incertitude. Seulement les aveugles n’y voyaient rien !

J’avais, les dernier six mois constaté un laisser-aller chez les noirs. On leur disait d’être ingrat et désobéissent envers les blancs. La plus part d’entre eux le faisait à contre cœur et d’une façon maladroite. Mais le mal était fait et l’atmosphère s’alourdissait. Mon mari, idéaliste, avait une confiance absolue et aveugle dans tout être humain. Il ne se sentait pas concerné car en tant que médecin il avait soigné des blancs et noirs sans faire aucune différence de couleur de la peau. Plus d’une fois il avait endigué des épidémies et organisé des campagnes de prévention. Aux jeux de la population il était un homme respecté. Même les noirs souscrivaient le travail bénévole de mon mari comparé à certains coloniaux qui recherchaient seulement le bénéfice.On ne se sentait pas riche et on ne l’était pas. On n’avait pas d’enfants par conséquence pas d’héritiers.

Bunia

Mon mari et moi-même persistions à croire que le Congo avait encore un avenir.Cela n’empêchait pas que je devenais incertaine et inquiète. Je pensais à un retour éventuel en Belgique et plus tôt hier que demain. Madeleine et Michel n’étaient pas seul à partager ces sentiments.Les nouvelles déastreuses envahissaient l’intérieur du pays. On essayait de concentrer son attention sur le travail mais la peur s’infiltrait lentement mais sûrement dans les cœurs. A la fin, tout le monde savait qu’à la Noël 1959 cinq parties politiques s’étaient réunies à Kisantu et avaient exigées une indépendance immédiate, totale et inconditionnelle auprès des autorités Belges. Cela se passait l’ors d’une visite du roi avec le but de calmer les esprits et tempéré les exigences déplacées des noirs.

La table ronde n’était pas ronde assez

Madeleine et Michel ignoraient que le même jour de la petite fête organisée par l’amicale flamande, 1500 km plus loin, à Elisabethville, bastion de la production de cuivre dans la province du Katanga, des émeutes violentes avaient éclatées suite d’un discours prononcé par Patrice Lumumba. Lumumba avait 35 ans et était dirigeant du M.N.C. Mouvement National Congolais. Son autorité était contestée par Kasavubu, dirigeant de l’Abaco (Association des Bas Congolais). Suite à ce discours et la rivalité entre les deux dirigeants, des émeutes sanglantes opposaient les noirs. Il y avait 13 morts et des centaines de blessés. Malgré ces événements beaucoup de blancs étaient persuadés que les noirs n’allaient pas se dresser contre la population blanche. Le Gouvernement à Léopoldville contrôlait la situation

Kilo Moto HopitalOn se rappelait le 21 janvier 1960 la condamnation à six mois de prison de P. Lumumba, pour avoir tenue des discours révolutionnaires, mais on avait oublié que seulement 4 jours après il avait été libéré pour joindre la délégation Congolaise qui négociait l’indépendance à Bruxelles, la conférence de la table ronde ! On avait aussi oublié le contenu d’un article apparut dans le New York Times qui stipulait qu’une indépendance non préparée allait droit au désastre. Madame Moncerey : retour à la Belgique ? Certes c’est décidé ! Il fallait convaincre son mari. A Bunia tout semblait calme. Il y avait 1000 blancs. Les noirs autour de nous étaient des évolués, cela voulait dire qu’ils avaient une certaine instruction, qu’ils partageaient l’idée de la colonisation, certes par intérêt personnel. On pensait que les évolués acceptaient la colonisation en échange des droits réservés aux blancs. Calme à Bunia mais nos amis à Kilo-Moto voyaient la situation sous un autre angle ; le personnel se rebellait, les ouvriers se mettaient en grève et les blancs recevaient des menaces fréquentes. A Bunia la mission des Pères Blancs travaillait comme si rien n’était. Je pensais que j’exagérais, de plus les autres blancs à Bunia n’exprimaient pas leurs craintes.

Kilo Moto maisionles maisonnettes dans Kilo-Moto

 

Madeleine Moncarey : dès que j’attendais pareils rumeurs je comprenais que le statut de médecin qu’était mon mari n’allait pas le protéger. Lui aussi était un mauvais blanc ! Alors j’ai cherché une possibilité pour nous rapatrier. Aucune place disponible sur les bateaux ni les avions. Une preuve irréfutable que l’exode avait commencée.

