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operation sur les colines de Matadi© L'Opérations Mangrove sur Matadi

Par Jean Pierre Sonck

 

 

     
Débarquement des troupes belges
 
Le port de Matadi entourée de collinesPhoto : Le port de Matadi entourée de collines

 

Suite à la mutinerie de la garnison Force Publique et de la Police, la ville de Matadi s'était entièrement vidée de ses habitants européens qui avaient embarqué sur des navires de commerce pour regagner l'Europe. Une intervention des Forces Belges n'était plus nécessaire pour assurer leur sécurité, mais le bloquage par les grévistes du chemin de fer et du port maritime risquait d'asphyxier la capitale Léopoldville et le 10 juillet 1960 dans la soirée, le commandant des Force Métropolitaines Roger GHEYSEN, promu depuis peu général major, ordonna l'exécution de l'opération Mangrove pour prendre le contrôle du port et désarmer les mutins. L'ordre fut reçu par le capitaine de vaisseau PETITJEAN dont le Task Group Naval quitta le port de Banane à 2H15 du matin et remonta le fleuve pour se rapprocher de son objectif. La mission de débarquement confiée à la Force Navale Belge mettait en oeuvre trois Algérines, armées d'un canon de 102 mm et de deux Bofor 40 mm, trois vedettes fluviales armées d'oerlikon 20 mm, des fusiliers marins, la compagnie de marche des Chasseurs Ardennais et la compagnie de marche du 12e de Ligne à effectif plus réduit. L'Etat Major opérationnel de la base militaire de Kitona (Baki) s'était préoccupé d'assurer une couverture aérienne au débarquement des troupes belges et le commandant local Air de la base de Kitona avait donné l'ordre au Flight Appui-Feu, composé de quatre Harvard T-6 armés d'effectuer des vols d'intimidation sur les ports de Boma et de Matadi dès le déclenchement de l'attaque. Les pilotes des Harvard ne pouvaient faire usage de leurs roquettes qu'en cas de nécessité absolue.

Dans un second message, transmis le matin du 11 avant le départ des appareils du FAF, le Quartier Général des Force Métropolitaines à Léopoldville précisa que le survol devait avoir lieu en vol horizontal et à bonne hauteur, « sans exécuter de simulacres d'attaques ». Le bataillon d'artillerie anti-aérienne de la Force Publique cantonné au camp Redjaf ( tous les camps militaires de la Force Publique abritaient également les familles des militaires noirs ) comptait 357 hommes et disposaient de huit canons Bofor 40 mm, de seize canons Oerlikon 20 mm, de canons de 75 mm sans recul et d'armes automatiques. Comme ils l'avaient appris depuis des années lors des manoeuvres, les servants avaient installé les pièces de DCA sur les hauteurs, notamment à la pointe Léopold II, à Fuka Fuka et à Kala Kala. Les monomoteurs du FAF de Kitona décollèrent de la base de Kitona en début de matinée et i ls remontèrent le fleuve vers Matadi, situé sur la rive gauche du fleuve Congo. Vers 09h00, un des appareils s'écarta de la formation pour effectuer un vol d'observation au-dessus de Boma où l'opération terrestre lancée par le 6e bataillon Commando du major LEMASSON, parti à l'aube de la base de Kitona, avait abouti au désarmement des mutins.