Un mois avant l’indépendance nous avons quitté le Congo via la rivière Ruwenzori. Peu de bagages, on avait pratiquement tout laissé à Bunia. Beaucoup d’années plus tard on m’a donné 30.000 francs belges en compensation de nos biens laissés sur place. Un instant on avait pensé de recommencer une nouvelle vie en Afrique du Sud, finalement c’était le retour définitif en Belgique. Mon mari n’avait plus le courage de recommencer un nouveau cabinet. La tristesse, le découragement s’installait chez lui et trois ans après il est décédé. Je ne suis jamais retourné au Congo, je veux vivre avec mes souvenirs. La je trouverais des ruines et un chaos complet. On violait des sœurs, on massacrait des dizaines de blancs après les avoir torturés. Mourir n’est rien comparée à la peur et au traitement subi avant. J’entends toujours la voix du haut parleur qui traitait mon époux de meurtrier, bourreau et cannibale. Faute de mieux on se mentait. Lui soutenait qu’on avait rien à craindre. Moi j’admettais que mes craintes n’étaient pas toujours fondées. Entre-temps tous les deux, on cherchait le moyen de s’enfuir, car, s’était inévitable, l’enfer allait se manifester. Tout le monde, qui n’était pas aveugle pouvait le constater ! Peu après l’enterrement de mon mari la presse et les média relatait les orgies de Watsa, lieu des mines de Kilo-Moto.

La civilisation avait disparue, la loi de la jungle était de rigueur

Kilo Moto MineUn mois avant l’indépendance nous avons quitté le Congo via la rivière Ruwenzori. Peu de bagages, on avait pratiquement tout laissé à Bunia. Beaucoup d’années plus tard on m’a donné 30.000 francs belges en compensation de nos biens laissés sur place. Un instant on avait pensé de recommencer une nouvelle vie en Afrique du Sud, finalement c’était le retour définitif en Belgique. Mon mari n’avait plus le courage de recommencer un nouveau cabinet. La tristesse, le découragement s’installait chez lui et trois ans après il est décédé. Je ne suis jamais retourné au Congo, je veux vivre avec mes souvenirs. La je trouverais des ruines et un chaos complet. On violait des sœurs, on massacrait des dizaines de blancs après les avoir torturés. Mourir n’est rien comparée à la peur et au traitement subi avant. J’entends toujours la voix du haut parleur qui traitait mon époux de meurtrier, bourreau et cannibale. Faute de mieux on se mentait. Lui soutenait qu’on avait rien à craindre. Moi j’admettais que mes craintes n’étaient pas toujours fondées. Entre-temps tous les deux, on cherchait le moyen de s’enfuir, car, s’était inévitable, l’enfer allait se manifester. Tout le monde, qui n’était pas aveugle pouvait le constater ! Peu après l’enterrement de mon mari la presse et les média relatait les orgies de Watsa, lieu des mines de Kilo-Moto. La civilisation avait disparue, la loi de la jungle était de rigueur

Priére de L'Indépendance

Les mois précédent l’Indépendance du 30.6.1960 étaient caractérisés par toutes sortes d’intimidations voulues ou non, entre noirset blancs. Dans l’arsenal des noirs on pouvait trouver la "Prière de l’Indépendance." Cette prière circulait dans tous les villages et villes. C’était une imitation du Notre père que tous les noirs avait appris à l’école chez les missionnaires.

Notre Père Notre Colonisateur, qui êtes en Belgique, que votre nom soit détesté; que votre règne finisse; que votre volonté soit nulle dans le bas comme dans le haut fleuve; donnez-nous aujourd'hui notre indépendance totale, politique aussi bien qu'économique; pardonnez-nous nos injures, comme nous pardonnons à tous les Belges qui nous ont brimés durant les 80 ans d'affreux colonialisme; et ne nous laissez pas allécher par le capitalisme usurpateur; mais délivrez-nous de la communauté Belgo-Congolaise, et de toute votre présence ici pour les siècles des siècles,

Amen.

© 2002 Gust Verwerft - Congo-1960

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Een auteur van een programma kan de namaker van zijn werk strafrechtelijk laten vervolgen, maar dat kan alleen als het namaken kwaadwillig of bedrieglijk is gebeurd. Niet alleen de namaker is strafbaar, ook wie namaakprogramma's voor handelsdoeleinden verkoopt, in voorraad heeft voor verkoop of invoert in België, overtreedt het auteursrecht.
Delcol Martine