Quinze minutes plus tard, le pilote rejoignit les autres Harvard qui survolaient déjà Matadi comme ils l'avaient effectué la veille lors de leur vol d'observation habituel au-dessus du port. Cette fois-ci, cependant, leur mission était différente, car il s'agissait d'effectuer le survol « horizontal » des batteries de DCA mises en position par les mutins autour du port afin d'intimider les servants des pièces. La veille, les soldats congolais avaient annoncé sur le réseau radio de la Force Publique qu'ils tireraient sur tout avion volant bas et à 9h56, l'adjt INGILA, remplaçant le major PYRO comme commandant de la place, alerta par radio le QG/Force Publique africanisé de Léopoldville pour lui signaler que des avions Harvard survolaient Matadi . En l'absence du col MOBUTU parti à Coquilhatville, l'adjudant KIEMBE, devenu officier et sous-chef d'Etat Major lors de l'af ricanisation des cadres, ne put donner l'autorisation d'abattre les avions qui tournaient au-dessus du port à basse altitude, mais il avertit par radio l'adjudant Louis de Gonzague BOBOZO, autre médaillé 40-45 devenu le commandant de la 4e brigade cantonnée au camp Hardy de Thysville. Le jour était déjà levé lorsque le Task Group Naval s'engagea dans le chaudron d'Enfer. La flottille parvint en vue d'Ango Ango à 10H15 sans bénéficier de l'effet de surprise et l'Algérine Dufour quitta la formation avec la vedette Ourthe, afin d'accoster au port pétrolier pour y débarquer une partie des troupes. Un des pelotons de fusiliers marins devait occuper le port pétrolier et couper la route menant à Matadi, tandis que les soldats du 12e de Ligne du slt VROLIX avaient pour mission de désarmer la compagnie de gendarmes congolais casernés dans le camp d'Ango Ango. Ils devaient également s'emparer des quatre Bofor du Bn Artillerie Anti-aérienne qui y étaient entreposés selon les renseignements reçus. Ce camp de Gendarmerie situé à 1 km du port pétrolier, à la frontière du territoire portugais de l'Angola, abritait également les familles des militaires noirs de la Force Publique. L'algérine Lecointe et les vedettes Rupel et Dender atteignirent le port de Matadi vingt minutes plus tard et ces navires y rejoignirent l'Algérine De Moor qui y était amarrée depuis plusieurs jours. Celle-ci s'éloigna du quai pour leur laisser la place et s'ancra à quelques dis tances, afin de protéger le débarquement des Chasseurs Ardennais et des fusiliers marins de ses canons. A Thysville, l'adjudant Louis de Gonzague BOBOZO rassembla immédiatement une colonne pour venir en aide à la garnison de Matadi et à 10h50, l'adjt INGILA donna l'ordre au bataillon d'artillerie de tirer. Les artilleurs congolais ouvrirent le feu contre l'algérine Lecointe avec les canons de DCA installés sur les hauteurs et l'algérine De Moor répondit aux tirs avec son artillerie de bord, prenant à partie chaque batterie congolaise pour en disperser les servants. La position DCA de Fuka Fuka fut rapidement réduite au silence par un tir précis.

Pendant qu'ils occupaient les installations du port, les fusiliers marins débarqués des algérines se heurtèrent à des policiers congolais et se comportèrent très bien au feu, malgré qu'ils n'avaient suivi qu'une semaine d'instruction d'infanterie dans une compagnie commando à Kitona. Pendant ce temps, la compagnie de marche des Chasseurs Ardennais du capitaine VOS traversait le quartier européen abandonné par ses habitants et progressait sur la route menant vers son objectif : le camp Redjaf situé à trois kilomètres du port. Grâce au poste PRC 10 dont il était muni, le cpn VOS pouvait communiquer sur 52 Mcs avec l'antenne radio laissée à bord de l'Algérine et avec les Harvard armés qui tournaient depuis près d'une heure au-dessus du port dont les rives sont entourées de collines. Malheureusement, les Chasseurs Ardennais ne bén éficiaient pas de l'effet de surprise et ils se heurtèrent à une forte résistance de la garnison du camp Redjaf, tandis que l'aviation était prise à partie par l'artillerie anti-aérienne. Afin d'assurer une présence continue du flight de Harvard sur le port et protéger la progression des troupes métropolitaines, le sous-lieutenant CARPENTIER de CHANGY et le sergent VAN ROY retournèrent à Baki avec leur appareil pour faire le plein de munitions et de carburant. Pendant ce temps, les Harvard T-6 du cpn D'HERDT et du sgt DE PIJPERE poursuivaient leur ronde au-dessus de la ville où de furieux combats se déroulaient. Les troupes belges éprouvaient de fortes difficultés à occuper les camps militaires malgré l'appui aérien des Harvard.

L'aventure du sergent DE PIJPERE

 

Par le réseau radio de la Force Publique, l’adj BOBOZO qui commandait la 4e brigade de Thysville annonça aux troupes congolaises de Matadi l’envoi de nouveaux renforts. Ils se composaient de plusieurs camions transportant des soldats du 2e bataillon d’infanterie, précédés d’un peloton du 2e escadron de Reconnaissance, fort de quatre jeeps, d’un camion et deux autoblindées M-8 Greyhound. Cette menace fut signalée à Kitona en début de soirée et les Harvard du slt CARPENTIER de CHANGY et du sergent DE BROUWER furent ravitaillés en carburant et en munitions pour être engagés contre ces renforts ennemis.

Photo :M-8 Greyhound

Après un bref repos à Kitona, les pilotes CARPENTIER de CHANGY et VAN ROY revinrent vers 11h45 pour relever leurs camarades dont la réserve de carburant et de munitions diminuait et ils continuèrent la ronde au-dessus des installations portuaires. Pendant que les deux autres appareils retournaient se ravitailler à Kitona, le sergent DE PIJPERE signala par radio à ses camarades que son avion avait des ennuis et qu'il perdait de l'altitude. Le Harvard H202 avait été touché par des éclats d'obus et le pilote était trop bas pour pouvoir sauter en parachute. Le sgt DE PIJPERE tenta d'atteindre l'aérodrome de Matadi-Tshimpi, situé sur l'autre rive du fleuve, mais il dut se poser dans la savane à quelques centaines de mètres de son but. Le choc fut violent et un début d'incendie se déclara. Heureusement, le pilote put s'extraire de l'épave assez rapid ement, malgré une forte douleur dorsale et une blessure à la jambe. Alerté par l'appel radio, le slt CARPENTIER de CHANGY et son ailier survolèrent l'épave du Harvard, sans apercevoir le rescapé, invisible dans les hautes herbes. Le pilote DE PIJPERE s'en rendit compte et retourna à l'appareil pour chercher son pistolet lance-fusées. La première qu'il tira ne fut pas aperçue par les pilotes, mais la deuxième fusée leur signala son emplacement et ils tournèrent un moment au-dessus de lui. Le lieutenant CARPENTIER de CHANGY tenta de faire comprendre au rescapé qu'il devait rejoindre la piste de l'aérodrome, cachée par une hauteur, ensuite, il prit la direction de Matadi-Tshimpi avec son Harvard H210. Tandis qu'il survolait l'aérogare bondé de mutins, il aperçut un groupe de soldats qui se dirigeait vers le lieu du crash à travers la piste. Guy DE PIJPERE risquait de passer un mauvais quart d'heure, aussi l'officier survola les soldats congolais en rase-mottes et les effraya par une manoeuvre audacieuse. Les mutins regagnèrent l'aérogare dans une fuite éperdue, tandis que l'aviateur tentait un atterrissage sur la plaine d'aviation de Matadi-Tshimpi pour y attendre le pilote rescapé. Le sgt DE BROUWER assurait la protection de l'appareil en stand by sur la piste et DE PIJPERE, guidé par le bruit du moteur, progressa à travers les hautes herbes po ur ne pas être aperçu de l'aérogare. Soudain, il se rendit compte que son compatriote remettait les gaz pour reprendre ses recherches du haut du ciel. Il se précipita sur la piste en battant des bras et Baudouin CARPENTIER de CHANGY stoppa son Harvard et l'aida à prendre place dans le cockpit, puis il redécolla avant l'arrivée des soldats congolais. Ils furent accueillis à Baki dans la joie que l'on devine, mais le flight de Harvard se trouvait réduit à trois appareils plus ou moins endommagés par les tirs congolais. Seul le Harvard H210 n'avait pas subi de dégâts.

Un des pelotons de fusiliers marins devait occuper le port pétrolier et couper la route menant à Matadi, tandis que les soldats du 12e de Ligne du slt VROLIX avaient pour mission de désarmer la compagnie de gendarmes congolais casernés dans le camp d’Ango Ango. Ils devaient également s’emparer des quatre Bofor du Bn Artillerie Anti-aérienne qui y étaient entreposés selon les renseignements reçus. Ce camp de Gendarmerie situé à 1 km du port pétrolier, à la frontière du territoire portugais de l’Angola, abritait également les familles des militaires noirs de la Force Publique. L’algérine Lecointe et les vedettes Rupel et Dender atteignirent le port de Matadi vingt minutes plus tard et ces navires y rejoignirent l’Algérine De Moor qui y était amarrée depuis plusieurs jours.

Photo : canons Bofor 40 mm,

Vers 12h10, le QG des troupes métropolitaines fit vérifier l'information selon laquelle les canons de marines aux mains des mutins au fort de Bula Bemba pouvaient tirer sur les navires belges empruntant l'embouchure du fleuve Congo et il donna l'ordre de les détruire à coups de roquettes s'ils ouvraient le feu. Après un bref repos, deux des pilotes revinrent vers 13h00 survoler Matadi avec leurs armes rechargées et ils effectuèrent plusieurs passes au-dessus des positions congolaises, lâchant des roquettes sur les positions DCA. Pendant ce temps, les navires ouvraient le feu à la demande des Chasseurs Ardennais sur le camp de la police et sur les canons DCA de la pointe Léopold II, provoquant une riposte violente des congolais. Vers 13h09, le slt VROLIX réclama également un appui-feu, car il avait aperçu des camions militaires sur la route menant de Matadi à Ango Ango et les fusiliers marins en nombre insuff isant n'étaient pas parvenus à les bloquer. Vu la proximité de la frontière angolaise, l'algérine pouvait difficilement satisfaire cette demande et son commandant s'adressa au flight de T-6, dont un appareil mitrailla le camp des gendarmes à 14h45. Ceux-ci répondirent avec leurs armes automatiques et des balles se perdirent en Angola portugais où des habitations de Noki furent touchées. Ayant épuisés leurs munitions, les pilotes des T-6 retournèrent à leur base aux environs de 15h05 et l'équipe de mécaniciens et d'armuriers s'occupa des appareils du FAF qui avaient été endommagés par des tirs et par l'explosion de leurs propres roquettes. Le radio congolais signala au QG/Force Publique de Léopoldville le départ des avions et annonça sur le réseau radio de la Force Publique que ses camarades allaient contre-attaquer les troupes belges. Les pertes congolaises s'élevaient à 18 tués et à 32 blessés. A Ango Ango, le commandant de l'algérine Dufour demanda au capitaine de vaisseau PETITJEAN de pouvoir s'éloigner du port pétrolier trop exposé, car des artilleurs congolais avaient pris position sur une colline avec leurs canons et menaçaient son navire. Vers 16h00, la situation devint critique et les soldats du 12e de Ligne et les fusiliers marins reçurent l'ordre de rembarquer sur l'algérine Dufour qui lâcha ses amarres. A ce moment, plusieurs obus touchèrent le navire, faisant quinze blessés dont trois graves parmi les soldats qui avaient regagné son bord. Les tirs d'obus causèrent également des dommages au-dessus de la ligne de flottaison. L'algérine Dufour riposta de ses canons en s'éloignant du quai d'Ango Ango pour se mettre à l'abri et un de ses obus toucha une citerne de la Socopetrol qui s'enflamma. La situation n'était pas meilleure à Matadi, car les Chasseurs Ardennais parvenus aux abords du camp Redjaf étaient bloqués par des tirs violents.

Par le réseau radio de la Force Publique, l'adj BOBOZO qui commandait la 4e brigade de Thysville annonça aux troupes congolaises de Matadi l'envoi de nouveaux renforts. Ils se composaient de plusieurs camions transportant des soldats du 2e bataillon d'infanterie, précédés d'un peloton du 2e escadron de Reconnaissance, fort de quatre jeeps, d'un camion et deux autoblindées M-8 Greyhound. Cette menace fut signalée à Kitona en début de soirée et les Harvard du slt CARPENTIER de CHANGY et du sergent DE BROUWER furent ravitaillés en carburant et en munitions pour être engagés contre ces renforts ennemis. L'avant-garde de la colonne militaire traversait le village de Tumba, situé à 190 km de Matadi, lorsqu'elle fut aperçue par les pilotes de Kitona. Les mitrailleurs des autoblindées tirèrent sur les avions à la Browning 12,7 mm. Aussitôt, le sergent DE BROUWER plongea avec son Harvard à l'attaque de la colonne, tandis que le slt CARPENTIER de CHANGY le protégeait avec son appareil, car le Harvard était vulnérable lors de sa ressource. Selon les messages du commandement des troupes métropolitaines (Cométro) n° 433 et 447 du 11 juillet 1960, une des autoblindées M-8 Greyhound fut détruite à la roquette et deux soldats congolais furent tués dans l'explosion. Les avions s'en prirent ensuite aux autres véhicules de la colonne, tirant à coups de mitrailleuses sur trois camions et une jeep. L'attaque dura de 17h15 à 17h30, puis les deux appareils retournèrent à leur base, tandis que la colonne de l'adjt BOBOZO faisait demi-tour dans la confusion la plus complète pour regagner Thysville.

L'heure de la retraite sonna également pour les Chasseurs Ardennais, car la nuit allait tomber et le 6e bataillon Commando ne pouvait fournir de renforts. Vers 19h15, le capitaine de vaisseau PETITJEAN, commandant du Task Group naval, donna l'ordre aux troupes belges de rembarquer. Peu après le rembarquement des Chasseurs Ardennais et des fusiliers marins, la flottille s'éloigna à vive allure dans la direction de Boma où elle jeta l'ancre vers 22h00. Les navires montraient des impacts moins sérieux que ceux du Dufour, qui s'amarra à 23h55 à Banane le long du navire transport de troupes Kamina. Faute d'avoir engagé des forces suffisantes, l'opération Mangrove avait été un fiasco total et la radio congolaise, qui était aux mains du ministre de l'Information KASHAMURA, en profita pour exciter la population et prêcher la haine des Belges. Cette intervention des troupes métropolit aines dans le Bas Congo déclencha une nouvelle vague de violences contre les officiers européens de la Force Publique du camp Hardy et leur épouse. Quelques mois plus tard, Matadi fut à nouveau le théâtre de combats violents entre la garnison congolaise et les soldats de l'ONU qui furent chassés de la ville à coups de canons. De source officieuse, on annonça que les soldats congolais voulaient mettre fin au déchargement de ravitaillement destiné aux casques bleus qui ne payaient aucun droits de douane à l'état congolais.

Avec nos remerciement à Mr JP Sonck pour sa contribution au site congo-1960

Fin

Suite à la mutinerie de la garnison Force Publique et de la Police, la ville de Matadi s’était entièrement vidée de ses habitants européens qui avaient embarqué sur des navires de commerce pour regagner l’Europe. Une intervention des Forces Belges n’était plus nécessaire pour assurer leur sécurité, mais le bloquage par les grévistes du chemin de fer et du port maritime risquait d’asphyxier la capitale Léopoldville et le 10 juillet 1960 dans la soirée, le commandant des Force Métropolitaines Roger GHEYSEN, promu depuis peu général major, ordonna l’exécution de l’opération Mangrove pour prendre le contrôle du port et désarmer les mutins. L’ordre fut reçu par le capitaine de vaisseau PETITJEAN dont le Task Group Naval quitta le port de Banane à 2H15 du matin et remonta le fleuve pour se rapprocher de son objectif

 

 

Sigle: Cie de Marche des Chasseurs Ardennais Création : Mr Claude BERNARD Sergent au 1er Chasseur Ardennais, 2ième Cie de Marche de 1960